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La vie est faite pour être vécue, mais vécue comment ? Lorsque Jésus vint, Il présenta au monde un concept nouveau, révolutionnaire et également très controversé dans nos vies : l’amour. L’époque romaine n’avait aucune définition particulière pour la vie. Ils n’étaient pas sentimentaux. Espérer, être aimable, pardonner n’étaient pas des vertus mais des faiblesses de vieilles femmes.

La croix de Jésus Christ était la violence de l’amour

Les premiers chrétiens se saisirent de cette vision de l’amour avec un enthousiasme passionné. Ils disaient alors : « Nous allons conquérir le monde par l’amour », ou comme le disait le poète William Blake : « La gloire du Christianisme est de conquérir par le pardon ». Ces jeunes croyants aux aurores de la foi chrétienne renoncèrent à la violence et confondirent leurs persécuteurs en s’offrant comme martyres aux juges romains. La croix de Jésus Christ était la violence de l’amour.

L’amour que Jésus introduisit sur terre était un concept totalement inconnu, mais également si beau. C’était un amour plein de grâce. Le Dieu de la Bible « a fait toute chose belle en son temps » (Ecclésiaste 3 : 11). Seul Dieu est capable d’ajouter à l’arc-en-ciel une huitième couleur. Picasso, un des artistes les plus célèbres, a dit : « Pour créer quelque chose de nouveau, il faut toujours la rendre affreuse ». Et bien, laissons-lui cette croyance … Nous voyons cela dans le cinéma et la science fiction qui imaginent de nouvelles formes d’extra-terrestres. Ce sont des créatures horribles. Ces écrivains et artistes ne pourront jamais faire mieux que Dieu. Mais bien pire encore, « les créations » de l’homme transparaissent dans la tragédie de nouvelles religions se substituant au christianisme, dénaturant la vertu, n’ajoutant rien de beau ou de bien et aliénant les plus hauts principes et qualités qui nous ont été enseignés par Jésus Christ.

Ce nouvel amour avait besoin d’un nouveau mot pour le caractériser. Nous trouvons dans le Nouveau Testament deux ou trois mots pour l’amour. Le plus utilisé est « phileo », l’amour familial. Ce mot ne couvrait pas complètement le sens de l’amour bien qu’utilisé par les chrétiens, il gagna en importance. Puis il y a « stergo », un autre terme pour l’amour ; ce dernier n’apparaît que très rarement et toujours associé à d’autres mots. Il signifie « tendresse ». Il ne semble pas approprié de parler d’un « Dieu tendre ». La tendresse n’est qu’un effet secondaire de l’amour de Dieu. Le mot commun le plus utilisé à cette époque et dans la langue courante était « eros », mais celui-ci n’apparaît pas dans les Ecritures. On peut comprendre pourquoi. Eros était le nom d’un dieu grec (Cupide dans la mythologie romaine) et signifiait attraction sexuelle seulement, tout au plus romance selon la compréhension de ce mot à cette époque d’oppression des femmes. Eros évoquait seulement des images de désir sexuel incontrôlé et débridé, d’extase sexuelle, comme dans les orgies honteuses dionysiennes.

Mais retournons au terme ‘phileo’, un terme signifiant habituellement un attachement familial (‘philadelphia’ : amour envers un frère) ; sa signification gagna en importance lorsqu’il fut utilisé par les chrétiens. La culture romaine ne permettait pas de « se rendre ». La vengeance était une vertu. Même pour Israël, ‘tirer justice d’une cause’ signifiait se venger comme le laissent transparaître certains Psaumes imprécatoires. Mais utilisé par la bouche des chrétiens, ‘phileo’ prit une connotation toute nouvelle.

Agape

Lorsque Jésus vint en révélant Son amour, il n’existait aucun terme adéquat pour le décrire. Sa compréhension profonde de l’âme humaine désarma et déconcerta les gens de Son époque, les étrangers et même Ses ennemis. Il marcha avec compassion. Les chrétiens avaient besoin d’un mot comme « agape » qui n’était pas un terme saint et qui exprimait une affection exclusive ; ils s’en emparèrent. Cependant, ils le transformèrent en un substantif bourré de vertus. « Agape », amour personnel envers un individu est ce qu’est l’amour du Christ. Mais ils élargirent son sens au mystère si grand de l’amour chrétien qui était tout aussi bien exclusif que général, tout aussi bien pour tous que pour un. Dieu m’aime comme si j’étais le seul mais paradoxalement Il nous aime tous également. Le terme ‘Agape’ fut très vite nettoyé de tous restes d’associations sexuelles corrompues ; il fut transformé et rempli des richesses spirituelles de l’amour de Christ, individuel et pourtant comprenant tout et tous.

Les anciens rouleaux de la communauté Qum-ran trouvés près de la Mer Morte de l’époque du Christ, révèlent qu’ils croyaient à l’amour, limité à leur prochain, c’est-à-dire seulement au prochain de leur petite communauté, « les enfants de la lumière ». Ils pensaient que le reste de l’humanité était haïe de Dieu et ils haïssaient ce que Dieu avait en horreur ! Mais à cette époque, Jésus était en train de bénir le monde avec un concept bien plus large – « Car Dieu a tant aimé le monde … ». Alléluia !

La foi chrétienne transforme le langage comme toutes les choses avec lesquelles elle entre en contact. Elle embrase le jour le plus monotone, de la gloire de Dieu. Par exemple, nous venons de fêter Noël le 25 décembre, jadis un festival païen célébré au milieu de l’hiver. Les critiques ont dit que nos festivités sont paganisées car ce festival du 25 décembre était païen. Très vrai ! Mais tout ce que Jésus Christ touche est béni. En faisant du 25 décembre l’anniversaire du Christ, cela a détaché cette date de toute connexion avec la fête païenne. Jésus est bien plus puissant que tous les païens morts et je ne suis pas prêt à rendre le 25 décembre aux païens. C’est NOTRE jour, le jour de la naissance de Jésus, un jour béni, sacré et saint. Eviter tous les jours païens n’en aurait laissé aucun à Jésus ! Voilà la puissance transformatrice de la foi chrétienne et elle se concentre dans le mot « agape » qui est devenu l’expression d’un amour rare, un amour inconnu du monde jusqu’à ce que le ciel nous donne Jésus. Les dieux païens de l’amour étaient sordides et adultères. Notre Dieu chrétien est le Dieu de l’amour saint ; un amour ‘agape’, pur, passionné et palpitant.

Réalité tangible

‘Agape’ est toujours un amour unique et individuel comme s’il n’en existait qu’un et pourtant, nous sommes tous acceptés par le Bien-aimé de la même manière (Ephésiens 1 : 6). En venant à Christ, nous avons crié l’un après l’autre : « Il m’aime ! Même moi ! ». Ceci n’était pas seulement un sentiment divin, murmuré à notre oreille. C’était un amour rédempteur et libérateur. Paul en a débattu avec les Épicuriens et les Stoïciens. La pensée romaine de cette époque voyait dans la mort un passage à une autre forme de vie, en général plus obscure. L’influence stoïcienne et épicurienne a laissé des millions d’êtres humains sans espérance, croyant que la vie n’était qu’un interlude entre le rien et le rien, et que la mort était une annihilation totale. Mais les disciples défièrent cette manière de pensée étrange. Jésus dit que ceux qui croient en Lui ne périront jamais. « Personne ne peut les ravir de ma main ».

Jésus donna à l’amour une réalité tangible. Il y au moins 400 références au terme « amour » dans la Bible, presque la moitié dans l’Ancien Testament, mais très peu d’entre elles décrivent directement l’amour de Dieu bien que parfois certaines phrases sont émouvantes comme par exemple la remarque de la Reine de Saba : « A cause de l’amour éternel du Seigneur envers Israël … », et les paroles prophétiques inoubliables de:

Jérémie 31 : 3

De loin l’Eternel se montre à moi: Je t’aime d’un amour éternel; C’est pourquoi je te conserve ma bonté.

Dieu dit qu’Il aima Israël car Il aima Israël. L’amour en était le motif ultime.

Dans le Nouveau Testament, l’amour de Dieu est un thème prédominant à cause de Jésus Christ ; par Lui, le monde put entrevoir le véritable amour. Il explique tout du début à la fin, le but principal, final, le début, la fin, tout provient de l’amour. Voilà ce qui se trame dans et derrière l’univers en ce moment – Dieu nous aime car Il est amour. C’est le sens absolu de Dieu, et si nous faisons un avec cet objectif, nous nous trouvons au cœur de Sa volonté.

Sans amour, nous n’accomplissons pas la volonté de Dieu et ne sommes pas en harmonie avec les plans de Dieu pour notre existence. Il nous a créés pour nous aimer et pour que nous L’aimions. Notre valeur se mesure par notre amour. Sans amour nous ne sommes rien, nous ressemblons à de la neige tombant sur un sol chaud ou à de la vapeur, la vapeur d’une haleine dans un air froid comme le dit l’Ancien Testament.

A Noël, une porte s’est ouverte au-dessus de la ville de Bethlehem en Judée, et le ciel offrit son plus grand cadeau : l’amour. Les anges regardèrent. Ce qu’ils virent dépassait tout ce qu’ils avaient expérimenté ou même compris. Un tel amour les dérouta ; le Seigneur Dieu s’engageait à lancer un programme d’un altruisme humain total.

Jésus ne vint pas pour Lui-même. Auprès du Père, Il ne pouvait pas devenir plus riche, ou être plus béni. Rien ne pouvait être ajouté à Sa gloire ou à Sa joie. Il ne pouvait rien faire pour Son propre avantage. Tout ce qu’Il pouvait faire était d’être Lui-même, l’amour incarné, enveloppant un monde sans amour, démentiellement cruel et sans valeur. Cette entreprise déboucha sur un moment terrible, lorsque des hommes au comble de leur folie plantèrent des clous dans la chair frémissante du Christ et l’attachèrent au bois de la croix. Alors qu’ils accomplissaient cela, Son sang précieux jaillit sur leurs mains et les entacha de culpabilité. Mais Il pria : « Père, pardonne-leur » et ce sang les purifia.

Entièrement « pour nous »

Jésus est né pour nous, Jésus a vécu pour nous, a été baptisé pour nous, oint de l’Esprit Saint pour nous, a enseigné pour nous, a guéri pour nous, a souffert pour nous, est mort pour nous, est ressuscité pour nous, est monté à Dieu pour nous et reviendra pour nous.

Les Ecritures disent qu’Il est “pour nous”, maintenant et à jamais. Beaucoup de croyants se font du souci et œuvrent dans l’espérance de plaire à Dieu mais ne savent jamais où ils se trouvent dans leur relation avec Dieu. Quel petit Dieu ils servent ! Ils ont raté la vérité – Dieu nous aima « alors que nous étions encore des pécheurs » et Il nous aime d’un amour inconditionnel. Il est pour nous, Il est pour nous.

L’amour, la force motrice

Alors que nous commençons cette nouvelle année, nous pouvons mettre devant nous la lumière de Son amour éternel, un feu pour nous réchauffer au bord du chemin, au jour glacial du désarroi. L’amour se fraye un chemin ; des jours excitants sont devant. Nous avons peut-être un objectif mais l’amour en est la force motrice.

J’ai utilisé des mots pour décrire l’amour de Dieu. Dieu utilise des œuvres. Des milliers de fois, nous élevons nos esprits avec le passage de Jean 3 : 16, mais un secret s’y cache lorsque nous lisons la version grecque : « Car Dieu a AINSI aimé le monde » – aimer de cette manière. De quelle manière ? De la manière que Jésus évoque dans les versets 14 et 15 précédents :

Jean 3 : 14-15

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, 15 afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle.

Voilà comment Dieu nous aime.

La chose que nous devrions savoir est que le Père et le Fils étaient un. Sur le trône éternel, Dieu était ce qu’Il était sur la croix. Il n’est pas mort comme un simple être humain mais comme le Fils de Dieu. Il porta nos péchés. Personne d’autre que le Dieu infini ne pouvait faire une chose pareille. Notre salut est certain car il est imbriqué dans les profondeurs de l’infinité de Dieu. Lui seul peut pardonner des péchés car comme David l’a dit : « C’est contre toi et contre toi seulement que j’ai péché ». Le péché n’est pas seulement méchanceté mais offense à Dieu. Ce qu’Il a fait pour nous ne pourra jamais être annulé. La croix demeure pour l’éternité. Ce plan faisait partie du projet de la création ; le Fils viendrait dans Son monde et compléterait ce plan. La terre a été créée pour Lui ainsi que nous même.

Apocalypse 13 : 8

Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé.

Résonance compatissante

L’expression de l’amour de Dieu se dégage des Écritures comme dans:

Hébreux 4 : 15

Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.

Quelle vérité formidable et merveilleuse ! Dieu est présent dans chacune de nos expériences. Cela me ramène à la façon dont un piano est construit. Les cordes de cet instrument à corde se croisent les unes les autres. Et lorsque les touches sont frappées, les vibrations se propagent sur les autres cordes et produisent des sons harmoniques enrichissant la qualité de la note originale. C’est ce qu’on appelle une résonance compatissante.

C’est la même chose avec Dieu. Entre Dieu et nous, il y a une corde vivante. Lorsque nous souffrons, Il en est conscient, et ce qui nous réjouit le réjouit également. Nos corps sont faits de nerfs interconnectés. Comme Paul dit, lorsqu’un membre souffre, tous souffrent avec lui.

Esaïe 63 : 7-9

Je publierai les grâces de l’Eternel, les louanges de l’Eternel, D’après tout ce que l’Eternel a fait pour nous; Je dirai sa grande bonté envers la maison d’Israël, Qu’il a traitée selon ses compassions et la richesse de son amour. 8 Il avait dit : Certainement ils sont mon peuple, Des enfants qui ne seront pas infidèles ! Et il a été pour eux un sauveur. […]

Dans cette grande parabole du jugement final (Matthieu 25), Il dit que lorsque nous ne donnons pas à manger aux pauvres, n’habillons pas ceux qui n’ont pas d’habits, ne visitons pas ceux qui sont seuls, nous manquons de le faire pour Lui et vice-versa. Voilà ce qu’est l’amour.

Ceci éclaire d’une nouvelle lumière le miracle glorieux et le mystère de la Croix. Lorsqu’Il cria à Dieu de ne pas L’abandonner, Il expérimenta ce que c’est d’être un pécheur sous le jugement de Dieu. Il nous a épargné ce jugement, a porté toutes les preuves de notre culpabilité et tout a été effacé. Dieu n’a rien contre nous. Au contraire, Dieu est POUR nous. Il travaille pour nous afin que toutes choses concourent à notre bien. Il est un Dieu bienveillant, un soleil d’amour brillant sans interruption. Jésus est mort pour nous afin qu’Il puisse vivre pour nous.

Reinhard Bonnke