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Avant Propos

Après avoir beaucoup prié, je me suis finalement décidé à faire un nouvel effort pour mettre par écrit certains événements de ma vie qui ont eu une grande importance pour moi, et qui seront d’une grande importance pour ceux qu’ils toucheront, directement ou indirectement. J’espère que tous ceux qui liront ces événements liront également avec beaucoup d’attention cet avant-propos, car ils y trouveront une clef qui leur sera très utile pour comprendre ce livre. J’ai commencé par accomplir un travail missionnaire de plusieurs années dans la ville de Cincinnati. Mais, dès que je me fus ensuite aventuré sur de nouveaux champs de mission, je commençai à réaliser que ma vocation n’était pas de dormir dans un lit douillet. Dieu m’avait appelé à travailler parmi les plus pauvres, dont bien peu étaient jamais entrés dans une église. Ainsi, dès le début, j’ai vécu entièrement par la foi. Je n’ai jamais demandé une offrande pour moi-même. Je n’ai jamais demandé à quelqu’un de le faire pour moi. Je n’ai jamais fait connaître mes besoins à personne, sinon à Dieu.

Je n’ai jamais rien reproché à ceux qui demandent des offrandes. Mais je n’ai jamais pu le faire moi-même. J’ai souvent pensé que je devrais le faire. Mais, chaque fois que je montais sur l’estrade, je parcourais du regard la foule, et je me disais : « Bon, voici le frère Jones. Il a une si grande famille à nourrir, et il ne se porte pas très bien. On ne le paye pas pour le petit travail qu’il fait. Je ne peux pas m’attendre à ce qu’il me donne quoi que ce soit ! Près de lui, voici le frère Smith. Il vient juste de perdre une vache la semaine dernière. Bien sûr, il n’a rien pu mettre de côté. Près de lui, il y a la sœur Bell. Elle doit s’occuper de ses quatre enfants. Elle non plus ne pourrait rien me donner. Et ce frère Brown qui a sept bouches à nourrir, et sept corps à vêtir ! Son cheval s’est blessé la semaine dernière, et il a dû louer un cheval. Bien sûr, lui non plus ne pourrait rien me donner ! » Je passais ainsi en revue toute l’assemblée, et j’excusais tout le monde !

Il me fallait donc faire confiance à Dieu, et c’est ce qui m’a permis de trouver la solution de nombreux cas que j’aurais, sinon, abandonnés, négligés ou classés comme impossibles. Alors, à mesure que je vivais tous ces événements, j’étais de plus en plus impressionné par leur signification. Je me procurai un gros cahier et, quand je revenais prendre un peu de repos, je commençai à y écrire tout ce qui m’était arrivé de plus important, pour stimuler ma foi. Bien souvent, après m’être trouvé dans une situation très difficile, sans aucun argent, sans beaucoup de résultats visibles, et sans me sentir au mieux de ma forme, je me plongeais dans mon cahier, et j’étais toujours merveilleusement encouragé. A de nombreuses reprises, quand ma foi était plutôt faible, ce que j’avais écrit dans ce cahier chassait les nuages, et me donnait une grande victoire. Je savais alors que Dieu pouvait encore faire ce qu’Il avait déjà fait, si les conditions étaient remplies. J’attachais donc une importance toute particulière à l’examen de ces conditions, pour voir si elles correspondaient aux exigences du Seigneur.

Par la suite, plusieurs personnes eurent connaissance de ce cahier. Elles insistèrent pour que j’en fasse un livre. Mais c’était si loin de mes pensées, et je m’en sentais si peu capable, que je ne m’attardai pas à cette idée. D’autres continuèrent à me harceler jusqu’à ce que j’en parle au Seigneur. Dès que j’eus mentionné ce projet à mon Père, je reçus de grands encouragements. Je finis donc par répondre : « D’accord ! » Mais je n’avais aucun moyen de subsistance pendant le temps où je devais écrire ce livre. Je n’avais pas non plus de machine à écrire. Les éditeurs voulaient un manuscrit écrit à la machine. Je laissai donc tomber le projet. Mais le Seigneur continuai à m’en parler. Bientôt une porte s’ouvrit pour moi, lorsque le Pasteur John Fleming me procura une machine à écrire.

Bon, l’un des obstacles avait sauté. Mais il y en avait encore un autre devant moi, de taille lui aussi. Je n’avais pas d’argent pour que je puisse me consacrer à la rédaction de mon livre. Mais peu de temps après, je fus invité à Ashland, dans le Kentucky, et je prêchai un samedi et un dimanche dans l’église de Ashland Heights. Je fus invité chez les chers Frère et Sœur Simpson.

Le lundi suivant, la Sœur Simpson me dit : « Frère Bevington, nous avons beaucoup d’enfants, et mon mari est dehors toute la journée. J’ai tellement de travail que je ne peux pas m’occuper de mes enfants comme je le devrais. Nous croyons que Dieu veut que vous restiez chez nous pour que tous ces enfants vous voient vivre. » Après avoir prié à ce sujet, il me sembla tout-à-fait clair que je devais rester chez eux.

Je commençai donc à écrire mon livre. Mais lorsque j’en eus écrit à peu près la moitié, je fus fatigué de toujours devoir être enfermé comme cela, et je sortis pour tenir quelques réunions. Entre temps, le cher Frère Fleming, le frère du pasteur John Fleming, m’invita à venir chez lui pour y finir mon livre. Il habitait alors à Willard, dans le Kentucky. J’acceptai son invitation. Mais je fus à nouveau invité à tenir d’autres réunions avant que le livre soit complètement achevé. Je partis donc, attendant une occasion plus favorable. Je crois que le Seigneur fut fatigué de ma lenteur. Le livre brûla dans un incendie, avec toutes mes affaires, alors que je me trouvais à Rush, une ville du Kentucky.

Je dis ceci pour expliquer pourquoi mon livre omet certains noms et adresses. Mon manuscrit actuel est tiré du livre qui a brûlé. J’avais d’abord abandonné toute idée de le réécrire. Mais, au cours de l’hiver dernier et de ce printemps, plusieurs personnes me dirent que je devais écrire à nouveau le récit de ma vie. D’autres m’ont écrit pour m’y encourager. Certains n’avaient jamais entendu parler du livre qui avait brûlé. Et puis, tout dernièrement, le cher Frère Heins, de Kingswood, insista vivement pour que je l’écrive. Je lui répondis ce que je viens de raconter à propos de mon premier livre, et que je n’avais plus aucun souvenir de certains noms, dates ou lieux. Il me dit que cela n’avait que peu d’importance dans un ouvrage tel que celui-ci. Ainsi, après avoir prié à ce sujet, je décidai de réécrire ces événements. Lisez-les aussi objectivement que vous le pourrez, car tout ce qui suit est vrai.

Je souhaite que ces événements soient une grande bénédiction pour vous, et pour d’autres, comme ils l’ont été pour moi. Si c’est le cas, faites circuler ce livre, ne le rangez jamais. Cela contribuera à répandre des vérités plus profondes, qui sont comme des pépites cachées dans la grande mine d’or de Dieu, la Bible. Lisez, priez, servez-vous, avalez, et faites passer ! Mangez, et servez-vous en pour prendre du poids !

Introduction

C’est un grand plaisir pour nous de recommander au public ce petit volume. Il a été conçu dans la prière. Il présente la vie de l’un des hommes les plus consacrés que nous ayons jamais rencontrés. Cela fait quinze ans que nous connaissons le Frère Bevington. C’est un chrétien que nous avons toujours connu vrai, loyal, sanctifié et tout entier pour le Seigneur, avec un fardeau pour la prière et pour le salut d’un monde perdu et mourant.

Depuis George Muller, nous ne pensons pas qu’il ait existé quelqu’un qui ait autant prié que l’auteur de ce livre, qui ait reçu autant d’exaucements directs, et qui ait pu témoigner d’autant de cas remarquables de guérison divine. Nous espérons que cet ouvrage aura une très large diffusion. Nous le recommandons chaleureusement à tous ceux qui aiment les choses profondes de l’Esprit.

John et Bona Fleming

Chapitre 1

Un aperçu de mes débuts

Commençons par le début. Vous avez vu que je m’appelle Bevington. C’était le nom de mon père et de ma mère. Je suppose que c’est pour cette raison que j’ai dû porter ce nom un peu long pendant plus de soixante-quatorze ans. Mon père était un prédicateur Méthodiste. Il paraît aussi que c’était un « secoueur. » On m’a dit qu’il faisait se dresser leurs cheveux sur la tête des gens ! Son sujet de prédication préféré était l’enfer. Il a prêché aux Indiens dans le comté de Wyandotte, dans l’Ohio, et dans les comtés avoisinants. Il a construit des églises et des écoles en rondins. C’était bien longtemps avant que je fasse mon apparition sur cette terre. Quand j’entrai en scène, il était devenu rétrograde. Il s’était établi comme forgeron, charron et charpentier à Little Sandusky, dans l’Ohio. Il avait rétrogradé à propos d’un baril de savon. Vous voyez que Satan peut utiliser presque n’importe quoi pour faire rétrograder un prédicateur. Mais ma mère s’accrocha à son Dieu. Elle continua à prier avec nous, les enfants. Nous eûmes tous beaucoup à faire, en grandissant, pour trouver Dieu et Le garder ! Les plus beaux traits de caractère de ma mère ne furent jamais reconnus de son vivant. Après sa mort, ils semblaient se dresser devant moi, à chaque coin de rue ou à chaque carrefour, comme des poteaux indicateurs placés là pour me montrer le bon chemin.

Vous vous demandez peut-être comment mon père a pu rétrograder à propos d’un baril de savon. Il a rétrogradé à propos d’un baril, et non pas dans un baril. S’il était tombé dedans, surtout la tête la première, on aurait peut-être pu comprendre comment il avait rétrogradé. Mon père, je le répète, avait bâti des églises et des écoles là où les gens étaient trop pauvres pour pouvoir le faire eux-mêmes. Il recevait d’eux des paiements en nature pour ces bâtiments : de la viande, du maïs, du blé, des pommes de terre, etc… Quelqu’un lui avait promis un baril de savon. Bien entendu, mon père attendait le savon, mais l’homme ne le lui a jamais donné. Peu après, mon père vint s’établir à Little Sandusky, à sept miles de Upper Sandusky. L’homme qui lui avait promis le baril de savon s’installa dans la même ville. Mon père commença à prêcher dans cet endroit. Quand il eut estimé que cette affaire de baril avait suffisamment duré, il exigea que cet homme soit exclu de l’église, parce qu’il le considérait comme menteur. Il jugeait que puisque cet homme n’était pas digne d’entrer au ciel, il n’était pas non plus digne de rester membre de l’église qu’il dirigeait. Mais cet homme payait de bonnes dîmes et s’occupait aussi de l’école. Une bonne majorité de l’église vota donc pour le garder.

Mon père présenta donc sa démission et ne remit plus les pieds dans l’église. Bien entendu, il rétrograda. Mais notre maison resta une maison ouverte aux prédicateurs, aussi longtemps que ceux-ci y consentirent. Quand ils arrivaient, je suppose qu’ils disaient tous : « Bon, c’est un vieil ami, je vais aller le voir et je vais le ramener à l’église. » J’ai le souvenir de m’être trouvé dans l’atelier de mon père quand un prédicateur qui assurait les réunions de la fin de semaine vint le voir pour tenter de l’attirer à l’église. Il me sembla qu’il utilisait des arguments assez convaincants, mais mon père finit par s’en fatiguer, et lui dit : « Tout ça me rappelle une histoire qui s’était passée quand j’étais enfant. L’un de nos voisins était un fermier. Il avait trois fils et deux filles, tous mariés sauf un, qui était considéré comme tout-à-fait simplet. Il n’était jamais allé à l’école. Après la mort du fermier et de sa femme, les enfants se mirent d’accord pour se partager l’héritage et le troupeau. Jim, le simplet, était si peu intelligent que ses frères et sœurs étaient sûrs de pouvoir le duper facilement, surtout à propos du troupeau.

Ils avaient beaucoup de moutons. Comme d’habitude, il y en avait un bon nombre qui étaient chétifs, rachitiques, vieux et décharnés. Ils se dirent : « Jim possède un petit mouton avec lequel il a été élevé, et dont il ne veut jamais se séparer. Mettons ensemble tous les mauvais moutons dans un enclos, avec son petit mouton. Séparons les autres moutons dans d’autres enclos, puis demandons à Jim de faire son choix. » Bien entendu, ils supposaient qu’il choisirait le troupeau où se trouvait son petit mouton favori. Jim a bien examiné tous les lots. Le dernier était celui où se trouvait son petit mouton. Il se pencha sur la barrière, et vit son cher petit mouton. Il lui dit : « Mickey, nous avons été ensemble depuis si longtemps, nous avons mangé dans la même assiette, nous avons bu dans le même étang, et nous avons dormi dans le même lit. On a passé beaucoup de bon temps ensemble. Mais, mon pauvre Mickey, tu es tombé au milieu d’une si mauvaise compagnie qu’il va falloir qu’on se sépare ! » Jim choisit donc l’un des meilleurs lots de moutons. »

Mon père ajouta : « C’est la même chose dans cette église. Il y a une mauvaise compagnie, et nous ne pouvons pas être en communion. Nous devons nous séparer, comme Jim s’est séparé de Mickey ! » Mon père riait tellement quand il nous racontait cette histoire! Mais ils ne réussirent jamais à le ramener dans l’église, ni dans aucune autre. J’espère pourtant qu’il est retourné au Seigneur. Vous voyez donc que Satan a toutes sortes d’excuses raisonnables, du point de vue de celui qui rétrograde. Mon seul espoir est bien de rester au milieu du chemin, pour ne jamais rétrograder. Ainsi Satan ne pourra pas m’avoir comme il a eu mon père.

Je reviens à mon histoire. Quand je suis né, je ne me portais pas bien du tout. Je ne suis jamais allé à l’école avant l’âge de dix ans. J’avais une maladie qui était une énigme pour tous les docteurs. Mon père, qui s’occupait d’une petite pharmacie en même temps que de son autre métier, avait un peu étudié la médecine. Il décida de me placer chez un oncle qui vivait dans l’Indiana, et qui produisait de la gomme de tamarack. Il pensait que je guérirais si je mâchais cette gomme. J’avais treize ans. Ma mère prépara donc toutes mes affaires, et je partis chez mon oncle. Je n’ai pas arrêté de mâcher cette gomme, et je fus tout-à-fait guéri en moins d’un an. Je devins fort et vigoureux.

Je m’enfuis de chez mon oncle

Mon père exerçait une autorité que je considérais comme tout-à-fait déraisonnable. Les enfants pensent souvent qu’ils en savent plus que leurs parents ! Je devins si fort que je m’imaginai que je pouvais duper mon père. Je me dis qu’il ne me ferait jamais subir ce qu’il avait fait subir à mes frères. Je commis donc la folie de m’enfuir de chez mon oncle et m’en allai dans le Michigan.

J’en viens maintenant à ce qui m’a conduit à écrire cette partie de mon livre. La vie de ma mère et les prières que nous avions faites en famille avaient laissé sur moi une impression indélébile, et je ne pouvais pas m’en détacher. Un dimanche matin de Noël, il y a cinquante-neuf ans, je franchis donc la barrière à 11 heures 30 du soir, pour marcher jusqu’à Kindleville, à une distance de quinze ou vingt miles. La neige m’arrivait presque jusqu’au genou. J’avais un bleu de travail et une chemise emballés dans un large mouchoir aux coloris vieillots. C’était tout ce que j’avais comme garde-robe et comme valise. Le printemps précédent, j’avais nettoyé les moutons d’un voisin, qui m’avait donné 1 dollar 25 pour ce travail. J’avais gardé cet argent, même après la Fête Nationale et pendant tout l’automne et l’hiver.

Quand j’arrivai à Kindleville, le jour se levait. Je vis qu’un train allait bientôt partir pour Elkhart. J’achetai un billet, et arrivai à Elkhart à 8 heures du matin, avec une faim de loup. Je me glissai dans une allée pour voir combien il me restait d’argent. J’avais quarante-cinq cents. Il me faudrait voyager un peu plus lentement, car il me restait seize miles pour aller à Edwardsburg, puis encore douze miles jusqu’à Cassopolis. Mais il me fallait manger quelque chose. J’entrai dans une épicerie, et achetai un peu de jambon et de fromage. Je n’oublierai jamais l’allure que je devais avoir, avec un gros morceau de fromage dans une main, mon jambon dans l’autre, et ma « valise » sous le bras. Je m’avançais lentement dans la rue principale d’Elkhart, la plus grande ville que j’avais jamais vue. Ce que j’apercevais au travers des fenêtres, et ces gens affairés qui couraient ça et là, tout cela était si nouveau pour moi ! Je restai planté là, contemplant les bâtiments, et mâchant mon fromage et mon jambon, que je tenais bien serrés dans mes mains. Je devais être comique pour les passants ! Finalement, quelqu’un m’accosta et me dit : « Hello, Bub ! » C’était ainsi que quelqu’un m’avait appelé chez mon oncle. Mon prénom, Guy, était difficile à retenir, aussi la plupart des gens avaient fini par m’appeler Bub. Mais là, je fus très effrayé de m’entendre appeler par ce nom. Je ne pris même pas la peine de voir qui m’appelait. Je revins sur mes pas en courant dans la rue. Je croyais que quelqu’un m’avait suivi pour me rattraper et me ramener chez mon oncle.

Je courais comme un soldat de la cavalerie. Mais l’homme criait à tue-tête, en disant : « Je ne vais pas te faire de mal ! » Il me poursuivit, et avec l’aide de quelques autres, me rattrapa et me ceintura, avec mon fromage, mon jambon et mon baluchon. Il me persuada de le suivre, après m’avoir convaincu qu’il ne m’avait jamais vu et qu’il n’avait jamais entendu parler de moi. Il vit que j’avais froid et que j’étais affamé. Il voulait m’amener chez lui, car il voyait que j’étais étranger à Elkhart. J’entrai dans un long hall, puis dans une cuisine où une brave femme était en train de prendre son petit déjeuner. Il dit : « Maman, voici notre garçon ! Je viens juste de le trouver ! » Elle vint vers moi, enleva ma casquette, me brossa les cheveux et me fit même une bise. Ah, cette bise ! Je n’en avais pas eu une seule depuis que j’avais quitté ma maison une année auparavant. Cela me fit fondre. Mais j’étais si timide et confus que je ne pus manifester aucune appréciation de son affection maternelle. Je ne pouvais pas supporter d’être dans cette maison que je ne connaissais pas. Elle me soulagea de mon fromage, de mon jambon et de mon baluchon rouge. Tous deux tentèrent de me soulager aussi de l’embarras qui me torturait. Elle me fit manger un bon petit déjeuner. Puis je vis que la réserve de bois était presque vide. Je demandai la permission de la remplir, tellement je désirais fuir cette terrible tension. Il me montra alors où se trouvait la remise où il stockait le bois.

Je sciai et fendis des bûches jusqu’à ce qu’ils sortent pour me demander de venir déjeuner avec eux. Mais je ne pouvais absolument pas pénétrer dans cette belle cuisine et m’asseoir à leur belle table. J’étais un étranger. Alors je commençai à invoquer toutes sortes d’excuses, à la façon des gens de l’ancien temps. Alors l’homme se mit à crier : « Marie, viens ! » Je me demandai qui était Marie. Je vis bientôt arriver, sautant, riant et souriant, une jeune fille rondelette aux joues roses, à peu près de ma taille et de mon âge. Elle me saisit, me serra, m’embrassa et me dit : « Il faut que tu viennes, parce que nous t’aimons tous ! » Elle réussit à me faire bouger, mais je me demandai pour quelle raison ils m’aimaient tous ainsi. A part ma mère, personne ne m’avait jamais tenu un tel langage, et je savais bien qu’elle n’était pas ma mère ! J’entrai en trébuchant, la tête baissée, après avoir laissé Marie me convaincre. Elle me dit : « Maintenant, je suis ta sœur, et tu es mon frère ! Alors viens t’asseoir juste à côté de moi. Maman va nous donner quelques bonnes galettes de blé noir, avec du sirop d’érable ! » Sûr, les galettes et Marie étaient très tentantes! Si seulement j’avais pu emporter mes galettes et mon sirop dans la remise à bois ! Mais non, je me trouvais là, et que faire ? Il y avait un si beau linge sur la table, de l’argenterie, des fourchettes et des couteaux… Des choses que nous n’avions jamais vues et dont nous n’avions jamais entendu parler !

Je parvins à manger un peu de ce que Marie m’avait coupé. C’était si bon ! Mais je souffrais terriblement. A cette époque, même un garçon de huit ans était bien plus avancé que moi, qui n’en avais pas quinze. Dès que je le pus, je me levai, mais non sans avoir balbutié ce que ma mère m’avait appris : « Excusez-moi. » Je retournai dans la remise pour y chercher du bois, que j’empilai très haut dans la réserve de la cuisine. Puis je remarquai que le seau d’eau était vide. J’allai le remplir, ainsi que la bouilloire à thé.

Je faisais tout ce que ma mère m’avait inculqué. Ce qu’elle m’a appris m’a toujours bien servi par la suite. Dans mon travail d’évangélisation, j’ai pu pénétrer ainsi dans des maisons et y tenir des réunions, alors que d’autres n’auraient jamais pu le faire, simplement parce que je savais couper du bois, chercher de l’eau et donner un coup de main. Ces gens me laissaient entrer chez eux grâce au travail que je faisais pour eux. Ils me donnaient ainsi l’occasion de leur prêcher un Evangile qu’ils n’avaient jamais entendu. Car ils avaient été élevés « en se nourrissant des miettes, » et jamais personne ne leur avait donné un vrai repas. Cela sert d’être prêt à faire n’importe quoi pour gagner des âmes !

Bien, pour revenir à cette maison où j’ai été reçu, je veux vous montrer ce que les prières d’une mère peuvent faire. Ma mère ne savait pourtant pas que je n’étais plus chez mon oncle, comme j’aurais dû y être. Ses prières ne sont pas restées chez mon oncle, mais elles m’ont accompagné partout où j’allais ! Gloire à Dieu ! Je suis sûr qu’elles ont aussi sauté les barrières de mon oncle, pour me suivre pas à pas. D’ailleurs, vous le verrez vous-même, et vous serez convaincu que Dieu entend les prières d’une maman. Amen et amen ! Oh, comme je loue Dieu pour une maman qui prie !

Je continuai à scier du bois toute la journée. Beaucoup de pensées me traversaient. Je ne leur avais pas dit qui j’étais, ni d’où je venais. Ils avaient tout essayé pour le savoir. Mais je ne voulais absolument pas le dire, car j’avais peur qu’ils veuillent me ramener chez mon oncle. Ce soir-là, j’avais vraiment le désir de rentrer à la maison. J’avais l’intention de me glisser en rampant derrière le grand fourneau de la cuisine pour y faire un petit somme. Mais peu après Marie rentra toute guillerette de l’école. Elle s’écria aussitôt : « Mais où est donc mon frère, mon frère jumeau, où est-il ? » Elle me saisit par les chaussures et me tira de ma cachette. Elle m’entraîna dans la cour pour jouer au ballon. Quand on nous appela pour dîner, je rassemblai mon courage pour entrer dans la maison sans subir autant d’assauts que le matin. Mais dès la fin du repas, je me glissai à nouveau derrière le fourneau.

Dès que la vaisselle fut lavée, Marie revint me tirer par les pieds. Je me retrouvai au salon, chantant avec elle quelques bons vieux cantiques de l’école du dimanche, que ma mère m’avait appris. Cela me fit pleurer. Marie s’en aperçut vite, et changea de tactique. Elle réussit à m’intéresser à un livre d’images. Avant même que je m’en rende compte, elle avait réussi à me tirer complètement les vers du nez. Elle savait mon nom, mon prénom, d’où je venais, et où ma famille vivait. Son père, qui n’était pas chrétien, voulut que je retourne chez mon oncle, mais je refusai. Tout d’abord, parce que j’avais peur d’y retourner. Ensuite, parce que je n’avais plus d’argent pour voyager. Il me dit : « Peut-être que tu n’as pas assez d’argent pour retourner chez ton oncle. Mais je t’en donnerai assez, et tu n’auras pas besoin de me le rendre. » Je continuai à refuser. Pourtant, j’aurais aimé rentrer chez moi, mais j’étais trop fier pour le faire. Il me dit alors qu’il voulait me payer un billet de train jusqu’à Upper Sandusky, à sept miles environ de chez moi, mais je refusai.

Alors je restai chez eux toute la nuit. Le lendemain matin, je vis que la réserve de bois et le seau d’eau étaient pleins. L’homme entra et dit : « Maman, il nous faut un garçon. Essayons de le persuader de rester avec nous. » Alors ils me firent beaucoup de propositions. Il me dit : « Tout ce que tu devras faire, c’est nettoyer la pièce où je travaille, laver quelques verres tous les matins, allumer le feu, et aller chercher le bois et l’eau. Tu iras à l’école, et tu partageras tout avec Marie. » Il ajouta : « Nous avons perdu notre seul garçon il y a juste un an. C’était le frère jumeau de Marie. Marie dit que tu dois le remplacer, parce que tu lui ressembles beaucoup. Tous les trois, nous t’aimons. Marie est le seul enfant qui nous reste. Quand maman et moi nous ne serons plus là, tout ce qui nous appartient sera partagé entre Marie et toi. Nous avons une ferme à la campagne. Nous ne sommes venus en ville que pour donner une meilleure éducation à nos enfants. Quand Marie aura fini ses études, nous avons l’intention de retourner dans notre ferme. Mais quoi que nous fassions, tu partageras tout avec Marie. »

Sûr, tout cela me semblait merveilleux. Je pourrais avoir de l’instruction, ce qui m’éviterait d’être sous un joug humiliant. Car c’est ainsi que je jugeais la discipline qui régnait chez moi, avec mes yeux charnels d’adolescent. Je fendis du bois toute la journée. Quand Marie sortit pour aller à l’école, elle m’embrassa, et me dit : « Tu veux bien devenir mon frère, n’est-ce pas ? J’ai besoin d’un frère pour aller à l’école avec moi ! » Je peux vous dire que je me sentais réellement touché ! Mais il y avait pourtant quelque chose qui me préoccupait. Pourquoi fallait-il que je lave ces verres ? Qu’est-ce que cela pouvait signifier ? Par la suite, l’homme sortit et m’appela pour manger. En entrant, je croisai Marie à la porte. Elle me saisit par la main, et me dit : « Oh, mon frère, mon frère ! » Elle me faisait vraiment sentir que j’étais son frère. Mais ces verres, que venaient-ils faire ici ?

Après avoir déjeuné, et lorsque Marie fut partie à l’école, je voulus tout remettre sur le tapis, avant de me décider pour de bon. Je dis : « Vous avez dit que je devais laver quelques verres et nettoyer l’endroit où vous travaillez. Qu’est-ce que cela veut dire ? » Il y eut un silence que même un jeune garçon inexpérimenté ne pouvait manquer de remarquer. Finalement, l’homme releva la tête pour parler, mais il sembla hésiter. Il passait par un combat, dont je ne pouvais comprendre la cause. Alors sa femme parla à sa place et dit : « Guy, il n’aime pas parler du travail qu’il fait. Il tient un café, et nous en avons tous honte, même lui. Mais il s’en occupe, et on dirait qu’il ne peut pas s’en séparer sans perdre tout ce qu’il y a mis comme argent. » Alors il se reprit, et dit : « C’est vrai, Guy, nous voulions donner à nos enfants de meilleures chances que s’ils étaient restés à la ferme. Alors nous avons déménagé. Comme les temps étaient difficiles, je n’ai pas pu trouver de travail. J’étais au chômage et j’ai cherché partout du travail pendant huit mois. La seule chose que j’ai pu trouver a été ce café. Celui qui voulait le vendre me faisait un très bon prix. Je ne me rendais pas vraiment compte de tout ce que ce travail allait entraîner, mais j’ai fini par l’acheter. Nous sommes ici depuis trois ans, mais aucun de mes enfants n’est jamais entré dans le café, qui se trouve pourtant juste en face de la rue. Même ma femme n’y a jamais mis les pieds. »

Je vais vous montrer à présent ce que cela signifie d’avoir une mère qui sait et qui fait ce qui est bien. Quand j’ai quitté la maison pour aller chez mon oncle, elle me prit à part, me mit à genoux entre ses jambes, et me releva le menton en me disant ceci : « Guy, tu quittes la maison, et ta maman ne pourras plus s’occuper de toi. Mais je veux que tu promettes une chose à ta maman. Veux-tu me la promettre ? » – « Que veux-tu que je te promette, maman ? » Je pleurais, parce que je savais que j’allais bientôt quitter ma mère. « Guy, crois-tu que ta maman pourrait te demander quelque chose que tu ne pourrais pas faire, ou qui pourrait te faire du mal ? » J’étais très étonné. Je lui dis, dans ma curiosité d’enfant : « Non, mais qu’est-ce que c’est ? » Puis j’ajoutai : « D’accord, je ferai ce que tu me demanderas. » Elle me dit alors : « Je veux que tu me promettes de ne jamais entrer dans un café. » Je répondis : « Ah, bon ! Ce n’est rien ! Je suis content que tu ne me demandes pas quelque chose de plus difficile que ça ! » A l’époque, je n’avais pas attaché beaucoup d’importance à sa demande, car je n’avais jamais été dans un café, et il me semblait que je n’aurais jamais aucune raison d’y aller. Je pensai donc que ce serait remarquablement facile. Mais à mesure que le temps passait, je ne tardai pas à comprendre que ma mère voyait bien plus loin que moi.

Alors je dis à ces gens ce que ma mère m’avait fait promettre. Il se leva d’un bond, m’entoura de ses bras, et me dit : « Que Dieu bénisse ta mère ! Donne-moi son nom, je veux lui écrire et lui dire que son garçon est chez moi. Je lui parlerai de la proposition que je t’ai faite, et je lui dirai comment tu l’as refusée, à cause de la promesse que tu lui as faite. Je veux t’adopter, si tes parents sont d’accord. Tu n’auras jamais à entrer dans ce café. De toutes façons, nous allons bientôt partir d’ici. Tu pourras rester à la maison et faire d’autres travaux, aller à l’école avec Marie, et être mon fils, jusqu’à ce que ton père et ta mère me répondent. »

Mais imaginez-vous que j’avais peur de ce café. Je voyais bien qu’il devait y avoir des choses dangereuses là-dedans, sinon ma mère ne m’aurait pas fait faire cette promesse ! Je persistai donc à vouloir retourner chez moi.

Je quitte cette famille accueillante

J’en viens à la leçon de l’histoire. L’homme me dit : « Puisque tu es décidé à partir, et puisqu’il fait froid, j’ai un ami qui doit aller à Edwardsburg demain matin avec son traîneau. Il te prendra avec lui. » Après le petit déjeuner, ma chère Marie m’embrassa et me dit au-revoir. Des larmes coulaient sur ses joues. Je ne la revis plus jamais. Je montai dans le traîneau, bien couvert. Je n’avais pas de manteau ni de bottes. Mais on me tendit un manteau, une paire de bottes, et des sous-vêtements, bien emballés. Je ne savais pas que c’était pour moi. On me donna aussi un panier de provisions. Ils me dirent : « Quand tu seras arrivé, va à l’hôtel et prends-y ton repas. » Nous arrivâmes à destination sans aucun problème. J’entrai dans une pièce qui était le bureau d’accueil de l’hôtel. L’homme qui m’avait conduit demanda que l’on me permette de m’asseoir derrière le poêle pour que je puisse manger mes provisions. Je me glissai donc derrière le poêle, et je soulevai le couvercle du panier. Je vis qu’il y avait un billet de cinq dollars à l’intérieur. Je me dis : « Ils l’ont mis là par erreur ! » Quand l’homme qui m’avait conduit eut fini son dîner, je lui dis : « Ils ont mis ce billet dans le panier par erreur. Pouvez-vous le leur ramener ? » Mais il me dit : « Non, c’est un cadeau de Marie. Je l’ai vue quand elle l’a mis. Elle voulait s’acheter une paire de gants de fourrure cette semaine. Mais elle a dit qu’elle voulait, et qu’elle pouvait se passer de ses gants. Alors le billet est à toi ! » J’éclatai en sanglots derrière ce poêle. Me voyant pleurer, l’homme me dit : « Veux-tu que je te ramène ? Si tu le veux, je te ramènerai, et cela ne te coûtera rien ! » J’appris qu’il louait son traîneau, mais le prix de mon voyage avait été payé par le patron du café. Mais je lui dis : « Non, je vais continuer ! »

Ma nouvelle naissance

Il s’est ensuite passé la chose la plus importante de toute ma vie. C’est même pour cela que je vous ai raconté toute cette histoire, car mon livre a été écrit dans la prière. Je suis parti pour une étape de douze miles à pied, et j’avais encore du chemin à faire après. Le désir ardent de revoir ma mère, le souvenir constant de la gentillesse dont j’avais été entouré dans cette maison accueillante, la proposition extraordinaire qui m’avait été faite, l’idée d’avoir pour sœur la douce Marie (j’avais aussi une sœur chez moi, plus jeune que moi de deux ans), tout cela me troublait beaucoup, et je sentais mon cœur pris comme dans un filet. J’avais l’impression que j’allais sombrer. Je levai la tête, et vis un grand arbre à quelque distance de la route. Je m’y rendis. Sous cet arbre, je voulus dire : « Maintenant, je vais me coucher ! » Je croyais que cela allait chasser de moi cet esprit d’abattement que je sentais descendre sur moi comme un gros nuage sombre. Je commençai donc à dire : « Maintenant, je me couche ! » Puis je fis la seule prière que j’eus jamais tenté de faire. Je n’avais pas encore tout-à-fait quatorze ans, et je supposais que c’était tout ce qu’il fallait que je fasse. Mais je restai près de deux heures sous cet arbre. Je crois que je fis là la meilleure prière de ma vie. Je commençai à prier de tout mon cœur, et je me plongeai complètement dans la prière. Je ne me rappelle plus tout ce que j’ai demandé. Mais ce dont je me souviens très bien, c’est qu’à mesure que je progressais dans ma prière, les nuages commencèrent à se déchirer. J’avais l’impression d’être soulevé sur un plan qui m’était tout-à-fait inconnu. Je me rappelle pourtant avoir dit : « Oh, mon Dieu, conduis-moi dans une maison chrétienne, où ils prient comme maman, où ils lisent la Bible et prient comme maman ! » Je me sentis très heureux, et je me relevai de dessous mon arbre, merveilleusement béni. Je crois que c’est là que je suis né de nouveau. Mais je ne savais pas ce qu’était la nouvelle naissance. J’étais si jeune que Satan m’avait empêché de comprendre que je m’étais réellement converti. Je ne me rappelle plus tout ce que j’ai demandé et promis, mais j’ai toujours cru que j’ai fait à ce moment-là tout ce qui était nécessaire pour naître de nouveau.

Je repris ma route en courant, criant, riant, sautant et pleurant tout à la fois. Je n’avais jamais éprouvé un tel sentiment d’exaltation. Je courus ainsi pendant des heures, poussé par quelque chose de puissant, qui m’avait fait ressentir ce que je n’avais jamais ressenti. Puisque je ne savais pas que c’était la nouvelle naissance, je n’en ai jamais parlé à l’époque. Mais ce fut pour moi une expérience si remarquable qu’elle me marqua pendant des années. En fait, j’ai toujours été plus ou moins influencé par cette expérience. Je repense à cet arbre avec beaucoup de respect. Sous cet arbre, j’avais dit : « Seigneur, si tu me conduis dans un foyer chrétien, je te servirai de mon mieux ! » Je croyais qu’il me fallait être plus vieux pour être sauvé ! J’aurais dû être moins ignorant, car j’étais sûr que ma mère ne m’avait jamais donné cette impression. Mais Satan fait toujours bien son travail. Il sait toujours comment faire ses œuvres diaboliques. Il réussit à me tromper sur ce que Dieu venait juste de me donner.

Le Seigneur me fait éviter un nouveau piège

Lorsque j’étais chez mon oncle, l’une de ses nièces avait passé plusieurs mois chez lui. Elle venait du Michigan. Elle était amie de l’un des camarades d’école de mon oncle, qu’il n’avait pas revu depuis des années. Ils parlèrent beaucoup de ce monsieur N., qui était un riche fermier du Michigan. J’eus l’intention d’aller le voir et de lui parler de mon oncle. Vers 5 heures de l’après-midi, j’arrivai à S., et je demandai où habitait monsieur N. On m’indiqua le chemin. Je devais marcher environ quatre miles. Je partis, jusqu’à ce que je sois certain d’avoir parcouru près de quatre miles. Pourtant, je ne voyais aucun des signes que l’on m’avait annoncés. Finalement, vers 8 heures 30, je rencontrai un homme sur son traîneau, et je lui demandai si j’étais loin de Brushridge Schoolhouse. Il me dit : « Mon pauvre garçon, c’est à douze ou treize miles d’ici ! » Je lui dis : « Mais non ! On m’a dit que c’était à quatre miles de S. » Il répondit : « Oui, c’est vrai, mais tu es parti dans une fausse direction à partir du lac ! » J’étais à dix miles du lac. Si je retournais à S., il me faudrait refaire les quatorze miles que je venais de parcourir.

Il me proposa de venir avec lui, et de passer la nuit avec lui, car il n’habitait qu’à cinq miles de l’endroit où je voulais me rendre. Mais j’avais encore cette même vieille peur en moi. Je craignais que ce soit encore un piège pour me ramener chez mon oncle. Je me sentais coupable. Ma conscience, telle une cloche, comme l’appelle le Frère Kulp, continuait à résonner ! L’homme me dit que l’ami de mon oncle habitait à environ sept miles du point où nous étions, en prenant une certaine direction.

Comme la lune brillait sur la neige, il me fit grimper sur une barrière, et s’y appuya. Il m’indiqua la direction, en me montrant un alignement de certains arbres comme points de repère. Ce brave vieux s’efforça pendant plus d’une heure de m’expliquer de quelle manière on pouvait conserver sa direction en s’alignant sur des arbres. Quand j’eus compris son principe, je partis. Ce fut très dur, car la neige s’était accumulée sur les barrières. Je tombai trois fois la tête la première dans la neige, et j’eus beaucoup de difficultés à m’en extraire. Il fallait ensuite que je revienne sur ma piste et que je reprenne mes marques. J’avançais péniblement, freiné par les congères que je devais traverser. Une croûte s’était formée sur la neige. Elle cédait parfois sous mon poids.

Finalement, je me retrouvai juste à ma destination. Je vis une grande et belle maison. Il me semblait que je n’avais jamais vu de maison aussi grande dans tout le pays ! La lumière brillait dans toutes les pièces, sur les trois étages. Je me demandai ce qui pouvait s’y passer à cette heure si matinale. Je m’approchai furtivement, et je ne vis rien qui puisse être un sujet de crainte pour ma timidité. Laissant tomber mon baluchon au portail d’entrée, je gravis avec beaucoup de précautions les marches du porche. J’entendais des bruits qui n’étaient pas habituels à cette heure de la nuit. Je restai un moment planté devant la porte, tenaillé par la faim, et tremblant de la tête aux pieds. Comme j’avais peur de frapper à cette porte ! Mais il ne fallait pas que je reste là, car quelqu’un pouvait sortir, et on pourrait croire que j’étais un chapardeur.

Je m’approchai pour frapper à la porte, mais je n’osai pas. Je quittai le porche et repris la route de C. Mais je me dis : « J’ai eu tellement de problèmes pour venir ici que je ferais mieux de rester. Peut-être que quelqu’un est malade ! » Encouragé par cet argument, je remontai vers le porche. Craignant de m’enfuir à nouveau, je me jetai sur la porte, et frappai. Quelqu’un dit : « Entrez ! » J’ouvris la porte, et vis un homme grand et gras. Il avait un air si bon et si paternel que je me sentis tout-à-fait à l’aise. Il me dit : « Bonjour, Bub ! » Ma cloche intérieure se remit à sonner. Il ajouta : « Prends cette chaise, Bub ! » Il y avait là un grand poêle. Il faisait si bon et si chaud que je me blottis contre le poêle, en disant : « Je viens de chez mon oncle Dave Voorhees, dans l’Indiana. » Son visage s’éclaira. Il fut ravi d’entendre parler de son vieux pote qu’il avait connu à l’école. Sa femme entra, et il dit : « Maman, apporte à ce garçon quelque chose à manger ! »

J’avais une faim de loup, ayant été trop pingre pour entamer le billet de cinq dollars que Marie avait glissé dans mon panier la veille. Je restai silencieux, tremblant toujours, et je me dis : « Si personne ne descend, je mangerais bien quelque chose ! » Mais j’avais très peur de ces bruits bizarres que j’entendais partout dans la maison. Finalement, madame N. m’apporta un repas bien chaud, et bien tentant ! Une purée de pomme de terres, une belle tourte à la viande, et un gâteau bien appétissant. Le tout était disposé sur un petit plateau, sur une jolie nappe blanche. Que cette nourriture était tentante, et comme mon estomac la désirait !

Tout en regardant mon repas, je surveillais aussi toutes les portes. L’homme me dit : « Bub ! (Encore ce « Bub ! ») Viens maintenant, assieds-toi et prends quelque chose à manger. » Rassemblant mon courage, je me préparais à manger, lorsqu’une grande porte s’ouvrit brusquement, et une dame et un monsieur distingué entrèrent. Quels beaux vêtements ils portaient ! La robe de la dame avait une longue traîne de soie, et l’homme avait un habit à queue. Tous deux portaient des fleurs. Je plongeai ma tête entre mes genoux et me serrai aussi près du poêle que je le pus. Ils me fixèrent du regard en passant près de moi, jusqu’à ce que je me sente comme un chien battu. Quand ils furent sortis, je dis, tout craintif et tremblant : « Bon, il faut que je parte ! » L’oncle N. dit : « Que tu partes ? Mais où veux-tu aller ? » Je répondis : « Je veux aller à C. »

Il me dit de m’asseoir, de manger quelque chose, et d’aller me coucher. Il ajouta que j’avais l’air fatigué, et que j’avais besoin d’une bonne nuit de repos. Si je voulais aller à C., les gars m’y conduiraient dans la matinée. « Tu connais quelqu’un à C. ? » Je répondis : « Personne. » Il dit : « Bon, alors viens et assieds-toi ! » Mais savez-vous que j’étais tellement effrayé à la vue de tant de luxe et de beauté, que je ne pus pas rester. Je sortis et repartis dans la direction de C., à quatre miles de là. J’étais tellement épuisé et j’avais tellement faim !

Dieu me suit à la trace

Vers quatre heures du matin, je finis par arriver à C. Mais la nièce qui avait visité mon oncle habitait à neuf miles de là. Alors je partis dans cette direction. Dieu me suivait à la trace ! Mes réactions peuvent paraître terriblement stupides, mais je crois que tout était en accord avec Sa volonté, afin qu’Il puisse exaucer la prière que j’avais faite la veille, sous l’arbre.

Pendant que j’avançais péniblement sur le bas-côté du chemin, tout couvert de neige, j’entendis sonner les cloches d’un traîneau. Je m’arrêtai pour prêter l’oreille. Qui pouvait venir à une heure pareille ? Bientôt le traîneau arriva à ma hauteur, et le conducteur me dit : « Bonjour, Bub ! » (Encore ce même nom !) Il me demanda où j’allais. « Je vais à D. ! » – « Que vas-tu y faire ? » – « Y chercher du travail. » – « Tu es bien jeune pour chercher du travail à cette époque de l’année, et à cette heure du matin ! Viens ici, monte avec moi sur le traîneau, et viens chez moi. Et si tu veux aller à D., je t’aiderai. » Je sentis ma crainte et ma timidité s’évanouir au son de la voix douce et joviale de cet homme, et je me rendis à son insistance. Il s’approcha du bas-côté, et je sautai avec mon baluchon.

Nous n’eûmes qu’un mile à faire. L’homme me conduisit dans une cuisine bien éclairée et bien chauffée. Une femme au visage doux y était assise. Elle attendait son mari, qui était parti à South Bend, dans l’Indiana, avec un chargement de noix pour la Société des Machines à Coudre Singer. C’était la raison pour laquelle il rentrait chez lui à une heure si matinale. Il dit : « Eh bien, Em, voici notre gars ! » Elle se leva d’un bond, me prit les mains, les frotta, et m’embrassa. Elle alla chercher un peu d’eau chaude, me lava, et m’installa devant une table bien mise. Elle sortit du four chaud un plat après l’autre, et les posa sur la table, tout fumants. Oh, je n’oublierai jamais de quelle manière maternelle elle se comporta envers moi ce matin-là, ni cette belle table si bien chargée de choses appétissantes. Avec quel plaisir je m’attaquai à toutes ces bonnes choses ! Il me semblait que j’avais perdu toute ma gaucherie.

Mais je ne dois surtout pas oublier de vous dire de quelle manière cet homme pria lorsque nous nous mîmes à table. Il remercia Dieu de l’avoir gardé en vie, et de lui avoir évité tout accident pendant son voyage. Et aussi d’avoir obtenu un aussi bon prix pour sa cargaison de noix. Enfin, et surtout, il remercia Dieu d’avoir eu l’occasion de prendre avec lui ce jeune garçon. Il continua à parler ainsi à Jésus jusqu’à ce qu’il me fasse pleurer ! Lorsqu’il dit « Amen, » sa femme prit son mouchoir propre, et essuya toutes mes larmes. Elle m’embrassa à nouveau, et me dit : « Voilà ! Prends donc un peu de ce bon poulet frit, et de cette bonne purée bien chaude, et de cette bonne sauce ! » Elle réussit bien vite à me charmer, à tel point que je me mis à manger sans pouvoir m’arrêter. Après ce repas, il prit sa Bible bien usée, et lit le chapitre quatorze de l’Evangile de Jean. Je fus si impressionné que je voulus savoir où était ce passage. Ce chapitre a toujours été une grande bénédiction pour moi. Je m’en suis servi pour prêcher la sanctification, en tant que seconde œuvre de la grâce. Nombreux sont ceux qui ont été conduits dans la grâce de la sanctification par ce chapitre.

Vous voyez, c’était la réponse à la prière que j’avais faite sous cet arbre ! Dieu m’avait conduit dans un foyer chrétien ; qui plus est, dans un foyer de Méthodistes convaincus, comme celui dans lequel j’avais été élevé. Je donnai bientôt mon cœur à Dieu, de telle sorte que j’eus l’assurance d’être sauvé.

Chapitre 2

Expériences à Cincinnati, dans l’Ohio

Ce livre a pour but de montrer les effets de la sanctification. Je veux donc m’en tenir étroitement au récit des événements qui suivirent la sanctification que je reçus à St. Louis, il y a trente-deux ans. Cela se passa au quatrième étage d’un immeuble de six étages, après être resté neuf jours dans une véritable agonie de mon âme, luttant pour ma mise à mort. Tous ceux qui sont sanctifiés entrent dans une école. Ce n’est pas simplement une école de sanctification, mais une école sainte. Il y a trente-deux ans, je suis entré dans cette école sainte. La première formation que je reçus dans cette école se déroula à Cincinnati, pendant plusieurs années. Je reçus cette formation en vue de ce qui allait se passer par la suite, sans que je me doute de ce que cela signifiait.

Dieu envoie une âme qui a besoin d’être sauvée

Je veux raconter un événement qui s’est passé pendant que j’étais à cette école, à Cincinnati. Nous avions des réunions de prière dans une maison, et il en résultait beaucoup de bien. J’exhortais les chrétiens les plus solides à se réunir à la salle de la Mission pour prier, avant de commencer la réunion de maison. Un soir, je me sentis étrangement conduit à faire preuve de plus d’agressivité. Je dis : « Frères et sœurs, que ceux qui le veulent se prennent par la main, en formant un cercle. Mettons-nous tous d’accord pour demander à Dieu une âme sauvée avant la fin de cette soirée. Cela fait plusieurs réunions que nous n’avons pas vu une seule âme sauvée ou sanctifiée. » Je pensais faire de temps en temps des démarches plus agressives. Nous passâmes un très bon moment dans la maison d’une sœur qui était veuve, et qui avait à peu près mon âge. J’étais célibataire. A mesure que la réunion avançait, un frère me dit tout bas : « Où est cette âme ? » Il n’y avait pas un seul inconverti dans la pièce. Je répondis : « Elle va bientôt venir ! » Nous poursuivîmes donc notre réunion sous une puissante onction. Nous pûmes crier sans nous retenir, et nous passâmes un moment béni. Le même frère me dit à nouveau, tout bas : « Où est cet inconverti ? » Je répondis : « Il va bientôt arriver ! » Finalement, celui qui présidait la réunion la clôtura à 22 heures. Ceux qui s’étaient mis d’accord avec moi commencèrent à prendre leurs affaires et à se préparer à partir.

Quant à moi, je restai assis, la tête baissée, priant pour ce pécheur qui devait venir. L’un de ceux qui n’avait pas joint les mains avec moi s’approcha, et me dit : « Vous ne rentrez pas chez vous ? » Je restai silencieux. Plusieurs m’adressèrent la parole, sachant que la maîtresse de maison était seule et que j’étais célibataire. Ils échangèrent des regards de connivence, et ils partirent tous, me laissant absolument seul avec cette sœur et sa petite fille. Je ressentis l’embarras, mais il me semblait qu’il m’était impossible d’ouvrir la bouche. Je ne pouvais donner aucune explication sur les raisons pour lesquelles je restais là, alors que tout le monde était parti, seul avec cette veuve et sa petite fille de sept ans. Je n’osai pas relever la tête. Je ne pouvais rien faire d’autre que prier et tenir bon. Je dis au Seigneur : « Seigneur, Tu m’as poussé à prendre cet engagement, et je m’y tiens. »

J’aurais bien voulu dire à cette femme pourquoi j’attendais, mais il m’était impossible d’ouvrir la bouche. Nous restâmes donc assis, elle, tout-à-fait mécontente, et moi, complètement silencieux. La pendule sonna onze heures. Je dis : « Seigneur, il ne reste plus qu’une heure pour cet engagement conclu avec toi pour le salut d’une âme ! » Puis la demie sonna. Je dis : « Seigneur, plus que trente minutes pour cette âme ! » La maison était construite au bord du trottoir. Je venais à peine de finir ma phrase, quand la porte d’entrée s’ouvrit dans un grand fracas. La femme bondit, cria et courut dans la cuisine. Un ivrogne s’étala au milieu de la pièce. Dès que je le vis culbuter, une voix me dit : « Voici ton homme ! » Aussitôt, je me levai et m’efforçai de le soulever. Mais il était tellement saoul qu’il semblait presque mort. La femme, se rendant compte de ce qui s’était passé, et quelque peu anxieuse pour son tapis, arriva et me dit : « Mettez cet homme dehors ! » – « Mais, ma Sœur, c’est la réponse à notre prière ! » – « D’accord, mais je ne veux pas l’avoir ici, sur mon tapis, avec sa crasse ! » Je lui dis : « Ma Sœur, mettez-vous à genoux et accrochez-vous à Dieu ! Il ne nous reste plus que vingt-cinq minutes pour obtenir le salut de cet homme ! » Elle me dit : Dieu ne peut rien faire avec un ivrogne ! » – « Ma Sœur, priez ! » Je tombai sur ma face, les pieds contre la porte, et je dis : « Oh, Seigneur, plus que dix-huit minutes ! » Elle dit : « Qu’est-ce que vous voulez dire par dix-huit minutes et vingt-cinq minutes ? » Je répondis : « Accrochez-vous à Dieu pour cet homme, et je vous le dirai après ! »

Délivré et sauvé !

Peu après, l’homme leva une main, et dit : « Où suis-je ? Qu’est-ce que je fais ici ? » – « C’est ici que vous allez rencontrer Dieu ! Dieu va vous délivrer de la boisson ! » – « Eh bien, je crois qu’Il vient de le faire ! » Il se leva, et dit : « Mais j’ai une religion ! » Je répondis : « Non ! Vous n’en avez pas ! » – « Si, j’en ai une ! » répondit-il en se frottant. Je lui dis : « Mettez-vous à genoux maintenant, repentez-vous et criez de tout votre cœur au Seigneur pour être sauvé ! Pour le moment, il n’y a que ce démon de boisson qui est sorti de vous ! » Nous eûmes quelques problèmes à lui faire voir les choses comme nous les voyions. Mais nous priâmes sincèrement Dieu de l’éclairer, et c’est ce qu’Il fit. L’homme était bientôt à genoux et implorait miséricorde. Je levai les yeux, et dis : « Seigneur, plus que onze minutes ! Mon Dieu, conduis-le à prendre une décision ! Mène-le jusqu’au bout ! »

Pendant que j’étais prosterné à terre pour intercéder, la gloire de Dieu descendit sur nous avec puissance. La femme le sentit et se mit à crier. L’homme se leva d’un bond. Il m’empoigna et me porta dans toute la pièce. Tout fut terminé juste trois minutes avant minuit. Amen ! Cela paye de faire confiance à Dieu ! Cet homme ne toucha plus à la boisson pendant trois ans, puis Dieu le prit avec Lui dans le ciel !

Ce fut ma première expérience dans ce domaine. Mais à mesure que Dieu m’exauçait, je pus vivre plusieurs expériences semblables, toutes en Son nom. Il agira comme Il l’a promis !

Un miracle pour des chaussures !

Je raconterai encore un autre témoignage, qui s’est passé pendant mon travail pour le Seigneur à Cincinnati. Je recevais des vêtements pour les pauvres, et je les distribuais. Je me rendis à Mount Lookout, un faubourg de Cincinnati, et une sœur qui habitait là me donna quelques vêtements. Au cours des semaines précédentes, j’avais remarqué qu’une chrétienne fidèle de notre assemblée n’était pas venue depuis quelque temps. J’allai la visiter pour voir ce qui se passait. Je la trouvai en train de faire sa lessive. Je lui fis remarquer qu’elle n’était pas venue à plusieurs réunions, ce qui était plutôt inhabituel. C’était une pauvre femme. Elle avait trois enfants, et devait payer son loyer. Elle ne nous avait jamais permis de l’aider, car nous avions l’habitude d’aider ceux qui traversaient des moments difficiles. Comme elle répugnait à donner la raison de son absence, je remarquai qu’elle avait des chaussures en piteux état. Je finis par lui dire : « Ma Sœur, est-ce que ce sont les meilleures chaussures que vous avez ? » Elle rougit et me tourna le dos, me faisant comprendre que c’étaient effectivement les meilleures. Elle me dit : « Frère Bevington, je dois admettre que ce sont mes meilleures chaussures. Je m’attends à avoir une nouvelle paire de chaussures la semaine prochaine, mais il faut que j’habille et que je nourrisse mes enfants, sans tenir compte de mon besoin ! »

C’était un mercredi soir. Quand je revins dans ma chambre, je commençai à prier pour qu’elle ait une nouvelle paire de chaussures. Je n’en avais aucune me paraissant en assez bon état pour lui en faire cadeau. Ceci me poussa à intensifier ma prière. Je tins bon. Finalement, je regardai ma montre, il était quatre heures moins deux ! J’étais resté en prière dix ou onze heures. Puis je me prosternai à nouveau, face contre terre. En moins d’une demi-heure, j’eus la vision d’une paire de chaussures de femme, neuves de surcroît. C’était le jeudi matin, il était près de sept heures.

Je pris mon petit déjeuner, heureux de savoir que ma sœur aurait une paire de chaussures neuves pour la réunion du vendredi soir. C’était notre réunion d’évangélisation habituelle. En me rendant à la Mission, je fus un peu retardé, et je n’y arrivai que vers dix heures du matin. Je me rendis à la salle de prière. L’une des monitrices des enfants sortit et me dit : « Il y a une dame qui veut vous voir. » Celle-ci vint dans le hall principal et me dit : « Frère Bevington, j’ai acheté une paire de chaussures ce matin, mais l’une d’elles a au moins deux tailles de plus que l’autre. Elles ont l’air d’être pareilles, mais elles ne le sont pas. Celles que j’ai essayées au magasin m’allaient pourtant très bien. Je n’étais pas loin d’ici, et j’ai eu envie de voir le travail que vous faites auprès des enfants. Pendant que je vous attendais, j’ai voulu mettre mes chaussures neuves pour rentrer chez moi. C’est alors que j’ai découvert qu’il y en avait une beaucoup plus grande que l’autre. »

Je lui dis : « Que le Seigneur soit loué ! J’ai prié toute la nuit dernière pour une paire de chaussures et je pense que ce sont celles-ci ! » – « Oui, Frère Bevington, mais je n’ose vraiment pas donner de telles chaussures à quelqu’un ! Je n’ai pas envie non plus de les rapporter au magasin ! » Elle était bien trop fière pour les rapporter. Aussi décida-t-elle de voir si je pouvais en faire un bon usage. Je lui dis : « Je connais une pauvre femme qui a besoin de chaussures. Elle pourra facilement mettre un rembourrage en coton dans la plus grande. Je crois que la petite est tout-à-fait à sa taille. » – « Les voici, prenez-les ! »

Mais je voulais que ce soit elle-même qui aille voir la pauvre femme. Je pensais qu’elle pourrait l’aider dans beaucoup de domaines. J’insistai donc pour qu’elle porte les chaussures elle-même, car elle devait passer non loin de sa maison pour prendre son tramway. Elle finit par prendre les chaussures et se dirigea vers la maison de cette pauvre femme. Elle la trouva en train de repasser. Elle se présenta et dit : « Le Frère Bevington m’a envoyée ici pour une mission bien embarrassante ! » Elle sortit les chaussures, sans dire à la femme qu’il y en avait une plus grande que l’autre. Pendant tout le temps qu’elle lui parlait des chaussures et d’autres choses, la pauvre femme se disait : « Que faire ? Je ne pourrai pas porter ces chaussures ! Mon pied droit est plus court que l’autre d’au moins deux pointures, et je n’ose pas le lui dire ! » Elle se décida pourtant à prendre les chaussures. Peut-être pourrait-elle les échanger.

L’autre femme partit. Mais elle sentit qu’elle devait dire la vérité à sa sœur. Elle retourna donc lui dire comment étaient les chaussures. L’autre se mit à rire de bon cœur et dit : « Laquelle est la plus grande ? » – « La gauche. » Elle rit de plus belle et dit : « Merveilleux, merveilleux ! Dieu connaît réellement toutes choses ! Mon pied gauche a presque deux pointures de plus que l’autre ! C’est exactement ce dont j’avais besoin. Gloire à Dieu ! »

Je ne savais pas que ses pieds n’avaient pas la même taille, mais Dieu le savait. Voyez-vous tout ce qu’Il fit pour exaucer ma prière de toute une nuit ? N’est-ce pas suffisant pour nous convaincre qu’Il sait parfaitement ce qu’Il doit faire ? Moi, je dis : « Oui ! » Que dites-vous ? Alléluia !

La guérison divine dans la Bible

Le but principal de mon livre est de présenter le Seigneur comme Celui qui guérit. D’autres témoignages donnés dans ce livre vous encourageront à faire confiance à Dieu pour votre guérison, mais aussi pour qu’Il exauce beaucoup d’autres prières. Car si nous voulons guérir, ou si nous voulons voir quelqu’un guérir, nous devons croire ce que dit la Bible. Nous devons croire ce que Dieu dit, car la guérison nous est donnée par l’expiation accomplie par Jésus-Christ.

Je me sens conduit à vous indiquer certains passages de l’Ecriture qui parlent de guérison, et des conditions à remplir avant et après la guérison.

1. Tout d’abord, l’alliance conclue par Dieu avec Son peuple : Exode 15 :26 ; 23 :20-25. Deut. 7 :17. Nombres 21 :8,9.

2. La nécessité de l’obéissance, et les effets de la désobéissance : Deut. 28 :1-30. Nombres 2 :4-10. Psaume 107 :17-21. Hébreux 10 :28,29.

3. La volonté de Dieu est de guérir Ses enfants : Matthieu 8 :1-17. Marc 1 :41. Luc 5 :13. Hébreux 10 :7. Jean 4 :34.

4. La guérison est comprise dans l’expiation accomplie par Jésus-Christ : Psaume 103 :3. Matthieu 8 :17. Esaïe 53 :4,5.

5. Aujourd’hui, comme à n’importe quelle autre époque, nous avons besoin de prouver la divinité de Jésus-Christ : Marc 2 :10. Matthieu 9 :28,29. Jean 4 :46-54 ; 5 :10-19.

6. Le pain des enfants de Dieu et leur droit de l’obtenir : Matthieu 15 :22-28. Marc 7 :29,30.

7. Le témoignage que Christ donne de Lui-même : Luc 4 :16-21 ; 7 :19-23. Jean 6 :62,63 ; 19 :12-24.

8. Le témoignage que Pierre donne de Christ : Actes 10 :38,39.

9. La mission donnée par Christ à l’Eglise : Matthieu 9 :35 ; 10 :19 ; 28 :18-20. Marc 16 :14-20.

10. Un commandement donné à Son Eglise : Jacques 5 :13-16.

11. La foi en Dieu : 1 Jean 5 :11-16. Marc 11 :12-27. Psaume 4 :56.

12. La prière de la foi : 1 Jean 3 :18-24. Marc 11 :24. Matthieu 21 :22 ; 28 :19,20. Marc 9 :17,30. Jacques 1 :6,8. Jean 11 :22.

13. La foi, pas la vue : Matthieu 8 :8-14. Romains 4 :17-25. Hébreux 11.

14. Les prémices de Sa vie de résurrection : Romains 8 :11. 1 Cor. 3 :16-17.

15. Se réjouir et mettre sa foi en action : 2 Chron. 20 :21.

16. La mise à l’épreuve de notre foi : Jacques 1 :2,4. 1 Pierre 1 :7.

17. Ceux qui n’ont pas pu garder leur guérison : Marc 4 :17-20. Luc 8 :13.

18 : Un sûr abri : Psaume 91.

Aujourd’hui, dans de nombreux domaines, la tendance est d’éliminer complètement le surnaturel, et d’attribuer des causes naturelles aux événements. Ce rationalisme se cache sous l’érudition. Il s’appuie essentiellement sur ce qui est humain, en éliminant l’action du Saint-Esprit. J’espère donc que vous étudierez soigneusement les passages ci-dessus, pour voir si vous avez le droit de limiter les miracles à la seule époque des apôtres. Si un lecteur ne croit pas ces passages de l’Ecriture, ni les témoignages qui se passent aujourd’hui, je lui dirai ce qu’Abraham a dit à l’homme riche : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, quand même quelqu’un des morts ressusciterait » (Luc 16 :31).

La guérison est toujours pour nous aujourd’hui

Le fait qu’il y ait des faux docteurs qui combattent la guérison divine n’est pas un argument contre la guérison divine, car il y a des faux prophètes aujourd’hui, comme il y en a eu à toutes les époques. Il y a toujours eu des gens pour faire profession de foi chrétienne. Mais, Dieu merci, il y en a quelques-uns qui peuvent voir même au-delà de ce qu’ils voient avec leurs yeux, qui comprennent les vérités de l’Evangile, et qui sont effectivement guéris, malgré toute l’opposition.

Je me rappelle avoir été invité à prier pour une sœur qui était alitée depuis neuf ans. Elle avait été merveilleusement sauvée, mais son mari était complètement incrédule. Quand il revint des champs, il m’ordonna de sortir. Je sortis, mais je me glissai à l’intérieur d’une meule de foin. Malgré l’opposition du mari, j’y restai près de soixante-douze heures. Dieu releva complètement cette sœur, à tel point que douze heures après avoir été touchée, elle prépara le repas et appela son mari. Elle alla à la source pour remplir un seau d’eau, et pour aller à sa rencontre. Quand elle le rencontra, il fut complètement brisé. Il vint me déloger de ma meule de foin. Puis il pria de tout son cœur et reçut le salut.

La guérison n’a pas seulement pour but de faire du bien au malade. Son influence est profonde. La doctrine de la guérison divine résiste à tous les assauts de ceux qui la dénigrent. Quand notre Sauveur était sur la terre, Il nous a dit que de faux Christs et de faux prophètes se lèveraient pour séduire même les élus, s’il était possible (Marc 13 :22). Le Docteur J.A. Dowie, de Chicago, semble être l’accomplissement de cette prophétie. Notre Sauveur a clairement indiqué que les faux prophètes pouvaient guérir les malades, chasser les démons, et faire bien d’autres prodiges. Nous devons nous rappeler que tout ce qui se fait de bien, les démons chassés, et les malades guéris, ne sont nullement la preuve que quelqu’un soit un vrai prophète. Les faux prophètes peuvent aussi produire tous ces signes. Ils auront l’audace de s’en prévaloir devant le Seigneur, même au jour du jugement (Matthieu 7 :22).

Un autre exemple de l’accomplissement d’une prophétie biblique concerne la soi-disant Science Chrétienne, animée par l’esprit d’un faux prophète. Malgré toutes les fausses doctrines et tous les faux prophètes qui circulent, il y a quand même des gens qui sont guéris par Jésus-Christ, et c’est Lui qui en reçoit la gloire. La Science Chrétienne prétend que le péché n’existe pas. Tout est dans la pensée des hommes. Il n’y a donc pour eux ni douleur, ni souffrance, ni chagrin, ni maladie. Si ces choses existent, elles ne sont que dans la pensée. C’est cela le message de la soi-disant Science Chrétienne. Les malades, ceux qui souffrent, ceux qui sont dans le chagrin, n’ont qu’à chasser le mal de leur existence par la pensée. Un jour, une adepte de la Science Chrétienne demanda à un petit garçon Irlandais : « Comment va ton grand-père ce matin, Bridget ? » – « Il souffre encore beaucoup de ses rhumatismes, madame ! » – « C’est toi qui penses qu’il a des rhumatismes. Les rhumatismes n’existent pas ! » – « Oui, madame, » répondit l’enfant. Quelques jours plus tard, ils se rencontrèrent à nouveau : « Est-ce que ton grand-père persiste à être trompé, et à croire qu’il a des rhumatismes ? » – « Non, madame, ce pauvre homme pense qu’il est mort. Nous l’avons enterré hier ! »

Vous l’avez compris, la guérison divine et la Science Chrétienne n’ont rien de commun. La guérison divine n’est pas quelque chose d’imaginaire. Ce n’est pas l’exercice de la force de notre volonté. Ce n’est pas la guérison par la pensée. Ce n’est pas une technique spirituelle. Ce n’est pas être immunisé de la mort, ni de la maladie, car ceux qui croient en la guérison divine tombent aussi malades. Et quand leur œuvre sur la terre est terminée, ils meurent. Ce n’est pas une simple présomption, ni l’inobservation de la volonté de Dieu. C’est la puissance de Dieu agissant directement sur le corps.

Un homme me dit il y a quelque temps : « Eh bien, Frère Bevington, en écoutant votre enseignement, je suppose que vous n’allez jamais mourir, puisque vous dites que Dieu guérit et qu’Il répond à la prière ! Tout ce que vous avez à faire est donc de prier, et Il vous guérira ! Vous n’aurez jamais besoin de mourir ! » Je lui racontai alors un incident qui s’était passé alors que je travaillais chez un charpentier près de la ville de Michigan, dans l’Indiana. En rentrant chez nous en buggy, un samedi soir, nous remarquâmes un homme et sa femme qui faisaient le tour d’une vielle maison construite en rondins. Ils semblaient examiner attentivement la vieille charpente. Lorsque nous nous approchâmes, l’homme s’écria : « Hé, Jerry, viens un peu ici ! » Quand Jerry descendit du buggy, l’homme lui dit : « Ma femme et moi nous étions en train d’examiner cette vieille bâtisse où nous avons vécu et élevé nos onze enfants. Ils sont tous partis maintenant, et mariés. Tu te rappelles comment tu as constamment réparé cette maison, presque chaque année, pendant plusieurs années ? Regarde un peu les appuis des fenêtres, et ces poutres, et le toit, et le pignon ! Tout cela est en bien mauvais état ! Nous étions justement en train de dire que cela ne vaut plus la peine de réparer cette vieille bâtisse. Aussi nous voulons que tu nous en construise une neuve. »

Nous lui en construisîmes une neuve, et nous les vîmes quitter la vieille maison et emménager dans la nouvelle. Ils laissèrent presque tous leurs vieux meubles dans l’ancienne maison. Je répondis donc à cet homme : « Monsieur, il en sera de même pour moi. Christ m’a promis de réparer cette maison dans laquelle je me trouve, et de la garder en bon état. Mais le temps viendra où cela ne vaudra plus la peine de réparer cette vieille bâtisse. Je m’attends à Son retour proche. Il fera le tour de la vieille bâtisse, et Il me dira : « Bevington, cela ne vaut plus la peine de faire des réparations. Il est temps pour toi de déloger et de venir t’installer dans la nouvelle demeure que je viens juste de finir pour toi ! Laisse donc tous tes vieux meubles ici-bas ! Ta nouvelle demeure est déjà remplie de meubles en or et en diamants ! »

Il faut combattre pour résister à Satan

Je remarque que Satan ne peut pas supporter la guérison divine. Il va faire tout ce qu’il peut pour l’empêcher de se manifester. Et si quelqu’un reçoit une guérison, il va essayer de l’empêcher d’en parler, et il y parvient souvent. C’est pourquoi les gens sont souvent dans l’ignorance à ce sujet, car Satan s’arrange pour bien cacher le chemin. Encore une pensée, puis je vais continuer à parler de ma mission. La guérison divine est l’accomplissement des promesses de la Bible. Ces promesses ne peuvent pas être expliquées par ceux qui affirment que les miracles ont cessé à la disparition des apôtres. Il y a une longue liste de promesses divines qui sont ignorées dans la plupart des prédications que nous entendons. On dirait que tous se sont mis d’accord pour écarter ces révélations. Quand un chrétien sérieux tombe sur ces promesses merveilleuses, au cours de sa lecture quotidienne des Ecritures, il en vient souvent à se demander : « Qu’est-ce que ces paroles peuvent bien signifier ? Quand je suis malade, est-ce que je peux demander à Dieu de me guérir ? Ma prière peut-elle vraiment avoir de la puissance devant Dieu ? » Non seulement elle a de la puissance, mais c’est une puissance transcendante, qui peut accomplir ce qu’aucune autre puissance ne peut accomplir, qui dépasse toutes les autres puissances, et qui les soumet à sa propre merveilleuse efficacité !

Etudiez les promesses de la Bible !

Je suis poussé à rappeler à l’attention du lecteur certaines de ces promesses. Etudiez-les, méditez-les, car c’est la Parole de Dieu qui doit diriger notre vie. Nous ne devons tirer nos conclusions que de la seule parole de Dieu, pas des opinions des autres, ni de leurs échecs. Mais nous devons voir ce que la Parole de Dieu en dit. Commencez par Actes 2 :39. Lisez ce verset. Nous pouvons facilement prendre cette promesse pour tous. Elle pourrait être confirmée par bien d’autres passages. Ces promesses sont donc pour nous ! Lisez à présent Matthieu 7 :7-11 ; 18 :19 ; 21 :22. Marc 11 :24. Jean 14 :13,14 ; Jean 3 :21,22.

Je ne prétends pas que toutes ces promesses s’appliquent littéralement au domaine physique, mais j’affirme que certaines d’entre elles s’appliquent directement à la guérison, et les autres indirectement. Certaines de ces promesses ne sont pas limitées au seul domaine spirituel, mais s’appliquent aussi au domaine physique. Voyez Jacques 5 :14,15. L’apôtre montre ce qu’il veut dire par la prière fervente. Il donne l’exemple d’Elie, un homme qui était de la même nature que nous. Il a prié pour avoir la pluie, et il l’a obtenue.

Nous devons définitivement établir l’autorité de la Bible en matière de guérison. Nous devons la voir dans la Bible, comme dans Esaïe 53 :4,5. Mais lisez donc les versets 2 à 8, et vous verrez si cela ne signifie pas que la guérison est comprise dans l’expiation accomplie par Jésus-Christ. Ou alors la Parole de Dieu ne veut rien dire ! Mais si la guérison est comprise dans l’expiation, pourquoi ne pas l’obtenir ? Oui, pourquoi pas ? Pour ma part, j’ai décidé de m’accrocher à ce chapitre. En relation avec le verset 4, lisez Matthieu 8 :17,18 ; Hébreux 9 :28 ; 1 Pierre 2 :24, et Hébreux 13 :8. Paul dit que Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui, et éternellement. Je pense à présent que je vous ai donné assez d’avertissements, d’invitations, et de passages des Ecritures, pour vous faire accepter comme possible et biblique ce que je vais maintenant vous dire.

Il me semble qu’il faudrait citer ici Luc 13 :16 : « Et cette femme, qui est une fille d’Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne ? Lisez tout le verset. Je ne connais pas de déclaration plus forte du Seigneur, montrant quelle était Sa volonté. Oui, aucun autre verset ne montre aussi clairement que la volonté du Seigneur est de guérir Ses enfants qui Lui font confiance. Il emploie l’expression « Ne fallait-il pas ? » Elle exprime plus qu’une simple volonté. Elle exprime une obligation, un droit, quelque chose qu’il serait mal de ne pas faire. Oh, cela place la guérison divine sur un plan élevé et ferme ! Il ne s’agit pas seulement d’une intervention possible ou réelle de Dieu pour aider Ses enfants qui souffrent, mais d’une disposition nécessaire, dont ceux qui croient doivent normalement bénéficier. C’est un bienfait qui est inclus dans nos droits acquis par la rédemption, qui est compris dans la grâce offerte par Son Evangile, qu’Il a déjà reconnu comme faisant partie de Sa volonté, et qui ne nécessite aucune révélation particulière pour que nous puissions le réclamer. Si Dieu attend que nous fassions ce que nous devrions faire, nous pouvons certainement attendre autant de Lui !

Il y a quelque chose de frappant dans la force et le caractère absolu de cette expression : « Ne fallait-il pas ? » Assurément, aucun enfant de Dieu ne devrait jamais mettre en doute la parfaite volonté de Dieu d’aider et de guérir.

Il faut noter dans ce verset un autre fait important. J’ai déjà dit que je crois fermement que toute maladie vient de Satan, directement ou indirectement. Et nous remarquons que Luc en retrace l’origine directement à Satan. Il écrit : « Que Satan tenait liée… » Vous pouvez donc être assuré que lorsque vous commencez à rechercher la manifestation d’une guérison, vous avez le droit de pénétrer directement dans le domaine de Satan, et d’exiger qu’il lâche ce qu’il possède, car c’est lui l’auteur de toute maladie. Vous avez donc une tâche à accomplir. Satan réclame ce qui lui appartient, mais vous devez le réclamer aussi. Je réclame le droit de posséder ce qui m’appartient de droit. Satan m’a plusieurs fois attendu à sa porte, en m’interdisant fermement de pénétrer dans son domaine. Bien souvent, il m’a traité d’usurpateur. Mais Dieu m’a donné une autorité, et je suis toujours décidé à faire valoir mes droits jusqu’à leur extrême limite !

Chapitre 3

Premières lumières sur la guérison divine et travail d’évangélisation

Un jour, je me rendis à Hamilton, dans l’Ohio, pour y tenir des réunions. Comme d’habitude, je pris avec moi ma petite pharmacie, consistant en quatre bouteilles de médicaments d’un litre chacune, une boîte de pilules, et deux emplâtres. C’était ce dont j’avais besoin la plupart du temps. Je pense souvent qu’il me fallait plus de place dans ma valise pour mes médicaments que pour les Bibles et les livres. On me donna une belle chambre dans une maison hospitalière. Je disposai mon attirail médical sur le manteau de la cheminée, pour l’avoir sous la main, car je devais prendre chaque jour chacun de ces médicaments.

Dieu se sert d’une petite fille

Dans cette maison accueillante, il y avait plusieurs gentils enfants, dont une fillette de quatre printemps. Elle entra dans ma chambre, et jeta un coup d’œil sur l’attirail posé sur la cheminée. C’était quelque chose de nouveau pour elle, car ses parents n’employaient jamais de médicaments. Elle courut dans la cuisine, et dit, en s’accrochant au tablier de sa mère : « Mama, viens vite ici ! Vois tou’c’que l’prêcheur a amené ! » La maman, très occupée à faire du pain, ne fit pas beaucoup attention aux cris de sa fillette. Mais la petite était déterminée à s’accrocher et à se faire entendre. Elle continua à tirer sa mère et à jacasser, jusqu’à ce que sa maman finisse par dire : « Que veux-tu donc ? Maman est occupée pour le moment ! » – « Oh, mama, viens un peu voir tou’c’que l’prêcheur a amené ! »

Alors, pour faire plaisir à son enfant, elle la suivit dans ma chambre. Quand la fillette passa la porte, elle pointa le doigt vers la cheminée, indiquant ces choses étranges, qui semblaient si bizarres à cette petite. Elle n’avait sans doute jamais vu une bouteille de médicaments. Je levai les yeux juste à temps pour voir l’expression du visage de la maman. Si j’avais été capable de la comprendre réellement, cela m’aurait évité une grande perplexité ! La maman retourna à la cuisine. Pourtant, son regard étrange me fit réfléchir. Je ne pouvais pas comprendre ce qu’il signifiait, mais ce fut suffisant pour me troubler, et je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Je continuai cependant à prier, à lire la Bible, et à me préparer pour le grand message que je devais donner ce soir-là. Le message fut bien donné, mais il tomba à plat, comme les premiers biscuits que j’avais cuits. Ce fut insipide et lourd. Bien entendu, je n’eus aucun mal à me trouver plein d’excuses pour cet échec apparent. Mais, le lendemain, les symptômes furent plutôt alarmants. J’éprouvais des sentiments si bizarres ! Je n’avais jamais ressenti cela auparavant. J’étais pourtant bien habitué à me trouver des excuses, car je n’avais été sanctifié que depuis une semaine environ. Je n’avais donc pas encore totalement perdu ma capacité de me donner des excuses. Cette capacité fut même singulièrement ranimée à cette occasion. J’en restai donc là. Mais ces excuses semblèrent ne pas réussir à produire l’effet désiré. Vers midi, j’étais dans un état épouvantable. Ma grande difficulté était que je ne parvenais pas à localiser d’où venait ce trouble.

Je m’examinai dans la prière, très honnêtement, je le crois. Je retournai l’animal dans tous les sens. Je m’approchai du but, mais sans pouvoir l’atteindre avec suffisamment de précision pour être débarrassé du problème. J’ai donc prêché ce soir-là, ou du moins tenté de prêcher. Il me sembla que j’avais mieux réussi que la veille. J’en donnai le crédit à un homme et sa femme, qui étaient assis devant moi pendant que je prêchais, et qui semblaient prier pour moi tout le temps. Je me dis : « Si je parviens à faire venir ce couple tous les soirs, j’arriverai à bien prêcher ! » Mais cette béquille me fut ôtée, et je fus lancé sur une mer tempétueuse.

Le lendemain, ce fut encore pire. J’eus donc largement recours à ma pharmacie sur la cheminée. Mais même mes médicaments semblaient avoir perdu tout leur pouvoir. Ils ne me servirent pratiquement à rien. Il ne me restait plus que m ressource habituelle, la forêt. J’y passai toute la journée à m’examiner, pensant que j’avais peut-être été trompé, et que je n’avais jamais été sanctifié. Mais Dieu me montra que je l’avais été. Alors, peut-être avais-je perdu ma sanctification ? Je passai donc toute la journée à scruter, à creuser, à sonder et à faire sauter les obstacles. Mais il me fut impossible de me débarrasser de la chose. Finalement, je revins à la maison, et je dis : « Frère, il faut que vous fassiez la réunion ce soir. Je ne sais pas exactement ce qui m’arrive, mais je ne pourrai pas prêcher ce soir. Je vais chercher la face de Dieu ici, et voir si je peux trouver la solution ! » Il me répondit : « Je vais vous y aider. »

Ils savaient tous ce qui se passait. Mais ils ne me firent jamais la moindre allusion au fait qu’ils priaient pour moi, à propos de mon attirail sur la cheminée. Ils parlaient à Dieu, et Dieu faisait de Son mieux pour me parler. Et cela prenait du temps, c’est sûr ! Je fis de mon mieux pour élaguer cet arbre, et pour traverser ces fourrés. Je passai une nuit sans sommeil et sans pouvoir me reposer. Le lendemain, je retournai dans les bois. Bientôt une phrase me vint à l’esprit : « Je suis l’Eternel qui te guéris ! » Je n’y attachai pas beaucoup d’attention, car ce n’était pas cela que je cherchais. Je cherchais ailleurs la cause de mon fardeau pesant, car la maladie ne m’avait jamais provoqué cela.

Comment Dieu me révèle Sa volonté

Ce passage de l’Ecriture continuait à me venir à l’esprit. Mais je n’étais pas certain que ce verset était dans la Bible. Il me semblait pourtant que je l’y avais lu, ou que je l’avais déjà entendu. Nous pouvons toujours être certains d’avoir des ennuis quand nous donnons à Satan le bénéfice du doute. Je continuai donc à écarter cette phrase de mes pensées. Mais elle ne voulait pas partir, et continuait à revenir. Je menai ce combat aussi longtemps que je le pus, puis je revins à la maison, et je dis : « Ma Sœur, est-il vraiment écrit dans la Bible : « Je suis l’Eternel qui te guérit » ? » Elle me répondit : « Oui. » Elle prit sa Bible et me montra le passage. Mais elle ne me dit rien pour révéler qu’elle priait avec son mari, à propos de ma pharmacie sur la cheminée.

Je commençai alors à penser que Dieu voulait me guérir. Mais j’avais entendu tellement de chrétiens, à la Mission, témoigner que Dieu les avait guéris, puis, quand ils étaient malades, aller voir les médecins et prendre des médicaments, que j’en étais arrivé au point où ces témoignages ne produisaient plus d’effet sur moi. Je supposais que ceux que j’avais entendu témoigner étaient de bons exemples de ce qu’était la guérison divine. Mais tous ces raisonnements ne me donnaient pas la paix. Alors je commençai à sonder les Ecritures. Bien entendu, j’y trouvai plein de preuves que Christ guérissait les malades, de même que les disciples. Je vis aussi que la guérison était enseignée dans l’Ancien Testament. Bien sûr, tout cela s’était terminé avec la mort des premiers disciples. Sinon, pourquoi la guérison n’était-elle pas prêchée dans nos églises Méthodistes, qui étaient certainement celles qui étaient les plus proches de la Bible ? En fait, beaucoup de nos prédicateurs Méthodistes nous avaient dit que la guérison divine n’était que pour le temps des apôtres. Bien entendu, cela réglait la question, car ces prédicateurs étaient passés par des Instituts Bibliques. Il me paraissait absurde de vouloir sonder ce problème.

Ayant donc réglé ce problème, je recommençai à chercher d’où venait ce sombre nuage qui me causait tant de trouble. Mais, quelque part, ces prédicateurs Méthodistes, avec tous leurs diplômes de théologie, n’étaient pas parvenus à régler mon problème de guérison. Il remontait toujours à la surface, et me mettait dans une confusion totale. Je retournai donc dans les bois, et voilà qu’une nouvelle phrase me vint à l’esprit, pour augmenter ma confusion : « Asa prit des médicaments, et il mourut. » C’est en ces termes que cette phrase me vint à l’esprit. Je sais que ce passage, dans la Bible, ne parle pas de médicaments. Il dit qu’Asa est allé consulter les médecins. Mais nous savons ce que cela signifie.

Je revins à la maison, et m’informai de ce passage. La Sœur prit la Bible, et cela aurait dû suffire pour régler le problème. Je me rendis dans ma chambre, l’esprit complètement embrouillé, et je dis : « Qu’est-ce que tout cela signifie ? Je ne chercha pas à connaître les arguments pour ou contre la médecine ! Je cherche à connaître la cause de cette affreuse sensation ! » Je savais que j’étais le gars le plus misérable et le plus confus. Je me prosternai le visage contre terre. Ma tête était tout près de la cheminée, juste un peu en dessous de l’endroit où se trouvait toute ma pharmacie. Je dis : « Seigneur, Seigneur, qu’est-ce que tout cela signifie ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Qu’est-ce que ces passages de l’Ecriture ont à voir avec mon problème actuel ? » Je reçus la réponse suivante : « Je suis l’Eternel qui te guérit. » Je dis : « Oh, mon Dieu, veux-tu dire que je dois abandonner toutes ces bons et fidèles médicaments, qui m’ont tant aidé ? Mais comment puis-je le faire ? »

Les larmes coulaient le long de mes joues. « Seigneur, voilà six différents médicaments qui ont été mon guide, ma force, mon tout ! Oh, comment puis-je m’en séparer ? » J’avais eu des sentiments durs à l’encontre de ceux qui avaient proclamé leur guérison tout en continuant à prendre des médicaments quand ils étaient malades. Cela avait eu une influence si négative sur moi que cela m’avait complètement empêché de me confier en Jésus pour ma guérison et d’abandonner mes médicaments. Il me semblait pourtant évident que, si je devais me confier en Jésus, je devais jeter ces six formidables médicaments. Mais Dieu avait posé Sa main sur moi. Il fallait qu’Il réponde aux prières de Ses fidèles serviteurs, chez qui je logeais.

Dieu guérit un pouce écrasé

On m’appela pour le déjeuner. Et voilà qu’arriva le mari, levant un pouce tout écrasé. Il dit : « Chérie, regarde ça ! » Je remarquai qu’elle se contentait de sourire, et je pensai : « Oh, quelle femme au cœur dur ! » Il me semblait qu’elle aurait dû laisser tomber son repas, et faire bien des cérémonies à propos de cet horrible pouce. Mais non, elle n’y fit aucune attention, et continua à préparer tranquillement son repas en souriant. Pour moi, la vue de ce pouce me rendait malade. L’homme travaillait dans une usine d’outils à Hamilton. Il s’était pris le pouce entre deux grosses pierres. Les deux-tiers de son ongle étaient arrachés, et l’autre tiers pendait. J’allai dans ma chambre, et revins avec tout un attirail de pansements, de savon désinfectant, etc…, et je dis : « Bon, pendant que votre femme prépare le repas, je vais vous arranger ça ! » Il ne fit aucun effort pour me confier son pouce, mais se mit à rire en me voyant avec toute ma pharmacie. Je dis : « Bon ! Peut-être croyez-vous que je ne suis pas expert en la matière ! Mais j’ai travaillé plusieurs années au milieu des pauvres dans notre Mission, et j’ai bien appris à le faire ! »

A ce moment-là survint sa femme avec un plat de purée de pommes de terre. Elle aussi se mit à rire ! Et moi qui avais deux objectifs ! D’abord, je voulais leur prouver mon affection. Ensuite, je voulais leur montrer combien j’étais compétent pour soigner les blessures. Mais ils ont continué à rire. Toutes les explications que je leur donnais, ainsi que mes références pour prouver mon habileté, ne firent qu’augmenter leur hilarité ! Je leur parlai alors des merveilleuses propriétés de ma crème, de mon savon et de mes bandes de gaze. Mais tout cela ne leur fit absolument aucune impression favorable. Quand ils n’en purent plus de rire, la femme me dit avec douceur : « Frère Bevington, nous n’employons jamais toutes ces choses ! » – « Vraiment ? Mais que faites-vous donc ? Ne mettez-vous aucun pansement sur une blessure, avec un produit pour l’aider à guérir ? » – « Non, non ! » – « Mais que faites-vous, alors ? » – « Nous Lui faisons simplement confiance, » dit-elle, en pointant son doigt vers le ciel.

Dieu m’accorde un signe extraordinaire

Ce fut à ce moment précis que je commençai à comprendre la cause de cette épouvantable sensation que je ressentais. Je tournai les talons et revins dans ma chambre, sans manger. Je m’inclinai comme auparavant, la tête inclinée vers le manteau de la cheminée, et versai d’abondantes larmes. Je finis par dire : « Seigneur, Seigneur, quelle foi ils ont ! Donne-moi un signe, Seigneur, pour me prouver que je pourrai vivre sans mes six remèdes, un signe tout-à-fait évident, sur lequel je voudrai et je pourrai m’appuyer ! »

Cher lecteur, j’étais un peu dans la situation d’Elie. Je désirais mourir. Mais je n’étais pas encore prêt à déloger. Ah, quel jour mémorable ! Il a marqué l’une des plus belles époques de ma vie, après celle où j’ai reçu la sanctification. Gloire à Dieu ! Je vous dis que tout l’enfer avait combattu avec acharnement pendant ces trois ou quatre jours où je m’étais trouvé dans d’épaisses ténèbres. Mais, Dieu soit béni, la lumière vint, et j’y marche depuis trente-et-un ans à présent ! Ce furent des années de victoire sur ce problème de la guérison. A partir de ce moment, plus jamais je ne pris une seule goutte de médicaments !

Je vais en finir avec mon récit. J’étais donc là, devant la cheminée, menant l’une des plus grandes batailles de ma vie. J’attendais mon signe. Soudain, j’entendis un bruit, mais je ne levai pas la tête. En fait, j’entendis une voix. Puis des petites jambes apparurent sous mes bouteilles de médicaments, comme on le voit dans les publicités. Les bouteilles se mirent à descendre toutes seules de la cheminée, le long du mur. Elles marchèrent sur le mur, entre ma tête et le manteau de la cheminée, et sortirent par la fenêtre. Puis ce fut le tour des emplâtres et de la boîte de pilules. J’entendis les pilules remuer dans la boîte, aussi clairement que jamais. Quand toute ma pharmacie eut disparu par la fenêtre, je compris que c’était le signe que j’avais demandé à Dieu. Je me levai, allai chercher les quatre bouteilles d’un litre, et les brisai. Puis je pris les pilules et les emplâtres, allai à la cuisine, et les jetai dans les flammes. Ainsi finirent des années d’esclavage et de dépendance des médicaments !

Je revins dans ma chambre, et la gloire divine m’enveloppa comme un fleuve ! Je me mis à pleurer, à crier et à rire. La sœur entra et je lui racontai tout. Oh, comme elle se mit à rire ! Nous eûmes une bonne vieille réunion méthodiste dans cette chambre !

Dans ma hâte, j’ai oublié de mentionner quelque chose qui peut avoir de la valeur pour certains ! Quand ce frère avait refusé que je lui panse sa blessure, Satan était venu me dire : « Il te trompe ! » Avant qu’il revienne de son travail à 5 heures 30 de l’après-midi, je me cachai derrière une réserve à charbon pour l’épier à son retour. Je supposais qu’il avait un pansement sur sa blessure, et qu’il l’enlèverait avant d’entrer chez lui, pour me tromper. Je restai ainsi caché pendant trois quarts d’heure, sous le soleil, attendant de le surprendre. Il finit par se présenter au bout de l’allée, à quelque distance. Il faisait de grands gestes avec ses deux mains et chantait un cantique que je lui avais appris. Pas de trace de pansement sur son pouce ! J’eus honte de ma conduite, et je me faufilai dans ma chambre. Je me sentis condamné. Je dus demander pardon au Seigneur, et je fus pardonné.

Satan contre-attaque

J’aime penser à cette heure mémorable où je parcourais ma chambre, le cœur inondé de la gloire divine ! Je voulais maintenir ma décision. Je ne savais pas si j’allais être guéri ou non, mais je considérais comme certain que tout ce qui s’était passé avait été pour mon bien et pour la gloire de Dieu. Si je devais souffrir, Il me donnerait la grâce de le supporter. Tout ceci s’était passé vers 2 ou 3 heures de l’après-midi. Je n’avais pas quitté ma chambre depuis plus de dix minutes, que je fus accosté par Satan, qui avait pris la forme d’un ange de lumière. Il me dit que j’avais commis une grossière erreur. Il me dit : « C’est Satan qui t’a poussé à faire tout cela. Tu aurais dû faire preuve de plus d’intelligence que cela. Tu n’as même pas assez d’argent pour remplacer tous ces médicaments qui te sont si nécessaires. Cela te coûterait près de 6 dollars 50. »

J’étais très jeune dans l’œuvre de Dieu. Je me dis : « Est-ce Dieu qui m’a parlé ? C’est sûrement Lui ! Comment Satan pourrait-il s’intéresser autant à moi ? » Il me revint en mémoire tout ce que ces bons et saints prédicateurs Méthodistes nous avaient dit quatre ans auparavant. Je venais d’ignorer leurs nobles efforts pour m’éviter de devenir un fanatique. Et voilà que je venais de faire preuve de fanatisme, en piétinant leurs bons conseils ! Combien ce mot de « fanatisme » pénétrait dans tout mon être ! C’était un mot tout nouveau pour moi. J’y pensais depuis que j’avais détruit mes médicaments, et j’en étais terrorisé. Pourtant, inconsciemment, je m’étais senti écrasé par la terrible puissance de ce mot. Voyez-vous, j’étais tombé dans un tourbillon, et j’étais submergé par sa violence. J’en demeurais atterré, je vous le dis !

J’allai à la cuisine, et je racontai à la sœur ce que je venais de vivre. Elle me dit : « Vous avez bien fait d’agir ainsi. Quant au reste, ce n’est qu’une attaque de Satan ! » Elle prit ensuite sa Bible et me montra que la guérison était pour nous. Elle me raconta leur témoignage. Je commençai alors à me sentir mieux. Elle dit : « Maintenant, quand mon mari rentrera pour dîner, vous verrez que son pouce sera guéri ! » – « Quoi, » dis-je, « ce pouce tellement écrasé, guéri ? » – « Oui, il sera guéri ! » J’ajoutai : « Sans aucun pansement ? » – « Oui, sans aucun remède. Nous n’en utilisons jamais ! » Bien entendu, quand nous sommes passés à table, le pouce était encore rouge et tendre, mais il ne lui faisait plus du tout mal. Il n’a plus jamais éprouvé de gêne avec son pouce, sauf quand il lui donnait un coup. Et encore, la douleur était très brève.

La puissance de la prière d’un enfant

Ce soir-là, pendant la prière familiale, je dis : « Maintenant, mon Frère et ma Sœur, pouvez-vous me faire une onction d’huile et prier pour ma guérison ? » La sœur répondit : « D’accord, mais nous n’avons pas d’huile ici. Mais Dieu le comprend, et cela ira tout aussi bien sans huile ! » Nous nous sommes donc mis à genoux. Ils avaient une mignonne petite fille, celle qui avait tiré sa maman pour voir ce que le prêcheur avait amené. Elle était assise sous la chaise de son papa. Sa maman lui dit : « Chérie, veux-tu nous conduire dans la prière ? » Elle dit : « Cer Zésus, ze suis si cotente que papa a crasé son pouce, et que le prêcheur l’a vu ! Pasque ça va l’aider à croire à Zésus. Amen ! » Ce fut une très courte prière, mais dont je n’ai pas encore exploré toute la profondeur ! Trente-et-un ans se sont écoulé, et je n’ai pas encore vu la fin de cette fantastique prière faite par une fillette de quatre ans !

Puis ils s’approchèrent de moi, posèrent leurs mains sur moi, et firent la prière de la foi pour ma guérison. Je ne sentis aucune manifestation, mais je pris Dieu à Sa parole. Ils me dirent : « Frère Bevington, nous croyons que vous êtes un homme guéri ! »

Je suis mis à l’épreuve dans ma foi

La dernière nuit où j’avais prêché avant de m’être embourbé dans ce marécage spirituel, une jeune femme s’était approchée pour demander la sanctification. Mais ils avaient retardé les réunions jusqu’à ce que Dieu redresse les bretelles du prédicateur. Je prêchai donc le soir suivant, un dimanche. Cette jeune femme revint, mais ne put pas obtenir ce qu’elle désirait. Je clôturai la réunion, prévoyant d’aller à Cincinnati le lendemain. Mais cette jeune femme vint me trouver et me dit : « Frère Bevington, je veux être exaucée ! Pouvez-vous rester encore et faire une réunion chez nous ce soir ? Je crois que je pourrai être exaucée ! » Je répondis : « D’accord, certainement ! » Nous arrangeâmes donc une réunion chez elle ce soir-là. Je fus invité à déjeuner dans un autre foyer. Vers 3 heures de l’après-midi, je sentis tous les vieux symptômes revenir. Bien sûr, c’était Satan. En l’espace d’une demi-heure, j’était malade à la mort, comme jamais auparavant. Je me tins sur les promesses, mais mon état continua à empirer.

Le moment de la réunion approchait. Deux jeunes hommes vinrent. Quand ils entrèrent dans la pièce où je me trouvais, ils restèrent muets d’étonnement pendant un moment. J’étais presque aussi silencieux qu’eux. J’étais terriblement malade. Toute la maison semblait tourner à une vitesse folle. Finalement, l’un d’eux rompit le silence, et dit : « Frère Bevington, qu’avez-vous donc ? Mon père est médecin. Je vais aller le voir et je l’amènerai ici. Il n’habite qu’à quelques dizaines de mètres. » – « Non ! » L’autre dit : « Vous êtes aussi blanc qu’un linge. Votre vie est en danger. Le fils du docteur dit que vous courez un grand danger ! » Je répondis : « Ecoutez, mes garçons, hier soir, j’ai pris Jésus pour mon unique Médecin, et je veux laisser mon cas entre Ses mains ! » – « Oui, mais vous êtes en train de mourir ! » – « Eh bien, je suis prêt à partir. Je ne veux pas gêner les plans de Dieu. Plus de docteurs pour moi, les garçons ! » J’ajoutai : « Aidez-moi à sortir dans la rue. » (J’avais une maladie de cœur). Ils m’aidèrent à sortir, et tout ce qu’ils purent faire fut de me soutenir. J’avais été parfois violemment secoué au cours de ces crises, et il semblait que c’en était une. Ils insistèrent pour que je consulte un docteur, mais j’étais tout autant décidé à n’en voir aucun. Je dis : « Tenez-moi bien et aidez-moi à descendre l’escalier. » J’avais besoin de respirer un peu d’air frais. Le maître de maison arriva juste à ce moment, et il les aida à me soutenir pour descendre les escaliers. Lui aussi insista pour que j’aille voir un médecin. Puis il finit par dire : « Je n’ai pas de temps à perdre avec des fanatiques ! » Et il rentra chez lui.

La victoire dans l’épreuve

Je ne voyais plus rien. Je n’avais été aveugle comme cela qu’à trois reprises, au cours de mon long combat contre cette maladie de cœur. Je dis : « Approchez-moi de la barrière. » Ils le firent, et je m’y agrippai, mais il me semblait que mon état empirait. Le fils du docteur dit : « Je vais courir leur dire qu’il n’y aura pas de réunion ce soir ! » Je répondis : « Non, ne fais pas cela ! Il y aura bien la réunion ! » Il dit : « Mais, ne voyez-vous donc pas quel danger vous courez ? » – « Nous aurons cette réunion ! Dieu m’a dit de rester ici justement pour cela ! Aidez-moi à marcher dans la rue, et tenez-moi fermement, ne me lâchez pas ! »

Nous gesticulâmes pendant un moment, mais ils réussirent à me tenir, assez pour m’empêcher de me blesser. Je commençai à invoquer les promesses de Dieu, et je sentais réellement que Jésus allait me délivrer. Je dis : « Priez, les garçons ! » Nous continuions à vaciller et à tanguer dans la rue. C’était un spectacle qui n’était pas très beau à voir, à cette heure de la journée. Une vingtaine de mètres plus loin, je dis : « Les gars, nous allons avoir la victoire ! » Ma vue revenait un peu, mais je souffrais terriblement. Je commençai à louer Dieu. L’un d’eux dit : « Vous n’avez pas l’air de quelqu’un qui pourrait louer le Seigneur ! » Bientôt, je me sentis mieux. Ma vue continuait à revenir, et je louai Dieu encore plus. Les gens s’arrêtaient et m’entendaient louer Dieu, dans l’état où j’étais. Certains devaient penser que j’étais ivre, d’autres que j’avais un grain. Je leur laissai la liberté de leurs opinions, et continuai à louer Dieu. Vingt mètres plus loin, je pouvais déjà voir la maison où nous nous rendions. Je me mis alors à crier aussi fort que je le pus. Puis je dis : « Les gars, lâchez-moi ! » Le levai la main droite et louai Dieu pour la manifestation de la victoire. Je titubais encore un peu, mais je restai ferme, et dix minutes plus tard j’étais parfaitement bien. Oh, alléluia ! Ce fut la dernière attaque de rhumatismes ou de maladie de cœur pendant quatorze ans !

La foi produit des conséquences incalculables

Je vais raconter ce qui s’est passé ensuite. Nous sommes allés dans cette maison, et nous avons eu une réunion particulièrement bénie. La jeune femme fut exaucée, et reçut le Saint-Esprit dans toute Sa plénitude. Elle vint s’asseoir à côté de moi, et me dit : « Oh, Frère Bevington, c’est merveilleux, cela dépasse tout ce que j’ai pu rêver ! J’ai eu une vision. Elle était tellement belle ! J’ai vu des centaines de petits visages, pas comme ceux de nos enfants ici. Il y en avait tellement ! Tous ces enfants me tendaient leurs petites mains, et me suppliaient de venir les enseigner. Il y avait aussi une très grande arche, sur laquelle étaient écrits ce mot, en grandes lettres rouges : « FIDJI. » Je lui dis : « Comment ? » Elle me répéta ce qu’elle avait vu. Je lui dis : « C’est sûrement un appel à aller comme missionnaire dans les îles Fidji, pour parler de Jésus à ces enfants. » Elle se leva, étendit les mains vers le ciel, et dit très doucement : « Gloire, gloire ! »

Quatorze mois plus tard, elle partait en bateau pour les îles Fidji. Notre cher Frère Gamble nous aida à la conduire au bateau. Elle passa seize ans sur le champ de mission, puis partit pour le ciel là-bas. Mais, avant de partir, elle me dit à plusieurs reprises : « Frère Bevington, que se serait-il passé si vous aviez cédé, et si vous aviez repris vos médicaments ? Où serais-je allée ? » Elle croyait fermement que si j’avais repris mes médicaments, après avoir accepté Jésus comme mon Médecin, je n’aurais jamais guéri de cette maladie, et qu’elle n’aurait jamais été sanctifiée. Quoi qu’il en soit, je loue le Seigneur qu’Il m’ait permis de prendre cette ferme position en ce jour mémorable.

Je vous rappelle, lecteur, que mon livre a pour but de démontrer que la puissance de Dieu peut se manifester en nos jours de trouble et de scepticisme. Je ne veux pas parler de ce qui a été accompli au temps de Christ. Nous ne vivons plus au temps de Christ ou des apôtres. Saisissons les possibilités qui s’offrent à nous aujourd’hui, en nous appuyant sur la Bible, et sur rien d’autre. Les manifestations de la puissance de Dieu se produisent à la suite d’une prière consacrée, sérieuse, pleine de foi, d’une prière vraiment insistante. C’est cette prière qui fait bouger le Ciel, une prière qui refuse de considérer un « Non » comme un exaucement !

Comme je ne me rappelle plus un certain nombre de dates et d’événements. Il se peut que je mélange un peu les choses. Mais, qu’il passe ou non celui de certains critiques ici-bas, mon témoignage passera l’examen du Seigneur.

Je dois vous dire qu’il ne m’a pas été si facile de répondre à l’appel de Dieu pour que j’aille sur le champ missionnaire, contrairement à d’autres qui ont pu le faire plus aisément. Mes défauts me semblaient plus grands que la puissance de Dieu. Il m’a fallu pas mal de temps avant de pouvoir m’aventurer sur un terrain où je pouvais faire entièrement confiance à Dieu, et aussi où Dieu pouvait me faire confiance ! Ce sont les deux choses qui comptent le plus ! Mais ma guérison me rendit un immense service. Elle a ôté beaucoup d’obstacles qui se dressaient devant moi comme des montagnes, si hautes que je ne pouvais en apercevoir les sommets. Ces obstacles avaient complètement anéanti mes tentatives de répondre à l’appel de Dieu. Le cher Frère Nichols, un prédicateur aveugle et sanctifié, m’emmena avec lui en Virginie occidentale, pour me donner quelques leçons précieuses en matière de foi. Il m’a donné le coup de piston qui m’a permis par la suite de sortir beaucoup de gens du filet où ils s’étaient empêtrés.

La puissance de l’intercession

Je passai tout l’hiver à Huntington, dans des réunions de prière de maisons, avec le Frère Ails et d’autres. La puissance de Dieu était manifeste. Je me rappelle m’être trouvé un soir de printemps dans les bois pour prier. Je luttai presque toute la nuit dans la prière pour cette ville, et je dis : « Oh mon Dieu, il faut que j’aie une preuve que je suis bien au centre de Ta volonté ! » Pendant que j’étais prosterné là, j’ai crié au Seigneur dans de grands transports, alors que des vagues de la gloire de Dieu envahissaient mon âme l’une après l’autre. J’ai crié, j’ai ri, et j’ai pleuré. Puis il fallut que je me lève pour laisser s’échapper la pression, et je me mis à courir et à sauter sur des tas de bûches et de broussailles pendant plus de trois heures. La gloire de Dieu était descendue sur moi, c’était certain ! Je vous dis que, ce soir-là, je n’eus pas besoin de faire un appel pour que les gens s’approchent. La rangée de dix chaises réservée à ceux qui recherchaient le salut était déjà remplie alors que j’en étais à la moitié de ma prédication, et les candidats au salut étaient sérieux. Personne ne dut leur demander de prier, ni de lever les mains. Nous n’eûmes pas besoin de les secouer pour leur faire accepter le salut. En vérité, ma nuit de prière avait fait tomber les écailles. Ils avaient reçu une vision, et à présent ils marchaient selon cette vision. Tout est donc une affaire de prière ! Ce ne sont ni l’argent, ni les félicitations, ni les grandes foules, qui donnent la victoire, mais la prière !

Nous devons connaître la volonté de Dieu

Au cours d’une réunion, dans l’Ohio, je rencontrai un homme qui avait une exploitation forestière. Il vint me dire : « Vous devriez venir faire des réunions là où j’habite ! » – « Où habitez-vous donc ? » – « A vingt-deux miles d’ici. » Je priai donc à ce sujet, et je sentis que je devais accorder un peu plus d’attention à ce problème. Je lui demandai les noms des conducteurs de son église, et il me donna les noms de deux d’entre eux. A la fin de la réunion, j’allai dans les bois, pour connaître la pensée de Dieu, et je me glissai dans un gros tronc d’arbre creux. Comme j’avais l’impression de me trouver devant certains problèmes assez difficiles, je conclus que je devais rester davantage en présence de Dieu, pour avoir une pleine conviction. Je passai quarante-huit heures supplémentaires dans mon tronc d’arbre, ce refuge confortable, soit cent-vingt heures en tout, pour recevoir des ordres précis de mon quartier-général divin. Amen ! Je vous dis que cela paye de savoir ce que nous devons faire, quand nous avons affaire à Dieu, ou quand nous devons recevoir Sa pensée. C’est ce qui fait les problèmes de tant de chrétiens : ils sautent rapidement aux conclusions, alors qu’ils devraient aller lentement.

Le Frère Knapp enseignait que neuf fois sur dix, nous recevons nos impressions de Satan. Il nous faut donc attendre, rester tranquilles, et parvenir au point où Dieu pourra effectivement nous parler. Je continuai donc à chercher la pensée du Seigneur. Il me donna une claire conviction qu’Il voulait que je me rende à cet endroit. Vous pourriez dire : « Bien, mais en quoi consistait donc cette conviction ? » Lisez donc la suite, et vous verrez un bon exemple de ce qu’il faut faire !

Quand mon cœur fut parfaitement en paix, libre de tout autre chose, le Seigneur me montra la route que je devais prendre. Il me montra ensuite un bosquet d’arbres, et une route peu fréquentée, qui partait sur la gauche en direction d’une petite école. Il y avait un assez gros bosquet de petits arbres entre la route principale et l’embranchement. L’école était construite sur un terrain légèrement en pente. Il y avait un ruisseau derrière l’école. Derrière le ruisseau, je vis un grand champ de maïs. Plus loin encore, il y avait une grande ferme, une vaste grange, des bâtiments agricoles et une éolienne. Je dis : « Amen, Seigneur, j’en sais assez ! »

Je me glissai hors de mon tronc d’arbre, revins à la maison qui m’hébergeait, et avertis la famille de l’endroit où je me rendais. Je pris un léger repas et partis pour une marche de vingt-deux miles, portant deux lourdes valises presque pleines de livres que je vendais. Je marchai jusqu’au coucher du soleil, puis m’arrêtai à une maison. Je demandai à boire. Je distribuai quelques traités, parlai du salut à l’homme qui était là, et lui dis où je me rendais. Nous continuâmes à parler du salut jusque dans la nuit déjà avancée. J’étais tellement intéressé au salut de son âme et de celle de son épouse ! Je ne savais pas s’il me serait possible de passer la nuit dans cet endroit. Mais l’homme me dit : « Vous restez avec nous cette nuit ! »

Quand on connaît la volonté de Dieu, on évite les pièges !

Le lendemain, il me dit : « Ecoutez un peu ! Vous allez quelque part sans trop savoir ce qui vous attend. Je connais l’homme chez qui vous voulez aller. C’est un Allemand. Ici, un peu plus loin, nous avons une église. Mais nous n’avons pas d’école du dimanche, ni aucune réunion. Si vous acceptez de rester avec nous, je vous donnerai ma meilleure chambre, et vous aurez tout le temps que vous voulez pour prier. Faites-nous des réunions, puis allez où vous devez aller. Après tout, vous n’êtes tenu par aucune date ! »

Cela semblait tout-à-fait raisonnable, de la bonne logique. Mais c’est un gros piège que Satan place souvent devant nous, et dans lequel il attrape beaucoup de victimes. C’était un exemple pour vous montrer que cela paye de prier jusqu’au bout. Satan aurait eu une très bonne chance de me coincer si je n’avais pas passé des heures dans ce tronc d’arbre pour avoir la pensée de Dieu. Oui, cela paye d’obtenir des ordres clairs et précis, même si cela doit nous prendre 120 heures !

Je dis à cet homme : « Je ne peux pas rester maintenant. Peut-être que je reviendrai ! » Mais lui, sachant quels obstacles et quels échecs m’attendaient à l’endroit où je me rendais, pensait que je devais absolument rester. Mais je partis. Je distribuai des traités tout au long du chemin. Quand je fus arrivé à moins de dix miles de l’école, je dis à des gens où je me rendais, et pourquoi. Une femme me dit, d’un air très sceptique : « Oh, j’aimerais bien que vous puissiez faire des réunions à cet endroit ! Les gens commencent à être dans un état désespéré là-bas ! Ils sont si impies et si méchants qu’ils vont même dans les bois le samedi soir, pour jouer aux cartes, parier, boire de la bière, se battre et faire des combats de coqs jusqu’au lundi matin. Oh, j’aimerais bien que vous puissiez le faire, mais… » Ah, combien de gens sont paralysés à cause de ce « mais ! »

Je poursuivis tout de même mon chemin. A moins de quatre miles de mon objectif, je m’arrêtai pour boire. Je distribuai des traités, et dis à la famille qui était là quel était le but de ma mission. La femme s’assit, et dit : « Oh, j’espère bien que vous pourrez commencer quelque chose ! Ils sont si mauvais là-bas, et leur méchanceté se répand dans toute la contrée ! » Elle ajouta : « Vous voyez cette jeune fille ici dans le jardin. Elle a treize ans et c’est le seul enfant qui me reste en vie. Cet été, mon mari va chaque samedi dans les bois. Ils ont des maisonnettes de pierre, où ils font des paris, jurent, chiquent, fument, et racontent toutes sortes d’histoires sales. Il emmène notre fille avec lui pour faire la cuisine. Comme elle est innocente du danger, elle y prend plutôt plaisir. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour l’en empêcher, j’ai essayé de demander aux voisins de m’aider à stopper ce travail diabolique. Mais tous les hommes y vont, et ils aiment avoir ma fille avec eux pour leur faire la cuisine. J’en suis devenue presque folle, parce qu’ils partent là-bas tous les samedis vers une heure, et ne reviennent pas avant le lundi suivant. Souvent, ils ne sont pas de retour avant la nuit, et c’est moi qui dois m’occuper de tout le troupeau. »

Je continuai mon chemin, en priant et en distribuant des traités. J’ai oublié de mentionner un autre endroit où ils voulaient que je vienne faire des réunions, dans une église Baptiste abandonnée. Cette opportunité se révélera importante plus tard.

A mesure que j’avançais, mon fardeau grandissait. Je rencontrai bientôt un homme et sa femme. Je leur donnai quelques traités. Ils me demandèrent ce que je faisais. Quand je le leur expliquai, ils hochèrent la tête et poursuivirent leur chemin. Mais ils s’arrêtèrent, et me dirent : « Vous feriez mieux de secouer quelques-uns de ces vallons qui sont par ici, parce que je vous dis que là-bas vous allez perdre votre temps à vous occuper de ces vauriens ! » Je dis : « C’est pour ceux-là que Jésus est venu ! » – « Oui, je sais. Mais si vous saviez ce que nous savons, vous n’iriez jamais là-bas ! Il y en a beaucoup qui ont essayé, mais personne n’a réussi, et ils ont chaque fois laissé l’endroit pire qu’avant ! »

Je continuai donc à marcher, à penser et à prier : « Oh, mon Dieu, c’est Ton œuvre ! Qu’est-ce que tout cela signifie ? » – « Que t’importe ! Toi, suis-Moi ! » Ce fut toute la consolation que je pus obtenir. Mais ce fut également suffisant ! Alléluia à Son nom béni !

Mais l’homme n’était pas satisfait. Il me dépassa et me dit : « Vous voyez, de l’autre côté de ce vallon, c’est là que j’habite. Nous vous donnerons une bonne chambre et à manger autant que vous le pourrez. Ici, vous pourrez être sûr du résultat. Mais vous n’aurez rien de bon dans cette école. S’il y a un endroit où l’on a besoin de réunions et d’enseignement, c’est bien ici ! On pourra même vous procurer un peu d’argent. Vous n’aurez rien du tout là où vous voulez aller ! »

Vous voyez, c’était une tentation bien réelle, mais ce n’était pas l’endroit où je devais m’arrêter. Je remerciai donc cet homme pour ses aimables propositions, et je lui dis : « Peut-être reviendrai-je quand j’aurai fini là-bas ! » Il me dit : « Votre compte sera réglé quand vous aurez fini là-bas, même si vous en sortez vivant ! » Mais j’avais reçu mes ordres dans mon tronc d’arbre creux. Je préférai donc obéir à Dieu et courir ma chance, plutôt que d’accepter son invitation.

Dieu me conduit à bon port

Je vis bientôt une petite route bifurquant sur la gauche. En l’examinant, je me rendis compte aussitôt que j’étais arrivé à l’endroit que j’avais vu en vision. Il y avait ce petit bosquet en forme de diamant, et cette petite route conduisant à une école. Je regardai derrière l’école. Je vis le ruisseau et le champ de maïs. Au loin, il y avait la grande ferme, la grange et l’éolienne. Je dis : « Bien, c’est sûrement là ! » Je traversai le bosquet d’arbres, essayai d’ouvrir la porte de l’école, mais elle était fermée à clef. Je traversai des herbes plus hautes que moi, et allai derrière l’école. Là, je tombai sur ma face, et louai le Seigneur de m’avoir conduit sûrement, juste à l’endroit qu’Il m’avait montré dans le tronc d’arbre, à vingt-deux miles de là.

Je dis : « Père, je suis si reconnaissant d’avoir échappé à ces ennemis que j’ai rencontrés en chemin, et qui ont essayé de m’écarter de Ton chemin ! Oh, Seigneur bien-aimé, je suis si heureux que Tu m’aies permis de prier jusqu’au bout et de recevoir Tes ordres ! Je suis si heureux que Tu m’aies travaillé jusqu’à ce que je sois parfaitement disposé à relever le défi, même s’il me fallait rencontrer certains « géants » qui ont essayé de m’effrayer ! Tu me permettras d’aller jusqu’au bout sans une égratignure ! » Je suis resté là pendant un moment, louant Dieu et Le remerciant, jusqu’à ce qu’Il fasse descendre Sa gloire dans mon âme. Au point que je dus me lever et partir en courant !

Je quittai cet endroit à dix heures du matin environ. Je m’arrêtai à la maison la plus proche pour y distribuer quelques traités. Je demandai où habitait M. R. La femme me dit : « Plus loin, la seconde maison à droite. » Je la remerciai, et partis. Elle me dit alors : « Dites-moi, n’êtes-vous pas un prédicateur ? » Je répondis : « Si, madame. » – « Voulez-vous faire des réunions dans l’école ? » – « Oui, j’en ai l’intention. » – « Oh, j’espère bien que vous pourrez en faire, mais… » Encore ce « mais ! » Comme je ne devais pas marcher avec des « mais, » je repris ma route. Je vis bientôt la maison, avec une vaste grange sur la gauche. Puis je vis un grand et gros gars qui enlevait les mauvaises herbes de l’endroit où il garait sa charrette. Car il avait beaucoup plu, et il ne pouvait pas labourer pour planter son maïs.

Je posai ma valise à terre, et dis : « Bonjour ! » Il leva les yeux et me répondit cordialement. Je dis : « Vous êtes bien M. R. ? » – « Oui, pourquoi ? » – « Eh bien, je suis un évangéliste prêchant la sanctification ! » Avant que j’aie fini ma phrase, il s’appuya sur son sarcloir, et dit : « Un quoi ? » – « Eh bien, un évangéliste qui prêche la sanctification ! »

Il répéta ma phrase et dit : « J’ai vu toutes sortes d’évangélistes, mais je crois bien que je n’en ai encore jamais vu avec ce nom-là ! » – « Eh bien, Monsieur, approchez-vous donc pour voir un évangéliste qui prêche la sanctification, droit dans les yeux ! » Il s’approcha de la barrière, et dit : « Bon, qu’est-ce que vous me voulez ? » – « Cher Monsieur, je voudrais aller dans cette école dont vous avez la garde, pour y faire quelques réunions, pour en sauver quelques-uns, et les enseigner ! » – « Cher Monsieur, je serais ravi de vous ouvrir cette école et de vous y laisser entrer pour ce noble but ! Mais, cher Monsieur, ils m’ont demandé, du plus petit au plus grand, de ne jamais ouvrir cette porte pour y faire des prédications, car les bancs sont presque complètement hors d’état. Je regrette de ne pas pouvoir vous ouvrir. Je sais que ma femme aurait été vraiment contente, ça l’aurait bien aidée. Moi je n’y ferais rien de bon ! Mais il est presque l’heure de déjeuner, allons manger quelque chose ! »

Dieu ôte les derniers obstacles

Nous allâmes donc manger. Sa femme était très déçue que John ne veuille pas ouvrir cette porte. Elle ne mentionna pas le fait qu’il avait en réalité qualité pour l’ouvrir. Mais cette porte fut le sujet de conversation de tout le repas, et même des neuf jours qui suivirent !

Quand le repas fut terminé, il dit : « Il y a trois ou quatre semaines, j’étais au moulin. J’y ai rencontré un ami, qui vient de l’autre route. Il est membre du conseil d’administration de leur nouvelle école. Il m’a dit qu’ils viennent de la terminer, et que si je rencontrais un prédicateur, je devais le leur envoyer. Ils veulent y faire des réunions et y commencer une école du dimanche. » Il me conduisit donc dehors sur le perron, et dit : « L’endroit s’appelle Pumpkin Hollow. Vous descendez cette route jusqu’aux premières barrières que vous rencontrerez sur votre gauche. Tournez à cet endroit, traversez le fond du vallon, remontez la colline, et suivez la route jusqu’au fond du vallon suivant, à travers les bois. C’est à trois miles. Moi, je dois aller de l’autre côté. J’espère que vous passerez un bon moment à Pumpkin Hollow ! »

J’empoignai mes affaires, et je dis : « Pumpkin Hollow, ouais ! Mais ce n’est pas là que je dois aller ! » Je m’engageai sur la route, et je dis : « Eh bien, Seigneur, où faut-il que j’aille ? » – « Que t’importe ! Toi, suis-moi ! » Ce fut la seule réponse que j’obtins. Je poursuivis donc ma route, et j’atteignis bientôt une colline, une longue colline sur ma droite. Une voix me dit alors : « C’est là ton chemin ! » Je commençai donc à gravir cette immense colline avec mes deux valises. « Mais, Seigneur, qu’est-ce que je suis en train de faire ? » – « Que t’importe ! » Je continuai donc à monter, sans poser d’autres questions. J’atteignis enfin le sommet de la colline, et laissai tomber mes valises au pied d’un grand chêne. La même voix me dit : « Tu es arrivé ! »

Je veux vous rappeler que l’obstacle principal à mes réunions était cette porte fermée à clef ! Je demeurai donc neuf jours et neuf nuits sous ce chêne. Je n’avais rien à manger. Mais je ne voulais rien manger, car j’avais un grand fardeau : voir s’ouvrir cette porte ! Je savais que Dieu m’avait envoyé ici pour y faire des réunions, et que c’était Satan qui mettait des obstacles. Ma tâche était à présent de prier jusqu’à ce que cette porte s’ouvre. Cela n’aurait servi à rien de la forcer. Abandonner et partir aurait signifier désobéir à Dieu ou négliger Sa volonté et Ses ordres. Vous pourriez demander pourquoi il me fallut neuf jours pour obtenir une réponse. Je vous dirais qu’il me fallut tout ce temps pour avoir suffisamment la paix !

Combat dans la prière persévérante

Quand la première journée fut passée, Satan vint discuter à propos de la situation. Je fus en conflit avec lui presque chaque jour. Il me montra que Pumpkin Hollow était un lieu bien plus agréable que cet endroit où je devais rester allongé, sous un arbre, à prendre froid, au point que j’allais mettre en péril tout mon ministère jusqu’à la fin de l’année. Cela me conduirait même probablement à une mort prématurée. Pendant tout mon séjour sous cet arbre, attendant que cette porte s’ouvre, la pluie tomba trois fois.

Cela continua ainsi pendant les huit autres jours et nuits. Au début du neuvième jour, je commençai à me rendre compte que je recevais la paix. Vers cinq heures du matin, alors que j’étais prosterné sur ma face, je me relevai, et je brandis ma Bible, louant Dieu parce que la porte commençait à s’ouvrir. Je dis : « Maintenant, Monsieur le diable, si tu as encore des munitions dans ton enfer, apporte-les donc ! » J’avais répondu à toutes ses objections en citant la Parole. Et je vous dis qu’il ne put rien ajouter ! Il avait épuisé toutes ses ressources infernales contre moi, et il était complètement vidé !

Je retombai donc sur ma face, assuré que la porte était près de s’ouvrir. Vers midi, je me rendis compte que la paix venait en moi. J’était très désireux de garder cette paix ! Je me retenais même de respirer. Je retins plusieurs fois ma respiration, à tel point que je devais me frapper les poumons pour reprendre mon souffle. Plusieurs fois, il me sembla que j’atteignais le but. Je retenais alors mon souffle pour pouvoir l’atteindre. A d’autres moments je n’y parvenais pas, et j’avais alors quelques difficultés à retenir ma respiration.

Je continuai donc à me faire de plus en plus petit, de plus en plus petit, jusqu’à ce que je me voie comme un tout petit ver de quelques centimètres de long. Je commençai à dire tout doucement : « Gloire ! » Je répétai plusieurs fois ce mot, sans que cela me fasse perdre du terrain. Au contraire, j’étais certain que la victoire était proche, je le sentais. A deux heurs et quart de l’après-midi, j’étais dans une paix parfaite, et je dis : « Maintenant, Seigneur, Tu vas ouvrir cette porte ! »

La vision de la victoire

Soudain, j’entendis une clef entrer dans la serrure. Je l’entendis tourner, et je vis la porte s’ouvrir. En s’ouvrant, elle laissa sur le sol une marque circulaire. Je dis : « Gloire à Dieu ! Elle est ouverte ! » Mais puisqu’il avait été si difficile d’aboutir à ces réunions, depuis le moment où j’étais dans mon tronc d’arbre creux, je me sentis le droit de faire ce que Gédéon avait fait, c’est-à-dire demander une confirmation. Me prosternant à nouveau face contre terre, je dis : « Maintenant, Seigneur, puisque Tu as parlé deux fois à Gédéon, Tu le feras aussi pour moi ! »

Un quart d’heure plus tard, je m’étais fait aussi petit que précédemment. Cinq minutes encore plus tard, je reçus la même vision, et je revis très clairement la même marque sur le sol. Je me mis alors d’un bond sur mes pieds, regardai ma montre, et vis qu’il était trois heures moins vingt. Je me mis alors à louer Dieu pour cette merveilleuse victoire, après neuf jours de combats. Je saisis mes valises, et descendis de la colline. Je vis M. R. Il était toujours au même endroit que la première fois. Il me vit, et me salua : « Alors, comment était-ce à Pumpkin Hollow ? » Je ne lui répondis pas, et il dit : « Je vois que vous y avez eu du bon temps ! » – « C’est vrai, je viens de passer un très bon moment ! » – « Je le savais ! Nous venons juste de manger. Venez donc prendre un morceau ! »

J’entrai donc, et sa femme me dit : « Oh ! Je suis si contente de vous voir ! Pendant que nous déjeunions, John a dû se lever trois fois pour répondre au téléphone, à propos des réunions ici ! » Veuillez remarquer que j’avais en tout premier lieu fait mon devoir en distribuant des traités tout au long de cette marche de vingt-deux miles, et en disant aux gens quelles étaient mes intentions. Dieu avait donc déjà une base pour travailler. Ensuite, pendant que j’étais sous mon arbre, Dieu avait commencé à travailler dans le cœur de ces gens. Il S’était aussi servi d’eux pour qu’ils téléphonent à M. R., à propos des réunions. Puis, lorsque j’ai commencé à avoir la paix sous cet arbre, Dieu avait poussé trois d’entre eux à l’appeler pour lui rappeler qu’ils devraient avoir des réunions ici.

Il finit par être fatigué de tout cela. Après avoir répondu au troisième appel téléphonique pendant son déjeuner, il dit : « Femme, où est donc Nance ? » Nance était une jument à la tête pelée qui était légèrement estropiée depuis deux semaines, et qui était restée au pâturage. Sa femme répondit : « Mais elle va très bien, je crois. Je l’ai vue en train de courir et de ruer juste avant de déjeuner ! » –  » Bon ! Appelle Frank (leur fils âgé de dix ans), dis-lui de l’amener ici et de la seller. Qu’il aille à Pumpkin Hollow, pour dire à ce prêcheur qu’il vienne ici dès qu’il aura fini là-bas ! » Il avait dit cela au moment même où j’avais entendu la clef tourner dans la serrure, et où j’avais vu la porte s’ouvrir en frottant sur le sol.

Quelqu’un pourrait demander : « Où est donc la confirmation ? » Eh bien, il y avait bien une confirmation, une preuve que ma prière avait été exaucée. Il m’avait fallu neuf jours pour que cette porte s’ouvre. Dès que M. R. eut donné son accord, Dieu m’avait donné cette confirmation, sous la forme de cette vision. Nous pouvons donc être assuré que Dieu nous donnera une confirmation satisfaisante, sous une forme ou une autre.

Après avoir fait justice à un excellent repas, Madame R. me donna la clef, pour pouvoir aller ouvrir l’école et l’aérer. Ils téléphonèrent à la ronde pour annoncer la réunion du soir. Lorsque je passai près de M. R., qui travaillait toujours au même endroit, il me dit : « Bien, allez-y ! Vous aurez peut-être quelques femmes et enfants à votre réunion. Nous, les hommes, nous devons aller chasser les renards, qui mangent nos poules en ce moment. Nous avons organisé une battue au renard, et j’en ai été nommé le président. Nous avons investi beaucoup d’argent en chiens de chasse, nous en avons près de vingt. Nous sommes environ trente hommes à partir tous les soirs. Vous n’aurez donc pas d’hommes ce soir à la réunion. Mais vous aurez peut-être quelques femmes, garçons et filles ! » – « D’accord, M. R. ! J’ai la clef, c’est le principal ! »

Je me rendis à l’école, tout désireux de voir cette marque en forme de cercle laissée sur le sol par la porte. Quand je tournai la clef et poussai la porte, celle-ci frotta sur le sol, en faisant une marque exactement comme celle que j’avais vue en vision. Je dis : « Oh ! Gloire à notre Dieu ! » Je restai là pendant presque une heure, pleurant, riant et criant. Je passai un moment béni à me réjouir de savoir que Dieu prenait tant de peine à me montrer tellement de choses, tout cela pour me conforter dans le droit chemin. Je fermai la porte, me prosternai derrière une boîte à chaussures, et commençai à bombarder ce club de chasseurs de renards. Je priai de quatre heures à sept heures trente du soir. Je combattis pour ce groupe de trente hommes qui n’étaient pas sauvés, des âmes pour lesquelles Dieu avait envoyé Son Fils.

Dieu lance Son filet

A sept heures trente, j’entendis un grand vacarme à l’extérieur, des aboiements de chiens et des bruits de voix d’hommes. J’entendis le président de la battue dire : « Hé, les gars, entrons un peu voir ce qu’il fait ! » Ils mirent donc tous pied à terre, attachèrent leurs trente chevaux, et entrèrent dans l’école. Il était environ sept heures quarante cinq. Je me relevai, serrai la main à chacun d’eux, tout en distribuant à chacun un magnifique livre de cantiques. Je leur dis : « Si nous chantions quelques cantiques ? » Le président dit : « D’accord, mais nous ne restons que quelques minutes ! » Je répondis : « Bon, mais tant que vous êtes là, participez donc aux chants ! » Je courbai la tête et dis au Seigneur : « Quel cantique allons-nous chanter en premier ? » Il me semblait que toute la soirée dépendait de ce premier cantique. Le Saint-Esprit me dit : « Y aura-t-il des étoiles sur ma couronne ? » Je n’aurai pas moi-même choisi un tel cantique pour ce groupe de pécheurs, mais je n’osai pas discuter. Je proposai donc ce cantique, et le président dit : « Celui-là va très bien ! » Ils furent tous d’accord, et je vous dis qu’ils le chantèrent de bon cœur ! Je demandai au président de conduire le cantique. Il le chanta très bien et le fit avec un merveilleux enthousiasme.

Avant la fin du cantique, l’école était pleine à craquer. Je proposai donc un autre cantique, qui était aussi l’un de leurs grands favoris. Je distribuai en tout soixante-quinze livres de cantiques, et je vis que les enfants en avaient aussi. Avec quelle ardeur ils chantèrent ! Je vous le dis, ces chants, qui étaient une réponse à la prière, firent complètement voler en éclats leur battue aux renards ! Je ne commençai à prêcher qu’après huit heures trente du soir. Je prêchai une demi-heure, puis je proposai un autre moment de chants. Je demandai au président de les conduire. Je lui dis : « Président, je vous charge de conduire les chants ! Il va falloir que vous sélectionniez les cantiques avant les réunions. Pouvez-vous venir ici dès sept heures ? » Cela leur plut, et l’on ne parla plus du tout de leurs voleurs de poules !

Le début d’un réveil

Je ne vais pas vous raconter en détail tout ce qui s’est passé, mais cette série de réunions dura neuf semaines. Le quatrième soir, le président s’avança à la fin de mon message. Les larmes aux yeux, il dit : « Les gars, nous voulons ce salut-là ! Nous en avons besoin ! Allez, venez, il nous le faut ! » Les trente hommes, toute l’équipe, s’approchèrent, et je peux vous dire qu’ils se mirent à prier ! Avant minuit, le président se releva d’un bond. Il fut le premier à voir sa prière exaucée. Il se livra à un merveilleux numéro de sauts et de cris, et commença à prêcher à ses vingt-neuf collègues, qui continuèrent à pleurer et à prier jusqu’à quatre heures du matin. Trois reçurent l’assurance du salut. Sept femmes s’approchèrent également. Trois d’entre elles reçurent l’assurance de leur salut. La femme du président pria pour recevoir la sanctification. Avant le début de ces réunions, elle était la seule personne née de nouveau de toute la région. Deux cents personnes vinrent s’agenouiller pour demander le salut. La plupart reçurent l’assurance du salut. Ce ne fut pas trop difficile pour eux de se repentir, donc d’avoir l’assurance de leur salut.

Il serait très intéressant de relater de nombreux témoignages. Beaucoup dirent : « Que ce serait-il passé, si Bevington avait échoué sous son arbre ! » Cela paye de rechercher la volonté de Dieu, même si notre chemin est parfois encombré de choses que nous ne comprenons pas !

Comment le feu peut s’éteindre

Ils construisirent une grande salle, et me demandèrent de prendre en charge cette œuvre. Je crois que j’aurais dû le faire, mais je devais répondre à beaucoup d’autres appels. Je leur dis que je reviendrais les voir souvent, ce que je fis. Mais hélas, quelques années plus tard, un prédicateur subtil et cultivé s’installa à la direction de cette œuvre et organisa son église, si bien que trois années plus tard il ne restait plus un seul chrétien sanctifié, à part la femme du président, qui tint bon, et qui mourut en prêchant la sanctification.

Dieu me nourrit surnaturellement

Je conduisais des réunions dans l’Ohio, quand je fus invité à un autre endroit. Quand j’eus donc terminé ces réunions, j’allai dans les bois pour être sûr de cet appel. Je me glissai en rampant dans un tronc d’arbre creux. Il faisait vraiment frais, c’était l’automne. Le Seigneur me parla, et me demanda de répondre à cette invitation. J’y prêchai trois soirées, puis on me dit qu’il ne me serait plus possible de prêcher dans l’école où se tenaient les réunions. Sachant que Dieu m’avait demandé de venir, j’allai à nouveau dans les bois, et y trouvai un nouveau tronc d’arbre creux, allongé à terre. J’y restai cinq jours. Puis il se passa un événement très curieux. Je commençai à avoir faim, ce qui signifie en général que Dieu me demande d’arrêter mon jeûne. Mais je savais que je n’avais pas encore obtenu la victoire pour laquelle je priais. Je décidai donc de rester à ma place jusqu’à ce que le Seigneur me réponde. J’étais prêt à mourir dans mon tronc d’arbre. Mais ma faim grandissait, et je me sentais faible. Ces deux signes me prouvent en général que je dois arrêter de jeûner, ou que j’ai été exaucé. Je mentionne ceci pour vous montrer le danger de s’enliser dans une routine. Dieu agit sans jamais Se plier à des routines.

Mon tronc d’arbre était assez petit. J’étais donc relativement à l’étroit. De temps en temps, je m’étirais le mieux que je pouvais, en étendant mes bras au dehors. J’avais dit au Seigneur que j’avais faim, et aussi que je n’étais pas encore satisfait. Vingt-quatre heures après avoir commencé à sentir la faim, alors que j’étirais mon bras, ma main entra en contact avec quelque chose de bizarre. En tâtant, je reconnus qu’il s’agissait de glands de chêne, et j’eus l’idée de les manger. Je n’avais jamais été très friand de glands, mais là, ils étaient délicieux !

Je me dis : « Comment ces glands sont-ils venus ici ? » Ils semblaient bien frais. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Comment se faisait-il que je ne les avais jamais sentis auparavant, puisque je m’étirais déjà depuis quelque temps ? Il fallait que j’aie la réponse à ces questions ! Je mangeai donc six glands, et je me sentis renouvelé. Il était six heures de l’après-midi. Je frottai une allumette pour voir l’heure.

Je demeurai là toute la nuit. Le lendemain, en m’étirant, je découvris six nouveaux glands. En tâtonnant tout autour, je vis qu’il n’y en avait que six. Pendant quatre jours, trois fois par jour, j’eus ainsi droit à six nouveaux glands, qui m’étaient livrés dans mon tronc d’arbre.

Finalement, lorsque j’eus la réponse à ma prière, j’étais resté dix jours dans ce tronc d’arbre. Mais j’étais très curieux de savoir comment ces glands m’étaient parvenus. Le dernier jour, je rampai donc hors du tronc. Je laissai mes chaussures devant le tronc pour faire croire que je m’y trouvais, et je me cachai dans un autre arbre creux. A midi moins le quart, je vis s’approcher six gros écureuils gris. L’un après l’autre, ils sautèrent sur le tronc d’arbre où je me trouvais auparavant, et déposèrent un gland dans un trou. Je dis : « Merveilleux, merveilleux, mon Dieu, c’est Toi qui m’a nourri par ces six écureuils ! » Je me mis à pleurer de joie en pensant qu’Il se préoccupait tellement de mes besoins qu’Il avait donné Ses ordres à ces six simples animaux. Je dis : « Elie n’a pas été le seul à être nourri par des animaux ! »

Je rampai à nouveau dans mon tronc d’arbre. Je me sentais si humble ! J’ai souvent souhaité pouvoir vivre avec ce sentiment d’humilité que j’ai ressenti à ce moment-là ! Je passai quatre heures supplémentaires dans le tronc. Puis je vis treize hommes et femmes à genoux, en train de prier à l’extérieur de l’école d’où j’avais été chassé dix jours auparavant. Ils ne savaient pas que j’étais toujours dans le voisinage. Je sortis donc. Je commençai à descendre la colline, lorsque je vis s’approcher l’homme qui m’avait expulsé de sa maison et de l’école. Il allait tête nue, et ressemblait à l’un des Indiens que j’avais vu dans le Dakota, sauvage et agité. Je ne savais pas penser de son comportement. Mais je savais que j’étais en règle. Il me vit, et s’écria : « Oh Frère ! Priez pour nous ! Je suis si heureux de vous voir ! Priez pour nous ! J’ai été en enfer tout au long de ces dix jours ! »

Nous nous agenouillâmes donc près d’une bûche. Vous n’avez sûrement jamais vu un homme prier comme celui-là ! Il était tout-à-fait sérieux ! Nous restâmes là pendant deux heures à plaider son cas. Il eut l’assurance d’être exaucé, et dit : « Maintenant, revenez chez nous, et nous rouvrirons l’école dès ce soir ! » Nous eûmes ensuite trois semaines bénies. De nombreuses personnes cherchèrent et trouvèrent Dieu, simplement parce que j’étais resté dans ce tronc d’arbre, même après avoir ressenti la faim. Oh, les gens abandonnent tellement vite ! Ils font tout ce que Satan leur demande. Satan m’avait chassé de la maison de cet homme et de cette école. Si j’avais fait ce que tant d’autres font, c’est-à-dire abandonner et partir, que seraient devenues ces âmes ?

Quelqu’un réussit à savoir que j’avais séjourné dans ce tronc, et que j’avais raconté que des écureuils m’avaient nourri. Alors que je rentrais à la maison qui m’hébergeait, il me dit : « M. Bevington, j’ai entendu dire que vous êtes resté sur une colline dans un tronc d’arbre creux, et que vous avez prétendu que des écureuils vous avaient apporté des glands à manger ! » Je répondis : « Mais qui vous a donc dit cela ? » – « C’est sans importance, mais je voulais savoir si c’était vrai. » – « Mais j’aimerais savoir qui vous l’a dit ! » – « Ne cherchez pas à le savoir, mais répondez à ma question, s’il vous plaît ! » – « Eh bien, monsieur, c’est vrai, j’ai affirmé que six écureuils m’ont nourri trois fois par jour, et je l’affirme encore ! » Il m’arrêta en pleine rue, et me dit : « M. Bevington, savez-vous que vous êtes un voleur ? » – « Non, Monsieur ! » – « Mais si, Monsieur, vous en êtes un, et je peux vous le prouver ! Ces écureuils faisaient leurs provisions d’hiver, et vous les leur avez mangées ! »

Je peux vous dire que cela m’assomma. Je dis : « Cela se pourrait-il ? » Cela semblait pourvoir être vrai, et je rentrai chez moi passablement troublé. Le lendemain, je voulus en avoir le cœur net. Je me levai à 4 heures du matin, et allai me glisser dans le tronc d’arbre. Je ne pus y trouver aucun gland. J’y retournai pendant trois jours, mais pas de trace de glands ! Le problème était donc réglé, et cela me confirma que c’était bien le Seigneur qui S’était servi de ces écureuils à cette occasion très spéciale ! J’avais l’impression d’être tout petit aux pieds de Jésus et de Lui avoir donné une occasion d’agir, en croyant qu’Il arrangerait toutes choses selon Sa volonté parfaite !

Ne laissons pas Satan nous rendre malades

Je veux maintenant reparler de mon sujet, la guérison. Je suis tout-à-fait convaincu que la plupart de nos maladies viennent sur nous parce que nous laissons Satan nous les envoyer. Quand vient le moment de la réunion, Satan sait qu’il lui suffit de nous faire souffrir juste un peu. Il sait qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui lui interdisent de le faire. Il envoie ses douleurs et ses souffrances à tour de bras, dans le corps de ceux qui le laissent faire, afin qu’ils aient quelque excuse pour rester chez eux.

Je vous affirme que Dieu veut nous conduire au point où nous croirons Sa promesse : « Je suis l’Eternel qui te guérit » (Exode 15 :26), et où nous prendrons fermement position pour résister aux attaques hardies de Satan, en nous appuyant sur nos « droits acquis » par le sang de Jésus ! Je l’ai combattu en face dans ce domaine. Nos propres forces n’ont aucun effet sur lui, il sait trop bien manier l’épée !

Servir Dieu ou Mammon ?

Un jour, je fus invité à tenir des réunions dans l’Ohio. Je priai et me rendis à cette invitation. On vint me chercher à la gare et m’amener à l’hôtel. Au cours de l’après-midi, six des responsables de l’église vinrent me visiter, quatre hommes et deux femmes. Ils me dirent : « Frère Bevington, quand voulez-vous votre argent, maintenant, à la fin des réunions, ou en plusieurs versements ? Nous sommes disposés à vous donner ce que vous demanderez. » Ce fut certainement une grande surprise pour moi, car, en général, je n’étais jamais troublé par une surabondance d’argent ! Je suis souvent parti, à la fin de mes réunions, sans rien recevoir.

Je leur répondis : « Qu’avez-vous l’habitude de donner ? » – « Cela dépend du nombre de choristes qui accompagnent le prédicateur. Mais comme vous allez aussi diriger les chants, nous vous donnerons 80 dollars. » – « Quoi ? 80 dollars ! Mais d’où sortez-vous tout cet argent ? » – « Il vaut mieux que vous ne parliez pas de ce sujet, et que vous n’y pensiez pas. Contentez-vous de diriger les réunions, et nous nous occuperons de votre rémunération. Nous ne voulons pas qu’un prédicateur prenne en charge la moindre dépense. » Je me dis : « 80 dollars ! C’est plus que ce que je touche parfois en toute une année ! » Mais leur libéralité me tracassait, et je répétai ma question : « Mais où vous procurez-vous tout cet argent ? » – « Oh, Frère, nous ne souhaitons pas que vous vous occupiez de cela ! Dites-nous seulement si vous voulez votre argent maintenant, ou à la fin. » – « Frères et Sœurs, je me sens poussé à insister pour vous demander comment vous vous procurez tout cet argent. »

L’une des sœurs finit par dire : « Eh bien, tout d’abord, nous faisons payer l’entrée. Puis nous avons aussi des stands, et nous en retirons beaucoup d’argent. » – « Que vendez-vous dans ces stands ? » – « Oh, des sucreries, des cigares, du tabac, des boissons sucrées, du pop-corn, et toutes ces choses. Nous offrons aussi des repas et des plats cuisinés, et tout ce qui peut se vendre. » – « Et vous avez fait fonctionner ce camp sur ces principes ? Vous avez laissé s’installer tout ce commerce ? » – « Mais oui ! Comment voulez-vous donc que nous puissions payer toutes les dépenses ? Y a-t-il d’autres moyens ? » – « Eh bien, mes amis, vous n’avez pas invité le bon prédicateur ! Jamais je ne participerai à tout cela ! » Ils s’exclamèrent en chœur : « Vous considérez-vous donc comme meilleur que tous ces grands et nobles évangélistes qui ont participé à ce camp depuis des années, ce camp qui est le plus important de tout notre grand Etat de l’Ohio ? » – « Je n’ai rien à faire avec eux ! C’est une position qui m’est personnelle. Dans ces conditions, je n’ai plus rien à faire ici ! »

Je refuse tout compromis

Ceci se passait un jeudi après-midi. Le vendredi matin, ils revinrent me voir. Cette fois, ils étaient une vingtaine. Ils me dirent : « Frère Bevington, nous avons fait beaucoup de publicité pour ces réunions, et cela nous a coûté très cher. Nous ne pouvons pas nous permettre de les annuler maintenant. Cela ruinerait complètement la réputation de notre camp si réputé. Si nous ne continuons pas à faire comme nous avons toujours fait, jamais nous ne couvrirons nos dépenses. Toute personne raisonnable admettra sans problème que nous agissons d’une manière tout-à-fait légitime, juste, et raisonnable ! » Ils étaient convaincus de leur position, mais je ne changeai pas la mienne. L’une des femmes membre de ce comité se leva, et dit : « Bon, nous ne voulons pas de ce fanatique ici ! Il ne veut pas prêcher d’une manière qui nous arrange, et nous n’aurons que des ennuis avec lui. Nous irons inviter notre vieil habitué, qui est toujours disponible, lui ! » (Je connaissais cet homme. Il avait l’habitude de se saouler chaque fois qu’il faisait des réunions qui lui rapportaient de l’argent.)

Je suis chassé comme un malpropre

Ils se levèrent donc tous, et dirent : « Il va falloir que vous régliez vous-mêmes votre note d’hôtel, et que vous quittiez la ville à pied, à moins que vous ayez plein d’argent ! » Je répondis : « Je suis un bon marcheur ! » Je fis donc mes bagages, descendis, et réglai ma note. Il me restait 84 cents, et tente-six miles à faire à pied, avec deux lourdes valises. Je partis tout de même. Après avoir marché environ un mile et demi, je m’assis sous un arbre et dis : « Seigneur, je veux bien traîner tout cela sur cette distance, et j’en suis capable, mais il me semble que j’aimerais te demander que quelqu’un me prenne en stop ! »

J’eus envie de me mettre un peu à l’écart, à une vingtaine de mètres, pour avoir le temps de prier un peu plus, et je laissai mes affaires sous cet arbre au bord de la route. J’eus un bon moment de prière et de louange. Après m’être bien réjoui, je me sentis tout ragaillardi pour reprendre la route. Je me levai et retournai vers l’arbre. Je vis un homme et une femme assis dans une charrette à deux bancs, les yeux fixés sur mes valises. Je m’approchai, leur donnai une cordiale poignée de main, ainsi que quelques traités.

L’homme dit : « N’est-ce pas vous le Frère Bevington, qui doit parler au camp de cet été ? » – « Oui, c’est bien moi Bevington, mais ce n’est pas moi qui parlerai au camp. » Ils se mirent tous deux à rire. « Que faites-vous donc ici ? » – « Je faisais ma petite réunion de prière et de louange là-bas ! » Je leur indiquai la bûche auprès de laquelle je m’étais mis pour prier. Ils se remirent à rire, et dirent : « Nous vous avons entendu prier d’ici. Nous avons voulu nous arrêter pour savoir à propos de quoi vous étiez en train de prier ! » L’homme dit : « En traversant la ville, nous nous sommes arrêtés dans un magasin. Ils parlaient de ce fanatique qu’ils avaient invité pour conduire leur camp. Ils vous taillaient une belle veste ! Puis nous sommes arrivés ici. Ma femme m’a dit : « Je crois que c’est le fanatique ! Arrêtons-nous ! » Alors, nous voici ! Nous avions envie de voir de près le gars qui possédait toutes ces caractéristiques remarquables ! Mais nous constatons que vous n’êtes pas très différent de n’importe quel autre enfant de Dieu ! Où allez-vous ? » – « Je vais à Louisville » – « Parfait ! Nous y allons aussi. Montez donc ! » Cet homme m’invita chez lui, car il habitait à Louisville. Avec sa femme, sa fille, et beaucoup d’autres, ils furent régénérés et sanctifiés.

Les voies de Dieu sont parfaites !

Vous pourriez dire : « Pourtant, vous avez eu la conviction d’accepter cette invitation ! Dans ce cas, pourquoi aviez-vous besoin de faire ces trente-six miles ? » Cher ami, Dieu avait Son idée dans toute cette affaire ! Il voulait que cet homme, sa femme et sa fille, travaillent pour Lui, et Il dut prendre tout ce détour pour les attraper ! Ils entrèrent dans un ministère d’évangélisation. Mais si j’avais accepté de me compromettre, cette famille n’aurait probablement jamais été sauvée. Je les ai entendus tous les trois témoigner bien des fois au camp de Cincinnati, et ils vécurent des vies bénies avec Dieu.

Si Dieu avait voulu m’expliquer ce qu’Il voulait faire, Il ne serait probablement jamais parvenu à me le faire comprendre ! Il m’envoya donc à ce fameux camp, puis sur cette route. Puis Il dirigea cet homme vers moi pour que je puisse le rencontrer. Au lieu de me faire faire ces réunions dans cette église renommée, avec 80 dollars en poche, le Seigneur me conduisit à Louisville, avec juste quelques sous, et sans aucun encouragement visible pour commencer !
Chapitre 4

Expériences à Cleveland et à Chattanooga.

Mes côtes cassées.

Alors que je me trouvais en mission à Ironton, dans l’Ohio, je m’étais procuré un petit harmonium portatif. Mais je n’arrivais pas à trouver beaucoup de monde pour en jouer dans la rue. Un soir, un homme à l’allure distinguée vint et me dit : « Frère, si vous pouvez me trouver quelqu’un pour pomper le soufflet, je pourrais vous jouer de l’harmonium tous les soirs et accompagner tous les cantiques. J’ai la tuberculose, et je n’ai pas la force de pomper moi-même. » Je lui répondis : « C’est bon, je crois que je pourrai trouver des pompeurs, et des bons ! » C’est ce que nous fîmes, et il joua pendant plusieurs semaines. Mais il finit par me dire : « Ma santé ne s’améliore pas dans ce climat. Pourtant, j’espérais tant que ce soit le cas ! » Il habitait dans le sud. Il me dit : « Je crois que je vais retourner dans le sud. » Quelques semaines plus tard, il partit.

Un peu plus tard, je me rendis à Cleveland, dans l’Ohio, pour y ouvrir une autre mission. Mais ce fut dur pour moi, car je commençais à aimer vraiment ces pauvres enfants d’Ironton, pour lesquels nous avions combattu pendant seize mois. Au début, j’attachai donc peu d’importance à la pensée que je devais aller à Cleveland. Mais cette pensée continuait à me revenir chaque fois que je me mettais en prière, jusqu’à ce qu’elle prenne toute la place dans les pétitions que j’envoyais au Seigneur. Finalement, je décidai de partir, non sans verser beaucoup de larmes. Je ne crois pas avoir jamais eu autant de peine que lorsque je partis d’Ironton, car j’étais venu ici au travers de beaucoup d’épreuves et de difficultés. Je finis par dire : « C’est bien, Seigneur ! Envoie quelqu’un pour me remplacer, et je partirai. » Deux jours plus tard, un homme vint avec sa femme pour reprendre l’œuvre, et je partis pour Cleveland. Je n’avais pas d’argent, et je ne connaissais qu’une seule personne dans cette ville. La première chose à faire était de me mettre tranquillement à prier pour préparer l’installation cette mission. J’avais tout laissé à Ironton, et je n’avais jamais fait de dettes.

Je me rendis chez le seul homme que je connaissais à Cleveland, et il m’invita chez lui. Je passai six jours dans le jeûne et la prière. Le septième jour, Dieu me donna l’ordre d’arrêter. Je sortis alors pour chercher une salle. J’en louai une, et commençai à la nettoyer.

Dieu pourvoit à tout

Un homme vint me trouver, et dit : « Vous allez ouvrir un bar, sans doute ? » – « Non, une mission de sanctification ! » Son visage s’éclaira, et il dit : « Quand allez-vous ouvrir votre mission ? » – « Samedi soir. » Nous étions jeudi. « Vous avez des sièges, je suppose ? » – « Eh bien, ils ne sont pas ici, mais je les ai ! » – « Où sont-ils ? Je peux réunir une équipe, et nous pourrions aller vous les chercher, car c’est assez cher de louer un moyen de transport dans cette ville. » – « D’accord, je vous le ferai savoir. Laissez-moi simplement votre nom et votre adresse ! » Il le fit, et me dit : « Maintenant, donnez-moi votre nom et dites-moi où vous logez ! » Je le fis. Il prit alors le tramway et se rendit chez l’homme qui me recevait. Celui-ci était parti travailler, mais il parla avec sa femme. Il dit : « Que savez-vous de ce Frère Bevington ? » – « Eh bien, je ne sais rien de lui ! Il est venu ici il y a dix jours. Je ne le connaissais pas du tout. Il m’a dit qu’il connaissait mon mari. Je l’ai invité à entrer, en attendant mon mari. Nous lui avons donné une chambre. Il s’y est enfermé et n’a pas cessé de gémir. Je suppose qu’il priait. Pendant près d’une semaine il a prié à un rythme plutôt effrayant. Il n’a pas voulu prendre une seule miette. Mais, après une semaine, il est sorti de sa chambre et a dit qu’il avait faim. C’était ce matin. Il a dit qu’il allait ouvrir une mission d’ici samedi soir. »

L’homme dit : « Je suppose qu’il doit avoir plein d’argent. Il m’a dit qu’il avait des chaises, un harmonium, et des livres de cantiques. Mais il n’a pas voulu me dire où tout cela se trouvait. J’aurais pu aller les lui chercher cet après-midi. »

Le femme dit : « S’il a de l’argent, j’aimerais bien savoir où il le cache ! Mon mari s’est un peu méfié de son comportement. Nous avons inspecté ses bagages et toutes ses affaires, et nous n’avons trouvé que vint-neuf cents ! Nous avons même examiné son portefeuille, mais il n’avait rien d’autre ! » – « Il m’a dit qu’il avait des chaises et tout ce qu’il fallait. » – « Ce qui est sûr, c’est que c’est un drôle de gars ! Je ne le comprends pas du tout ! »

L’homme revint alors que j’étais en train de faire mon ménage dans la salle. Il me dit : « Mon équipe est disponible, et je pourrais aller vous chercher vos chaises et tout ce qu’il vous faut ! » Je compris alors qu’il fallait que je m’explique. Je lui citai donc 1 Jean 5 :14-15. Il dit : « Bon, mais je ne vous comprends pas ! Vous m’avez dit que vous aviez ces chaises ! » – « Mais oui, je les ai par la foi, selon ce verset. J’ai prié, j’ai été exaucé, et je commencerai certainement samedi soir ! » – « Pas de chaises en vue ! Comment pouvez-vous agir ainsi ? » – « Eh bien, d’après la Bible ! » Je vis qu’il était complètement déconcerté. Je le quittai donc pour reprendre mon ménage. J’attendais ce qu’il me fallait. J’avais placé à l’extérieur un panneau : « Mission Pentecôtiste, » et je m’attendais à ce que quelqu’un m’apporte le matériel dont j’avais besoin. Il fallait donc que la salle puisse être reconnue de l’extérieur.

Comme d’habitude, Satan vint traîner par là. Il s’intéresse parfois beaucoup à ce que nous faisons. Il commença à me raisonner, et me dit : « Tu es étranger ici, il faudrait que tu fasses connaître tes besoins. C’est ainsi que font tous ceux qui ouvrent des missions. Ils vont partout demander de l’aide ! Tu n’ouvriras jamais rien ici si tu ne le fais pas ! » Mais j’avais déjà essayé cette solution auparavant, et j’en avais assez de cette façon de travailler. Je repoussai donc cette suggestion. Je restai ferme, même si je devais éprouver une grande honte, car mon panneau annonçait l’ouverture de la mission pour le samedi suivant.

Eh bien, le Seigneur Se servit du frère chez qui je logeais. Avant le samedi, la salle avait ses sièges ! On me donna aussi de très beaux bancs, des livres de cantiques, et un harmonium. Je n’avais rien demandé à personne, ni fait connaître mes besoins à personne. Je m’étais seulement tenu devant Dieu et je Lui ai simplement donné l’occasion de pourvoir à tous mes besoins. Il l’avait fait d’une manière merveilleuse ! Un frère de la Première Eglise Méthodiste d’Ironton vint, et me dit : « Qu’est-ce qui va s’ouvrir ici ? » Je répondis : « Une mission de sanctification, et une œuvre auprès des pauvres. » – « Parfait ! Si vous avez besoin de chaises, je peux sûrement vous fournir de très beaux bancs. » Je lui répondis : « Si le Seigneur vous conduit à le faire, cela me ferait très plaisir ! »

Cinq heures plus tard, je reçus de beaux bancs en bois avec de bons dossiers. Au moment où on les livrait, une sœur s’approcha, et demanda : « Qu’est-ce qui se passe ici ? » – « Nous allons ouvrir ici une mission de sanctification, samedi soir ! » – « J’ai un harmonium, et j’aimerais vous l’installer ici. Je pourrais aussi en jouer, si vous me le permettez ! » Je lui répondis : « Amenez-le ici ! » Le lendemain, l’harmonium arriva, accompagné de quarante bons recueils de cantiques. Et la sœur se mit à l’harmonium. Voyez-vous comment le Seigneur peut travailler, quand nous Lui laissons le champ libre ? S’Il ne fait rien, c’est que nous Lui bloquons le passage ! Oh ! Puissions-nous rester blottis dans quelque coin, pour laisser toute la place à Dieu, et Il agira !

La guérison du Frère Allen

Je ne vais pas vous retenir plus longtemps à Cleveland, mais nous y reviendrons sans doute plus tard, car nous retirerons de nombreuses leçons de mon séjour à Cleveland.

Après y être resté un bon moment, je reçus une lettre de la Sœur Allen, de Chattanooga. C’était la femme du Frère Allen qui avait joué du petit harmonium pour moi lorsque j’étais à Ironton, ce frère qui avait besoin de quelqu’un pour pomper les soufflets. Elle me disait : « Quand vous recevrez cette lettre, M. Allen sera déjà enterré ! Le docteur vient de partir. Il m’a dit que je n’aurais plus besoin de le rappeler. Mon mari a perdu plus d’un litre de sang, et il est tout près de sa fin. C’est à peine si je peux voir un signe de vie en lui. Je ne sais pas ce que je vais faire ! »

Je pris la lettre et me rendis dans ma chambre pour prier. Je demandai au frère de ne permettre à personne de venir me voir, parce que je ne voulais être dérangé par personne. Il me fallut d’abord onze heures pour être certain qu’il était encore vivant. Cela fut assez dur, car il me fallut pas mal de temps pour être assez calme pour pouvoir entendre la voix de Dieu. J’eus ensuite une vision. Je le vis couché, semblable à un mort, plus pâle que jamais, à tel point que je pensai qu’il était mort. Mais la vision ne partait pas, et resta ainsi pendant cinq minutes. Puis je le vis lever sa main droite, et sourire. Je dis alors : « Amen, Seigneur ! Maintenant, allons-y pour sa guérison ! »

Mais il me fallut encore neuf heures pour savoir si le Seigneur voulait le guérir ou non. Je restai donc prosterné face contre terre pendant vingt heures. Mais je savais que j’étais sur la bonne voie. Je pouvais avancer d’une manière intelligente, car j’étais sur une base solide. Il ne me fallut que quarante-six heures supplémentaires pour le voir parfaitement guéri. Je le vis assis devant un petit harmonium, jouant et pompant lui-même de toutes ses forces. Je dis alors : « Loué soit le Seigneur, cela suffit ! »

Après être resté dans cette chambre obscure pendant soixante-six heures, je pus en sortir en vainqueur, dans le nom de Jésus ! J’allai donc prendre quelque chose à manger, puis je m’assis pour lui écrire. Je lui dis qu’il était complètement guéri, et qu’il retournerait travailler dans deux semaines. Je lui dis quelle heure il était exactement lorsque je le vis jouer de l’harmonium, en pleine santé.

Avant même d’avoir reçu ma lettre, lui et sa femme m’avaient aussi écrit. Dans ma vision, alors que j’étais à Cleveland, je l’avais vu se lever, s’asseoir au bord de son lit, se pincer, se mettre debout, et aller se regarder dans le miroir. Je l’avais entendu dire : « Oui, c’est bien toi, Allen, il n’y a pas à en douter ! Pas très beau, que la peau et les os, mais c’est bien toi, Allen ! »

Dans sa lettre, il me raconta tout cela en détail, exactement comme je l’avais vu dans ma vision, à des centaines de miles de là. Il alla ensuite dehors, où sa femme était en train de faire la lessive. Elle avait dû pour cela se lever tôt, parce qu’il fait très chaud à Chattanooga. Elle eut un choc en le voyant. Il lui fallut faire un violent effort pour surmonter son inquiétude et pour garder son calme. Elle insista pour qu’il aille se recoucher. Elle pensait qu’il allait tomber raide mort là où il se trouvait. Mais il dit qu’il avait faim et qu’il voulait manger quelque chose. Elle dit : « M. Allen, je suis sûre que tu as perdu la tête ! Tu devrais savoir que le docteur ne t’a pas permis de manger quoi que ce soit, parce que cela te tuerait certainement ! » – « Le docteur n’a plus besoin de s’occuper de moi maintenant ! Tu as dû écrire à Bevington, n’est-ce-pas ? » – « Oui ! » – « Eh bien, il a prié pour moi jusqu’à ce qu’il soit exaucé, et je suis guéri ! Prépare-moi un bon repas ! Je pourrais manger n’importe quoi ! »

Elle continuait à dire qu’il allait tomber raide mort sur place, et lui, continuait à réclamer son repas ! Elle dit : « Je ne veux pas te donner quelque chose à manger, pour être coupable de meurtre ! » A ce moment précis, leur voisin rentra de sa grange pour aller prendre son petit déjeuner. Le Frère Allen l’appela, et l’homme fut pétrifié en le voyant. Allen lui dit : « J’ai une faim de loup, et ma femme ne veut rien me donner à manger ! Demandez donc à votre femme de m’apporter un bon petit déjeuner, bien copieux ! »

Le voisin entra chez lui, et dit : « Femme, viens un peu voir ce spectacle ! Allen est debout, dehors, suppliant qu’on lui donne quelque chose à manger ! » Elle se précipita dehors pour voir Allen, comme son mari le lui avait dit. Allen la supplia de lui donner quelque chose à manger. « Mais je ne vais pas tomber raide mort ici, je suis guéri ! » Et il commença à se frapper la poitrine. Alors la voisine osa lui apporter un œuf poché, qu’il avala d’un coup, en réclamant autre chose. Comme il restait debout et ne tombait pas mort, elle osa lui apporter autre chose, jusqu’à ce qu’il ait englouti ce qu’aurait mangé un homme de forte corpulence. Deux semaines plus tard, il retourna travailler, comme je le lui avais annoncé. Cela se passait au printemps.

Comment Dieu me guide pas à pas

Je restai à Cleveland tout l’été. Quand l’automne vint, je commençai à penser que je devais aller à Chattanooga. Il me sembla que c’était simplement parce que le Frère Allen habitait là, et je n’y prêtai pas beaucoup d’attention. Mais la pensée devenait de plus en plus forte, jusqu’à ce qu’elle me tienne complètement. Mais aller Chattanooga devait sans doute exiger une foi beaucoup plus grande que celle que j’avais. Le Seigneur dut donc décider de me faire transiter par Cincinnati. Cela ne semblait pas être un trop gros problème.

Je m’étais attaché à Cleveland, et je ne voulais pas quitter cette ville. Je n’écoutai donc pas l’appel à me rendre à Cincinnati. Cet appel était pourtant pressant et fort. Je finis par dire : « Seigneur, si Tu veux bien envoyer quelqu’un pour me remplacer, j’irai ! » J’étais à cent lieues de m’imaginer pourquoi je devais partir, même si je savais à présent que je devais le faire. Trois jours plus tard, un homme et sa femme vinrent me trouver. Dès qu’elle me vit, la femme éclata de rire, et dit : « C’est lui ! C’est notre homme ! » Son mari ajouta : « Oui, c’est bien lui ! Et c’est bien l’endroit ! »

J’avais bien prié pour être remplacé, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit l’exaucement de ma prière. Je me demandai qui étaient ces gens. Je ne me rappelais absolument pas les avoir rencontrés auparavant. Ils me tirèrent de ma confusion en me racontant la vision qu’ils avaient eue deux jours auparavant à Rochester, dans l’Etat de New-York. Je compris leur réaction, et je leur dis : « Bien, vous devez donc être ceux qui viennent me remplacer ! »

J’allai dans ma chambre, me jetai en travers de mon lit, et éclatai en sanglots déchirants. Je n’étais pas encore complètement détaché de cette œuvre. Je restai là un certain temps, baigné de larmes. Je finis par dire : « Oh, mon Dieu, je suis certain que ces gens sont envoyés directement par Toi. Mais, Père, ces larmes, ces gémissements ! Mon Dieu, je ne peux pas partir dans cet état ! Si c’est réellement Toi qui veux que je parte, libère-moi du fardeau de cette œuvre, ôte mon fardeau ! »

Bientôt mes larmes séchèrent, les nuages s’en allèrent, et le soleil brilla sur moi avec une telle douceur que tout désir de rester s’évanouit. La question était réglée, mais je n’avais pas l’argent nécessaire pour partir.

Parmi mes objets personnels, j’avais un petit harmonium. Je me mis à prier dans ma chambre pour avoir de quoi payer mon billet de train pour Cincinnati. Pendant que je priais, j’entendis quelqu’un frapper à la porte. J’ouvris, et je vis une sœur de l’Armée du Salut, qui m’avait beaucoup aidé dans mon travail. Elle me dit : « Frère Bevington, nous avons appris que vous alliez nous quitter. Les gens qui sont venus pour vous remplacer ont un petit harmonium. Ils n’auront donc pas besoin du vôtre. Je voudrais vous l’acheter. » – « D’accord, mais je n’ai jamais fait cela ! » (J’avais ouvert quatorze missions, je les avais entièrement équipées, mais je n’avais jamais rien emmené avec moi, ni rien vendu.)

Les chers amis venus me remplacer arrivèrent à ce moment précis, et me dirent : « Nous n’aurons pas besoin de l’harmonium, et il nous semble à tous les deux que vous avez besoin d’argent. Vendez-le donc tout de suite ! » La sœur me demanda ce qu’il coûtait, et combien je l’avais acheté. Je lui dis : « Je l’ai acheté 15 dollars, et je m’en suis servi pendant quatre mois. Il me semble qu’il vaut dix dollars. » – « Je crois qu’à 12 dollars il n’est pas cher. Je vous en donne 12 dollars ! » Elle posa les 12 dollars sur la table, et emporta l’harmonium. J’avais besoin de quelques habits. A l’époque, je ne bénéficiais d’aucune réduction accordée aux pasteurs. J’ai donc dû payer le prix fort. J’ai acheté en tout pour onze dollars de vêtements, et je me suis retrouvé avec 1 dollar vingt (il me restait vingt cents auparavant).

Je partis donc. Arrivé à Cincinnati, je pris un tramway pour me rendre à Constance. J’y restai toute la nuit et revins le lendemain. Je me rendis en ville pour faire quelques courses. Dans la Quatrième Rue, je passai devant une grande vitrine. J’y jetai un coup d’œil, et je vis un grand panneau avec ces mots écrits : « Votre dernière chance ! » Je poursuivis ma route, mais ces mots, « Dernière chance, » continuaient à m’intriguer. Il fallut que je revienne en arrière, pour regarder à nouveau dans la vitrine. Oui, c’était bien ça. Mais qu’est-ce que cela signifiait ? J’ouvris la porte, et vis tout de suite que j’étais dans un bureau du chemin de fer. Je dis : « Pardon, Monsieur, qu’est-ce que cela signifie ? » Et j’indiquai le panneau. « Mais, Monsieur, il veut dire exactement ce qu’il veut dire ! » – « Mais que veut-il donc dire ? » – « Monsieur, n’avez-vous donc pas entendu parler de la super remise sur nos excursions à Chattanooga ? » – « Non, je n’en ai pas entendu parler. » – « Eh bien, il s’agit de notre super réduction pour ces excursions, et aujourd’hui est le dernier jour, la dernière chance d’en profiter ! » – « A quelle heure part le dernier train ? » – « Ce soir à neuf heures. »

Je partis, mais je me rendis compte que je n’avais pas demandé le prix. Je retournai dans le bureau. « Quel prix faites-vous ? » – « L’aller-retour coûte 3,75 dollars, direct pour Chattanooga et retour. » Je sortis et remontai la rue pour faire mes courses. Je ne pensai plus à Chattanooga, ni à la réduction, parce qu’il ne me restait plus un seul dollar.

Mais le nom de « Chattanooga » revenait toujours à mes oreilles. A tel point que je dus arrêter de faire mes courses pour revenir en arrière. Je revins à l’endroit où j’avais pris le tramway pour Constance. J’entendis la voix me dire, très clairement et fermement : « Veux-tu aller à Chattanooga, oui ou non ? » Je fus surpris, mais je dis : « Mais oui, Seigneur, je veux bien y aller, mais… » Encore ce « mais ! » Combien de gens sont restés en panne à cause de ce petit mot !

Je pris donc le tramway, allai chercher mes affaires, quelque peu hébété, mais déterminé à obéir à Dieu. Je pris mon déjeuner et partis pour la gare. Il ne me restait que trente minutes, mais je voulais de toutes façons faire la volonté de Dieu.

Je vis un homme se diriger vers moi, me regarder très attentivement, avec une attention vraiment soutenue. Je me dis : « Il n’aurait pas grand-chose s’il voulait me dévaliser ! » Mais il continua à s’approcher, et il se mit à sourire. Il m’entoura littéralement de ses bras, et dit : « Mais c’est le Frère Bevington ! » Je laissai tomber mes affaires, et dis : « Oui, mais je suis pressé, il faut que je prenne un train dans vingt minutes ! » Alors il empoigna mes affaires et nous partîmes vers la gare. Je lui dis : « Maintenant, dites-moi qui vous êtes ! » Il se mit à rire et me le dit. Je me souvins alors de lui.

Quand nous arrivâmes à la gare, il me dit : « Vous avez prié pour ma femme il y a quatre ans, et Jésus l’a guérie. Par la suite, elle m’a dit : « Nous n’aurons plus besoin de payer les consultations du docteur. Gardons cet argent pour le donner au Frère Bevington ! » En un an, nous avons économisé 5 dollars pour vous ! » Ils l’avaient mis de côté depuis trois ans, en attendant de pouvoir mes les donner. Dieu l’avait envoyé en ce lieu dans le but précis de me rencontrer. Vous voyez donc que Dieu sait exactement ce qu’Il fait, si nous Le laissons agir. Oh, cela paye, cela paye vraiment de laisser Dieu agir ! Et je ne peux m’empêcher de m’écrier une fois de plus : « Oh Dieu, quand donc apprendrons-nous la leçon ? Arriverons-nous à l’apprendre ? »

Nous arrivâmes juste à temps pour que je puisse sauter dans le dernier wagon. Je m’assis et dis : « Bon, Seigneur, me voici. Je T’ai obéi. Que veux-Tu faire de moi ? »

Tout est prêt pour m’attendre

Arrivé à destination, il me sembla que je ne devais pas aller directement chez le Frère Allen. Il habitait très loin de là, et ils étaient très pauvres, avec une famille à nourrir. Je questionnai Dieu, et je reçus la réponse qu’Il me donnait souvent en pareil cas : « Toi, que t’importe, suis-moi ! » Je dis : « D’accord, Seigneur, faut-il que j’enregistre ces deux grosses valises ? » Je fus conduit à les mettre en consigne. Cela me coûta vingt cents. Après avoir mangé, il me restait quatre-vingt cents. Je me trouvais dans une ville inconnue. J’eus le sentiment qu’il fallait que j’aille quelque part. En passant le long d’une grande palissade, je vis un panneau, avec ces mots : « Chaque dimanche à 14 heures 30. » Je m’arrêtai, regardai tout autour de moi, et ne vis rien qui pouvait se rapporter à ce qui était écrit. Je repris lentement ma marche, me demandant ce que cela pouvait signifier. Quelqu’un m’appela. Je me retournai, et vis un homme de race noire, à la peau du plus beau noir. Son visage était tout illuminé. Cela me démontra qu’il était un véritable enfant de Dieu. Il s’approcha de moi avec un grand sourire qui lui barrait tout le visage.

Il me dit : « Que Dieu vous bénisse ! C’est bien vous ! C’est bien vous ! » Je ne savais que dire. Venait-il de s’échapper d’un asile, ou quoi ? Je lui dis : « Que voulez-vous dire ? » – « Vous êtes celui que je chewchais ! C’est vous qui devez pwêcher à la mission là au coin de la wue ! Celui qui y est maintenant est complètement à plat ! Je suis allé le voiw il y a twois semaines, et il m’a dit qu’il était à bout. Il m’a demandé de pwier pour avoiw quelqu’un pour l’aider. Alows je suis wentwé chez moi, j’ai pwésenté le cas au Seigneuw, et Il m’a montwé vous en vision, tout-à-fait vous ! Sauf que j’ai vu aussi deux gwosses valises, une noiwe et une jaune. Fwère, où sont ces deux valises ? »

Je lui dis : « Frère, je vois que vous avez vu juste ! » – « Ca oui, je le sais, oui, Monsieuw ! J’ai bien vu ! » Il me montra où je devais aller, et me dit : « Pendant que vous iwez, donnez-moi vos deux tickets, et je vous apportewai vos valises dans ma chawette ! » C’est ce que je fis. Pendant que nous marchions, un autre homme nous appela et dit : « Je sais que vous êtes celui dont Jœ m’a pawlé ! Entwez un peu chez moi pwendwe un vèwe d’eau fwaîche ! » J’entrai chez lui et pris un bon verre rafraîchissant. Il dit : « Maintenant, faisons une pwièwe ! » Cela me plut, et nous nous mîmes à genoux. Il me demanda de prier, et je ne crois pas avoir jamais eu, dans toute ma vie, un accès aussi libre au trône de Dieu que là, dans cette maison de noirs. Quand je partis, il me donna un billet de un dollar. Il me montra où se trouvait la mission où je devais prêcher. Je m’y rendis. L’homme en charge de la mission était assis devant sa fenêtre du second étage, d’où il pouvait voir la rue. Il me vit et me reconnut, d’après la description que lui avait donnée Jœ, près de trois semaines auparavant. Il descendit et m’accueillit chaleureusement. Il me présenta sa jeune femme. Il avait environ quarante ans, et sa femme vingt.

Dieu sauve et délivre un pauvre ivrogne

Je commençai à prêcher le soir même. Cette mission était tenue par les différentes églises de la ville. Un soir, c’était l’Eglise Méthodiste, un autre soir l’Eglise Baptiste, etc… Chacune avait une soirée. Il y avait cinq réunions par semaine.

Je m’aperçus vite que ma façon de prêcher ne passait pas très bien auprès de certains de ces chrétiens. Mais les méthodistes m’acceptaient bien. Le second soir, ce fut la soirée méthodiste. Trois personnes vinrent se prosterner devant l’estrade. Nous eûmes un bon moment. Le quatrième soir, ce fut le tour d’une autre église. Pendant que je prêchais, un ivrogne entra. Comme ils le faisaient d’habitude, ils voulurent expulser l’ivrogne. Mais il ne semblait pas vouloir sortir. L’ancien de l’église dit au président de la réunion : « Mettez-le dehors ! » Il allait le faire, quand je dis : « Arrêtez ! Ne mettez pas cet homme à la porte ! » Mais l’ancien lui fit signe d’obéir aux ordres. Je sautai donc de l’estrade, et dis : « Oh non, je vous en prie, ne mettez pas cet homme dehors ! Jésus est venu pour sauver des créatures comme lui ! » – « D’accord, mais vous ne connaissez pas cet homme ! C’est lui, dans cette ville, qui est dans la pire déchéance ! Il faut qu’il sorte ! » Je dis : « Oh non ! Je vous en prie, ne faites pas cela ! » Mais il insista : « Mettez-le dehors ! » Je m’interposai entre l’ancien et l’ivrogne, en insistant pour qu’il reste. Mais quelle odeur épouvantable il avait !

Alors l’ancien quitta la salle, avec tous les membres de son église, environ cinquante personnes. Le président de la réunion me dit : « Frère Bevington, je sais pour qui Jésus est venu. Mais je m’occupe de cet homme depuis dix ans, et il n’y a vraiment plus aucun espoir pour lui ! » Je répondis : « Mon cher frère, vous ne me ferez jamais croire cela. Jésus veut lui donner encore une chance, et Il le fera ! » – « Bien, restez donc avec lui. Je vais éteindre toutes les lumières, sauf celle de l’estrade, et vous resterez avec lui ! Moi, je ne peux pas supporter son odeur ! » Il partit. Il monta à l’étage mais ne put dormir.

Je conduisis l’ivrogne devant l’estrade et commençai à intercéder pour lui. Il se comporta assez bien jusque vers deux heures du matin, puis commença à devenir très agité. Il dit que quelque chose le brûlait, et qu’il lui fallait du whisky. Il dit : « Apportez-moi une bouteille, et ça ira très bien ! J’aimerais bien être un chrétien, mais c’est l’enfer pour moi maintenant ! » Je continuai à intercéder pour lui, mais vers trois heures du matin, il commença à prendre le dessus. Il était bien plus fort que moi, et il me poussait vers la porte, malgré tous mes efforts pour lui résister. Vers quatre heures nous n’étions plus qu’à deux mètres cinquante de la porte. Je m’épuisais, et je compris qu’il fallait faire quelque chose.

J’eus envie d’appeler l’homme qui était monté, mais le Saint-Esprit me réprimanda. Je gardai le calme et recommençai à intercéder encore plus intensément devant le trône de Dieu. Je le lâchai, jetai mes deux bras en l’air, et m’écriai : « Oh Dieu, pourquoi as-Tu envoyé cet homme ici ? Pourquoi m’as-tu envoyé ici ? Oh Dieu, viens, viens, viens ! » Au troisième « viens, » l’homme tomba le visage contre terre. Il se mit à ramper entre les chaises comme un serpent, et je suppliai Dieu d’expulser ce démon de lui. Je dis : « Oh Dieu, expulse ce démon, expulse ce démon ! » Une demi-heure plus tard, l’homme était aussi tranquille qu’un agneau. Il se releva, se frotta, et dit : « Est-ce bien Tom ? Mais j’ai déjà une religion ! » Je lui dis : « Vous avez peut-être une religion, mais vous n’êtes pas encore sauvé ! » – « Oh si, je viens juste d’être sauvé ! » – « Non, vous n’êtes pas encore sauvé ! » – « Mais si, puisque j’ai une religion ! » – « Non ! Venez devant l’estrade pour recevoir votre salut. » – « Mais je viens d’être sauvé ! » – « Non ! C’est juste ce démon de whisky qui vient d’être expulsé. Maintenant, vous pouvez demander pardon à Dieu ! »

Il continuait à affirmer qu’il était sauvé. Finalement, à cinq heures et demie, je réussis à le conduire à l’estrade. Il se mit à genoux et pria sérieusement. Il vit bientôt qu’il avait besoin d’être sauvé. A sept heures du matin, il reçut l’exaucement. Vous n’auriez certainement jamais vu un homme gambader et faire des cabrioles comme lui, lorsqu’il toucha le but !

La femme du président de la mission descendit, et elle fut ravie. Elle appela son mari, qui descendit. Tous deux semblèrent heureux de voir que Tom était réellement sauvé. J’étais passablement vanné d’avoir lutté toute la nuit contre cet homme féroce, et je voulus prendre un peu de repos. Mais je dis au président : « Procurez-vous des vêtements pour lui. Préparez-moi une grande bassine, un balai, une barre de savon et une brosse à récurer. Pendant que vous irez chercher quelques vêtements en bon état, j’irai avec lui dans la cour intérieure pour le frotter ! » Sa femme approuva ma suggestion. Elle m’apporta même des sels parfumés pour me prémunir de l’odeur. J’en pris un peu et allai m’occuper de l’homme.

Il me fallut trois bassines complètes d’eau et une barre entière de savon, mais je réussis à le nettoyer très correctement. Ils me donnèrent quelques beaux vêtements et il fut bientôt complètement transformé. C’était un homme bien éduqué, mais que le whisky avait détruit. Dieu ramassa tous les morceaux, les recolla, et les polit soigneusement, si bien qu’il n’avait pas du tout vilaine allure quand nous eûmes fini de nous occuper de lui !

Dieu restaure tous les domaines de notre vie

Il nous dit : « Je voudrais maintenant que vous veniez avec moi chez mon cousin. J’étais son contremaître dans son exploitation forestière, mais cela fait des années qu’il ne m’a plus permis de venir le voir. » Vers 11 heures 30, nous allâmes voir le cousin. Il se préparait à déjeuner. Tom me fit passer devant. Je frappai à la porte, et on nous invita à entrer. Le cousin me regarda, puis regarda Tom. Manifestement, nous étions des inconnus pour lui. Il semblait gêné, car nous ne nous présentâmes pas tout de suite. Après un moment de suspense, je dis : « Monsieur, avez-vous déjà vu cet homme ? » Tom se mit à sourire. Le cousin s’écria : « Mais ce n’est pas possible que ce soit Tom, n’est-ce pas ? » Tom bondit, et dit : « Mais si, c’est moi ! Bill, je suis un homme nouveau ! Jésus m’a sauvé, et ce prêcheur m’a nettoyé à fond ! La mission m’a donné ce beau costume ! Bill, je veux reprendre le travail. Je veux aller avec toi à l’église Méthodiste, s’ils veulent bien de moi ! »

A la recherche de la femme de Tom

A midi trente, on nous invita à déjeuner, et je peux vous dire que j’appréciai ce moment ! Après le déjeuner, Tom me conduisit dehors, et me dit : « Frère Bevington, maintenant que Jésus m’a nettoyé à l’intérieur, et que vous m’avez nettoyé à l’extérieur, je voudrais que vous veniez avec moi voir ma femme. » – « Vous avez une femme ? » – « Oui, j’en ai une. Du moins j’en avais une ! Cela fait onze ans que je ne l’ai pas revue ! On dit qu’elle est dans un état pire que le mien avant ma conversion. Elle habite là-bas, à Pokey Row, avec noirs les plus pauvres de tout le Tennessee ! »

Nous rentrâmes dans la maison. Le président nous vit rentrer. Il descendit pour voir si nous avions bien pris notre déjeuner, et je lui dis ce que nous allions faire. Il me fit monter chez lui, en laissant Tom au rez-de-chaussée. Il me dit : « Frère Bevington, maintenant que Tom est tellement changé, je crois que je pourrai bien me réconcilier avec les anciens qui s’occupent de cette mission. Mais je vous supplie de ne pas aller voir cette femme. Il est évident que Dieu a agi en faveur de Tom, personne ne peut le nier. Mais cette femme est tombée mille fois plus bas que ne l’était Tom. Si vous voulez faire quoi que ce soit pour elle, cela ruinera toutes les perspectives actuelles de réconciliation, et ceux qui sont partis n’accepteront jamais de revenir ! Ce que vous allez entreprendre pour cette femme va détruire tout ce qui a été fait. Je serai mis à la porte de cette mission. Et ma santé n’est pas assez bonne pour espérer aller gagner ma vie ailleurs ! »

Sa chère épouse avait écouté tout ce qu’il avait dit. Elle entra, et apporta un bon verre de limonade glacée. Elle dit : « Mon chéri, je suis jeune et forte, et je suis prête à faire des lessives pour gagner notre vie. Je crois que le Frère Bevington est sur la bonne voie. Il connaît son Dieu mieux que chacun de nous. Si Dieu a pu sauver Tom, Il pourra sûrement sauver Lizz, ainsi que vous l’appelez. Je te dis de laisser faire le Frère Bevington. Ne te mêle pas de cela. Laisse-le, et laisse Tom, avec Dieu, pour qu’ils fassent pour le mieux ! Et si nous devons partir d’ici, je suis prête à travailler pour que nous puissions nous en sortir ! »

Je dis : « Amen ! » Je la pris par la main, et lui dis : « Que Dieu bénisse votre cher bon cœur ! » Je me mis à pleurer de joie, et je l’admirai pour sa prise de position pleine de noblesse. Son mari dit : « D’accord ! » Il embrassa sa femme et lui dit : « Tu es meilleure que chacun de nous ! »

Je sortis et appelai Tom : « Tom, venez ! » Nous partîmes un peu plus loin, dans un quartier extrêmement pauvre. Nous nous engageâmes dans une allée. Je n’avais jamais vu autant de pauvreté, d’ignorance, et de crasse. Je dis : « Nous avons commencé, et nous ferons confiance à Dieu ! » J’avais encore sur moi les sels parfumés, mais je dis : « Je sais que Jésus n’a besoin d’aucune aide ! » Je les jetai. Tom me dit : « Vous feriez mieux de les garder sur vous ! Nous ne sommes pas encore arrivés, et c’est bien pire là où elle se trouve ! » Mais nous continuâmes à avancer, en tenant nos mouchoirs sous nos narines.

Finalement, nous arrivâmes à destination. Mais un obstacle encore plus grand se dressait devant nous. Il fallait à présent la trouver. Nous supposions qu’elle avait dû changer de nom bien souvent. Nous ne savions pas quel pouvait être son nom actuel. Nous nous aventurâmes dans une cour et nous posâmes des questions. Nous ne trouvâmes personne qui puisse s’intéresser à ce que nous cherchions. Ils voulaient tous du tabac, du whisky, de l’opium, ou de la bière. Nous aperçûmes une échelle qui montait vers le toit d’une bicoque . Nous montâmes à près de quatre mètres au-dessus de la crasse. Nous pensions échapper un peu à l’abominable puanteur, pour pouvoir prier Dieu et recevoir une direction. Peu après arriva un grand noir d’une saleté repoussante. Il nous vit agenouillés à cet endroit, et voulut savoir ce que nous faisions. Après avoir écouté notre réponse, il nous dit : « Je connais celle que vous cherchez. Je vais la faire venir ! »

Au cours de tout mon travail missionnaire, à Cincinnati, à St-Louis, à Louisville, et à Cleveland, je n’avais jamais vu d’être aussi abject, dans un état qui semblait aussi désespéré, que cette femme lorsqu’elle se présenta à moi. Je lui dis le nom qui était le sien quinze années auparavant. Elle s’en souvint et le reconnut. Je pensai : « Est-ce que Jésus peut vraiment faire quelque chose pour une semblable créature ? » Je lui parlai, et finis par appeler Tom, qui était resté à l’écart. Je le lui présentai. Elle dit : « Est-ce bien Tom ? » Elle lui lança un coup d’œil mauvais et bestial. Mais Tom lui raconta ce que Dieu avait fait pour lui, en ajoutant qu’il croyait qu’Il en ferait autant pour elle. Mais elle n’arrêtait pas de jurer. Elle fumait une vieille pipe dont la puanteur était presque intolérable. Tom continua à lui parler de Jésus. Je commençais à me sentir défaillir, et je regrettais presque mes sels parfumés ! Je descendis en m’accrochant à l’échelle, et je lui dis : « Nous reviendrons demain à dix heures. Mettez vous bien dans la tête que Jésus peut faire pour vous tout ce qu’Il a fait pour Tom, et que vous pouvez reprendre une existence respectable ! »

La compassion du Seigneur est sans limites

Nous nous dépêchâmes de sortir de ce cloaque. Tom alla chez son cousin, et moi à la mission. J’allai me coucher, car j’étais presque complètement épuisé. Il était cinq heures trente de l’après-midi. Après une bonne nuit de sommeil, je me réveillai à six heures le lendemain matin. Je descendis et pris un bon petit déjeuner. Je racontai notre visite de la veille. La jeune femme était intéressée, et alla chercher des vêtements qui lui appartenaient, pour la femme de Tom. Elle dit : « On va l’attirer ici par ces vêtements ! » Son mari tenta de la persuader de ne pas amener la femme de Tom à la mission. Elle répondit : « C’est bien, nous allons l’amener dans la remise de charbon de l’Oncle Ben, et nous allons tout régler là-bas ! » Son oncle Ben était un chrétien. Tom arriva vers neuf heures, rempli d’espoir et de foi pour sa pauvre femme émaciée.

Nous partîmes au rendez-vous. Bien sûr, elle nous attendait au début de l’allée, avec un ballot de hardes crasseuses. Nous lui demandâmes de laisser ces guenilles.

La première chose à faire était de la nettoyer, comme je l’avais fait pour Tom. Nous l’amenâmes à la mission, et Tom la conduisit dans l’arrière-cour où nous l’avions nettoyé. Il employa cinq bassines d’eau et deux barres de savon, et parvint à la nettoyer très correctement. On lui donna de beaux vêtements. Le président de la mission fut empêché, mais sa femme nous accompagna dans la remise de charbon de l’oncle Ben. C’était une belle pièce propre. Je pensais que j’avais passé un moment très dur avec Tom, mais ce ne fut rien en comparaison de celui que nous passâmes avec cette femme violente et déchaînée.

Nous commençâmes à combattre jour et nuit pendant quatre-vingt-quatre heures, sans quitter cet endroit. Il nous fallut du renfort ! Tom était couvert de bleus, et je n’échappai pas à sa fureur. Elle s’accrocha à moi et me traita d’une manière plutôt brutale, jusqu’à ce que Tom réussisse à me tirer d’affaire. Elle réduisit mes vêtements en charpie. Nous réussîmes à la maintenir, et à lui faire avaler du café fort et d’autres aliments. A la quatre-vingt-cinquième heure, elle fut terrassée par la puissance de Dieu. Elle resta couchée sur le dos, maudissant Dieu et les hommes. De l’écume sortait de sa bouche, mais elle était complètement impuissante. Elle n’avait plus aucune force. Elle était épuisée.

Vers la quatre-vingt-seizième heure, elle se calma et resta parfaitement tranquille. Vers treize heures trente, elle leva les mains, se mit à pleurer, et nous demanda de l’aider à se relever. Ses habits étaient en haillons, comme ceux de Tom. Il leur fallut de nouveaux vêtements à tous les deux, avant de pouvoir sortir dans la rue. Nous pûmes trouver les vêtements, et nous l’amenâmes chez le cousin de Tom. Le lendemain, elle pria et fut glorieusement exaucée. Elle ne fit pas des cabrioles comme Tom, mais se mit simplement à arpenter la pièce, la main droite levée, en pleurant et en riant. Tout ce qu’elle pouvait dire était : « Oh, gloire ! » Elle continua ainsi pendant deux heures, puis nous allâmes tous déjeuner chez le cousin de Tom.

Un nouveau départ pour Tom et sa femme

Le lendemain, le cousin leur trouva une maisonnette de trois pièces, entièrement meublée de neuf. Il leur donna aussi d’autres vêtements. Il les installa dans cette maisonnette, et rendit à Tom son ancien travail. Voyez-vous, Dieu faisait vraiment une œuvre de salut ! C’est pour cela que Jésus est venu, et Il fait du bon travail, Lui aussi !

Je revis Tom et sa femme trois fois au camp de Cincinnati. Ils donnèrent leur témoignage sur l’estrade. Ils formaient un couple merveilleusement sauvé et sanctifié ! Nous insistâmes pour qu’ils reçoivent le Saint-Esprit, et ils Le reçurent tous deux chez eux, dans leur nouvelle maison. Je peux vous dire que cela bouleversa vraiment les chrétiens, car beaucoup avaient entendu parler d’eux ou les connaissaient personnellement.

J’aimerais à présent rajouter quelque chose concernant la mission. Les anciens des églises avaient ordonné au président de la mission de faire ses valises et de partir, parce qu’ils m’avaient soutenu, sa femme et lui. Quand Tom reçut son salut et sa délivrance (c’était un vendredi), tout le monde l’apprit. Il n’y avait pas de réunion le samedi soir, mais je prêchai le dimanche matin, ainsi que l’après-midi et le soir. C’était la journée de l’église Méthodiste. Ce jour-là, vingt personnes s’approchèrent de l’estrade, et plusieurs furent visitées par le Seigneur. On permit donc au président de la mission de rester.

J’insistai auprès de ce dernier pour qu’il reçoive le Saint-Esprit. Il en était un peu effrayé, mais Dieu ne le lâcha pas. Un ou deux jours plus tard, il recherchait le Saint-Esprit avec ardeur. Puis sa femme vint aussi demander la même bénédiction, ainsi que Tom et sa femme. Il fallut s’occuper sérieusement d’eux pendant près d’une semaine. Mais, gloire à Dieu, le Seigneur les exauça tous les quatre ! Je me rappelle très bien que pendant ce temps où le président recherchait le Saint-Esprit, plusieurs personnes survinrent pour arrêter tout cela, en nous ordonnant de sortir. Nous sortîmes. Ils renvoyèrent le président. Mais celui-ci était allé trop loin pour revenir en arrière. Il reçut donc le Saint-Esprit.

Quand sa femme fut exaucée à son tour, il y eut une réconciliation, et on leur permit de rester. Certains membres de l’église partirent, mais les méthodistes continuèrent à les soutenir. Toutefois, on ne me permit plus de prêcher. Ils pensaient tous que cela vaudrait mieux. Je me retirai donc sans rien dire. Le président et sa femme me laissèrent demeurer dans ma chambre, et prendre mes repas chez eux, jusqu’à ce que je puisse trouver à me loger ailleurs.

J’ai oublié de mentionner que j’eus le privilège de remarier Tom et sa femme, avant qu’ils se remettent en ménage. Aucun des deux ne retomba plus jamais dans le péché. La dernière fois que je les revis, au camp de Cincinnati, ils avaient avec eux trois beaux petits enfants.

Je retrouve le Frère Allen

Je voudrais à présent vous ramener à Cleveland. Vous vous rappelez que je vous ai dit que j’avais vu le Frère Allen jouer de l’harmonium, avec un large sourire, en chantant de tout son cœur ? Quand je leur avais écrit cette lettre dans laquelle je leur racontais ma vision, je leur avais dit que je l’avais vu en train de jouer de l’harmonium et de chanter, et que je m’attendais à le voir un jour exactement dans cette position. Eh bien, le premier dimanche où je me trouvais à la mission de Chattanooga, nous n’avions pas de réunion ce matin-là. J’étais en haut, dans ma chambre, assis devant la fenêtre, d’où je pouvais voir les passants dans la rue. Je priais, tout en lisant et méditant la Bible. Regardant au-dehors, je vis un homme de haute taille descendre la rue en chantant. Il tenait un petit harmonium dans une main et le balançait, comme je l’aurais fait avec un petit paquet. Je le regardai attentivement, et dis : « Mais c’est sûrement le Frère Allen ! » Il leva les yeux, et je l’appelai. Il déposa l’harmonium, et commença à sauter et à battre des mains. Je sus alors que c’était lui. Je descendis en courant pour aller à sa rencontre. Je ne l’avais pas encore vu, et je ne lui avais pas écrit que j’étais à la mission. Il saisit l’harmonium comme si c’était un sac de pommes de terre, se mit à rire, et dit : « Frère Bevington, je fais des réunions tous les dimanches à la prison ! Dimanche dernier, je leur ai dit que vous étiez là et que j’irais vous chercher. Je voudrais que vous y veniez avec moi ! »

Je fus ravi d’y aller, et nous passâmes un moment formidable. Au moment où j’arrivai dans le hall, je le vis assis exactement dans la position où je l’avais vu dans ma vision à Cleveland, huit ou dix mois auparavant. Je lançai mon chapeau en l’air et hululai comme un Indien. Je lui dis qu’il était dans la même position où je l’avais vu à Cleveland. Vous voyez, quand Dieu donne une vision, elle est précise ! Nous avons passé un merveilleux moment. J’y retournai le dimanche suivant, et cinq personnes témoignèrent qu’elles avaient reçu le salut.

Des hommes d’affaires bouleversés

A ce moment-là nous étions partis de la mission. Il y avait une réunion de prière d’hommes d’affaires, dans une salle qu’ils avaient louée pour ce but, au premier étage d’un immeuble. Ils prenaient leur déjeuner sur place, puis avaient une réunion de prière d’une demi-heure. Il y avait souvent cinquante à soixante personnes, et c’était merveilleux. Ils lisaient un court message, et donnaient des sujets de prière. Puis ils se mettaient tous à genoux et priaient. Parfois tous priaient. C’est le président de la mission qui me fit connaître ce groupe. Le lundi qui suivit la première visite du Frère Allen, le président me présenta au groupe, et parla de Tom et de Lizz, car ils étaient connus.

Le lendemain, ils me tendirent la Bible, et je lus Romains 4 :14-25, en mettant spécialement l’accent sur les versets qui parlaient d’Abraham. Ils parurent tous ravis, et m’invitèrent à faire une autre exhortation. Je revins donc lire un passage, et leur parlai de foi et d’obéissance. Nous n’avions que douze minutes pour lire un texte et parler. Ils avaient donné leurs requêtes de prière, mais l’homme qui dirigeait le groupe parla d’un problème qui le tourmentait depuis longtemps. Il en avait souvent parlé aux autres, mais dit qu’il voulait que je l’entende. Quand il eut fini, je parlai pendant dix minutes. Puis je dis : « Cher Frère, je suis sûr que Jésus peut vous guérir, et je crois qu’Il le veut. » Il répondit : « Je souhaite qu’il le fasse ! »

Il me dit que cela faisait treize ans qu’il ne s’était pas rendu à son bureau à pied. Il devait payer des gens pour faire tout le travail à son bureau. Deux infirmières et un docteur s’occupaient en permanence de lui, et il n’avait pas dormi sans somnifères depuis dix ans. Nous sentîmes qu’il nous fallait prier pour sa guérison. Nous nous agenouillâmes et restâmes tranquilles devant Dieu. Notre foi en sa guérison grandissait de plus en plus.

Je lui imposai les mains. Je fus béni, et je louai Dieu pour cela. Puis je dis : « Frère, vous êtes un homme guéri ! » Comme c’était la fin de notre réunion, nous nous levâmes, et je dis : « N’avez-vous pas senti Jésus vous toucher ? » Il répondit avec douceur : « Frère, je suis désolé, mais je dois vous dire la vérité. Je n’ai rien senti du tout ! » – « Vous êtes pourtant guéri ! Vous dormirez ce soir comme vous n’avez jamais dormi, et sans somnifères ! Et ce n’est pas tout ! Demain matin, vous vous rendrez à pied à votre bureau ! » Après avoir dit cela, je notai que tous ceux qui m’entouraient échangeaient des regards entendus. Je vis que certains se moquaient. Mais ils partirent tous tranquillement. A la fin de chaque réunion, tout le monde se donnait d’habitude une poignée de main. Cette fois, il n’y eut aucune poignée de main. Tous partirent la tête baissée. Personne ne me tendit la main, et je revins dans ma chambre.

Ecoutez à présent ce que Satan vint me dire : « Tu es allé beaucoup trop loin avec ces gens du sud ! Tu n’es pas dans le nord ! Tous ces gens ne vont pas pouvoir digérer ce gros repas que tu leur as donné aujourd’hui ! Tu vas trop loin ! » Il fallut donc que je me mette à genoux pour être sûr de l’origine de ce message, et je fus vite convaincu qu’il venait de Satan.

Je retournai à la réunion des hommes d’affaires le lendemain. J’étais un peu en retard, et je dus prendre un siège dans le fond de la salle. Ils avaient déjà chanté. Le président se leva et lut un court message. Puis il demanda quels étaient les sujets de prière. On lui en donna quelques-uns. Satan me dit : « Tu vois, c’est exactement comme je te l’avais dit ! Tu es allé trop loin hier. Tu vois bien qu’il n’est pas guéri. S’il l’était, il l’aurait dit ! Il n’a rien dit du tout ! Si tu n’avais pas dit qu’il dormirait comme un bébé et qu’il marcherait jusqu’à son bureau, cela aurait pu très bien passer. Mais, tu vois, tu es allé beaucoup trop loin ! » Je répondis : « Satan, tu es un menteur. Je ne suis pas allé trop loin ! S’il fallait le refaire, j’irais encore plus loin ! »

Il n’y avait aucun signe visible que ma prière avait été exaucée, ni que mes affirmations s’étaient accomplies. Nous commençâmes à prier, et plusieurs prièrent. Puis le président clôtura la réunion, sans rien dire à propos de sa guérison. Satan continua donc à me rappeler qu’il fallait que j’apprenne à avoir de la discrétion et du bon sens quand je devais parler à des gens du sud. Mais je lui dis : « Il est guéri ! » – « On dirait que tu es encore plus stupide que je ne le pensais. S’il avait été guéri, il aurait été le premier à le dire, c’est évident pour tout le monde ! » Mais je continuai à affirmer que cet homme était guéri.

Nous nous levâmes. Normalement, le président disposait de cinq minutes pour faire quelques annonces finales. Quand il se leva, je dis : « Seigneur, fais qu’il le confesse ! Brise-le ! » Il commença à parler, et ses lèvres se mirent à trembler. Je vis qu’il était décidé à être un lâche. Je refis donc ma prière avec encore plus de force. Il se mit à pleurer, et dit :  » Frères, je dois vous faire une confession. » Il pointa son doigt en ma direction, et dit : « Hier soir, les prières de cet homme ont été exaucées ! Ce matin je n’ai pu m’empêcher d’admettre que j’étais guéri ! Hier soir, je n’ai pensé à mes somnifères que lorsque j’étais déjà à moitié endormi ! J’ai bien pensé me relever, mais j’avais tellement sommeil ! C’était une sensation toute nouvelle pour moi. Je me suis donc endormi comme une masse. C’est ma femme qui est venue me dire le lendemain : « Mais qu’est-ce qui se passe, pourquoi n’es-tu pas encore levé ? Ton petit déjeuner est prêt. Il t’attend ! Mais tu n’auras pas le temps de prendre le premier tram maintenant ! » Je me suis levé en réalisant que j’avais dormi, comme cet homme l’avait dit ! » Il continua en disant qu’il était sorti juste à temps pour voir le tram démarrer. Le tram suivant ne passait qu’une heure plus tard.

J’aimerais ajouter ici quelque chose qui pourra faire du bien à quelqu’un. Quand j’avais affirmé qu’il irait à pied à son bureau, je ne savais absolument pas qu’il habitait si loin de son travail. Ce fut sous l’inspiration du Saint-Esprit. Je ne savais rien, j’ai juste dit ce que le Saint-Esprit me révélait. Si j’avais su qu’il habitait près de Missionary Ridge et qu’il lui faudrait marcher plus de trois miles, il est certain que le Saint-Esprit aurait eu du mal à me faire faire cette déclaration. Mais j’ignorais la distance entre sa maison et son bureau. Le Saint-Esprit a donc pu Se servir de moi. Il vaut donc mieux quelquefois ne pas en savoir trop !

Quand il vit que le tram partait, il se dit : « Eh bien, je me sens vraiment bien. Je crois que je vais marcher un peu. » Il ne se rappelait même plus que je lui avais dit qu’il irait à pied à son bureau. Il continua à avancer, d’abord lentement. Mais, plus il avançait, plus il se sentait fort. Il se dit à plusieurs reprises : « Je dois sûrement être guéri, je me sens si bien ! Je vais continuer à marcher ! » Il allait toujours de plus en plus vite. Il n’était qu’à cinq pâtés de maisons de son bureau, quand il se retourna et vit arriver le tram suivant. Il eut la pensée de le prendre, mais il se rappela ce que je lui avais dit. Il continua donc à marcher. L’une des secrétaires n’était pas venue travailler. Il prit sa place et travailla toute la journée. Il lui téléphona pour lui dire qu’elle pouvait rester chez elle toute la journée. Il ajouta, en levant les deux bras : « Frères, il est tout-à-fait certain que je suis guéri ! »

La gloire de Dieu tomba sur nous. Quel moment merveilleux nous passâmes ! Ils laissèrent tomber toutes leurs conventions, leurs programmes, leurs horaires, et tout ce qu’ils avaient prévu ! Il était quatorze heures bien tassées quand nous partîmes ! Nous aurions dû partir à treize heures moins quatre ! Je peux vous le dire, tout le monde me serra la main ce jour-là ! Ils partirent tous en chantant. Certains criaient, d’autres dansaient. Ils avaient tous la tête haute.

Nous avons donc tous besoin d’apprendre à occuper notre position et à tenir ferme. Nous devons savoir où nous nous trouvons, et garder notre position. Oh, Satan avait bien essayé de m’abattre ! Tout semblait lui donner raison. Mais je connaissais Dieu. Il m’avait clairement répondu, la veille, en me disant que je n’étais pas allé trop loin.

Dieu guérit mes trois côtes cassées

A présent, je vais vous parler de mes trois côtes cassées. Je m’étais absenté de la mission. Un cher frère était venu me voir et m’avait dit : « Cela fait plusieurs années que je fais des réunions dans les faubourgs. Je tiens une école du dimanche là-bas, et je crois que cela ferait plaisir au Seigneur que vous veniez un peu. Vous viendrez avec moi demain soir. C’est notre réunion habituelle. » Nous nous y rendîmes. Il prêcha dans une maison, et le fit pendant plusieurs soirées. Quatre personnes furent sauvées, deux sanctifiées et trois guéries. Les maisons furent bientôt trop petites . Trois sœurs virent donc nous dire : « Nous avons loué un hangar près d’ici, et cela vous conviendra pour y faire des réunions. » Je dis : « D’accord ! » Et j’allai les aider. Nous installâmes les chaises et le poêle. Nous étions en automne et il faisait assez froid. Le lendemain, j’étais en train de nettoyer le tuyau du poêle. J’étais monté sur une chaise recouverte d’un tissu. Je ne voulais pas salir le revêtement en tissu. J’avais donc posé mes pieds sur les bords de la chaise. Je frottais le tuyau avec force. Je me mis sur la pointe des pieds, pour nettoyer aussi haut que je le pouvais. Brusquement, la chaise bascula, et je tombai, le torse contre la chaise, qui vola en éclats.

Je restai sans bouger pendant un moment, sans me rappeler combien de temps. Quand je repris mes esprits, tout le bâtiment semblait tournoyer à toute allure. Je me sentais très mal. Je tentai de me relever mais cela me fut impossible. Je retombai à terre, essayant de prier. J’étais dans un état tellement pitoyable que ma prière n’alla pas très loin. Finalement, je me sentis un peu mieux et réussis à me remettre sur pieds, en m’aidant de trois chaises. Mais mon côté me faisait si mal ! Que pouvais-je bien avoir ?

En posant ma main sur mon côté, et en pressant très fort, je me rendis compte que je souffrais moins. Je prêchai ce soir-là, mais il me fallut garder ma main bien pressée sur mon côté. Je ne dis à personne comment cette chaise avait été cassée. Le lendemain, j’étais dans un drôle d’état ! Le seul moyen d’avoir un peu de repos fut de prendre le couvercle d’une boîte et de le placer sur mon côté, en ramenant sur moi mon drap. Ainsi, le poids du drap ne reposait pas sur mon côté, et cela me soulageait. Je priais un moment pour que la douleur parte, et je m’endormais. Mais je me réveillais au moindre mouvement. Il me semblait que des milliers d’aiguilles s’enfonçaient dans mon côté.

Le Frère Allen apprit que j’étais tombé et vint me voir dès le premier jour. Il travaillait à quelques centaines de mètres de là. Il apporta donc ses repas et resta avec moi. Il coucha même dans mon lit, car il m’était impossible de coucher dans un lit. Je couchais à terre. Je pouvais disposer de deux pièces. J’occupais la pièce de devant, et le Frère Allen la chambre à coucher. Il allait travailler chaque matin. Il me dit : « Frère Bevington, je sais que Dieu m’a guéri, mais c’est différent pour vous ! Vous avez sûrement quelque chose à vos côtes. Vous devriez aller voir un docteur. » Je répondis : « Pas de docteur pour moi ! »

Dieu me demande d’aller voir un docteur

Mais le lendemain, le quatrième jour, j’eus le sentiment que je devais aller voir un docteur. Je dis : « Pourquoi, Seigneur, je ne veux voir aucun docteur, puisque Tu es celui qui me guérit ! » Je tins bon encore un jour, mais j’avais toujours cette forte impression que je devais aller voir un docteur. J’y allai donc. C’était le sixième jour. Je n’avais rien mangé pendant tout ce temps. Je ne voulais rien manger. Des femmes venaient me voir avec des aliments, mais il m’était impossible de manger quoi que ce soit. Le simple fait d’avaler de l’eau me causait des douleurs effroyables.

Je me servis de deux chaises pour me lever, et plaçai ma main sur mon côté. Je me fis une ceinture pour entourer mon thorax, et je mis un bourrage de coton sous la ceinture pour calmer la douleur. Je pris un bâton en guise de canne et m’aventurai dans la rue en quête d’un docteur. Cent mètres plus loin, je vis un panneau. La salle d’attente donnait sur la rue. Je n’eus donc pas trop de problèmes à entrer. Je me tins debout près de la porte. Le docteur ne tarda pas à entrer et m’offrit un siège. Sachant qu’il me faudrait du temps pour me lever de la chaise, je ne voulus pas m’asseoir. Mais son hospitalité sudiste ne lui permit pas de supporter ma station debout, car je continuais à rester debout en m’appuyant légèrement contre le mur. Il insista pour que je m’assoie, et je finis par céder. Quelles ne furent pas mes souffrances pendant mes quarante minutes d’attente ! Finalement, mon tour vint.

Le docteur apparut et me fit signe d’entrer dans son cabinet. Je lui dis : « Docteur, je crois que je ne pourrai pas me lever seul ! » Trois hommes s’approchèrent alors, prêts à m’aider. Ils me soulevèrent et m’installèrent sur un canapé. Le docteur me dit : « Eh bien, vous semblez assez amoché ! » Je répondis : « Oui, j’ai quelques petits problèmes à mon côté gauche. » Il posa sa main à cet endroit. Comme je n’y étais pas préparé, je hurlai, et je faillis tomber. Je serais certainement tombé si les hommes ne m’avaient pas retenu.

Le docteur dit : « Mais vous devez avoir quelque chose de très grave ! » Il m’étendit sur le canapé, et plaça sa main sur mon côté. Je lui dis : « Vous pouvez m’ausculter à présent. Tout-à-l’heure, je n’étais pas prêt ! » – « Je vais vous donner un somnifère. » – « Non, docteur, pas de ça, s’il vous plaît ! Allez-y, auscultez-moi ! » Il tâta un peu mon côté et dit : « Vous n’êtes pas en état de supporter l’auscultation qui serait nécessaire. Laisse-moi vous donner un somnifère ! » Je refusai. Il dit : « Mais que vous est-il donc arrivé ? Vous avez reçu la ruade d’une mule, ou quoi ? » – « Non ! » Je ne voulais pas lui dire ce qui s’était passé. Je voulais qu’il le découvre lui-même.

Il me dit : « Quelle est votre profession ? – « Je suis un évangéliste qui prêche la sanctification. » – « Habitez-vous ici ? » – « Non, je viens du Kentucky. » – « Ah, vous êtes nordiste ! Faites-vous des réunions par ici ? » – « Oui, quelques-unes. » – « Où donc ? » – « J’ai commencé à les faire à la mission Wilcox. » Il s’arrêta et me fixa d’un œil critique. Il me dit : « Etes-vous ce nordiste qui a sauvé Tom et Lizz ? » – « Non, moi, je n’ai jamais sauvé personne ! » – « Je l’ai directement entendu de la bouche d’un ami qui passe ici tous les matins pour se rendre à son travail. Comment vous appelez-vous ? » Je lui donnai mon nom. Il le répéta, et dit : « Oui, cela me rappelle quelque chose. C’est sûrement vous ! » – « Mais non, vous vous trompez ! » – « Je vous dis que je le tiens d’une source directe. D’ailleurs, on en a aussi parlé dans les journaux. Il me semble que c’est bien votre nom. N’avez-vous pas fait une réunion à la mission Wilcox ? » – « Si ! » – « C’est donc bien vous ! »

Je lui expliquai alors que c’était Jésus qui avait sauvé Tom et Lizz. « Oh, oui, je le sais. Eh bien, c’est donc vous qui avez jeûné, et prié, et qui ne les avez pas lâchés jusqu’à ce qu’ils soient sauvés et remariés ! On m’a dit que tous deux vont bien. » – « Je crois que oui. » – « Combien d’argent avez-vous ? J’aimerais vous faire un examen aux rayons X. » Je savais qu’à Cincinnati on m’avait fait payer dix dollars pour cela. Je lui répondis : « Je n’ai pas les moyens de faire une radio. » Pourtant, à ce moment précis, j’eus le sentiment que c’était pour cela que Dieu m’avait envoyé ici. Le docteur dit : « Cet appareil ici n’est pas à moi. Il faut que je paye un dollar chaque fois que je l’utilise. Si vous avez un dollar, je vais vous faire une radio. »

Je savais que je n’avais pas un seul dollar. Mais je baissai la tête et je lui dis : « Je vais vous dire ce que je vais faire. J’ai un ami qui va vous donner un dollar. Si vous voulez, vous pouvez l’avancer et utiliser l’appareil. » Il glissa un dollar dans la fente et me banda les yeux. Peu après, il m’arracha le bandeau, et me dit : « Mon pauvre monsieur, vous avez tout cassé là-dedans ! » – « Pourtant, je n’en ai pas l’impression ! » – « Et pourtant si ! Je ne comprends pas comment vous avez pu vivre six jours dans cet état ! Vous avez trois côtes cassées en deux morceaux. Les deux morceaux de la première côte sont séparés de plus de deux centimètres, ceux de la deuxième côte, de près d’un centimètre et demi, et ceux de la troisième, d’environ un centimètre. Et j’ai compris ce qui vous fait tellement souffrir ! Il y a un éclat d’os qui s’est détaché de votre première côte, de la taille d’un clou de maréchal ferrant, oui, tout-à-fait de la taille d’un gros clou de maréchal ferrant ! Et cet éclat s’est placé juste en travers de vos côtes. » Il ajouta : « Je ne peux rien faire pour vous ! Mais j’ai un cousin à Nashville, qui dirige le meilleur hôpital de tout le Tennessee. L’autre jour, je lui ai justement parlé de Tom et de Lizz au téléphone. Il voulait voir ce gars venu du nord ! Je suis sûr que je peux vous faire admettre dans cet hôpital au meilleur prix possible. Normalement, cela aurait dû vous coûter cinq cents dollars, et vous immobiliser pendant sept mois. Mais dès demain, je vais voir ce que je peux faire pour vous. »

Je repartis et dis : « Cinq cents dollars et sept mois ! Seigneur, Tu peux faire mieux que cela ! Je revins dans ma chambre, me recouchai sur le sol, souffrant horriblement à chaque mouvement. Mais j’aurais bientôt la victoire ! Chaque fois que je bougeais, le sol semblait devenir de plus en plus dur. Le soir vint, et le Frère Allen aussi. Je lui dis ce que j’avais fait, et il dit : « Quel docteur êtes-vous allé voir ? » Je lui donnai le nom du docteur. Il dit : « Mais c’est un très bon ami à moi ! C’est un chrétien. C’est lui qui m’a acheté le petit harmonium dont je me sers pour jouer à la prison et dans la rue ! C’est lui qui suit les ouvriers à la fonderie où je travaille. Tout le monde sait qu’il est chrétien. Quand il va à la fonderie, il se met toujours à genoux pour prier avant d’examiner les patients. Je vais le voir quand je passe devant son cabinet, en allant à mon travail. » Le lendemain, il donna un dollar au docteur.

Le docteur trouve une solution

Ce brave docteur se mit en peine pour moi tout au long de cette journée. Ceux qui l’auraient vu faire auraient pensé qu’il avait fait des efforts colossaux pour moi ! Ce soir-là, quand le Frère Allen vint me voir, il était tout en sueur. Il avait couru depuis le cabinet du docteur, tant il était désireux de me faire connaître les merveilleuses nouvelles de tout ce qui s’était passé, grâce aux efforts persévérants du cher docteur. Il me dit : « Je viens de passer au cabinet du docteur pour voir ce qu’il avait fait. Tout est prêt, tout est arrangé ! Quatre hommes vont venir ici avec un beau brancard, demain matin à neuf heures. Ils vont vous transporter à la gare, où un compartiment spécial a été réservé pour vous. On va vous conduire à Nashville. Vous serez soigné comme pas beaucoup l’ont été ! Vous aurez des conditions financières remarquables, puisque vous ne devrez payer que le matériel nécessaire pour des côtes artificielles. Cela ne dépassera pas quatre-vingt dollars. Tous les soins, et tous les frais d’hospitalisation et de séjour, vous seront offerts ! On va vous faire cadeau de près de sept cents dollars ! » Il ajouta : « Je suis tellement content ! Ce docteur est un cher frère ! Je l’aime encore plus après tout ce qu’il a fait pour vous ! »

Je répondis : « Frère Allen, ce sont de grandes faveurs qui me sont faites. Je suis certainement très reconnaissant au docteur pour tout ce qu’il a fait. Mais, Frère Allen, je ne peux pas aller dans un hôpital ! » – « Quoi ? Vous ne voulez pas aller à l’hôpital ? » – « Non ! Je ne peux pas faire cela ! » – « Mais, Frère Bevington, vous ne devez pas oublier que vous n’êtes pas dans le nord, ici ! Vous êtes dans le sud, et la gangrène vient vite dans des cas comme le vôtre. Elle peut se répandre rapidement, et contaminer toute la ville. Le Comité de Santé Publique va s’en mêler ! Vous allez être mis en quarantaine ! Frère Bevington, je ne peux pas supporter de vous voir aller là ! »

Je lui dis : « Frère Allen, le Seigneur ne vous a-t-Il pas guéri, ici même, dans cette ville ? » – « Si, mais c’était complètement différent ! D’abord, vous êtes plus âgé que moi. Ensuite, je n’avais rien qui puisse provoquer une gangrène ! » – « D’accord, mais Dieu est-il limité par les circonstances ou les lieux ? Sa puissance est-elle conditionnelle ? Dieu doit-Il donc analyser toutes ces questions terrestres avant de pouvoir agir ? » – « Frère Bevington, exercez seulement votre jugement ! Rappelez-vous que vous n’avez pas affaire à des nordistes ici ! Ce sont des sudistes à la tête chaude ! C’est à eux que vous avez, et que vous aurez affaire, et très bientôt ! » – « Frère Allen, d’après ce que vous dites, la puissance de Dieu serait limitée à certains lieux et à certaines personnes. Peut-être que vous, Frère Allen, vous croyez cela, mais vous n’arriverez jamais à le faire croire à Bevington ! Non, mon cher frère, jamais ! Je ne peux pas aller à l’hôpital ! Je ne veux pas abandonner mon Docteur ! Non, jamais ! Il a trop fait pour moi ! »

Il me dit : « Mais vous allez contaminer toute la ville, ce qu’ils ne voudraient pas faire pour des millions de dollars ! Vous allez avoir tous les pouvoirs publics à vos trousses, et ils vont vous envoyer en quarantaine ! Il faut que vous sachiez quelle va être la conséquence de votre décision ! Vous en serez le seul responsable ! »

Le lendemain matin, en allant au travail, il alla voir le docteur, qui lui dit : « Alors, je suppose que le Frère Bevington devait être ravi de tout ce qui a été fait pour lui ! » – « Docteur, ce gars est un vrai fanatique ! » – « Pourquoi ? » – « Il refuse d’aller à l’hôpital. Il s’est mis dans la tête que le Seigneur allait le guérir ! » – « Quelle stupidité ! » – « Oui, il a affirmé qu’il ne partirait pas ! » – « Dois-je donc comprendre qu’il a refusé tout ce que j’avais arrangé pour lui ? » – « Oui, je regrette de devoir vous le dire, il a tout refusé ! » – « Bien, bien ! » Et il partit. Son sang de sudiste ne fit qu’un tour de son « vieil homme. »

Je tiens bon dans la tourmente

Vers dix heures du matin, je vis arriver trois policiers. Je peux vous dire qu’ils me traitèrent d’une manière plutôt sèche ! Ils me laissèrent vingt-quatre heures pour revenir sur ma décision, m’informant clairement que la quarantaine m’attendait si je persistais. Cela me laissait jusqu’à environ onze heures, le lendemain matin. Je me mis à prier le mieux que je pus.

Le lendemain, ils se présentèrent à onze heures trente, prêts à me conduire dans la maison de quarantaine. Mais je parvins à les persuader de me laisser encore jusqu’au lendemain matin sept heures. Ils étaient accompagnés par un médecin, qui leur dit : « Messieurs, il n’y a aucun signe de gangrène. C’est une remarquable exception. C’est étrange, il n’y a pas non plus d’inflammation. C’est une blessure propre ! »

Le Frère Allen arriva, semblant désespéré à cause de mon obstination, surtout en raison du fait que je ne pouvais prendre aucune autre position que celle dans laquelle je me trouvais. Je lui dis : « Frère Allen, restez donc tranquille ! » Je commençais à me sentir plus faible et plus nerveux. Je n’avais jamais été troublé de cette manière ni à ce point. Je dis : « Frère Allen, restez donc tranquille, et vous allez voir la puissance de Dieu ! »

J’étais tout-à-fait convaincu que Dieu allait donner à tous ces gens une belle leçon, qu’ils n’allaient pas oublier de si tôt. Mes souffrances semblaient augmenter, mais je tins bon. Vers quatre heures du matin, il me sembla que je sombrais, que je devenais de plus en plus petit. Je comprenais que j’étais en train d’être passé au massicot, et que j’étais rogné de tous les côtés.

Dieu manifeste Sa gloire en réponse à la foi

Je commençai donc à louer le Seigneur. Je n’osai pas me remuer, et je ne voulais pas le faire non plus, de peur de briser la chaîne qui était en train d’être enroulée autour de moi et en moi. Je ne voulais pas non plus déranger le Frère Allen. Je continuai à dire doucement : « Gloire ! Gloire ! » Chaque fois que je disais cela, je pouvais voir les rognures voler, et je sentis que je tenais la victoire. Alors les « Gloire ! » continuaient à sortir, de plus en plus forts. Je ne me souciais plus du sommeil du Frère Allen, ni du repos dont il avait besoin.

Quand je vis qu’il était l’heure où le Frère Allen devait se réveiller, je n’hésitai plus à ouvrir tout grand ma bouche. Je vis aussi que les quelques mouvements que je faisais ne me causaient plus le moindre mal. Il y avait longtemps que je n’avais plus pris une longue et profonde inspiration, et j’en avais tellement besoin ! Je tentai donc d’en prendre une. Quel soulagement ce fut pour moi ! Qui plus est, je ne ressentis aucune douleur !

J’avais réveillé le Frère Allen. Il s’était couché de manière à pouvoir me voir. Peu après, je levai la main droite, et ne sentis absolument aucune douleur. Je m’écriai : « Oh ! Gloire à Dieu ! C’est fait ! » Je me mis debout d’un bond en commençant à frapper du poing mes côtes qui avaient été cassées. Quand il me vit faire cela, le Frère Allen bondit hors de son lit, courut vers moi et me saisit, effrayé de me voir agir ainsi. Je lui dis : « Oh, Frère Allen, je suis guéri ! » – « Oh, Frère Bevington, vous allez vous tuer ! » – « Non, je suis guéri ! »

Il essayait bien de me retenir, mais je parvins à tambouriner sur mes côtes de toutes mes forces. Cela ne me faisait aucun mal. J’ai oublié de vous dire que lorsque j’étais encore couché, réalisant que j’étais guéri, au moment où j’avais dit : « C’est fait ! Je suis guéri ! », j’avais entendu mes côtes se remettre en place. J’avais senti un frottement. C’était sûrement Dieu qui les remettait en place. Le Frère Allen ne pouvait pas croire que j’étais guéri. Il pensait en réalité que mes souffrances, associées à la déception de ne pas avoir été guéri, et à la perspective de la maison de quarantaine, m’avaient complètement dérangé l’esprit et m’avaient rendu fou !

Mais, alléluia ! J’étais bien guéri ! C’était une œuvre surnaturelle merveilleuse ! Je vous le dis, au moment où je suis en train de vous raconter cela, je ressens la même gloire et la même puissance que celles que j’ai ressenties alors. Aujourd’hui même, à Ashlands, je suis heureux de connaître un Christ qui guérit ! Que Son nom béni soit loué ! Oh ! Magnifions Jésus ! Exaltons-Le bien au-dessus de toutes les principautés et de toutes les puissances !

Comme j’avais faim, j’allai me servir un bon petit déjeuner. Pendant mes huit jours de combat, je n’avais pris qu’un seul repas. Quand je revins dans ma chambre, j’eus le sentiment que toutes choses étaient complètement changées. Je tombai face contre terre à l’endroit même où j’avais été guéri, et je déversai tout mon cœur devant Dieu. Ce fut comme une tornade sur mon âme. Je me mis à rire, à crier et à sauter pendant près de trois heures.

Je retourne chez le docteur

Après m’être un peu calmé et habitué à ce remarquable changement, il me sembla qu’il me fallait aller raconter au docteur ce qui m’était arrivé. J’y allai donc. J’entrai et pris un siège. Peu après, le docteur ouvrit sa porte. Je lui parlai, mais il émit une sorte de grognement. Ses bonnes manières sudistes avaient été foulées au pied, et le « vieil homme » en lui était en train de faire une belle démonstration de tous ses attributs cachés !

Quand vint mon tour, il ouvrit sa porte, et fit signe au client suivant, en m’ignorant complètement. Mais je me levai d’un bond. Je pensai qu’il ne pouvait manquer de voir, dans mes mouvements, la différence avec ce qu’ils étaient, la première fois qu’il m’avait vu. Mon geste rapide produisit l’effet désiré. Il s’arrêta et me regarda avec stupeur. Il me dit : « Que vous est-il donc arrivé ? » – « Eh bien, cher docteur, je suis guéri ! »

Je vis tout de suite qu’il n’accorda aucun crédit à ma déclaration. Mais il ne pouvait manquer de voir certaines évidences, qui lui sautaient aux yeux. Il avait du mal à en donner des explications raisonnables ! J’étais là, devant lui, me frappant les côtes du poing ! Et lui, il me fixait d’un air hébété ! Je me rendis compte que j’étais en train de crier dans cette salle d’attente, devant une foule de témoins qui nous regardaient fixement, le docteur et moi ! C’était un Presbytérien.

Le docteur se rend à l’évidence

Il posa sa main sur mon côté. Je dis : « Allez-y, docteur, tapez ! » C’est ce qu’il fit. Puis il laissa tomber sa tête sur mon épaule. Il se mit à pleurer et à trembler à tel point que tout mon corps en était secoué. Il me faisait penser à une feuille de tremble agitée par le vent. Il continua à pleurer pendant plusieurs minutes. Puis il me dit : « Il doit y avoir quelque chose dans cette puissance de guérison ! Je n’ai jamais rien vu de semblable ! Et vous me dites que Jésus vous a réellement guéri sans l’aide d’aucun remède ? » – « Oui, monsieur ! Docteur, voici un autre dollar. J’aimerais que vous allumiez votre machine à rayons X ! » – « Oh, avec joie ! J’aimerais voir ce qu’est devenu cet éclat d’os qui était en travers de vos côtes ! » Je lui dis : « Vous verrez que cet éclat est revenu à sa place ! »

Il alluma l’appareil. Il resta un moment béat, et je me mis à rire. Il laissa à nouveau tomber sa tête sur mon épaule, et se remit à pleurer et à trembler. Je dis : « Alors, docteur, cet éclat ? » – « On n’en voit plus aucune trace, comme s’il n’avait jamais été là ! » La gloire de Dieu tomba une nouvelle fois sur moi, et il fallut que je me mette à marcher. Je n’osai pas faire trop de bruit dans le cabinet du docteur. Je me mis donc à marcher, ou plutôt à voler, car il me semblait que mes pieds ne touchaient pas le sol. Il me dit : « Frère Bevington, je voudrais que vous veniez avec moi dans mon église (une église Presbytérienne), pour y donner votre témoignage. Je suis prêt à le faire. Mon église est située à Lookout Mountain. Je viendrai vous chercher demain matin avec ma voiture. » Je répondis : « D’accord ! » Nous y allâmes donc.

Le docteur et toute sa famille passent par la nouvelle naissance et la sanctification

Mon témoignage sembla ne provoquer aucune objection. Il me fallut une heure pour le raconter. Pourtant, il me sembla que l’atmosphère était assez sèche. Personne ne semblait intéressé, à part le docteur, sa femme, son fils et sa fille. Sa fille avait dix-neuf ans et son fils vingt-trois. Puis le docteur souhaita que ce soit moi qui prêche ce soir-là. Le pasteur y consentit, quoique ce soit avec réticence. Je pus cependant prêcher. Je ne parlai pas beaucoup de la sanctification, mais je fis comprendre à tous quelle était ma position, et ce que je revendiquais.

A la fin de mon message, je dis : « Il me semble qu’il y a quelqu’un ici qui aimerait être sauvé, quelqu’un qui aimerait recevoir ce salut du bon vieux temps ! Mais je vois qu’il n’y a ici aucune place réservée à ceux qui veulent rechercher le salut ! » A peine venais-je de prononcer ce dernier mot que le docteur apporta deux chaises devant l’estrade. Son fils et sa fille vinrent tomber à genoux devant les chaises et commencèrent à prier. Cela ne plus pas au pasteur, qui se tenait prêt à intervenir avec d’autres. Mais cela ne m’empêcha pas de les tenir suspendus au-dessus de l’enfer.

Le pasteur se hâta de prononcer la bénédiction finale. Il éteignit les lumières, laissant presque toute l’assemblée dans l’obscurité, et il nous fallut sortir en tâtonnant.

Le lundi matin, je fus heureux et surpris de voir le docteur. Il me serra dans ses bras et me dit : « Frère Bevington, les enfants veulent aller jusqu’au bout ! » Ils arrivèrent donc et s’agenouillèrent. Vers quinze heures, ils furent tous deux sauvés.

Les ténèbres refusent la lumière

Je les accompagnai à leur réunion de prière du mercredi soir. Le fils et la fille du docteur donnèrent leur témoignage. Puis le docteur se leva, et dit : « Je propose que nous invitions le Frère Bevington ici pour faire une série de réunions ! »

Son invitation tomba complètement à plat. Non seulement on la classa sans suite, mais on l’évacua sans lui laisser une seconde chance d’être proposée !

Ceux qui ont soif seront exaucés

Le jeudi matin, le docteur vint me voir et me dit : « Frère Bevington, je veux avoir cette bénédiction que vous annoncez ! » Je lui dis : « Docteur, êtes-vous vraiment sûr de la vouloir ? » – « Oui, monsieur, j’en suis sûr ! » – « Le voulez-vous au point d’accepter de vous mettre à genoux ici même, et de mourir à vous-même ? » – « Oui, monsieur ! » – « Alors, docteur, mourez à cette église Presbytérienne ! » – « C’est déjà fait ! Ce qui s’est passé hier soir a réglé la question de l’église Presbytérienne. » – « Voulez-vous mourir à votre épouse si fière ? » – « Oui, monsieur, parce qu’elle veut aussi obtenir la même bénédiction. »

Il se mit donc à genoux dans ma chambre. Il resta là trois jours entiers, gémissant, suppliant et luttant. Puis j’entendis quelqu’un frapper à la porte. J’allai ouvrir et vis sa femme. Je fus quelque peu effrayé. Mais je la regardai à nouveau, et toutes mes frayeurs s’évanouirent. Elle demanda : « Le docteur est-il ici ? » Son attitude était bien plus douce et humble que je ne l’aurais supposé ! Le docteur l’appela : « Entre, chérie ! » Elle me précéda. Le docteur se trouvait dans la chambre à coucher, et il fallait qu’elle traverse la pièce de devant pour aller jusqu’à lui. Avant d’avoir eu le temps de les rejoindre, je la vis entourer son mari de ses bras en pleurant et en l’embrassant.

Ce fut une heureuse surprise pour moi, car je m’attendais au contraire. Elle se releva et me dit : « Frère Bevington, je veux avoir la même bénédiction ! » Elle se mit donc à la rechercher, et resta là toute la nuit. Le lendemain, elle proposa à son mari d’aller dans leur maison pour y continuer le combat. J’avais un peu peur de cela, mais elle dit : « Bien entendu, le Frère Bevington vient avec nous. Je ne veux pas laisser nos enfants seuls trop longtemps. » J’en convins, et je partis avec eux. Nous restâmes prosternés face contre terre quarante-deux heures dans leur maison, sans que personne ne mange quoi que ce soit. En fait, le docteur n’avait rien mangé depuis le jeudi précédent, et nous étions le mardi de la semaine suivante.

L’incrédulité de l’église endormie

Ils furent exaucés ce mardi, vers quatorze heures trente. Tous quatre se rendirent à leur réunion de prière du jeudi soir, tout enflammés. Ils témoignèrent tous les quatre de ce que Dieu avait fait pour eux. On les fit déchanter et, à la fin de la réunion, on leur remit leurs lettres d’exclusion. Ils furent donc délivrés de ce carcan glacé. Puis ils sortirent dans la rue avec moi, remplis de puissance !

Le docteur tire les conséquences

Le docteur me dit : « Il faut que je prie pour quelque chose. Ma femme veut un changement radical dans notre vie, mais j’en suis un peu effrayé. » Il prit donc trois jours, avec sa femme, pour chercher la volonté de Dieu. Cela faisait une semaine que le cabinet du docteur était fermé. Le lundi suivant, ils vinrent me voir et me dirent : « Nous voulons vendre notre cabinet ici, et nous équiper entièrement pour traverser tous les Etats-Unis jusqu’en Californie, en prêchant le bon vieux Evangile tout le long du chemin ! Voulez-vous nous donner une idée de tout ce qu’il nous faudrait ? » Il nous faudra tout le nécessaire pour manger, dormir, voyager et prêcher ! »

Je leur fis donc une liste de tout ce qu’il leur faudrait. Ils allèrent aux usines Studebaker, à South Bend, dans l’Indiana, pour acheter un gros véhicule entièrement équipé pour la circonstance. Cela leur coûta plus de 1.200 dollars. Ils vendirent tous leurs autres biens et partirent. Ils furent sur les routes pendant onze mois, prêchant et distribuant des traités. Les « enfants » (ainsi qu’ils les appelaient) furent sanctifiés trois semaines après leur départ. Je dois dire qu’ils me donnèrent des nouvelles tout au long de leur trajet. Ils m’envoyèrent de l’argent, et j’eus l’occasion de les revoir à notre camp.
Chapitre 5

Des vérités importantes

La guérison divine, ce qu’elle n’est pas :

1. Ce n’est pas la guérison par les remèdes.

2. Ce n’est pas une guérison imaginaire.

3. Ce n’est pas une guérison obtenue par la puissance de la volonté.

4. Ce n’est pas une guérison obtenue par la puissance du magnétisme.

5. Ce n’est pas une guérison obtenue par la puissance de la pensée, ni par la métaphysique.

6. Ce n’est pas une guérison obtenue par le spiritisme.

7. Ce n’est pas une guérison obtenue simplement par la foi ou la prière, utilisées comme techniques. La foi et la prière ne sont que les moyens qui nous permettent d’obtenir la guérison.

8. Ce n’est pas être immunisé de la mort. C’est recevoir la force qui nous est nécessaire pour vivre.

9. Ce n’est pas la présomption, ni la désobéissance à la volonté de Dieu.

La guérison divine, ce qu’elle est :

1. C’est la puissance directe et surnaturelle de Dieu agissant sur le corps.

2. Elle est en accord avec les Saintes Ecritures, et fondée sur elles.

3. Elle s’appuie sur le sacrifice de Christ et l’œuvre de la rédemption.

4. Elle s’opère par la vie de résurrection de Jésus-Christ.

5. Elle résulte de la présence personnelle de Jésus dans notre corps.

6. Elle s’obtient par l’action du Saint-Esprit.

7. Elle s’obtient par la foi personnelle du malade, ou par sa foi unie à la foi d’autres chrétiens.

8. Elle résulte de la soumission à la volonté divine. Elle exige donc notre repentance de toute désobéissance, et notre consécration à Dieu.

9. Elle est reçue pour le service et la gloire de Dieu.

10. Elle est un fait de l’histoire de l’Eglise, depuis les temps apostoliques jusqu’à présent. Elle est confirmée aujourd’hui par d’innombrables témoignages.

11. Elle est le signe du retour proche de notre Seigneur.

12. Elle est un témoignage en faveur de la Parole de Dieu, et de la vérité du christianisme en cette époque d’incrédulité.

Ce n’est pas notre affaire de sauver les gens, mais c’est notre affaire de les conduire à Christ. De même, ce n’est pas notre affaire de guérir les gens, mais cela devrait, et doit être notre affaire de les conduire à Jésus, qui a promis de les guérir. La guérison divine n’est pas l’enseignement le plus important de la Bible, mais c’est une vérité. Dieu m’a montré que l’on ne peut pas repousser cette vérité sans qu’il y ait de sérieuses conséquences pour notre développement spirituel.

La guérison divine n’est pas une doctrine ni une théorie, mais un fait réel, confirmé de manière indubitable par la Parole de Dieu. Dans son sens le plus profond et le plus vrai, la guérison divine est une vie entièrement abandonnée à Dieu, une dépendance constante de Lui, une confiance en une puissance qui nous dépasse, dans les circonstances les plus difficiles. Nous avons trouvé la source de notre force, si nous gardons les yeux sur le Seigneur en tous temps. Amen ! Que Dieu vous aide à Le voir tel qu’Il est en réalité, et à voir qui Il est pour ceux qui remplissent Ses conditions !

Dieu répond à ceux qui remplissent Ses conditions

Je vais vous en donner quelques preuves. Un jour que je tenais une réunion près de Hopewell, dans le Kentucky, on m’appela chez le Frère Jim Felty pour prier pour la guérison de sa femme. Elle était couchée, comme morte. Cela faisait deux ou trois semaines, je crois, qu’elle gardait le lit, et on s’attendait à ce qu’elle meure. Nous demandâmes à Jim s’il pouvait prier avec nous pour obtenir la victoire et la guérison de sa femme, dans le nom de notre merveilleux Christ compatissant. Il nous dit qu’il le pouvait. Nous nous agenouillâmes donc pour prier. Trois heures plus tard, nous étions toujours là. Le beau-frère de Jim, Less Bradford, arriva et se joignit à nous. Nous continuâmes à prier encore pendant environ deux heures. Finalement, nous sentîmes que nous pouvions partir. Je dis : « C’est fait ! » Le Frère Less dit : « Je le sais ! » Il se leva, et sortit. Moins de cinq minutes plus tard, Madame Felty se levait de ce lit, titubant comme une femme ivre. Nous sentîmes tous la puissance de Dieu. Elle voulut absolument dîner, et se rendit ce même soir à la réunion de prière. Elle enflamma l’assemblée par son témoignage. Il faut parfois passer beaucoup de temps à s’attendre à Dieu. A d’autres moments, c’est plus court.

Une autre femme, dont j’ai oublié le nom, de Grayson, dans le Kentucky, avait dû garder le lit pendant plusieurs semaines. Elle était presque invalide et ne pouvait marcher que si elle était soutenue par son mari et son fils. Je fus invité à prier pour elle. Le lendemain matin, à l’église, on me dit qu’elle était sortie de son lit, et qu’elle marchait sans l’aide de personne. Ce soir-là, elle fit deux miles à cheval pour se rendre à la réunion. Elle descendit de la selle toute seule, ce qui réjouit toute l’assemblée. Cette femme avait été parfaitement guérie.

Il eut un autre cas, à plusieurs miles de Grayson. On m’appela pour prier pour une femme qui souffrait beaucoup, et que ses souffrance avaient diminuée mentalement. J’ai prié pour elle, invoquant les promesses de Dieu, et croyant qu’Il pouvait la guérir sans aucun autre moyen, face à toutes les puissances des ténèbres. Mais je fus préoccupé par les conditions qui régnaient à cet endroit. Je n’avais pas senti que j’avais toute la liberté que j’aurais dû avoir. Cependant, je tins bon et continuai à croire à sa guérison.

Le lendemain soir, nous avions une réunion de prière dans une maison. Il y avait beaucoup de monde, et Satan était aussi présent. Plusieurs personnes me serrèrent la main, en particulier une sœur, qui me donna une poignée de main très chaleureuse. Je remarquai son attitude, mais je n’y fis pas autrement attention. Lorsque tout le monde fut arrivé, je demandai à voix basse à un frère : « J’ai envoyé chercher cette sœur pour laquelle nous avons prié hier. » Il éclata franchement de rire, et dit : « Sœur ! Le Frère Bevington ne vous a pas reconnue ! » Elle se précipita vers moi et me redonna une poignée de main aussi chaleureuse que celle qu’elle m’avait donnée peu de temps auparavant. Je ne l’aurais jamais reconnue ! Quel changement radical et immédiat ! C’est ainsi que travaille le Seigneur. Que Son nom béni soit loué !

Si le Frère Black était encore vivant, il vous dirait sans doute avec joie comment le Seigneur avait exaucé la prière en lui donnant une remarquable guérison. Nous avions des réunions à Honeywell, de ce côté de Grayson. Il passait par là en se rendant à Cincinnati pour y être opéré de diverses maladies qui duraient depuis des années. Il eut l’idée de s’arrêter à l’endroit où je me trouvais, et d’y passer le dimanche, car nous avions des réunions bénies. Quand il me dit où il allait, et pourquoi, je lui dis : « Vous pourriez peut-être prendre un meilleur raccourci que par Cincinnati, un raccourci qui passe par le trône de Dieu ! » Lorsque nous commençâmes à prier, je n’eus aucun mal à atteindre le trône pour intercéder en sa faveur. Ce même après-midi, Dieu le guérit d’une manière merveilleuse. Il fut le témoin vivant, dans son église, de la puissance guérissante de Dieu.

Le Frère Tom K., d’Anglin, en est un autre exemple. Il était tellement perclus de rhumatismes qu’il devait utiliser deux cannes, ou une béquille et une canne. Lui aussi vint à ces réunions à Honeywell. Il fallut trois hommes pour l’aider à monter dans ma chambre. Mais il redescendit tout seul, sans canne ! Il retourna chez lui pour travailler comme poseur de traverses de chemin de fer. Il devait sans cesse se mettre sur un genou ou sur l’autre, mais cela ne lui causait plus aucun problème ! Il fut un témoin indubitable de la puissance de guérison de Dieu.

Je pense qu’il y eut, dans ce même comté, sept ou huit cas de guérisons de personnes qui étaient toutes pratiquement abandonnées par la médecine. A Jésus soit toute la gloire ! Il n’est limité ni par les lieux ni par les personnes. Tout ce qu’Il nous demande, c’est d’être dans l’obéissance et la foi. Alléluia !

Je suis à nouveau frappé d’une maladie mortelle

Je vais à présent m’efforcer de vous rapporter fidèlement une autre merveille de Dieu, qui me ramena pratiquement de la mort à la vie. Je devais peindre la maison du Pasteur John Fleming, et je restai trois semaines chez lui. C’était l’automne. Il faisait très froid. Je dormis donc dans des draps et sous un bon édredon pendant ces trois semaines. Je vous dis cela pour avertir ceux qui sont négligents lorsqu’ils hébergent un évangéliste, et qui leur offrent un lit insalubre. Après ces trois semaines je me rendis dans le Michigan pour des réunions. Comme je m’étais habitué à mon édredon et que j’avais soixante ans passés, je trouvai le changement un peu dur. J’arrivai à cet endroit un vendredi soir, et je fis une prédication dans une église Méthodiste, devant une assistance assez nombreuse. Une jeune fille répondit à l’appel.

Le lendemain, à mon lever, je me sentais très mal physiquement. J’avais mal partout. Je me rendis à la cuisine, et je dis : « Sœur, cela fait combien de temps que quelqu’un a couché pour la dernière fois dans le lit que vous m’avez donné hier soir ? » – « Eh bien, voyons… Pépé est mort dans ce lit il y a seize ans, et depuis, personne n’a couché dedans ! » – « L’avez-vous aéré ? Avez-vous changé les draps ? Je crois que j’ai pris terriblement froid ! » Je retournai dans ma chambre, et je pus écrire tout mon nom en grandes lettres sur le drap ! J’appelai alors la sœur, et je lui montrai le drap. Elle sembla surprise et quelque peu mortifiée. Elle me mit un drap sec, mais le matelas n’était pas en meilleur état !

Ce soir-là, j’eus quelques difficultés à prêcher. Je dormis péniblement, assis sur une chaise. Le dimanche matin, ma voix était complètement éteinte, et j’avais toujours très mal. Je ne prêchai pas ce jour-là.

Le dimanche soir, je restai assis sur ma chaise. Un gentil petit garçon de neuf ans veilla sur le feu pour l’entretenir, car tout mouvement me causait de grandes douleurs. Le lundi matin, mon état avait encore empiré. Le mari, John (je ne me rappelle pas son nom de famille), dit à sa femme : « En partant travailler, je vais passer chez le docteur pour lui demander de venir. » Elle répondit : « Je ne crois pas que le Frère Bevington pense qu’il a besoin d’un docteur ! » – « Peu importe ce qu’il pense ! Je ne veux pas que ce vieux fanatique meure chez moi, et qu’on me fasse payer une amende de soixante-quinze dollars pour ne pas avoir appelé un médecin ! »

Normalement, je pouvais entendre les conversations, mais cette maladie m’avait rendu sourd. Je n’entendais plus rien. Il fallait que cette sœur m’écrive tout sur un papier. Je commençai à prier le mieux que je pus pour qu’aucun docteur ne vienne. Mais j’avais tellement mal qu’il ne me fut pas possible d’avancer beaucoup dans la prière. Je m’efforçai pourtant de prier pour qu’aucun docteur ne vienne me voir, car j’étais sûr que je ne prendrais aucun de ses médicaments. John rentra du travail, et aucun docteur ne se présenta. Mon état empira encore, au point que je ne pouvais plus bouger un seul membre. Le gamin continua à entretenir le feu pour moi, car il faisait très froid. Je crois que la sœur était sauvée, mais elle n’était pas sanctifiée. John suivait les réunions de maison, mais c’était à peu près tout, comme je m’en étais rendu compte, et comme je m’en rendis compte par la suite. John était trop fatigué pour aller chez le docteur. Ma prière avait donc été exaucée, du moins pour le moment.

Je repousse la tentation d’avoir recours à la médecine

Malgré ma forte fièvre, mes membres et mes pieds restaient froids. Le mardi matin, vers 5 heures, le docteur vint me voir. Il entra par la porte de derrière, et monta directement dans ma chambre. Quand il me vit, il leva la main droite et se mit à crier. Il se tourna vers la sœur, et je compris qu’il lui passait un bon savon. Je suppose qu’il lui reprochait de ne pas lui avoir demandé de venir dès le samedi précédent. Il dit : « Cet homme sera mort avant quarante-huit heures ! » Il ne s’est même pas approché de moi. Mais il est resté sur place pendant dix minutes, en m’observant très attentivement. Puis il se dirigea vers la table de la cuisine et laissa cinq médicaments. L’un de ces médicaments était le plus fort dont il disposait. Il fallait que j’en prenne toutes les dix minutes pendant environ cinq heures. Je devais prendre les autres à raison d’une dose toutes les quarante minutes, jusqu’à ce qu’ils soient épuisés. Il dit : « S’il ne va pas mieux dans quatre heures, il est perdu. Il a la typhoïde au dernier degré ! A son âge, tout joue contre lui ! »

Dès que le docteur fut parti, elle vint m’apporter un verre d’eau avec le médicament à prendre toutes les dix minutes. Je lui dis : « Qu’est-ce que c’est ? » – « C’est ce que le docteur a laissé pour vous soigner ! » Et elle me tendit ce que le docteur avait prescrit. Je lus toute l’ordonnance. Je dis : « Bon. Mais je ne peux pas prendre tous ces médicaments. Jetez tout ça dehors, je ne prendrai rien ! »

Je pus voir qu’elle était très déçue. Elle me parla de son mari, et me dit pourquoi il était contre les prédicateurs qui parlaient de la sanctification. Elle me dit : « Il y a quatre ans, nous avons eu ici un prédicateur de la sanctification. Il prêchait la sanctification tout comme vous. Mais quand il est parti, il a emmené la femme de quelqu’un avec lui, le laissant avec trois enfants de moins de dix ans. John ne veut donc plus entendre parler de prédicateurs de la sanctification, même s’il a fini par accepter de vous prendre ici. Mais il s’est bien fait tirer l’oreille, et j’ai dû beaucoup prier ! Maintenant, si vous mourez ici, cela va lui coûter soixante-dix dollars pour n’avoir pas appelé un docteur à temps, et pour avoir hébergé un violateur de la loi. Alors, Frère Bevington, pensez à moi, prenez ce médicament, je vous en prie ! »

Je vous le dis, j’aurais pu résister facilement à un homme ou au docteur, mais résister à ces supplications fut la chose la plus difficile que je dus faire depuis longtemps ! Mais je la raisonnai, et je lui dis : « Je ne crois pas que je suis sur le point de mourir, sinon je serais déjà mort ! » Toutefois mon état empirait sans cesse, et ce n’était pas un très grand encouragement pour me faire croire que j’allais me remettre. Elle pensait que si j’étais encore vivant, cela n’était dû qu’à la force de ma volonté. Mais je réussis à la persuader de jeter tout cela dehors, que je meure ou que je vive.

Les nuages s’assombrissent

Neuf heures sonnèrent. Le docteur avait demandé à la sœur de lui téléphoner vers neuf heures. C’était le délai limite qu’il m’avait fixé. Mais comme elle n’avait pas de bonnes nouvelles à lui annoncer, elle ne bougea pas. A neuf heures trente, il téléphona. Elle lui dit : « Eh bien, docteur, je crois qu’il va encore plus mal, s’il est possible. En plus, il refuse de prendre quoi que ce soit. » Cela rendit le docteur furieux. Il alla trouver la police. Malgré tous ses efforts, il ne put obtenir leur venue que le lendemain, parce que le véhicule qui devait m’emmener était en réparation. Il rappela pour dire que si je ne prenais pas immédiatement ses médicaments, la police serait là le lendemain matin pour m’emmener dans la maison de quarantaine.

Elle m’informa de ces dispositions. Je savais que si j’arrivais à peine à me garder au chaud dans cette chambre bien chauffée, avec tous ces oreillers et ces couvertures, je ne survivrais jamais à un voyage de douze miles sur une route enneigée. Je tentai de rassembler mes forces pour prier, mais il me sembla que je ne pouvais pas me calmer. Je dis au gamin : « Approche-moi cette chaise. Si ta maman peut me procurer un autre coussin, mets-le sur la chaise. » Quand tout fut prêt, je lui dis : « Maintenant, mon chéri, il va falloir que tu ailles doucement. Aide-moi à poser une jambe sur le coussin. Prends ton temps ! »

Le petit était rempli de douceur et de tendresse envers moi, mais je m’évanouis avant qu’il puisse me poser la jambe sur la chaise. Je repris vite mes esprits et le persuadai de renouveler sa tentative. Il hésita. Puis sa maman entra, et ils réussirent ensemble à me placer une jambe. Mais au moment où ils me montaient la deuxième, je m’évanouis à nouveau. Cette fois, il me fallut une heure pour reprendre mes esprits. La maman me déclara mort. Lorsque je repris connaissance, j’eus quelques problèmes pour les persuader de recommencer leur effort. Je dis : « Il faut que j’arrive à monter cette jambe sur la chaise pour deux raisons : Tout d’abord, pour pouvoir poser ma Bible sur mes jambes. Ensuite, pour avoir plus chaud. » Ils se remirent donc au travail en mettant une planche sous ma jambe. Ils réussirent finalement à me la soulever et à la poser sur la chaise. Il était alors près de quatre heures de l’après-midi, un mercredi.

Je leur dis : « Maintenant, posez doucement ma petite Bible sur mes genoux. » Ils le firent. « A présent, posez ma main droite sur la Bible. » Lorsqu’ils essayèrent de le faire, je m’évanouis. Quand je revins à mois, trois-quarts d’heure plus tard, je leur demandai de recommencer. A six heures, ma main était sur ma Bible. A sept heures, je dis : « Maintenant, levez tout doucement ma main, juste le bout de mes doigts ! » Quand ils le firent, je m’évanouis encore une fois, et je revins à moi après huit heures du soir.

Je décidai alors de leur laisser prendre du repos jusqu’au lendemain matin. Le petit garçon dormit auprès de moi dans un fauteuil, pour entretenir le feu en permanence. Je ne pouvais pas bien voir, mais je me sentais capable d’invoquer les promesses de Dieu. Je disais souvent : « C’est Toi qui me guéris ! » Si quelqu’un de vous croit que le diable n’existe pas, je peux vous dire qu’il était bien présent ! Car je vis une forme sombre, et j’entendis une voix qui me disait : « Ah ! Il est bon, ton Médecin ! J’aimerais bien avoir un aussi bon Médecin que toi ! Regarde-toi ! Tu ne peux même pas bouger un bras ou une jambe ! Tu as une pneumonie au dernier degré, et tu vas de plus en plus mal ! Tu ne peux même plus bouger la tête ! » Quand il prononça ce mot de « tête, » cela me fit réagir. Je n’avais même pas essayé de bouger la tête, mais je m’écriai : « Tu es un menteur ! » J’essayai de bouger la tête, mais je m’évanouis, et je restai comme mort pendant une heure. Quand je revins à moi, je pouvais voir un peu mieux de mon œil droit, mais le gauche était inutilisable.

Le bout du tunnel est en vue

Je me rappelai que la police allait bientôt venir, mais ils n’avaient pas dit à quelle heure ils allaient m’emmener en quarantaine. Je priai qu’ils ne viennent qu’après le déjeuner. Je peux vous dire que Satan me tenait réellement serré de près. Je ne pouvais pas bouger la tête, mais je suppliai le gamin de bouger mes doigts. Il les souleva de quelques centimètres, et je remarquai que cela ne me faisait presque pas mal. Je sentis que je tenais la victoire ! Puis la vue revint complètement à mon œil droit.

A dix heures, ils téléphonèrent pour dire qu’ils viendraient à quatorze heures pour me conduire en quarantaine. Je ne pouvais encore bouger aucun muscle, et j’avais encore très mal, mais je pus invoquer les promesses de Dieu avec plus de force. Je tins donc ferme jusqu’à midi. A l’aide d’une plume d’oie taillée, je pus aspirer un peu de soupe. A treize heures, je ne sentais plus aucune douleur, et je continuais toujours à invoquer les promesses. Je dis au gamin : « Maintenant, lève-moi la main ! » Il commença à le faire, centimètre par centimètre. Je m’écriai : « Vas-y, continue ! » Et je commençai à louer le Seigneur. La sœur entra, et je lui dis : « Je suis en train d’avoir la victoire ! » Je dis : « Laisse retomber ma main ! » Il la laissa retomber, mais je ne sentis aucune douleur. « Lève-la à nouveau ! » Il le fit, un peu plus haut que la première fois. Je m’écriai : « Oh, gloire à Dieu ! Lève-la ! » Il la leva de quarante centimètres. « Maintenant, repose-la sur la Bible ! »

Je sentis alors la puissance de mon Seigneur béni traverser mon corps. Mon œil gauche s’ouvrit, et je pus voir normalement. Je soulevai mon bras droit, mais m’évanouis encore. La sœur entra et me déclara mort à nouveau. Elle semblait décidée à me voir mourir, mais je revins à la vie une demi-heure plus tard. Je recommençai à invoquer les promesses divines, avec une énergie bien plus grande qu’auparavant. Satan revint, et me répéta les mêmes paroles. Je dis : « Je peux bouger ma nuque ! » Je fis une prière, et je répétai 1 Jean 5 :14 et 15, en remuant ma tête. Cela ne me faisait pas mal. Je levai mon bras gauche pour la première fois, sans éprouver aucune douleur. Je levai à nouveau mon bras droit, en m’écriant : « Je suis guéri ! » Je me débarrassai de mes oreillers sous mes jambes. Je me levai d’un bond de ma chaise, sautant et criant comme un Indien Comanche, mais j’étais encore faible.

La visite des deux policiers

J’exultais tellement que je fus bientôt épuisé. Je serais certainement tombé à terre si la sœur ne m’avait pas rattrapé et remis sur ma chaise. Puis elle regarda par la fenêtre, et dit : « Ils arrivent ! » Cela me laissait encore une demi-heure pour récupérer. Je priai donc le Seigneur de me donner des forces. Elles ne vinrent pas aussi vite que je le souhaitais, mais je continuai à répéter 1 Jean 5 : 14 et 15.

Ils arrivèrent en passant par la cuisine. Si je n’avais jamais vu de démon, le premier homme qui entra en était bien un ! Il avait l’air méchant, grincheux et dur. Il s’arrêta à la porte de la cuisine, et la sœur lui parla. Comme j’avais récupéré toute mon acuité auditive, je pus entendre ce qu’elle leur disait : « Il prétend qu’il est guéri. Il vient juste de se lever de sa chaise. Mais il a trop bougé. Il est faible, il n’a rien mangé depuis six jours ! »

J’étais comme incapable de parler, mais je pus remarquer le regard haineux de cet homme. Juste derrière lui se tenait un autre homme. Comme il avait l’air aimable et sympathique ! Je désirais vivement aller vers lui, mais je ne pouvais pas bouger. Je pus voir le premier policier secouer la tête, et je l’entendis dire : « Je ne crois absolument pas à ces stupidités ! » Il se trouvait que ce policier était le frère de l’homme dont la femme était partie avec cet autre prédicateur de la sanctification ! Le policier avait été obligé de prendre avec lui les trois enfants de son frère, qui avait fini par être interné dans un asile psychiatrique. Je suppose que c’était ce qui l’avait touché plus que tout le reste.

Je repris rapidement mes esprits, et je leur dis : « Messieurs, je suis guéri ! Je suis guéri, mais je suis encore faible. » Le policier me dit qu’il ne voulait pas repartir sans moi, car il lui faudrait revenir me chercher, ce qui lui coûterait les frais d’un second voyage. Je lui dis : « Monsieur, tenez ! Voici une montre qui se vendrait facilement pour vingt-cinq dollars. Je vous la laisse. Si je ne suis pas demain matin avant dix heures au poste de police, revenez me chercher, et la montre vous remboursera les frais d’un second voyage ! »

Dieu m’encourage par la sympathie d’un policier

En entendant cela, l’homme sympathique entra dans la chambre. Comme je voulais m’approcher de lui, je lui tendis la main. Il dit à son collègue : « Essaye, fais-lui confiance ! Prends sa montre. Je crois qu’il viendra demain. » Il réussit à le persuader de repartir sans moi. Je les entendis se parler au portail. L’homme sympathique disait : « Tu n’auras pas besoin de la montre de cet homme ! Je crois vraiment qu’il va bien. Laisse-moi lui rapporter sa montre. Je crois qu’il a passé un mauvais moment. Il a besoin d’un peu de sympathie, d’amour et d’encouragement ! » Si jamais un homme a pu dire la vérité, c’était bien lui à ce moment-là ! Il me semblait que si quelqu’un avait pu me manifester un peu de sympathie, je lui aurais donné n’importe quoi !

Il ajouta : « S’il faut que tu reviennes, c’est moi qui te payerai les douze dollars. » Il revint donc me rendre ma montre. Cela me fit complètement fondre. Je saisis sa main, que j’embrassai même. Je la serrai de toutes les forces dont j’étais capable, simplement de voir la confiance qu’il me faisait ! Je n’oublierai jamais à quel point ce geste m’encouragea. Car tout le monde avait été contre moi, même la sœur. Elle voulait bien m’aider et se montrer aimable, mais elle n’avait jamais vu quelqu’un guérir. En outre, son mari, John, s’opposait à moi. Elle avait tellement peur d’avoir des ennuis qu’elle était toujours triste. Ce geste me stimula donc beaucoup.

La marche de la foi

Je me reposai pendant toute cette journée, et je dormis bien cette nuit-là. Le samedi matin, je partis. Mais, comme j’étais faible, j’étais très sensible au froid. Il fallut que je mette deux manteaux, qui pesaient lourd. Le gamin m’accompagna. Nous parcourûmes les trois miles à pied, en nous arrêtant seize fois en cours de route pour nous reposer, mais nous arrivâmes au poste de police à dix heures moins seize précises.

En approchant du poste, nous vîmes qu’il y avait neuf marches pour entrer au bureau. Je m’arrêtai et dis au garçon : « Oh ! Comment vais-je pouvoir monter ces neuf marches ? » Je n’oublierai jamais comment ce garçon me regarda d’un air suppliant, et me dit : « Demande à Jésus ! » C’est ce que je fis. L’homme sympathique était assis à la fenêtre. Il me vit et descendit. Quand j’atteignis les marches, deux hommes passèrent. Le policier leur dit : « Messieurs, s’il vous plaît, veuillez aider cet homme à monter l’escalier ! »

Dieu ramène à Lui des âmes rétrogrades

Voyez maintenant comment Dieu était présent et veillait sur moi. Ils avaient convoqué un docteur pour m’examiner. Il dit : « Cet homme n’a absolument rien, sinon qu’il est très faible. » Ils me laissèrent donc partir. L’homme sympathique me dit : « Quand je suis rentré chez moi hier soir, j’ai parlé de vous à ma femme. Elle était très intéressée, et m’a dit : « Je crois que cet homme sera au rendez-vous. Prends donc le buggy et le cheval demain pour aller travailler, et amène-le ici à déjeuner ! » » Dès que nous fûmes installés dans le buggy, je lui dis : « Etes-vous sauvé ? » Il commença à pleurer, et répondit : « Non, mais j’aimerais tant l’être ! Ma femme est une rétrograde, elle aussi. Nous sommes tous deux des rétrogrades. Nous avons essayé de revenir au Seigneur bien souvent, mais nous n’y sommes jamais parvenus. Nous avons répondu à tous les appels pendant des années. Nous avons entendu parler des réunions que vous deviez faire ici, et nous avions prévu de venir.

Quand nous approchâmes de leur portail, elle sortit de la maison et se mit à courir vers le buggy. Elle me tendit la main, et m’aida à descendre. Elle me porta pratiquement dans la maison. « Oh, je savais que Dieu allait répondre à vos ferventes prières, et qu’Il vous guérirait. Je suis si contente ! Je suis une misérable rétrograde. J’ai senti que Dieu allait vous guérir, et que vous pourriez intercéder pour mon mari et moi, pour que nous puissions revenir à Dieu. J’ai aussi une sœur qui vit à un demi-mille d’ici. Je suis allée la voir hier. Elle a éclaté en sanglots et m’a demandé de vous amener chez elle.

J’avais très faim et j’étais très faible. Le repas était sur la table. Malgré cela, je leur dis : « Voulez-vous revenir à Dieu de tout votre cœur, au point de vous mettre à genoux maintenant même, et d’y rester jusqu’à ce que vous ayez rempli les conditions ? » Elle accepta et se mit à genoux, avec son mari, et moi aussi. Nous invoquâmes les promesses, et à seize heures et quart, il se releva avec des cris de victoire. Il me souleva et me porta dans toute la maison, en criant à pleins poumons. Sa femme obtint aussi la victoire, et se mit à danser et à sauter. Nous passâmes un moment béni. Puis nous passâmes à table, et je pris mon premier repas depuis six jours. A dix-huit heures, la vaisselle était faite. Nous sautâmes dans le buggy pour aller voir sa sœur. Quand la femme descendit du buggy, elle se mit à crier : « Alléluia ! » Elle continua à crier jusqu’à ce que sa sœur vienne en courant et en pleurant. Celle-ci enlaça sa sœur, en nous suppliant d’entrer et de prier pour elle.

Nous allâmes tous nous prosterner dans la cuisine, qui était agréable et bien chauffée, et nous commençâmes à prier. A vingt heures, le mari de la sœur inconvertie entra, tout noir du charbon de la mine. Sa femme se leva d’un bond, l’enlaça et dit : « J’essaye de revenir à Dieu. Aide-moi ! Aide-moi ! » Il commença à pleurer, et se mit à genoux avec nous. Ils firent du bon travail en profondeur et réunirent les conditions. Le mari fut exaucé le premier, vers dix heures trente du soir. Puis il s’agenouilla à côté de sa femme et intercéda pour elle, comme peu de personnes ont pu intercéder ! A cinq heures vingt du matin, elle toucha le but. C’était un dimanche. Je me sentais plus fort. Je marchai de long en large, et je louai le Seigneur jusqu’à ce que le petit déjeuner soit prêt.

Combien le Seigneur fut merveilleux ! Non seulement Il m’avait guéri, mais Il avait ramené à Lui quatre âmes perdues, tout cela en l’espace de quinze heures ! Nous le glorifiâmes. Je me mis à table, mais il me fut impossible de manger. Il fallut que je me lève et que je me remette à marcher, le visage baigné de larmes de joie. La présence de Jésus était si réelle, si merveilleuse, que je voulais juste m’en repaître ! Nous nous prosternâmes pour L’adorer de tout notre cœur, jusqu’à ce que chacun ait déversé toute la louange qu’il avait dans son cœur. Ce fut une merveilleuse réunion de prière et de louange, qui se poursuivit jusqu’à onze heures trente. Puis notre hôtesse dit : « Frère, il faut que vous mangiez quelque chose, car vous n’avez pas mangé avec nous ce matin. » J’ai donc mangé, mais je sentais continuellement monter la louange du fond de mon cœur. Il me semblait que, pour la première fois, je commençais à réaliser tout ce que le Seigneur avait fait pour moi. A mesure que mes forces revenaient, mes louanges se faisaient aussi plus fortes !

Dieu me renvoie à l’endroit où j’ai été guéri

Après cela, se produisirent certaines œuvres de Dieu vraiment remarquables. Je passai tout le dimanche en cet endroit. Je prêchai le soir-même. Plus exactement, je conduisis la réunion, car ce fut plutôt une réunion de louange. Je n’eus pas l’occasion de prêcher beaucoup. La réunion s’acheva à minuit. Les quatre personnes qui avaient été sauvées avaient recherché la sanctification pendant toute la journée du dimanche.

Le lundi matin, à mon réveil, je les trouvai tous les quatre dans la cuisine. La jeune fille qui avait été sauvée lors de notre première réunion était aussi présente, cherchant avec eux la sanctification. Je restai avec eux tout le lundi, et combattis toute la nuit. Le mardi matin, vers neuf heures, tous les cinq avaient remporté une complète victoire. Je restai avec eux jusqu’après le déjeuner. Puis je me sentis fortement poussé à retourner chez John. Quand j’en informai les autres, ils me firent des reproches, et me dirent : « Frère Bevington, nous avons encore besoin de vous ici pendant un mois ! »

Alors que nous déjeunions, le pasteur Méthodiste, ayant entendu parler de ce qui s’était passé, était venu nous voir. Il se joignit à eux pour me supplier de rester. Il m’offrit de prêcher dans son église aussi longtemps que le Seigneur me le permettrait. J’étais quelque peu perplexe, car les cinq qui avaient reçu à nouveau le salut et la sanctification avaient tous des parents rétrogrades. Leurs supplications semblaient donc fondées sur de bonnes raisons.

Je me rendis donc dans la grange, pour étudier cette question en détail et dans la prière. Mais la seule réponse que j’obtins de Dieu fut : « Retourne chez John ! » Le pasteur Méthodiste dit : « Laissons-le partir ! Quand il aura fini ce qu’il doit faire là-bas, nous le ferons revenir ici parmi nous. Pendant ce temps, nous allons publier ce que Dieu a fait, et nous serons mieux préparés pour que le Seigneur puisse travailler ! »

Le mercredi matin, ce brave homme me ramena chez John. Le long du chemin, il distribua des traités et annonça les réunions. Nous arrivâmes chez John juste au moment où il rentrait de son travail. Bien entendu, il reconnut la puissance de Dieu dans ma guérison. Il me dit : « Vous n’allez plus faire de réunions par ici, n’est-ce pas ? » – « Mais si, dès ce soir nous en aurons une ! » – « Vous sentez-vous capable de prêcher ce soir ? »

Il me fallut alors avoir recours à une petite stratégie. Il avait dit à sa femme, à plusieurs reprises, qu’il n’irait plus jamais écouter un autre prédicateur de la sanctification. Ce soir-là, il dit à sa femme : « Tu peux y aller, mais moi, je n’irai pas. » Elle me rapporta ce qu’il lui avait dit. Alors je lui dis : « John, je suis encore un peu faible, et je ne voudrais pas manquer d’aller à cette réunion. Vous savez qu’il y a par ici beaucoup de touristes et de jeunes qui font du sport. Il va falloir que je marche pendant trois-quarts de mile sur une route assez mauvaise. John, je voudrais vous demander une faveur. J’aimerais que vous me teniez le bras et que vous m’accompagniez jusqu’à l’église. Je pourrai donc économiser mes forces, ce que je ne pourrais pas faire autrement. » J’ajoutai : « Vous ne serez pas obligé d’entrer ! » C’était pourtant mon objectif, en lui demandant de m’accompagner.

Comme il avait bon cœur, il ne pouvait pas refuser. Pendant tout le trajet, je priai pour avoir un moyen de le faire rentrer dans l’église. Arrivés devant la porte, je lui dis : « John, vous vous en êtes très bien sorti, et je me sens assez fort pour la réunion. Mais il se peut que je tombe sur l’estrade, ce qui pourrait perturber la réunion. Comme vous savez garder la tête froide, vous pourriez me rattraper et m’empêcher de me faire mal ! »

Il se gratta la tête, et finit par se soumettre. Je réussis à lui faire abandonner toutes ses réticences envers les prédicateurs de la sanctification et les bancs des pénitents, pour le convaincre d’assister à la réunion. A présent, il se tenait juste devant l’estrade, au premier rang ! Le lendemain soir, je réussis à le convaincre de refaire ce qu’il avait fait la veille. Le surlendemain, un vendredi, je n’eus plus besoin de lui demander de venir. A la moitié de ma prédication, il vint se mettre à genoux devant l’estrade pour prier, aussi bien que n’importe quel autre homme que j’avais entendu prier !

Samedi soir, il revint devant l’estrade, avec d’autres. Ils restèrent là jusqu’au lendemain dimanche, à quatre heures du matin. Certains furent exaucés. La femme de John les avait rejoints, cherchant la sanctification. Nous restâmes là toute la journée du dimanche, jusqu’au lundi matin six heures, ce qui faisait environ trente-six heures de prières, de louanges, de prédications et de cris ! Quelqu’un me dit qu’il y eut en moyenne une âme sauvée ou sanctifiée par heure. Vous voyez donc que ce fut une assez bonne réunion !

Comment Dieu agit envers Son peuple

Je vais vous raconter maintenant comment Dieu peut aussi agir envers Son peuple. Le dimanche et le lundi, j’avais senti que je devais partir. Mais je n’avais rien dit. Le lundi soir, j’avais prêché, ou plutôt tenté de prêcher. Mais toute la réunion fut consacrée à la prière et à la louange. J’entendais en permanence cette voix qui me disait : « Pars ! Pars ! Pars ! » Je pensai que Dieu voulait que j’aille faire des réunions ailleurs. Le lendemain, je le dis à John et à tous ceux qui étaient là. John me dit : « Frère Bevington, votre travail vient juste de commencer ici ! Nous préparons les meilleures réunions que notre assemblée ait jamais connues ! » Je me retirai donc à l’endroit où je trouvais d’habitude la solution à mes problèmes, une meule de foin. Dès le début, j’entendis ce « Pars ! » Trois heures plus tard, je dus céder. Le lendemain, John attela sa carriole pour me conduire à la prochaine gare, à douze miles de là. Je saluai sa femme et ce cher petit Franck. Mais la femme me dit : « Je ne peux pas croire que votre travail ici soit terminé ! » Et elle ne voulait pas me dire au-revoir. Je n’avais que le tiers de l’argent qu’il me fallait pour le billet de train, mais nous partîmes quand même. Nous venions de faire environ trois miles quand John se retourna, et dit : « Je crois que c’est Jim ! » Je lui dis : « Qui est donc Jim ? »

Je fais une parenthèse pour dire que quand la femme de John m’avait écrit pour me demander de venir faire des réunions chez eux, elle m’avait dit qu’il y avait quatorze personnes sanctifiées dans leur groupe, le père et la mère de sept familles. Aussi, le premier samedi soir où j’avais prêché, juste avant de tomber malade, je m’étais dit qu’il serait bon d’essayer de faire une réunion de témoignage, puisqu’il y avait là quatorze personnes sanctifiées. Je demandai donc à leur ancien de conduire la réunion. Je pouvais entendre encore un peu, mais pas suffisamment pour comprendre clairement leurs témoignages. Comme je ne comprenais pas bien ce qui se passait, et comme mon étonnement grandissait, je finis par dire au petit Franck : « Qui sont ces personnes qui donnent leur témoignage ? » – « Mais ce sont tous les membres du groupe, le responsable, celui qui enseigne, et les anciens de l’église. Ils sont tous sanctifiés. »

Quand le septième se leva, je me dis qu’il n’avaient aucun droit de témoigner. Je remarquai que la femme qui se levait posa sur le banc sa chique de tabac. Je supposai que cette chique allait la gêner ou l’indisposer dans la démonstration qu’elle voulait faire. Je me retins jusqu’au neuvième, mais il me fut impossible de les supporter davantage. Je dis : « Monsieur ! (Je ne sentais même plus que je devais l’appeler « Frère. ») Asseyez-vous ! » Il répondit : « Je ne vois pas pourquoi je devrais vous obéir ! » Je me levai, le pointai de mon index droit, et répétai : « Asseyez-vous ici ! » Il s’affaissa comme un veau qu’on abat. Mais il saisit son chapeau et se dirigea vers la sortie. Presque toute l’assemblée le suivit, environ quatre-vingt personnes. Onze personnes restèrent, la jeune fille qui avait reçu la sanctification dans une maison du village, et dix autres.

Je prêchai de mon mieux, et clôturai la réunion. En sortant, la femme de John me dit : « Restez bien derrière moi, parce qu’ils sont tous dehors, et je ne sais pas ce qu’ils vont faire ! » Quand nous passâmes sous le porche, l’homme que j’avais fait asseoir se précipita vers moi, et fit un bel étalage de ses capacités charnelles à manier la langue. Je dis : « Partons ! » Et nous partîmes. Ils nous suivirent sur une certaine distance, en me gratifiant de tous les noms du catalogue de la vengeance.

Comment le Saint-Esprit agit

Revenons maintenant au moment où John, dans la carriole, avait dit : « Je crois que c’est Jim ! » En réponse à ma question, il me dit : « Jim est l’homme que vous avez fait asseoir. C’est mon cousin. Je vois qu’il n’a pas son chapeau, et il crie pour me demander de m’arrêter. Frère Bevington, vous n’avez pas besoin d’avoir peur. J’ai un bon fouet avec moi, et je vous protégerai, même s’il est mon cousin ! »

Il arriva au galop sur son cheval, en criant comme un cow-boy : « Stop ! Stop ! Attendez ! » John s’arrêta. Il ressemblait plus à un Indien qu’à un blanc. Il se précipita en direction de la carriole, attacha ses rênes sur le frein, plongea dans le véhicule, et m’enlaça de ses bras, en disant : « Oh, Frère Bevington, priez pour moi ! Depuis ce fameux samedi soir, je suis en enfer ! » Je lui dis : « Voulez-vous vraiment de Dieu ? » – « Oh oui ! » – « Vraiment, au point de vous mettre à genoux ici même, dans cette carriole, sur cette route, devant tout le monde, pour supplier Dieu de vous montrer le chemin de la Croix ? » – « Oui ! Oui ! » Je dis à John : « Rapproche-toi de la barrière, John. » Il le fit, et nous nous agenouillâmes, Jim d’un côté de la carriole, et moi de l’autre côté. Environ une heure plus tard, il s’écria : « Oh, Dieu ! Oh, Dieu ! Aie pitié de moi ! Aie pitié de moi ! Seigneur, sauve-moi de cet horrible enfer dans lequel je suis en train d’être précipité ! » Il me dit : « Frère Bevington, venez ici ! Venez ici ! Prenez-moi la main, je suis en train de sombrer en enfer ! Oh, venez ici vers moi ! » Je lui dis : « Non ! Je ne viendrai pas ! Repentez-vous ! » – « Frère, je vous dis que je vais en enfer ! » – « Si vous aviez reçu ce que vous méritez, vous devriez y être depuis longtemps ! Repentez-vous ! Repentez-vous ! »

Nous restâmes près de cette barrière de neuf heures du matin à quatre heures trente de l’après-midi. Par trois fois, certains membres de sa famille passèrent par là, mais ils ne purent le faire descendre de la carriole. L’un de ses cousins, un riche fermier, passa avec un troupeau de moutons. Il dit à John : « Qui est dans cette carriole ? » – « Jim ! » – « Mais que fait-il donc là-dedans ? » Jim se mit à hurler : « Je suis en train de chercher Dieu ! » Le cousin proféra toutes sortes de menaces contre moi et contre nous tous. Mais Jim resta en place jusqu’à ce qu’il soit exaucé. Il se leva alors d’un bond, en hurlant comme un raton laveur. Il me saisit, sauta à terre avec moi, et me porta dans ses bras en courant pendant près d’une heure. Puis il sauta sur son cheval et repartit. Je dis à John : « Je suppose que je ne peux plus prendre de train maintenant. Je crois que nous ferions mieux de rentrer chez vous ! » C’était justement ce qu’il attendait.

Dieu nous conduit comme Il le juge bon

Beaucoup pourraient dire : « Mais, Frère Bevington, je croyais que vous deviez aller à la gare ! Comment Dieu peut-Il vous conduire à la gare, et puis vous empêcher d’y aller ? » C’est ici une leçon importante pour nous tous. Nous ne devons pas oublier que nous ne sommes que des êtres humains. Dieu ne nous révèle pas toujours Ses plans, mais Il nous conduit comme Il le juge bon. Si Dieu avait essayé de m’expliquer qu’Il voulait attirer Jim dans cette carriole sur une route publique, pour affronter toutes les situations embarrassantes par lesquelles il devait passer, afin d’expulser son esprit religieux, son christianisme de façade, tous les témoignages qu’il avait donnés pendant ces dix années passées, son antipathie contre le prédicateur de la sanctification qui avait détruit cette paisible famille, sa bonne réputation dans l’église Méthodiste, et tout ce qui s’en suit, si Dieu, dis-je, avait essayé de m’expliquer tout cela, cela m’aurait causé des tas d’ennuis. Mais admirez Sa sagesse ! Il m’a simplement dit : « Pars ! » Et Il m’a permis d’interpréter cet ordre comme je le pensais. De toutes façons, cela ne faisait aucune différence pour Lui. Vous voyez comment Il a pris ce raccourci pour régler tout ce qu’il fallait régler, afin d’amener Jim au salut. Dieu savait que je n’avais pas encore fini mon travail dans cet endroit. Mais Il savait que ce responsable devait être complètement transformé, brisé en mille morceaux, afin qu’Il puisse l’utiliser.

Comme Jim était reparti sur son cheval, il put arriver bien avant nous. Aussi, quand nous arrivâmes dans la cour de la ferme de John, nous vîmes surgir Jim et sa femme. Elle sauta de cheval et me dit en pleurant et en sanglotant : « Oh, Frère Bevington, pardonnez-moi ! J’ai été en enfer depuis ce fameux samedi soir ! » Nous entrâmes dans la maison. Nous allâmes tous dans la salle à manger, et nous nous prosternâmes face contre terre.

Sept semaines de réveil

Les sept semaines qui suivirent, toujours dans cette maison, furent parmi les plus remarquables de toute ma vie. Je ne pus jamais prendre le temps de me déshabiller, et je ne fis aucune prédication. Je restai nuit et jour prosterné face contre terre, priant, pleurant, gémissant, intercédant, implorant, suppliant, et assiégeant le trône de Dieu, en faveur de cette assemblée Méthodiste, forte de trois cents personnes.

Quand certains recevaient le salut et la sanctification, ils allaient chercher leurs amis, qui arrivaient par chariots entiers. Ils amenaient leurs provisions, mangeaient, faisaient souvent manger leurs vaches, et restaient là jusqu’à ce que toute la troupe soit sauvée et sanctifiée. Puis ils allaient chercher un autre groupe. Cela dura pendant sept semaines, jour et nuit. Ils ne prenaient qu’un seul repas par jour. Pourtant, il y avait tout le temps quelqu’un à la cuisine pour préparer des repas en permanence.

J’avais un tel fardeau que je ne voulus pas me relever pendant toute cette période. Je restai allongé à ma place. Parfois, ils venaient me nourrir comme un bébé. Plus tard, ils affirmèrent que plus de quatre cents personnes vinrent dans la maison. La plupart furent exaucés. C’était plus fort que tout ce que j’avais vu jusque là ! Certains priaient, pleuraient, rendaient témoignage, d’autres prêchaient, criaient, mettaient des choses en règle… Quant à moi, je continuai à rester face contre terre, baigné dans mes larmes. Quand tout fut terminé, on aurait dit que je venais de passer six semaines vraiment difficiles !

Je crois que le cas le plus remarquable fut celui de la femme de Jim. Elle était d’une nature assez bruyante et artificielle. Auparavant, quand elle donnait son témoignage, elle courait, criait et même hurlait. Elle fut la première à recevoir le salut et la sanctification, après être restée terrassée par la puissance de Dieu pendant près de soixante heures. Elle fut complètement transformée. Elle ne fit plus aucune démonstration de cette hilarité effrontée qui la caractérisait. Elle était devenue d’une douceur remarquable. Elle marchait en pleurant et en se tordant les mains, sans prononcer un seul mot, comme une petite fille de dix ans venant de la campagne. Je vous assure qu’après cette expérience, elle a marché dans son salut ! Avec son mari et beaucoup, oui, beaucoup d’autres, ils restèrent là jusqu’à ce qu’ils soient sanctifiés.

Bien entendu, la nouvelle que j’étais revenu se répandit dans le village. Les gens accoururent, même le prédicateur, qui fut lui aussi sanctifié, ainsi que sa femme et beaucoup de membres de son église. Vous voyez, cela paye d’écouter Dieu et de Lui faire confiance !

Jésus aime la prière persévérante

J’aime écrire ces expériences, et j’espère qu’elles béniront beaucoup de personnes, comme elles m’ont béni. La prière vraie, persévérante et sans égoïsme fait bouger les choses ! Nous avons besoin d’être sérieux dans ce que nous disons. Un jour, un papa disait à sa petite fille que Jésus n’a pas toujours l’intention de faire tout ce qu’Il a dit dans la Bible. Elle lui répondit : « Papa, si Jésus n’a pas l’intention de faire ce qu’Il a dit, pourquoi n’a-t-Il pas dit ce qu’il a l’intention de faire ? » Le papa s’écria : « Amen ! Voilà une parole de sagesse ! » J’ai vu des pasteurs se mettre à genoux et prier pour que Jésus guérisse certains membres de leurs églises, et qui semblaient prier sérieusement. Mais, quand parfois leurs prières étaient exaucées, ils étaient encore plus surpris que ne le furent ces premiers chrétiens, quand ils entendirent l’apôtre Pierre frapper à leur porte. J’ai le souvenir d’avoir entendu un pasteur prier ainsi, puis nier que Jésus guérissait.

Il y a des années, je faisais des réunions près de Lexington, dans le Kentucky. Dieu guérit instantanément une sœur qui était malade depuis huit ans. Leur pasteur monta sur l’estrade et affirma que Jésus n’avait rien à faire avec cette guérison. Pourtant, cette sœur ne pouvait pas se mettre debout depuis cinq ans. Le soir-même, elle pouvait se rendre à pied à l’église. Merveilleuse logique !

Je suis pris pour un aliéné

Un jour, je faisais des réunions dans l’Ohio, pas très loin d’un asile psychiatrique. Comme à mon habitude, je me rendis dans les bois. Pensant que personne ne m’entendait, je me permis d’être un peu bruyant. Je me mis à prier à haute voix, à brandir mes mains et mes bras, et à gesticuler d’une manière qui parut bizarre à quelqu’un. Il se trouvait que l’un des pensionnaires de l’asile s’était échappé, et l’on avait offert une récompense pour sa capture. Peu après, deux hommes qui traversaient les bois m’entendirent, m’observèrent, et conclurent immédiatement que j’étais ce fou qui s’était échappé. Comme ils tenaient à leur récompense, ils se dirent : « Puisque nous n’osons pas l’attraper nous-mêmes, courons au village, allons chercher la police, et revenons capturer ce gars ! »

Ils se hâtèrent de le faire, et allèrent rapporter leur découverte. Une escouade de policiers fut dépêchée dans trois véhicules, avec des cordes, des menottes, des chaînes, des attaches, et toute une panoplie d’équipements de sécurité. Quand ils surgirent à l’endroit où je me trouvais, j’avais terminé ma petite gymnastique et j’étais rentré dans la maison où je logeais. Comme c’était un endroit assez retiré, la maîtresse de maison fut assez intriguée quand elle vit arriver trois véhicules, chargés de sept hommes, s’arrêter près des bois et préparer tout leur équipement. Comme j’étais au premier étage, elle m’appela et me dit : « Frère Bevington, avez-vous remarqué ces hommes entrer dans nos bois ? » – « Non ! » Elle me demanda de descendre pour aller voir de plus près ce que faisait cette troupe. Mais comme j’ignorais ce que cela pouvait bien être, je remontai dans ma chambre..

Peu après, l’un des policiers frappa à la porte et dit : « N’avez-vous pas remarqué un fou qui s’est récemment échappé de l’asile, et qui a été vu dans vos bois cet après-midi ? » La femme se renseigna sur son signalement, ses habits et son comportement. Quand elle entendit la description que lui donnèrent les policiers, elle éclata de rire. Comme elle m’avait vu prier, elle dit : « Mais oui, il est ici chez moi ! » Elle s’approcha de la porte et m’appela. L’un des policiers était venu m’écouter prêcher deux fois, et il me reconnut aussitôt. Ils éclatèrent tous de rire, sauf les deux hommes qui croyaient tenir leur récompense !

Ainsi, nos prières produisent de l’effet. Taylor priait, luttait et intercédait pour l’Afrique. Un jour, Dieu lui dit : « Taylor, emballe tes affaires et va en Afrique ! » Vous voyez, c’est parce qu’il a prié qu’il est parti. Quant à moi, j’ai bien failli entrer à l’asile, mais ils me laissèrent aller !

J’aimerais dire ici que si l’un des lecteurs de mon livre se trouvait parmi ceux qui furent touchés au cours de ces sept semaines dont je viens de parler, il se souviendra certainement de ces réunions. Je serais très heureux qu’il m’écrive, pour me donner le plus de noms possibles. J’ai oublié les noms de toutes ces personnes, et j’aimerais beaucoup leur écrire. Je me souviens des prénoms de Jim et de John, mais pas de leurs noms de famille. Ecrivez-moi à Kingswood, dans le Kentucky, et votre lettre me suivra là où je serai, si je suis encore de ce côté-ci du ciel ! Je pense bien revoir là-haut un grand nombre de tous ces gens !

Dieu me montre les obstacles spirituels

Une année, alors que je me trouvais au camp de Cincinnati, je fus invitée à me rendre en aval de la rivière pour y faire des réunions. Je n’ai pas gardé un souvenir très précis de ces réunions. Mais il y avait là une sœur qui était alitée et qui ne pouvait pas assister aux réunions. J’allai prier pour elle. Je me rendis compte qu’il y avait un obstacle, mais je ne voyais pas lequel. Je voulus savoir si ce n’était pas un retard de la même nature que celui qui est rapporté dans Daniel 10. Je me rendis donc dans une grange, puis dans les bois. J’avais déjà prié pour cette sœur auparavant, et elle avait été guérie.

Quarante-huit heures environ plus tard, Dieu me montra qu’elle n’avait jamais rendu témoignage de sa première guérison. Je retournai donc la voir pour lui rappeler sa négligence. Elle réfléchit un moment et dit : « Frère Bevington, qui vous a donc dit que je n’avais jamais témoigné ? Celui qui vous l’a dit est un menteur ! » Je lui dis : « Sœur, vous n’avez jamais rendu témoignage de votre guérison dans cette église Méthodiste où vous vous trouvez maintenant. » – « C’est vrai, je ne l’ai jamais fait ici, mais je l’ai fait une fois au camp de Cincinnati, pendant une réunion en plein air. » – « C’est bien le problème ! Là-bas, personne ne vous connaissait, vous ne risquiez rien, cela ne vous coûtait rien, et vous ne couriez pas le danger que quelqu’un vous pointe du doigt ! Sœur, vous avez été trop lâche pour témoigner dans votre église de ce que Dieu avait fait pour vous, et Jésus a dit que celui qui aura honte de Lui et de Ses paroles, le Fils de l’Homme aura honte de lui ! »

Elle me dit : « J’aimerais savoir qui vous a dit cela ! » – « C’est Dieu qui me l’a dit, quand j’étais dans les bois. » – « Oui, c’est vrai. Frère Bevington, voulez-vous demander à Dieu de me pardonner ? » – « Si vous pouvez convaincre Dieu que vous êtes prête à vous présenter devant tous ces moqueurs pour témoigner, je pense qu’Il vous guérira. Mais vous devrez Le convaincre, ce qui n’est pas rien ! Vous pourriez facilement me convaincre, mais vous n’avez pas affaire à Bevington dans votre cas. Vous avez affaire à Dieu, l’Eternel qui voit tout. Dieu n’a que faire des lâches. »

Je la laissai donc et retournai dans les bois. J’y restai environ six heures. Puis je partis de l’autre côté de ces bois. Je ne retournai pas à sa maison, mais allai à plusieurs miles de là pour y faire des réunions. Pendant ce temps, elle allait de plus en plus mal. Je fis quatorze jours de réunions en cet endroit. Plusieurs personnes trouvèrent le Seigneur, et deux furent guéries. Elle apprit où j’étais et me fit chercher. J’y allai, et elle me dit : « Je suis dans de grands problèmes. J’ai dit au Seigneur que je témoignerai dans mon église. » Je répondis : « Je pense qu’Il sait que vous mentez, comme vous avez menti il y a quelque temps. » Je saisis mon chapeau et retournai dans les bois. J’y restai environ trois jours, car je désirais vraiment qu’elle parvienne au point où Dieu pourrait lui faire confiance. Elle avait des dons et des talents que Dieu pourrait utiliser, s’Il parvenait à obtenir qu’elle Lui obéisse. Elle était stupéfaite de la manière dont je me comportais, et faillit en conclure qu’il y avait quelque chose de complètement erroné dans ce que je lui avais dit.

Dieu touche un cœur endurci

Mais je restai sur la colline, sous un grand chêne, suppliant Dieu de la réveiller, et de la conduire là où Il voulait. Dieu fut à l’œuvre. Le quatrième jour, l’après-midi, Dieu me dit : « Va la trouver immédiatement ! » J’y allai. Quel spectacle s’offrit à mes yeux ! Elle pleurait depuis quarante-huit heures. Quand je frappai à la porte, je l’entendis me répondre, entre ses sanglots : « Entrez ! » Lorsque j’entrai, elle étendit ses mains vers moi, et me dit : « Oh ! Je suis si contente que vous soyez là ! Dieu a exaucé votre prière ! Pardonnez-moi, oh, pardonnez-moi, d’avoir été si dure envers vous, et d’avoir tellement dit du mal de vous ! Je le regrette vraiment ! Je ne me rendais même pas compte que j’étais si méchante ! »

C’était pour cela que j’étais resté si longtemps dans les bois. Ce cœur orgueilleux devait être subjugué. Voyez-vous, elle n’avait jamais eu rien d’autre qu’une religion de réunions de maison. J’étais pleinement convaincu qu’elle n’avait jamais reçu le Saint-Esprit. J’ai toujours eu beaucoup de mal à croire que l’on pouvait garder la sanctification tout en perdant le salut ! J’avais donc le sentiment qu’elle était entièrement rétrograde, mais je ne jugeai pas sage de le lui dire. Elle m’avait simplement dit : « Frère Bevington, j’ai perdu ma sanctification ! Car si je l’avais gardée, je n’aurais jamais eu les sentiments que j’ai pu avoir envers vous. » Il faut de la sagesse quand vous entendez cela, car je suis certain que si je lui avais répondu à ce moment-là : « Sœur, vous êtes une rétrograde, » elle ne l’aurait jamais accepté. Je préférai donc aller dans les bois, et supplier Dieu de le lui montrer, car Il semble mieux à même que nous de traiter de tels cas si urgents !

En descendant de la colline, je passai encore cinq heures dans la grange, et je criai à Dieu : « Oh, mon Dieu, ne permets pas qu’elle soit séduite ! » Ces cinq heures de combat dans la grange permirent à Dieu d’allumer Ses rayons X. Elle me dit : « Frère Bevington, je suis sûre que vous allez être très surpris par ce que je vais vous dire, mais je sens qu’il faut que je vous le dise. Je suis complètement rétrograde. Ne priez donc pas pour que je retrouve ma sanctification, mais pour que je retrouve mon salut ! »

Le Royaume et la Justice de Dieu d’abord

C’est ce qui se passe environ sept fois, ou peut-être neuf fois sur dix. Nous agissons très mal dans notre travail pour le Seigneur. Dieu est bien plus qualifié que nous ! Trois heures plus tard, elle fut glorieusement bénie et retrouva son salut. Elle fut remplie de joie, et me dit : « Frère, je me demande si je n’ai pas aussi reçu la sanctification, je me sens si heureuse ! » Je lui dis : « Avez-vous jamais vu quelqu’un recevoir la sanctification en même temps que la régénération ? » – « Mais je me sens si heureuse ! » – « C’est normal que vous vous sentiez heureuse ! Une femme qui est assez méchante pour claquer sa porte au nez d’un ami tel que Jésus, pour Le traiter comme vous L’avez traité, un ami qui vous pardonne tendrement un tel traitement, qui vous entoure de Ses bras d’amour, qui vous rend la joie que vous aviez, vraiment, c’est normal que vous soyez heureuse ! » Elle dit : « Je crois que vous avez raison. Pouvons-nous prier maintenant pour ma guérison ? » – « La Parole dit : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice. » Etes-vous vraiment remplie de Sa justice en ce moment, puisque vous n’avez reçu que la régénération ? » – « Non, je dois l’avouer. Mais que dois-je faire ? » – « Voulez-vous recevoir la sanctification ? » – « Oui, certainement ! » – « Pourquoi donc ne pas prier pour votre sanctification ? » – « Il me semblait que si j’étais d’abord guérie, je pourrais mieux prier pour être sanctifiée ! » – « Eh bien, il vaudrait mieux régler clairement cela dans la Parole ! »

Je saisis mon chapeau et me préparai à partir. Mais j’étais resté presque sept jours sans rien manger. Je me rendis dans la cuisine, et dis à sa fille que j’avais faim. Elle me prépara un bon repas, et je mangeai avec appétit. Ils avaient aussi une petite fille d’environ sept ans, qui me vit dans la cuisine. Elle alla trouver sa mère dans sa chambre et lui raconta ce que je lui avais dit à propos d’une petite fille de Cincinnati. Sa mère lui dit : « Dis-lui de venir ici. » Elle ne savait pas où j’étais allé. Elle me dit : « Je n’ai plus aucun mauvais sentiment contre vous. Croyez-vous que Jésus veut me guérir ? » – « Il pourra le faire, quand vous aurez reçu le Saint-Esprit ! »

Elle poussa un long soupir, et finit par dire : « Bon. Je suis d’accord pour recevoir le Saint-Esprit. » Je commençai donc à prier. Il était environ quatre heures de l’après-midi. Je restai dans cette maison quatre nuits et trois jours, m’accrochant à Dieu pour qu’elle meure à elle-même. Ni elle ni moi ne mangeâmes pendant cette période d’examen. Dieu nous exauça. Elle fut sans doute la personne la plus coriace que j’eus rencontrée depuis quelque temps.

Son mari reçoit le salut et la sanctification

Son mari n’était pas sauvé, mais il croyait fermement en l’entière sanctification, et il m’encouragea en permanence. Il était aussi un avocat résolu de la guérison divine. Il me dit plusieurs fois que si nous pouvions la conduire au point où Dieu pourrait la toucher, Il la guérirait.

Le quatrième jour, au petit matin, elle bondit hors de son lit. Seule sa fille était levée. Sa mère se mit à crier : « Je suis sanctifiée et guérie ! Oh, cette fois c’est pour de bon ! » Je la revis deux fois après cela, et je vis qu’elle était entièrement changée.

Ensuite, ce fut le mari qui voulut que je reste encore un jour. Je me rendis dans la grange, car j’étais quelque peu épuisé. Là, j’intercédai pour lui. J’en sortis vers treize heures trente. Il était dans une autre grange, dans un box, et priait comme un brave garçon. C’était pour cela que j’avais aussi travaillé pendant toutes ces semaines, et que j’avais agi de manière bizarre. Mais tout cela avait compté. Ce soir-là, vers dix heures trente, il parvint au but.

Nous l’entendîmes, sur l’estrade du camp de Cincinnati, donner une preuve évidente qu’il possédait à présent ce qu’il approuvait mentalement peu de temps auparavant. Ecoutez bien ceci : Y a-t-il quelque chose qui soit trop difficile pour le Seigneur ? Ne pouvons-nous pas accepter les incompréhensions, les médisances, les calomnies, les mensonges que l’on répand sur nous, et même le rejet pur et simple, si cela peut être pour Dieu le moyen d’attirer des âmes à Lui ?

Il n’est pas nécessaire que nous comprenions tous les « pourquoi » et les « comment, » mais notre part, c’est d’être sérieux avec Dieu. Je n’étais pas parfaitement satisfait de l’état spirituel de cette femme, mais j’ai écouté Dieu. Peu à peu, je reçus certaines révélations qui m’ôtèrent tous les doutes que j’avais. Puisqu’Il me faisait ces révélations, je pus Lui faire confiance pour les choses que j’avais encore besoin de connaître, à mesure qu’elles devenaient nécessaires.

Dieu nous révèle donc rarement tous Ses plans, concernant certaines personnes qu’Il nous confie. Il veut que nous avancions étape après étape. Dieu avait en vue l’entière sanctification et la guérison de cette femme, ainsi que le salut et la sanctification de son mari. Tout était prêt dans Ses plans parfaits. Il Lui fallait à présent trouver quelqu’un qui accepte de faire certaines choses très déraisonnables, d’un point de vue humain, pour Lui permettre d’accomplir Ses desseins. Eh bien, Il vit qu’Il pouvait faire confiance à Bevington pour cette tâche importante, et Il me la confia. Il fallut en gros sept semaines pour l’achever. Je passai le plus clair de mon temps dans la solitude, dans les bois ou dans une meule de foin. Quand Dieu peut nous attirer dans la solitude, c’est là qu’Il accomplit Ses plus grandes œuvres !
Chapitre 6

Expériences personnelles avec Dieu

J’aime beaucoup penser à John Wesley. J’aimerais citer beaucoup de ses déclarations et de ses œuvres, faites par la main de Dieu. Toutes les ressources du ciel sont à la disposition de Dieu. Il n’a qu’un ordre à donner, et tous les éléments obéissent à Sa volonté. « Tout est possible à celui qui croit ! » Combien cela est vrai ! Si notre foi en Dieu n’a pas de limites, nous obtiendrons tout ce que nous demandons. Amen ! Les témoignages merveilleux concernant la vie de Wesley ne sont pas limités à son époque. Nous avons les mêmes privilèges que lui !

Le miracle de la pluie

A une certaine époque, je passai quelques mois, dans le nord de l’Indiana, avec mon seul frère alors vivant, R. Depuis lors, il est parti jouir de sa récompense céleste, me laissant seul encore en probation, parmi treize frères et sœurs. Il y avait alors avec lui un jeune garçon, qui avait reçu une éducation catholique. Nous étions en route pour Michigan City, à plusieurs miles de là, montés sur un chariot. Aucun de nous n’avait d’imperméable ni de parapluie. Il commença à bruiner, puis à pleuvoir. Je dis à Harry, le jeune garçon : « Je ne tiens pas à me mouiller. Ce serait très mauvais pour ma santé, car le vent du lac serait trop glacial avec cette pluie. S’il continue de pleuvoir, je vais faire une prière. »

Je fis une prière, et, cinq minutes plus tard, la pluie cessa. Harry dit : « Eh bien, c’est merveilleux ! Je n’ai jamais rien vu de pareil ! Chez moi, tout le monde va à l’église, mais je n’ai jamais rien vu de pareil ! » Dieu me donna donc une occasion de Lui permettre de déployer Sa puissance, en présence de ce jeune garçon qui l’ignorait.

Je suis guéri d’une grosseur sur l’œil

Depuis environ sept années, j’avais quelque chose qui poussait sur l’une de mes paupières. Parfois, cela se réduisait à une excroissance de la taille d’un gros grain de blé, puis cela atteignait une longueur de près de trois centimètres. Comme cela ne me dérangeait pas beaucoup, je n’avais pas beaucoup dérangé Jésus à ce sujet.

Peu de temps après le miracle de la pluie, je dus aller à plusieurs miles du village de Jerry, pour y tenir des réunions. Le dernier dimanche, cette grosseur atteignit une taille exceptionnelle. Cela me dérangea lorsque je lus la Parole, et cela me faisait très mal. Je m’en accommodai jusqu’à mon retour à Jerry, le lundi suivant. Mais l’excroissance était si grosse que Harry ne put manquer de s’en apercevoir. Il fut stupéfait de voir mon œil tout enflé et enflammé. Il me dit : « Oncle Guy, pourquoi ne demandes-tu pas à Jésus de t’enlever cela ? Il a arrêté la pluie pour toi. Est-ce qu’Il ne voudrait pas t’enlever cette grosseur ? » Je lui répondis : « Je pense qu’Il le veut ! »

En allant me coucher, je m’agenouillai donc et priai la prière de la foi, en demandant que la grosseur disparaisse d’ici le lendemain matin. J’allai me coucher, et me levai avant Harry. Je descendis faire ma toilette. Je n’avais plus pensé à la grosseur depuis ma prière de la veille. D’habitude, elle me faisait mal quand je me lavais.

Peu après, Harry se leva et vint voir ce qui s’était passé. Il courut à ma rencontre, et me dit : « Alors, oncle Guy, que s’est-il passé avec ce machin sur ton œil ? » – « Eh bien, regarde ! » Il n’en restait aucune trace, pas même une cicatrice ! Il appela mon frère et lui demanda de se lever pour venir voir ce que Jésus avait fait pour l’oncle Guy. Le garçon dit : « Je ne comprends pas pourquoi on ne fait pas comme ça chez moi ! Une fois, j’ai eu mal au genou et j’ai dû manquer l’école pendant des mois ! Et ils ont dû dépenser beaucoup d’argent ! »

Dieu me guérit d’un cancer

Depuis six ans, j’avais aussi un gros bouton douloureux qui s’était développé sur mon corps. Il ne m’avait jamais beaucoup gêné. Je ne m’en étais donc pas beaucoup occupé. Mais, cet été là, pendant mon séjour à Jerry, le bouton devint très douloureux, atteignant la taille d’une pièce de vingt-cinq cents. Il était entouré de plusieurs cercles concentriques de différentes couleurs. Cela me faisait si mal que je ne pouvais pas me frotter la peau près du bouton, à plus forte raison toucher le bouton lui-même. Je ne pouvais pas me coucher sur lui.

Je commençai à trouver que cela suffisait, car il devenait de plus en plus gros et sensible. Je montai dans ma chambre, appelai le garçon, et lui montrai mon bouton. Il le jugea très vilain et dit que c’était un cancer. J’en parlai à un docteur, et il me confirma que c’était certainement un cancer. Je posai donc ma main sur ce bouton, et priai la prière de la foi, demandant à Dieu de me l’enlever. Six minutes plus tard, il ne me faisait plus mal du tout. Je pouvais le frotter et le pincer, sans ressentir la moindre douleur. Il y avait toujours les anneaux colorés, mais tout était parti le lendemain matin.

Les conséquences des prodiges et des miracles

Vous voyez donc que ce jeune garçon eut l’occasion d’apprendre trois bonnes leçons, simplement par l’exercice de la foi. Il écrivit chez lui, à ses parents, et leur demanda s’ils ne pouvaient pas entrer dans la même église que celle de l’oncle Guy ! Il leur raconta ce qu’il avait vu, en réponse à la prière. Il en résulta la conversion de toute cette famille. Gloire à Dieu ! Quel bonheur d’avoir un tel Dieu !

Combat persévérant et victoire

Après cela, on me demanda d’aller prier pour une sœur qui souffrait beaucoup depuis huit ou neuf ans. Je priai pour elle, et elle s’endormit. Je me retirai donc dans ma chambre. Le lendemain matin, elle me dit qu’elle n’avait jamais aussi bien dormi depuis huit ans, jusqu’à quatre heures du matin. A ce moment-là, elle fut reprise par ses anciennes douleurs et souffrit terriblement, au point qu’ils vinrent me réveiller. Je lui imposai les mains et priai pour elle. Elle s’endormit rapidement. Quand nous prîmes notre petit déjeuner, elle dormait encore. Son mari n’avait que faire d’un prédicateur de la sanctification. Il recevait chez lui le groupe de maison, et cela semblait bien lui suffire. Il pensait donc qu’il fallait arrêter, et laisser sa femme tranquille.

Je pris donc ma Bible et allai dans les bois. Quand j’entendis la cloche du déjeuner, je revins. Je vis qu’elle souffrait encore. Je priai à nouveau pour elle, et elle fut délivrée. Après déjeuner, je retournai dans les bois. A quinze heures trente, la cloche sonna à nouveau. Elle souffrait encore ! J’allai me mettre à genoux pour prier, et continuai à prier jusqu’à ce qu’ils m’appellent pour dîner. Je leur dis que je ne voulais pas manger. Je m’accrochai à Dieu, augmentant ma vision de Sa puissance. J’invoquai simplement Ses promesses, croyant que Dieu interviendrait, malgré le fait qu’elle continuait à souffrir.

Son mari vint la trouver et lui dit : « Je veux que tu prennes ce médicament ! Je ne peux pas supporter de te voir souffrir ainsi, à cause des conseils de ce fanatique ! » Je ne dis rien, mais priai pour qu’elle le refuse. Elle refusa de boire le médicament. Elle dit à son mari : « Je veux m’appuyer sur Dieu. Depuis que le Frère Bevington est ici, Dieu m’a déjà merveilleusement délivrée trois fois, et je crois qu’Il veut me guérir complètement ! » – « Mais j’aimerais quand même en voir quelques signes ! »

Quant à moi, je continuai à prier, prosterné face contre terre. A neuf heures du soir, je me levai et allai poser ma main sur son front. Je levai la main droite, en tenant ma Bible, et je dis : « Au nom de Jésus-Christ, va-t’en, va-t’en ! » J’ouvris les yeux et vis qu’elle souffrait toujours. Je tins bon. J’exigeai un départ immédiat de ces douleurs, en continuant à brandir ma Bible et à invoquer les promesses.

Quand je regardai ma montre, il était quatre heures et quart du matin. Elle souffrait toujours, mais pas autant. Je brandissais toujours ma Bible, la changeant de main de temps en temps. Son mari se leva, et vit qu’elle avait eu une nuit difficile. Il avait l’habitude de s’occuper d’elle. Rien qu’en la regardant, il pouvait voir immédiatement dans quel état elle se trouvait. Il empoigna le médicament, m’écarta de son chemin, et lui ordonna d’ouvrir la bouche pour l’avaler. Elle ouvrit les yeux, sourit, et refusa en hochant la tête. Mais je pus voir qu’il écumait. Il était déterminé à ne plus la voir souffrir, puisqu’ils avaient le remède adéquat. Il se tourna vers moi et dit : « Quittez cette chambre ! Prenez vos affaires et sortez de cette maison ! »

Je sortis, en continuant à intercéder et à croire. De son côté, elle refusa de prendre le médicament. J’étais resté sous un arbre et j’étais en train de m’accrocher à Dieu, quand le mari sortit et me décocha un coup assez violent. Il me dit : « Je vous ai dit de partir d’ici ! Je ne plaisante pas, je ne vous le répéterai plus ! » Je continuai à prier et à m’accrocher à Dieu, sans bouger ni dire un mot. J’étais certain que la victoire était proche. J’étais dans une paix parfaite, malgré la tempête qui faisait rage à côté de moi. J’avais une tranquille et calme assurance qu’elle allait être guérie. Je restai aussi calme que je le pus, craignant que le moindre mouvement de ma part ne rompe le contact que j’avais avec Dieu. Je ne voulais même pas respirer. En fait, je retins ma respiration à plusieurs reprises.

Le mari sortit à nouveau. Je me tournai, et lui dis : « Laissez-moi rester ici encore une heure ! » – « Je vous ai dit de partir d’ici ! » – « Donnez-moi encore une heure et vous allez voir la puissance de Dieu ! » – « Cela fait vingt heures que durent vos stupidités, cela suffit ! » Il se dirigea vers la grange pour y prendre le grand fouet réservé aux chevaux.

Je me levai et rentrai dans la maison, pleinement assuré de la victoire. Quand je pénétrai dans la chambre, la femme leva la main droite et fit un large sourire. Elle me dit : « Frère Bevington, nous avons la victoire ! » Je m’écriai : « Amen ! » et sortis. Je n’avais pas encore atteint la porte donnant sur l’extérieur que j’entendis le bruit de ses pas. Elle sortit en courant et se dirigea vers la grange en criant de toutes ses forces. Son mari revenait tout furieux, avec le fouet, décidé à me donner une bonne raclée. Mais toute sa fureur se dissipa lorsqu’elle se jeta à ses genoux en louant Dieu et en priant pour lui.

Il m’appela. Je les rejoignis, et nous eûmes une bonne vieille réunion de prière et de louange, au milieu de la pelouse et des mauvaises herbes. Oui, trois mondes observaient cette scène ! Le mari fut exaucé et reçut le salut. Quel moment merveilleux !

Elle retourna à son église et rendit témoignage devant toute l’assemblée. Tout le monde pleurait et riait, certains criaient. Le pasteur ne parvint pas du tout à prêcher au cours de cette réunion. Vous voyez, cela paye de s’accrocher à Dieu ! Il travaille d’une manière complètement différente de la nôtre ! Eh bien, alléluia ! Amen !

Louons le Seigneur !

Nous sommes le 12 Avril 1923. Je suis à South Ashland, dans le Kentucky, couvert du sang de Jésus, gloire à Son nom ! Jésus m’a racheté, m’a purifié, m’a guéri, et a porté sur Lui mes maladies à la Croix. Gloire à Dieu ! Il ne veut pas que nous soyons malades, puisqu’Il nous a délivrés. Alléluia ! Oh, louons-Le, exaltons-Le, afin que le monde puisse Le voir à travers nous. Le monde ne peut voir Jésus qu’en Le voyant en nous et à travers nous.

Il est important d’écouter Dieu

Une autre fois, après le camp de Cincinnati, je fus poussé à aller en aval de la rivière, pour voir comment les gens allaient à Rising Sun. Je me rendis à la gare, et j’appris que je devais attendre pendant au moins quatre heures. Pendant que j’attendais, une voix sembla me dire : « Va voir Madame… » Elle habitait à près de trois miles de là. Cette voix me sembla si claire qu’il fallut que je l’écoute avec attention. Je pris donc ma valise et mon baluchon, entrai dans un drugstore, et demandai la permission de leur laisser un moment mes affaires. Je me mis en route, mais la voix se fit rapidement entendre : « Retourne chercher tes affaires. »

Cela me parut si insensé que je crus que c’était la voix de Satan. Je dis : « Oh non ! Tu ne m’auras pas. Tu ne feras pas retourner chercher mes affaires, pour revenir ici dans deux heures ! » Je poursuivis mon chemin. Mais cette voix continuait à me demander de retourner chercher mes affaires. Elle était si claire que je dus m’arrêter pour lui accorder plus de considération. Comme cela m’arrivait si souvent, mes merveilleuses facultés de raisonnement étaient en pleine forme, et semblaient vouloir me conduire tout au long de cette journée. Mais je ne parvins pas à faire taire cette voix. Il fallut que je rebrousse chemin pour récupérer mes affaires, à mon grand dépit.

Je me rendis à l’endroit où je savais que ces gens vivaient, mais ils avaient déménagé. Ceux qui habitaient là ne purent pas me renseigner beaucoup. Je me dis donc : « Tu vois, quelle stupidité d’avoir porté ces affaires pendant six miles, pour revenir maintenant en ville ! » Je revins sur mes pas, à une bonne allure. Mais la voix que j’avais entendue au début me dit : « Va chez Madame M. ! » Je dis : « Mais je ne peux pas y aller si je ne sais pas où elle habite ! » Je préférais me dépêcher de rentrer en ville pour attraper ce train. Mais j’entendais la voix résonner à mes oreilles : « Retourne ! Retourne ! Retourne ! » Je m’arrêtai net comme si quelqu’un m’avait empoigné, et la voix dit : « Veux-tu, ou ne veux-tu pas retourner ? » J’étais stupéfait. Qu’est-ce que cela pouvait signifier ?

Je revins cependant sur mes pas, et me dirigeai vers la plus proche maison. Ceux qui habitaient là savaient où étaient les gens que je cherchais. Je m’y rendis, et trouvai la femme assise sous un arbre. Dès qu’elle me vit, elle s’écria : « Je savais que vous alliez venir, je savais que vous alliez venir ! » – « Comment le saviez-vous ? » – « C’est le quartier général qui m’a prévenue ! » Elle pointa le doigt vers le ciel. « Je souffre depuis longtemps d’une plaie purulente sur ma jambe. J’essaye de faire mon travail dans cette ferme, pour mon mari et mes deux enfants, mais je souffre jour et nuit ! J’ai entendu dire que vous étiez au camp, et j’ai commencé à prier que le Seigneur vous envoie ici. Hier, j’ai reçu une vision, et je vous ai vu arriver. J’étais donc tout-à-fait tranquille. Mais je vous attendais plus tôt ! »

Bien entendu, elle ne savait pas tout le mal que j’avais eu à écouter la voix de Dieu. Je compris tout de suite ce que j’avais à faire. Je me débarrassai de mon manteau, allai dans la cuisine, et m’attaquai aux marmites et aux casseroles. Le soir, je priai pour elle, et elle s’endormit pendant que je priais. Son mari me poussa du coude, et me dit : « Elle dort ! C’est la première fois depuis longtemps que je la vois dormir sans médicaments ! »

Le lendemain, j’allai prendre mon petit déjeuner, et me préparai à faire une grande lessive. A sept heures, j’appris qu’elle souffrait violemment depuis trois heures du matin, mais qu’elle avait bien dormi jusqu’à cette heure. Elle dit : « Oh, Frère Bevington, je suis tellement accablée ! Priez pour moi, s’il vous plaît ! » Je commençai donc à prier. Dix minutes plus tard, elle dormait déjà. Je fis la lessive jusqu’à l’heure du déjeuner, puis préparai le repas pour les trois hommes qui étaient là. Quand j’allai la voir pour lui demander ce qu’elle voulait manger, je vis qu’elle souffrait encore.

Je m’attaque sérieusement au problème

Ce manège continua pendant environ une semaine. J’obtenais la victoire pour elle chaque fois que je priais, mais ses douleurs continuaient à revenir. Je commençai à en avoir assez, et je décidai de m’attaquer sérieusement au problème. Je priai jusqu’à ce que le feu descende, et elle fut complètement délivrée. Le lendemain, elle me dit : « Frère Bevington, j’ai deux filles que je n’ai pas revues depuis plusieurs années. Accepteriez-vous de rester ici pendant trois semaines, pour faire mon travail, et pour que je puisse aller les voir ? » Je dois dire que sa demande me surprit. Mais, après avoir prié, je compris qu’il fallait que je reste. Ce verset me revint en mémoire : « Par honneur, usez de prévenances réciproques. » Elle fit ses bagages et partit. Elle profita bien de ses trois semaines avec ses filles, et revint complètement transformée. Elle n’avait plus jamais souffert à nouveau de sa jambe. A Jésus toute la gloire !

Ingéniosité humaine contre puissance de Dieu

La multiplication de tous les appareils inventés par les hommes aboutit à la diminution de la puissance de Dieu, d’une manière directement proportionnelle. Dans beaucoup d’endroits, on a tellement recours aux instrument créés par l’ingéniosité humaine qu’il ne reste pratiquement plus aucune puissance pour faire tourner la maison de Dieu ! Le Seigneur n’acceptera jamais de faire passer Sa puissance par tous les mécanismes de la sagesse et des méthodes humaines, qui sont si maladroites, si lourdes et si grossières. Alors que par la prière, nous pouvons puiser dans le réservoir de la puissance divine. Tout ce qu’il nous faut, c’est savoir prier correctement ! Comme le dit le cantique :

Pas comme je le veux,

Pas comme tu le veux,

Mais Dieu répondra,

Comme Il le voudra !

L’Evangile de la guérison est une bonne nouvelle ! Il s’adresse à tous ! Je sais que tout l’enfer se déchaîne contre la doctrine biblique de la guérison divine. Mais il nous appartient de rester bien éveillés et d’être au mieux de notre forme, si nous voulons que nos prières soient exaucées.

Guérison d’une épileptique

Un jour, nous faisions des réunions à R. Une belle jeune femme commença à assister à toutes les réunions, mais elle était handicapée par une terrible maladie, l’épilepsie. J’appris pourquoi elle avait dû manquer certaines réunions. Je me rendis chez elle, priai la prière de la foi, et elle ne manqua plus une seule réunion pendant tout le temps que dura ma mission à cet endroit. Je l’ai entendue témoigner plusieurs fois au camp de Cincinnati. Je glorifie Jésus, car c’est Lui qui l’a fait.

Guérison d’un homme qui souffrait de névralgies

Un frère qui était là vint me trouver et me dit qu’il souffrait de névralgies depuis des années. Il me dit : « Si Jésus a pu guérir ces deux personnes, pourquoi ne pourrait-Il pas me guérir ? » – « Il vous guérira, si vous voulez Lui en donner l’occasion. » – « Mais bien sûr que je le veux ! » Je lui fis donc une onction d’huile. Vingt minutes plus tard, il me dit qu’il ne souffrait plus du tout. Plus tard, il eut l’occasion de me dire que ses souffrances n’étaient plus jamais revenues. Gloire à Jésus ! Quand allons-nous donc apprendre à Lui faire confiance ? » Arrêtez-vous, posez-vous encore cette question, et réfléchissez-y !

Guérison d’une femme malade depuis huit ans

Dans l’Ohio, une sœur chez qui nous faisions des réunions était sérieusement malade. Elle avait dû passer la moitié de son temps au lit depuis huit ans. Elle avait pourtant pas mal d’enfants dont elle devait s’occuper. Je me rendis chez elle et lui fis une onction d’huile.

Pourtant, l’atmosphère spirituelle me semblait très lourde. J’avais eu beaucoup d’hésitations, et il me fallut un bon moment pour arriver au point où je ne permis plus à mes yeux de s’attarder aux circonstances ni à l’atmosphère. Je dus me lever brusquement et la quitter sans invoquer de raison. Je me rendis dans la grange, et m’y prosternai pendant plusieurs heures. Puis je fus poussé à retourner la voir pour lui faire une nouvelle onction d’huile. Près de quarante minutes plus tard, elle leva la main, et dit calmement : « C’est fait ! Je suis guérie ! » Puis elle se leva, s’habilla, et prit un bon repas. Ce fut la fin de tous ses ennuis ! Ainsi, crions donc Amen ! Et nous verrons le diable s’enfuir. Il ne peut pas supporter les Amen que nous lançons vers le ciel !

Guérison d’une mère de famille gravement malade

Un jour, alors que je séjournais à Ironton, je partis faire des réunions à la campagne. Selon mon habitude, je visitai les maisons, distribuai des traités, et prévins les enfants d’une réunion spéciale qui était programmée pour le dimanche suivant. Je priai aussi là où on me permit de le faire. J’entrai dans une maison où il y avait plusieurs enfants. L’aîné avait environ dix ans. On aurait dit qu’il y avait besoin d’une mère dans ce foyer. J’annonçai aux enfants la réunion prévue pour eux dans la salle de classe, ainsi que la réunion du dimanche pour les adultes. Peu après, la mère descendit de l’étage, la tête entourée de bandes. Elle semblait souffrir. Elle me demanda de l’excuser pour l’état dans lequel se trouvait la cuisine, car elle souffrait d’une névralgie aiguë depuis plusieurs jours, et elle était incapable de faire quoi que ce soit. Elle me dit : « Je vous ai entendu parler d’une réunion pour dimanche, et de réunions pour les enfants. J’ai plusieurs enfants qui ont besoin de beaucoup d’enseignement, alors je me suis dit qu’il fallait que je descende pour voir de quoi vous parliez. » Je lui dis : « Vous avez une névralgie ? Mais êtes-vous sauvée ? » – « Oui, monsieur. » – « Bien, mais croyez-vous que Jésus peut vous guérir ? » – « Je sais qu’Il le peut, si j’ai la foi. » – « Mettons-nous tous à genoux et approchons-nous de Jésus. » Nous commençâmes à prier calmement. Quarante minutes plus tard, je vis voler les bandes. Elle s’était arrachée toutes les bandes, en disant : « Je ne sens plus aucune douleur dans mon corps ! » Puis elle se releva et commença à arpenter la pièce en louant Dieu. Des larmes de joie et de gratitude coulaient sur ses joues. Elle serra dans ses bras tous ses enfants, et je fus réjoui de la voir apprécier ainsi ce que Jésus avait fait.

Elle me dit : « Frère, passez dans l’autre pièce. Je vais faire un peu de ménage, et vous préparer à manger. » Comme il n’était que dix heures trente, je lui dis : « Je vais faire un tour pendant une heure, pour distribuer encore des traités, puis je reviendrai. » A mon retour, à midi moins le quart, elle avait soigneusement nettoyé la maison. Combien son apparence était changée depuis la première fois que je l’avais vue descendre les escaliers ! Nous prîmes un bon déjeuner. J’enseignai un nouveau cantique aux trois filles. Permettez-moi de vous dire que la plus jeune de ces filles prêche actuellement la sanctification ! Elle s’appelle Celia Bradshaw. Elle a fréquenté un ou deux ans l’Ecole Biblique de Dieu. C’est une petite qui m’est très chère.

Nous fîmes une première réunion pour les enfants de douze à seize ans dans la salle de classe. (Il y avait rarement les mêmes enfants deux dimanches de suite.) Je continuai mes tournées pour rencontrer d’autres enfants. Je leur appris de nouveaux cantiques. Le dimanche suivant, ils étaient 156 dans la salle de classe ! Le responsable de la salle ne savait que faire, car il n’avait personne pour les enseigner. Nous les séparâmes donc en deux classes. Je pris tous ceux qui avaient moins de douze ans, et il prit les autres.

Je mentionne tout cela pour montrer ce qui se passe quand on fait un peu de travail personnel. Avant mon départ, la maman qui avait été guérie fut sanctifiée, ainsi que sa mère. Celle-ci fut aussi guérie d’un gros goitre qui la faisait souffrir. Toutes deux passèrent par la suite par une multitude d’épreuves, mais elles restèrent fidèles à Jésus et à leur sanctification. Que toute la gloire en revienne à Jésus ! Je crois que tout ceci fut possible grâce à la guérison de cette maman. Vous voyez que les bénédictions de Dieu ne s’arrêtent pas à la guérison, mais qu’elles vont bien au-delà ! C’est pourquoi je continue à croire à la guérison divine, et à la prêcher !

Guérison d’une femme alitée depuis plusieurs mois

Un jour que je faisais des réunions dans l’Ohio, quelqu’un m’apprit pourquoi une sœur ne pouvait pas venir aux réunions. Elle était couchée depuis plusieurs mois, et c’était sa fille qui faisait tout le travail. Ils étaient fermiers. Je ne suis pas trop favorable au fait d’aller prier pour les malades de ma propre initiative. Je vais prier pour leur guérison lorsqu’on me le demande. Pourtant, je me suis senti poussé à aller la visiter, un après-midi, et je me rendis compte de l’état dans lequel elle se trouvait. Il y avait là un problème sérieux. Elle n’avait jamais vu personne être guéri, ni même entendu parler de guérison. C’était un réel réconfort pour elle d’avoir quatre médicaments différents à prendre !

Je savais que Jésus m’avait envoyé ici, et que mon Dieu était plein d’amour. Je ne baissai donc pas les bras, mais je priai chez elle, sans me mettre à genoux. Puis j’eus le désir d’aller dans la grange pour combattre jusqu’à la manifestation de l’exaucement. Je savais qu’il me faudrait un certain temps pour l’amener au point où Dieu pourrait lui parler, et il y avait une réunion ce soir-là. Je n’avais personne pour me remplacer. L’heure avançait, au point qu’il ne me sembla pas sage de rester plus longtemps. J’étais donc un peu troublé. Je revins voir cette sœur, et lui demandai si je pouvais utiliser l’une des pièces de sa maison. Elle m’en montra une. Je tombai sur ma face. Vingt minutes environ plus tard, je sentis que je devais aller dans les bois. Mais que fallait-il faire à propos de la réunion ? L’ordre était clair : « Va dans les bois ! » Comme j’avais appris à ne pas douter de la puissance de Dieu, je dis : « D’accord ! » Je me relevai, mais encore un peu troublé, car je n’avais rien reçu de précis concernant la réunion du soir.

Je descendis au rez-de-chaussée, décidé à obéir à Dieu, que je puisse voir clair ou non. Je quittai la maison, laissant tout entre les mains de Dieu. La gloire du Seigneur m’enveloppa. Je dus m’arrêter pour lever les yeux au ciel et louer Dieu en pleurant, car c’était un signe d’approbation de mon obéissance.

Je regardai dans la rue, et je vis venir un cher frère que je n’avais pas vu, et dont je n’avais pas entendu parler, depuis plus d’un an. Il marchait aussi vite qu’il le pouvait. C’était un évangéliste oint du Saint-Esprit, et je m’écriai : « Gloire à Dieu ! » Je soulevai mon chapeau, et dis : « Cher Frère, où allez-vous donc ? » Il éclata de rire, et dit : « Maintenant, je comprends pourquoi Dieu m’a parlé d’une manière si étrange depuis une douzaine d’heures ! J’avais prévu de me rendre ailleurs. Mais il y a environ dix heures, Dieu a commencé à me dire quelque chose que j’avais du mal à comprendre, car cela dérangeait mes plans. A présent, je suis certain que Dieu veut que j’aille prêcher à votre place ! »

Je me mis à pleurer sur place, le serrai dans mes bras, et nous pleurâmes de joie tous les deux, en voyant comment Dieu avait réalisé Ses plans avec tant de précision, des plans qui nous étaient complètement inconnus ! Il me dit : « J’ai terminé mes réunions avant-hier, à vingt-et-un miles d’ici, et j’avais l’intention de commencer de nouvelles réunions ce soir. Mais hier, Dieu a commencé à me demander d’aller ailleurs, et j’ai marché toute la nuit ! Je ne savais pas où j’allais, mais j’étais certain que j’obéissais à un ordre divin. Me voici donc ! J’ai même été conduit à préparer un certain message pour ce soir. Je ne savais pas où je devais le donner, car je me trouve dans une région entièrement nouvelle pour moi. J’ai dit à Dieu que je ferai ma prédication sur ce passage. Je voulais savoir ! »

Vous voyez que Dieu ne pouvait guère le lui dire, car il ne connaissait pas cet endroit, et il ne savait pas que j’étais ici. Mais il obéit à Dieu, et put me remplacer, me permettant ainsi de régler l’autre cas, qui semblait urgent. Il me dit : « Je me suis arrêté chez un ami hier, vers quinze heures trente. On m’a donné quelque chose à manger. Puis je suis allé dans la grange, et j’ai reçu ce texte. Mais il ne me semblait pas approprié pour une première réunion, ni pour l’endroit où je comptais aller. » Il alla dans la grange, et cria à Dieu : « Où veux-Tu m’envoyer ? » La seule réponse qu’il obtint fut : « Que t’importe ? Toi, suis-moi ! »

Il partit donc sur la route, comme Abraham, sans savoir où il allait. Au fond, cela ne le regardait pas. Il me dit : « Me voici ! Maintenant, Frère Bevington, acceptez-vous de me laisser prêcher ce soir ? » Je me mis à rire de bon cœur. Puis je lui racontai quel avait été mon combat au cours des dix dernières heures.

Voyez-vous comment Dieu travaille, si nous Lui donnons une chance ? Jésus eut du mal à me décider à renoncer à cette réunion, ainsi qu’à décider cet autre frère à venir me remplacer ! Nous éviterions à notre merveilleux Seigneur bien des ennuis, si nous acceptions de nous laisser conduire en abandonnant toute résistance ! Oui, laissez faire Dieu ! Dieu œuvra donc de manière à ce que nous puissions nous rencontrer, sur le terrain de l’obéissance, pleinement conscients que tous nos troubles finiraient par s’évanouir, si nous laissions Dieu agir.

Le mari de cette femme observait de très près toutes les règles de leur église, mais il ne voulait pas entendre parler de prédicateurs de la sanctification. Je compris donc pourquoi elle ne m’avait pas fait venir, et pourquoi il m’avait fallu venir la voir, contre tous mes principes. Je me rendis donc dans les bois, en disant à l’évangéliste : « Frère, écoutez bien la voix de Dieu. Ne quittez pas cet endroit tant que vous n’aurez pas reçu clairement l’ordre de le faire ! Il se peut que je reste dans ces bois pendant une semaine, mais je peux aussi les quitter demain matin ! »

Je n’eus pas l’occasion de prévenir quiconque de ce changement, ni de ses motifs. Dieu semblait très pressé de me voir partir dans les bois, en Le laissant conduire tout le reste. Cela nous semble difficile d’agir ainsi. Nous possédons des facultés de décision et de jugement tellement merveilleuses, que Dieu a beaucoup de mal à avoir une chance de manifester toute Sa puissance !

Je me rendis sous un arbre, et combattis toute la nuit. Je ne revis plus ce frère avant le camp de Cincinnati. Il alla à pied jusqu’à la station missionnaire, à treize miles de là. Personne ne s’intéressait assez à la sainteté, au point de lui offrir l’hospitalité. J’étais moi-même assez habitué à cela. Il m’arrivait souvent de coucher dans les bois pendant plusieurs jours, parce que personne ne m’offrait l’hospitalité. Mais quand je savais que c’était Dieu qui m’avait envoyé dans un endroit, eh bien j’allais dans les bois, ou dans une meule de foin. Je me nourrissais de glands ou d’écorce de sassafras, jusqu’à ce que Dieu puisse sauver une âme.

Jésus guérit Son enfant malade et Se manifeste à elle

Le lendemain matin, à cinq heures, j’eus une vision. Je la vis s’asseoir dans son lit en applaudissant. Je me relevai d’un bond et courus vers la maison. Je voulais être présent avant que quelqu’un vienne la visiter. En m’approchant de la grange, je vis sa fille devant la porte, criant : « Papa, viens vite ! Oh, dépêche-toi ! » Le papa était parti juste un peu avant moi, mais je le dépassai et courus vers la porte d’entrée. Je vis que la maman s’était levée. Elle sautait, applaudissait et criait : « Dieu m’a guérie ! Dieu m’a guérie ! » Elle aperçut son mari et courut vers lui, en disant : « Chéri, Jésus m’a guérie ! Ne veux-tu pas maintenant aimer ce prédicateur de la sanctification, qui a bien voulu rester ici jusqu’à ce que je sois guérie ? » Elle ajouta : « J’ai vu Jésus entrer dans ma chambre et Se tenir au pied de mon lit, juste au moment où l’horloge sonnait cinq heures. Il m’a dit : « Je suis venu pour te guérir. » Chéri, quelle merveilleuse vision ! Je n’ai jamais vu de visage semblable au Sien, si doux, si tendre, si plein d’amour, si compatissant ! Mon chéri, j’aurais tellement aimé que tu puisses Le voir comme je L’ai vu ! Avant de me quitter, Il m’a touchée. J’ai senti comme de l’électricité traverser tout mon corps ! »

Elle versait de grosses larmes de joie, et continuait à crier : « Je suis guérie ! Je suis guérie ! » Elle ne savait pas où j’étais allé. Elle supposait que j’étais parti pour ma réunion, puisqu’elle était couchée au premier étage. Par la suite, je la revis deux fois au camp de Cincinnati. Elle donnait un bon témoignage. Elle ne reprit plus jamais une seule goutte de médicament, pendant les neuf années où j’eus de ses nouvelles. Puis je la perdis de vue.

Ainsi, tout ce qu’il nous faut, c’est prendre Dieu au sérieux. Je savais bien que Dieu m’avait envoyé ici pour y faire ces réunions. Mais je ne pouvais pas comprendre pourquoi Il voulait intervenir avec Ses propres plans. Du moins sommes-nous trop enclins à l’interpréter ainsi ! Pourquoi voulait-Il m’envoyer dans les bois et envoyer quelqu’un d’autre prendre ma place ? La chose essentielle est de parvenir au point où nous saurons que Dieu nous a parlé, et où nous Lui obéirons, même si cela entre en conflit avec nos propres projets. Cependant, vous pouvez voir que même s’Il a dérangé mes projets initiaux, l’œuvre n’a pas été arrêtée ni même freinée. Il y eut un bon réveil, où près de vingt personnes furent sauvées, et plusieurs guéries.

Conversion et sanctification du mari

Le soir même du jour où cette femme fut guérie, elle se rendit à la réunion et s’approcha de l’estrade pour rechercher la sanctification. Même son mari vint s’asseoir à ce honteux banc des pénitents, pour y rechercher le salut. Sa religion de réunions de maison ne s’harmonisait plus avec ce qu’il avait vu et compris ! Il avait occupé toutes les positions possibles dans sa religion, sauf celles de pasteur et de concierge. Il lui fallut quatre jours pour parvenir à l’assurance du salut. Nous nous agenouillâmes à ses côtés pour maintenir son attention fixée sur la Bible. Il ne pouvait plus s’en aller sans être obligé de nous ramper dessus ! Il eut l’occasion de dire plusieurs fois dans son témoignage : « Je me serais enfui à plusieurs reprises si je n’avais pas eu ce Bevington à mes trousses ! Il m’était impossible de me lever sans être obligé me mettre en vedette ! » Il ajouta : « Je remercie Dieu que Bevington ait eu le cran de s’accrocher à moi, et de me secouer sur l’enfer jusqu’à ce que je capitule complètement, et qu’il se passe quelque chose qui me permette d’avoir l’assurance de mon salut. »

Plus tard, il reçut la sanctification. Leur fille, une mondaine à l’esprit vain, dut aussi succomber aux prières combinées de nous trois. Nous concentrâmes sur elle toutes les forces du ciel, et elle finit par céder. Tout cela arriva donc simplement parce que j’avais accepté d’être un sujet de moquerie pour toute cette famille. Mais cela aboutit à la guérison de la mère. Je vous assure que mon âme est encore tout enflammée quand j’écris ces merveilleuses manifestations de la puissance de Dieu.

Les conséquences terribles du manque de foi

Au cours d’une série de réunions dans l’Ohio, plusieurs personnes furent sauvées. Deux ans plus tard, quelqu’un m’envoya de l’argent en me demandant de revenir les voir. Après avoir commencé une deuxième série de réunions, je remarquai l’absence d’une sœur qui avait été puissamment visitée au cours des premières réunions. Je me demandai pourquoi elle n’était pas là. Je pensai qu’elle avait dû déménager. Je n’eus pas l’occasion de demander de ses nouvelles, car chaque fois que j’y pensais, ceux qui auraient pu me renseigner n’étaient pas là. Plusieurs jours passèrent.

Un jour, alors que j’étais en prière, je repensai à cette femme. Je me levai aussitôt et me rendis à la cuisine : « Sœur, qu’est donc devenue la Sœur D. ? Pourquoi ne vient-elle pas à l’église ? A-t-elle rétrogradé ? » – « Mais, frère Bevington, n’avez-vous pas su ce qui lui était arrivé ? » – « Non, je ne le pense pas. Pourquoi ? » – « Elle s’est ébouillanté le pied. Cela fait neuf mois qu’elle est alitée ! Ils sont allés consulter un docteur. Trois ou quatre d’entre nous sont allés la voir pour lui rappeler ce que vous aviez prêché sur la guérison divine, mais elle est restée accrochée à son docteur. Nous voulions qu’elle vous écrive, mais elle a préféré le docteur ! Elle est entrée à l’hôpital, et elle y est toujours. Ils ont dépensé 700 dollars, et ils parlent maintenant de lui couper la jambe au-dessus du genou. Elle a terriblement souffert. »

Notez bien tout cela, car je veux vous montrer la différence entre la médecine d’en-bas, celle de l’Egypte, et la médecine de mon Docteur ! C’était une femme qui savait que Dieu guérissait. Lors de ma première visite ici, sa nièce avait été guérie instantanément. Cette femme s’était beaucoup réjouie de cette guérison. Mais peut-être raisonnez-vous comme elle l’a fait : « Oui, mais ce cas est différent, c’est une autre maladie, etc… » Satan aime tellement détourner les yeux des enfants de Dieu, pour les fixer sur les circonstances, au lieu de les garder sur Jésus ! Croyez-vous que la puissance de Jésus soit limitée par les circonstances ou les conditions environnantes ? Je tiens à affirmer ici, pour la gloire de Dieu, qu’au cours des trente-trois dernières années, je n’ai jamais rencontré de cas « spécial ! » S’il y en a un, je le cherche encore ! Je me refuse de considérer les circonstances particulières. Je garde mon regard fixé sur Jésus, et sur Lui seul. Il a dit : « Je suis l’Eternel qui te guérit ! »

Je veux donc vous montrer la différence entre le fait de faire confiance à Dieu, et celui de refuser de Lui faire confiance. Cette femme avait beaucoup souffert pendant seize mois. On finit par lui couper la jambe au-dessus du genou, et tout cela lui coûta près de mille dollars.

Les conséquences de la foi en Dieu

Voici à présent ce qui se passe quand on se confie en Dieu. Je gardais une maison à Ashland, à quelques centaines de mètres d’ici, où je suis en train de taper mon témoignage. Je m’étais fait bouillir quelques pommes de terre pour mon déjeuner. Je les avait fait cuire dans beaucoup d’eau pour qu’elles n’accrochent pas dans la casserole. Au moment où je versais l’eau bouillante, sans doute parce que je n’avais pas un torchon assez épais, le couvercle glissa, et plus d’un litre d’eau bouillante tomba dans l’une de mes chaussures. Je vivais à l’économie, et je portais une paire de chaussures bien ouvertes et bien aérées.

Bien entendu, ce fut douloureux ! Je reposai la casserole, posai ma main sur la chaussure fumante, et dis : « Maintenant, Jésus bien-aimé, je Te confesse que j’ai été imprudent, mais je ne l’ai pas fait exprès ! »

Satan me rappela immédiatement l’histoire de cette sœur, qui avait dépensé près de mille dollars. Je dis : « De toutes façons, je n’ai pas d’argent, et même si j’en avais, je ne descendrais pas en Egypte ! Je ne peux pas me permettre de rester alité pendant seize mois, pour finir par perdre ma jambe ! » Réalisez bien que pendant tout ce temps, mon pied me faisait terriblement mal. Les douleurs me lançaient jusqu’au genou. Bien entendu, Satan vint me présenter toute sa sympathie dans ces tristes circonstances que je traversais. Il s’efforça de me montrer que je devais agir vite. Il me dit : « Dépêche-toi d’enlever cette chaussure ! Elle va te brûler le pied jusqu’à l’os, parce que la chaussure et la chaussette retiennent toute la chaleur ! »

Je pleurais de douleur, mais je m’attendais à Dieu. J’étais plus près de Lui que de l’Egypte ! Les suggestions de Satan étaient certainement logiques. Mais je choisis de les ignorer, parce que je voulais donner à Jésus une chance de prendre soin de mon pied. Aussi, quand je fus calmé, je remis entièrement ce cas entre les mains de Jésus. Puis je posai à nouveau ma main sur la chaussure fumante. Les douleurs continuaient à me lancer jusqu’au genou. Mais je dis : « Seigneur Jésus, je vais ôter ma chaussure. Je Te prie que ma peau ne s’enlève pas. Il vaudrait mieux qu’elle ne s’enlève pas ! » J’ôtai donc ma chaussure. Satan me dit : « Tu as été trop lent. Ton pied est brûlé jusqu’à l’os ! C’est pour cela que tu as ces douleurs qui te lancent jusqu’au genou ! »

Je posai ensuite ma main sur la chaussette, et je dis : « Seigneur Jésus, c’est Toi qui me guérit ! Tu l’as fait pendant des années ! Je sais que c’est grave, et Satan s’efforce de me rappeler ce qui est arrivé à cette sœur. Elle n’avait versé qu’un demi-litre d’eau bouillante dans sa chaussure, qui n’était pas pleine de trous, pas plus que la mienne ! Seigneur, je vais ôter ma chaussette. Permets que la peau ne s’enlève pas ! »

Ce soir-là, j’avais une réunion qui devait se tenir dans la rue, et il fallait que je marche près d’un mile sur des galets. Je fermai les yeux, et commençai à retirer ma chaussette. Ce fut très douloureux. Avant de rouvrir mes yeux, je dis : « Oh, mon Dieu, Tu es Celui qui me guérit ! Je Te prie d’arrêter cette horrible douleur ! » J’avais la main posée sur mon pied, et je dis, en gardant mes yeux toujours fermés : « Oui, Seigneur ! Oui, Seigneur ! Oui, Seigneur ! »

Au moment même où le dernier « Seigneur » sortit de mes lèvres, la douleur cessa. Mes yeux étaient toujours fermés, mais je pleurais à présent de joie. Je levai la main droite et louai le Seigneur d’avoir bien voulu être Celui qui me guérit. Puis j’ouvris les yeux, et vis que pas une seule parcelle de ma peau n’était partie ! Mon pied était très rouge et déformé, mais je ne souffrais plus.

Satan me dit : « Tu ferais mieux de faire prévenir le Frère Stapelton de venir te remplacer, parce que tu ne pourras jamais marcher ce soir sur cette distance ! Tu ne pourras pas remettre de chaussures pendant toute la semaine. Donne-toi au moins une chance de pouvoir assurer la réunion de dimanche prochain ! » Nous étions le mardi. Il ajouta : « Ce ne serait pas sage du tout d’essayer de mettre une chaussure ce soir pour aller à cet endroit humide. Tu attraperas froid, et tu entreras dans une longue période d’ennuis et de souffrances ! »

La logique de Satan trompe les chrétiens

Bien entendu, tout cela était parfaitement logique. Quatre-vingt-quinze pour cent des chrétiens pensent que de telles pensées viennent de Dieu ! Si je l’avais aussi pensé, je suis certain que je serais tombé aussi malade que cette sœur ! Satan essaya de me faire bander mon pied, et de me faire mettre des pansements tout autour. Mais je repoussai toutes ses suggestions. Je mis simplement une chaussette sèche, et remis ma chaussure. Après avoir déjeuné, je me rendis à cette réunion de rue, et restai debout sur ce terrain humide. Nous eûmes un moment béni ! Des mains se levèrent pour demander la prière. Ce soir-là, deux précieuses âmes commencèrent une nouvelle vie avec Jésus.

Oh, combien Jésus bénit mon âme, quand je témoignai de ce que Jésus avait fait ! Le lendemain soir, je me rendis à la réunion de prière dans notre église. Je rendis témoignage de ma guérison, et ce fut un tonnerre d’amen joyeux ! Le pasteur John Fleming me serra dans ses bras et pleura de joie. Je pus sentir qu’il approuvait de tout son cœur ce que j’avais dit. La Sœur Walker me relaya, et beaucoup d’autres furent énormément bénis. Tous dirent que ce fut une glorieuse réunion.

L’affaire de mon pied ébouillanté fut donc réglée. J’économisai mille dollars et seize mois de souffrances, et je conservai ma jambe ! Vous voyez donc bien la différence entre les méthodes des docteurs du monde, et celles de mon Docteur ! Lesquelles voulez-vous choisir ? Quant à moi, je serai toujours fidèle à mon bon Médecin de famille, Jésus ! Loué soit Jésus !

Par la suite, la vieille peau tomba. La chair était toute ratatinée, mais elle finit par se renouveler entièrement, et, par la suite, je n’eus plus ni douleur ni gêne. Je ne manquai aucune réunion. La vieille peau ne tombait que lorsque la nouvelle s’était bien reformée dessous. Je n’ai jamais arraché moi-même la vieille peau, j’ai simplement laissé faire mon Docteur ! Souvent, j’avais de la peau qui pendait, et Satan me disait : « Arrache-la ! Elle va t’irriter le pied, et empêcher la nouvelle peau de bien pousser ! » Mais je refusai toujours de le faire. Car, dans cette cuisine, au milieu de mes pommes de terre répandues sur le sol et de mes douleurs qui me lançaient jusqu’au genou, j’avais entièrement remis tout ce problème à Jésus. Je n’aurais donc jamais osé me mêler de ce qu’Il faisait, ni même Lui faire quelques suggestions. Amen et amen !

Nous ne devons pas laisser les symptômes nous contrôler

J’ai bien pris soin de ne pas regarder les symptômes. En ce qui concerne les symptômes, j’aimerais dire quelque chose, et je veux que cela reste écrit. Au début, on m’a enseigné que pour exercer ma foi et obtenir des résultats, je devais nier les symptômes. Bien entendu, j’ai essayé de mettre cela en pratique, mais cela ne marchait pas. Un jour, j’avais très mal aux dents. Je me suis mis à genoux, et j’ai dit : « Seigneur, ces gens me disent que je dois nier que j’ai mal aux dents. Que dois-je faire ? Il doit y avoir une meilleure façon de s’en sortir ! » Je restai plus d’une heure à m’attendre à Dieu, puis la réponse vint. Dieu me dit : « Tu ne dois pas nier les symptômes, mais leur refuser le droit de contrôler ton corps. » Je compris alors aussitôt que j’avais reçu un faux enseignement. Je me relevai d’un bond, et dis : « Oui, ces symptômes sont réels, mais, conformément à la Parole, ils ne m’appartiennent pas. Cette rage de dents ne m’appartient pas. Je ne veux pas la garder ! J’appartiens à Jésus. Mon corps, ma tête, et chacune de mes dents, appartiennent à Dieu. Je suis Sa propriété, car Il a dit : « Vous ne vous appartenez pas, car vous avez été rachetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » » je restai ferme sur cette position, et la rage de dents disparut vingt minutes plus tard. Depuis ce jour, j’ai continué à suivre ce plan, et j’ai toujours remporté la victoire. Alléluia !

Victoire sur les rhumatismes

A ce propos, je vais vous raconter un autre témoignage. J’avais été guéri à Hamilton de rhumatismes. Mais cela ne signifiait pas qu’il était impossible que je subisse une autre attaque. Un jour, je faisais des réunions en plein air, dans les bois, sous un grand arbre, au sud de Portsmouth. Il pleuvait beaucoup, mais les gens venaient quand même. A plusieurs reprises, quelqu’un avait dû tenir un parapluie ouvert sur ma tête pendant que je prêchais. Chaque soir, quelqu’un venait prier pour son salut. Chaque soir, ils mettaient de la paille sèche, mais elle était mouillée avant la fin de la réunion. Nous restions à genoux sur la paille humide pendant des heures, et nos vêtements étaient mouillés. Chaque soir, j’avais les jambes mouillées jusqu’au dessus de mes genoux. J’avais sans doute plus de zèle que de sagesse !

Quoi qu’il en soit, j’eus une bonne crise de rhumatismes. C’était plusieurs années après ma guérison reçue à Hamilton. Bien entendu, Satan vint comme d’habitude, avec sa belle logique. Il me rappela que j’avais méprisé les lois de Dieu en laissant mes jambes se mouiller ainsi. Je souffris beaucoup toute la nuit, et je dormis peu. Satan me harcela, prétextant que je ne pouvais certainement pas prétendre que Jésus me guérirait, puisque j’avais délibérément violé Ses lois.

Le lendemain matin, je souffrais encore pas mal, et j’eus beaucoup de peine à me sortir du lit. Je ne mangeai rien jusqu’à seize heures. Je priai et combattis de mon mieux. Je finis par reconnaître que si je devais prêcher ce soir-là, il fallait que quelque chose se passe, et vite ! Je commençai donc à invoquer les promesses de Dieu. Mais je ne progressais pas très vite, et je dis : « Ce ne sont pas simplement des symptômes, mais c’est une maladie bien réelle ! Je ne peux pas le nier. » Juste à ce moment-là, je reçus une inspiration, et je dis : « Monsieur le diable, ce rhumatisme ne m’appartient pas. Non, monsieur ! Je n’en veux pas ! »

Je l’entendis clairement ricaner, et il me dit : « Ha, ha ! Tu ne peux même pas bouger ! » Je répondis : « Tu es un menteur, monsieur, je le peux ! » J’empoignai deux chaises et je me levai. Satan se remit à rire, et dit : « Tu ne peux même pas traverser cette chambre ! » Je dis : « Si ! Je vais le faire ! » Je commençai à me déplacer en m’aidant des deux chaises. J’avançai tout doucement. Il me fallut juste une heure quarante pour traverser la chambre, mais, Dieu merci, j’y parvins ! Je dis : « Mon Dieu bien-aimé, je crois que c’est Toi qui m’a poussé à faire cette déclaration. Aide-moi maintenant à poser mon pied juste au coin de la chambre ! Si j’y arrive, je crois que j’aurai une pleine victoire ! »

Pour la première fois, je me sentis assez fort pour soulever mon pied sans m’aider de mes mains. Je le plantai dans le coin, de sorte que le bout de ma chaussure heurta le coin. Au moment précis où je le fis, toute douleur cessa, et je reçus davantage de force. Je me mis à louer le Seigneur, et la gloire de Dieu m’enveloppa. Mes larmes coulaient en abondance. Voyez-vous, il fallut que je combatte avec acharnement pour chaque centimètre de terrain. Mais je parvins à traverser la chambre, même si cela m’avait pris une heure quarante ! Ce furent mes cent plus belles minutes depuis ma sanctification ! Depuis ce jour, je n’eus plus aucun symptôme de rhumatisme.

Ainsi, je le répète, cela paye d’aller jusqu’au bout avec Jésus et de Lui faire confiance. Quand on ne rencontre jamais d’opposition, on ne fait jamais de progrès.

Dieu me permet de résoudre une énigme

Je voudrais vous donner maintenant un autre témoignage d’exaucement de prière, pour vous montrer ce que l’on peut obtenir quand on s’accroche à Dieu. Je faisais des réunions dans l’Ohio, à la campagne. Nous étions au milieu de gens qui ne semblaient pas avoir des réunions très souvent. L’ancien qui présidait donna la prédication le dimanche, ainsi que le lundi soir. Il donna un bon message pour dénoncer la fréquentation des bars. Il démontra que la plupart des garçons et des filles qui chutaient l’avaient fait parce qu’ils fréquentaient les bars et les cafés. Il porta un coup sévère à cette pratique. Bien entendu, on ne peut jamais être assez ferme dans ce domaine.

Après avoir donné son remarquable message, il me dit : « Eh bien, frère Bevington, est-ce que j’ai frappé trop fort ? » – « Certainement pas ! » Ma réponse, et la manière dont je la fis, semblèrent le choquer. Il pensait sans doute que j’allais le féliciter. Il me jeta un regard surpris et plutôt curieux, qui me montra qu’il fallait que je m’explique. Je lui dis : « Je ne pense pas que vous ayez frappé assez fort. C’est vous, et tous vos amis, qui avez permis à cet homme de s’installer ici et de vendre de l’alcool, cette boisson diabolique ! Oui, c’est vous et vos concitoyens qui avez dit au gouvernement qu’il devait le protéger dans l’exercice de son activité néfaste ! » Il ne fut pas d’accord avec moi. Je soutins que si les chrétiens, et même les méthodistes, votaient la prohibition, cela ferait fermer les bars et les cafés. J’ajoutai : « Ce patron de bar a pu s’installer ici grâce à vous tous ! Vous l’approuvez quand il paye ses taxes ! » Mon langage ne lui convint pas, mais il ne voulut pas que cela gêne sa mission. Nous devions coucher dans la même maison ce soir-là, à près d’un mile de cette salle d’école où il pensait avoir porté un coup fatal à la fréquentation des bars.

Le lendemain, il me dit : « Je vois, Frère Bevington, que vous passez beaucoup de temps dans la prière. Vous allez souvent dans les bois, et vous priez ici pendant des heures. On m’a dit que vous pouviez rester en prière jusqu’à ce que Dieu vous réponde. Je vous approuve tout-à-fait. J’aimerais avoir le temps de me consacrer à cette tâche ! Je vous dis cela car j’aimerais que vous vous intéressiez à un cas difficile. Je n’ai jamais pu le résoudre. Je connais ici une très bonne famille, une famille qui m’est très chère. Ils sont très cultivés, très travailleurs, et très soigneux. Ils prient beaucoup. Des gens très bien. Ce sont les gens les plus humbles que je connaisse. Ils n’ont qu’une fille, d’un caractère très estimable, aimée par tous. Elle a dix-sept ans. L’an dernier, elle a donné naissance à une petite fille, sans être mariée. Ce fut un coup terrible pour toute la famille. Leur vie a été presque complètement brisée. Depuis seize mois, ils ne sont plus jamais retournés à l’église. Ils refusent de se laisser convaincre, car cette calamité semble être au-dessus de leurs forces. Leur fille est toujours chez eux et s’occupe de son bébé. Personne ne peut la voir, et peu de gens voient encore sa mère. Ils restent reclus. Le père essaye de vendre sa maison, car ils veulent quitter cet endroit où leur existence a basculé. Tout le monde essaye de les empêcher de vendre ! »

Je suis mis sur la piste

Il ajouta : « Je vous ai expliqué les détails de ce cas, parce que vous êtes habitué à trouver la solution de cas semblables, par la prière. Je suis venu vous en parler pour vous demander de vous mettre sur la piste, et d’aller jusqu’au bout ! » Rappelez-vous bien qu’il utilisa lui-même le mot de « piste. » Il me dit : « Mettez-vous à l’œuvre, Frère Bevington. Le pasteur, son conseil et moi-même, nous vous soutiendrons. Nous serons à vos trousses ! Suivez de près la piste, et ne la lâchez pas avant d’avoir trouvé le fin mot de l’histoire ! »

Puisqu’il insistait tellement sur cette piste, je me mis sérieusement au travail, comme un fin limier peut le faire. Une année auparavant, je faisais des réunions près de Chillicothe, dans l’Ohio. L’homme chez qui je logeais avait plusieurs chiens qu’il utilisait pour la chasse au renard, et qu’il appréciait beaucoup. L’un d’eux était mon favori. Il était très intelligent. Un soir, j’entendis un affreux hurlement. Quelqu’un frappait le chien à coups redoublés. C’était insupportable. Je me levai, allai à la fenêtre, et m’écriai : « Qui est-ce qui frappe ainsi ce chien ? » Au son de sa voix, je reconnus le frère chez qui je logeais. Je lui dis : « Frère, pourquoi donc frappez-vous ainsi ce pauvre chien ? » – « Frère Bevington, c’est le meilleur de mes chiens de chasse. Je suis même payé pour qu’il entraîne d’autres chiens qui me sont confiés. On devait me donner 5 dollars ce soir. Mais mon chien a préférer suivre la piste d’un lapin, et nous n’avons rien pu faire ! » – « Connaît-il la différence ? » – « Bien sûr qu’il la connaît ! Et c’est pourquoi je le fouette de cette manière ! » – « Est-ce que cela peut lui faire du bien ? » – « Oui, frère ! Il y regardera à deux fois maintenant, avant de s’engager à nouveau sur la piste d’un lapin ! »

Rappelez-vous que l’ancien m’avait demandé de bien rester sur la bonne piste. Ce chien avait été terriblement battu pour s’être engagé sur une fausse piste. Vous voyez, si je quittais ma piste, il se pourrait que je subisse le même sort que ce chien. N’oubliez pas tout ce que je viens de dire, car ce sera très important pour la suite de mon histoire.

Revenons à la piste de l’ancien. A la fin de mes réunions, je me rendis dans les bois. C’est là que j’apprends mes leçons ! Après m’être confortablement installé dans un tronc creux tombé à terre, je dis : « Seigneur, est-ce que Tu veux que je m’engage sur cette piste ? Tu sais qui est le père de ce bébé. Tu sais tout ce qui s’est passé. Faut-il trouver la solution de ce problème ? Que veux-Tu que je fasse ? »

Je dus rester là plusieurs heures avant d’être éclairé. Mais je n’osai pas encore quitter mon appartement. Je dis à plusieurs reprises : « Veux-Tu être glorifié dans cette affaire ? » Le problème était que j’étais attendu à plusieurs endroits pour des réunions, bien qu’aucune date n’ait été encore fixée. J’évite toujours de fixer des dates pour le début ou la fin d’une série de réunions. Je laisse toujours cela entièrement entre les mains du Père. Beaucoup m’ont déjà dit : « Frère, qu’allez-vous faire quand vous aurez fini vos réunions ici ? » La seule réponse que je pouvais donner était : « Je ne sais pas ! »

Il me fallut donc plusieurs heures pour prier au sujet de ces invitations. Je savais que certaines églises seraient assez généreuses dans leurs offrandes, et, comme mon portefeuille était assez plat, Satan s’en servit pour m’empêcher d’y voir clair.

Il me fallut donc près de dix-neuf heures pour savoir si Dieu voulait que je m’engage sur cette piste. Après toutes ces heures passées prosterné face contre terre, j’eus l’assurance que je pouvais m’engager dans cette recherche. Il me fallut en tout cinquante-quatre heures pour devenir suffisamment calme et petit pour que Dieu puisse me lancer sur la piste. Nous sommes souvent si importants, si grands, si gros, si maladroits, et si balourds, qu’il faut beaucoup de temps à Dieu pour nous faire démarrer ! Il doit souvent pas mal nous raboter, car Il nous conduit dans des passages qui ne sont pas très larges ! Il doit meuler toute cette importance que nous attachons à nous-mêmes, pour qu’Il puisse nous faire avancer dans la solution de nos problèmes, quels qu’ils soient.

J’atteignis finalement le point où Dieu put me prendre et me placer Lui-même sur la piste. Mais je n’étais pas très satisfait, car je ne voyais aucune trace. Rien ne s’offrait non plus à mes narines. Mais j’avais reçu tellement de raclées pour en avoir fait à ma tête, dans le passé, que je restai à l’affût. Bientôt je sentis une effluve, et je pus avancer à bonne allure.

Je reviens un moment à ce que l’ancien et le conseil d’église avaient dit : « Suivez de près la piste, et ne la lâchez pas ! » Je vais donc faire un peu appel à mon imagination. Je me suis toujours réservé ce droit quand je fais une démonstration, et cela vous aidera à comprendre clairement mon problème. Ils m’avaient dit : « Nous serons à vos trousses ! » Pendant que j’étais sur ma piste, je voudrais donc que vous les imaginiez en train de courir à mes trousses. Parfois, quand la piste devenait difficile et sombre, je les entendais me crier : « Hé, Bevington, êtes-vous toujours sur la piste ? » – « Oui, oui ! Je suis toujours sur la piste ! Je progresse, bien que ce soit lent ! » – « Suivez-la de près, nous sommes à vos trousses ! Nous voulons éclaircir ce mystère ! »

Je ne vous décrirai pas en détail tout ce que je vécus pendant ces neuf jours. Mais je tins bon, jour et nuit, sans rien manger, et en ne buvant qu’à deux reprises pendant tout ce temps. Il me semblait parfois que j’étais si près du but que je n’osais pas me lever pour aller boire. Par moments, ces mots résonnaient à mes oreilles : « Hé, Bevington, êtes-vous toujours sur la piste ? » Bien entendu, je leur assurais que j’y étais toujours !

La matin du neuvième jour, vers trois heures trente, je vis une grande église. Rappelez-vous que je cherchais qui était le père de ce bébé. Je vis donc une grande église avec une vaste façade. Il y avait des marches qui montaient vers un porche, sur lequel s’ouvraient deux portes d’entrée, l’une pour les femmes, et l’autre pour les hommes. Entre les deux portes, il y avait un espace d’un peu moins d’un mètre, où figurait une plaque de marbre, portant le nom de l’église et la date de sa fondation.

Quand je reçus cette vision, j’avais les yeux fermés, et je me trouvais à près de quatorze miles de cette église. La piste me conduisit donc à cet endroit.

J’eus faim, pour la première fois depuis neuf jours. Je me levai. Je me rendis compte que j’étais très faible, et complètement épuisé. Il fallut que je m’asseye et que je me frotte pendant un bon moment, avant de pouvoir me remettre debout et retrouver l’usage de toutes mes facultés. Je parvins à revenir à la maison où j’avais logé. Ils ne savaient pas où j’étais allé, et je dis : « Sœur, connaissez-vous une église comme celle que je vais vous décrire ? » Quand je lui eus décrit tout ce que j’avais vu, elle répondit : « Mais oui, bien sûr, c’est notre église, une grande et belle église, et une grosse assemblée. Y avez-vous été ? » – « Oui, euh, je l’ai vue ! » – « Ah, je me demandais où vous étiez ! (Mes affaires étaient toujours chez elle). Nous nous y rendons souvent, car elle n’est qu’à quatorze miles, et les routes sont bonnes. Il y a beaucoup de gens très bien là-bas, mais… » Elle s’arrêta, se mordit les lèvres, et changea de conversation. Mais je savais à quoi elle pensait. Elle me dit : « Quand y étiez-vous ? » – « J’en viens juste ! » Cela l’étonna, car il n’était qu’environ six heures du matin.

La révélation que Dieu m’a donnée n’est pas acceptée

Je lui racontai donc ce que l’ancien et le conseil m’avaient demandé, et comment la piste m’avait conduit à cette église. Je vis aussitôt que cela lui porta un coup. Ce que je lui dis balaya instantanément tout atome de confiance qu’elle avait pu avoir en moi auparavant ! Pour elle, c’était le summum de la folie !

Dans ma vision, j’avais aussi vu qu’il y avait derrière l’église un sentier, qui descendait jusqu’à une barrière. Près de cette barrière, il y avait un petit bosquet d’arbres, au milieu duquel jaillissait une source assez abondante. Quand je lui décrivis cela, elle me dit : « Oui, tout est comme vous le dites. » Pourtant, je ne m’étais jamais approché à moins de quatorze miles de cette église !

Puis je lui parlai de ce merveilleux sermon fait par l’ancien, qui s’était élevé contre la fréquentation des bars, et comment il avait affirmé que toute la déchéance de la jeunesse commençait dans ces bars.

Elle me fixa sévèrement, et me dit : « Frère Bevington, croyez-vous vraiment que cet acte horrible a été commis dans cette église ? » Personne n’avait jamais pu savoir ce qui s’était passé, ni où ni par qui cet acte avait été commis. « Oui, madame, c’était au cours d’une fête de jeunes. C’est le Seigneur qui me l’a montré. » – « Oh, je ne peux pas le croire ! » – « C’est pourtant vrai ! » – « Mais que peut-on faire ? Personne ne croira ce que vous allez raconter ! Oser attaquer ainsi cette grande et belle église ! Vous feriez mieux de tout laisser tomber. N’en parlez plus ! Il vaudrait mieux que vous quittiez la région avant que tout cela se sache ! »

Je répondis : « Non, je ne peux pas laisser tomber cela. Les quatre anciens m’ont bien recommandé de ne pas lâcher la piste ! » – « Bon. Le pasteur de cette église est à cinq miles d’ici. Il visite un membre de l’église qui vient de déménager. Pensez-vous qu’il vaudrait mieux que vous le rencontriez avant de partir ? Si vous êtes d’accord, je vais demander à mon fils d’aller le chercher avec le buggy. » – « Oui, j’aimeriez que vous le fassiez. »

Le garçon partit donc chercher le pasteur, qui arriva vers quinze heures. Quand il apprit la nouvelle, il jeta ses bras en l’air en signe d’horreur, secoua la tête d’un air de défi, et dit : « Je n’accepte pas cela du tout ! » – « Il faut pourtant que vous l’acceptiez, que vous le vouliez ou non ! » – « Monsieur ! (Il ne s’adressa pas à moi en m’appelant « Frère, » mais en me lançant ce « Monsieur » d’un air sarcastique). Vous avez sûrement vu cette église, ou quelqu’un vous l’a décrite. Et maintenant vous voulez faire retomber cette affreuse calamité sur cette assemblée pure et sans tache ! Monsieur, vous n’aurez pas l’occasion de faire cela. Non seulement cela, mais je veux que vous partiez d’ici. Si vous n’avez pas d’argent, je vous conduirai au train et je vous avancerai le prix du billet, jusqu’à ce que vous puissiez me rembourser. Et si vous ne me le remboursez pas, tant pis ! »

Je lui répondis : « Vous rappelez-vous que vous et vos trois collègues m’avez dit que vous seriez à mes trousses, et que je ne devais surtout pas lâcher la piste ? Vous le rappelez-vous ? » Il partit pour aller chercher l’ancien, à quarante-quatre miles de là, en menaçant « de mettre ce fanatique dans un endroit où il ne pourrait plus déshonorer ainsi les églises ! » Ils me cataloguèrent comme un vrai diviseur d’églises !

L’honneur de l’église l’empêche de recevoir la vérité

Le lendemain, tout un groupe se présenta, le pasteur, l’ancien, et le conseil d’église. Tous me condamnèrent, sauf l’ancien. Il semblait ne pas avoir grand-chose à dire. J’eus l’impression qu’il croyait la chose possible, voire hautement probable. Ils me donnèrent vingt-quatre heures pour quitter cette région.

J’étais habitué à recevoir des menaces. On m’avait déjà menacé de me jeter des œufs pourris, de me rosser, de me rouler dans le goudron et dans les plumes, de me jeter dans un cachot, dans un asile de fous, dans des oubliettes, en prison, et même de m’attacher à un poteau pour me fouetter ! Leurs menaces ne m’effrayèrent donc pas trop. Je ne fis aucun geste pour faire mes bagages et pour partir, comme ils me l’avaient ordonné. Ils me dirent : « Ne voulez-vous pas vous préparer à partir ? » – « Je ne suis pas trop pressé de le faire. Il faut que je prie le Seigneur pour savoir quels sont Ses ordres. » Le pasteur se leva et dit : « Mais vous avez déjà reçu vos ordres ! » – « Je dois attendre les ordres du Seigneur. S’il me demande de partir, je le ferai, mais pas avant. » Les trois autres dirent : « Il ne faut absolument pas que l’on sache ce que vous avez dit, à cause de la bonne réputation de cette grande église ! »

Pour la première fois, l’ancien s’exprima, et dit : « Frère Bevington, il se peut que ce que vous dites soit vrai. Supposons même que nous admettions que ce soit vrai. Ne vaudrait-il pas mieux tout laisser tomber ? Nous vous payerons votre voyage de retour. » Je répondis : « C’est vous qui m’avez demandé de ne pas lâcher la piste. Si je faisais ce que vous me demandez, imaginez que quelqu’un me pose la question : « Qu’avez-vous fait ? Avez-vous bien suivi la piste ? » Il faudrait que je dise un mensonge, et que je prétende que j’ai perdu la piste. Pourtant, je sais que cet acte a été commis dans le bosquet, près de la source, au cours de l’une de vos fêtes organisées pour les jeunes. »

Je dis à l’ancien : « Vous rappelez-vous ce sermon que vous avez prêché contre les bars et les cafés ? » – « Oui. » – « Vous avez dit que tous les crimes causés par la fréquentation des bars devaient être rendus publics, que les patrons de ces bars devaient être confrontés à leurs responsabilités, et qu’ils devaient être désignés comme les premiers responsables de ces crimes. Mais quand une jeune fille perd sa vertu dans une église, faut-il considérer cela comme un crime de moindre importance, simplement parce qu’il a été commis dans le cadre d’une église ? »

L’ancien fut obligé d’admettre que ce crime était aussi horrible dans un cas que dans l’autre. Mais il dit : « Mais il ne faudrait pas que tout vienne au grand jour dans l’église. » Je répondis : « Si la vie d’une jeune fille est détruite à cause de ce qui s’est passé dans un bar ou un café, vous acceptez de taper bien fort sur les patrons de ces bars. Mais si le même acte se passe dans une église, alors il faut l’étouffer ! Quelle merveilleuse logique ! Je ne peux pas me taire ! Je suis resté neuf jours dans les bois pour avoir la révélation de la vérité ! » Ils répondirent : « Vous ne pouvez pas le prouver ! La jeune fille ne veut voir personne ! »

Dieu révèle les choses cachées

Je les quittai, et je retournai dans les bois, dans mon confortable logement. Je dis : « Seigneur, Tu m’as permis d’arriver jusqu’à ce point. Je veux maintenant Te demander la permission de rencontrer cette jeune fille, pour qu’elle me dise toute la vérité. » C’était vraiment beaucoup demander, car elle refusait de voir quiconque. Mais il ne me fallut que soixante-douze heures pour me débarrasser entièrement des rapaces et pour être parfaitement calme.

Ces rapaces spirituels ne se manifestaient pas qu’aux temps des prophètes. Ils semblent être particulièrement nombreux de nos jours. Ils nous assaillent et dévorent les révélations que Dieu veut nous donner ! Après avoir combattu soixante-douze heures, et après être parvenu à tenir tout l’enfer à distance, je reçus une vision. Je me vis approcher d’une maison par l’arrière, descendre une colline, traverser un ruisseau, et remonter un talus, en direction d’une barrière entourant un jardin. Je me vis enjamber la barrière, traverser le jardin, franchir un portail, et monter les quelques marches qui menaient à la porte de derrière de la maison. Je frappai à la porte. La porte s’ouvrit , et je vis la mère, qui tenait son bébé, et qui m’invita à entrer. Je vis tout ceci dans les bois, pendant que j’étais prosterné face contre terre.

Je me relevai, et courus vers un sentier qui me conduisit directement au lieu que j’avais vu dans ma vision. Je descendis une colline, et aperçus la maison, le ruisseau, et le jardin. Je m’arrêtai, me mis derrière un arbre, et déversai toute la gratitude de mon cœur aux pieds de mon merveilleux Guide. Je Le louai de ce qu’Il m’avait permis de déjouer toutes les manœuvres des hommes. Tout s’était accompli comme Il me l’avait montré. La mère, portant son bébé, m’ouvrit la porte et m’invita à entrer. Elle m’offrit une chaise dans la cuisine. Voyant que j’étais un inconnu, elle était très embarrassée, et appela sa mère. Celle-ci entra, fut surprise de me voir en compagnie de sa fille, mais me donna une cordiale poignée de main.

Elles éclatèrent en sanglots et pleurèrent pendant peut-être une demi-heure. Je pleurai aussi, car je pouvais comprendre, entre deux sanglots, ce qu’éprouvaient ces précieux cœurs. Nous restions silencieux, confrontés aux réalités. Puis le père de la jeune fille entra. Il comprit immédiatement ce qui se passait et serra sa fille dans ses bras. Ce fut une nouvelle scène pathétique. Puis il relâcha sa fille et serra mes mains dans les siennes. Ses larmes coulaient abondamment et il fut secoué de tremblements, à tel point que tout mon corps en vibrait. Nous pleurions tous à nous briser le cœur.

La sainteté de Dieu Se manifeste au milieu de la honte

Je crois que je n’ai jamais connu d’atmosphère aussi pure et sainte que celle qui remplissait cette cuisine ! Comme si ce fardeau pesant qui les écrasait avait été placé sur mes épaules. Je ne me rappelle pas avoir autant sangloté qu’en ce moment-là ! Nous pleurâmes tellement qu’il semblait que nous n’allions jamais nous arrêter. Je voulais aller dans la grange, mais une puissance invisible me retenait. Cher lecteur, le Saint-Esprit béni était présent, au milieu même de cette honte ! C’était merveilleux ! Je sentais qu’Il étendait Ses bras éternels autour de nous quatre. C’était si réel que je m’écriai, entre deux sanglots :  » Bien-aimés, Dieu est là ! Ses bras nous entourent ! »

Le père lâcha mes mains, recula en titubant, et tomba dans les bras de sa chère épouse. Tous deux s’écroulèrent sur le divan, et donnèrent libre cours à des sanglots que je ne pourrai jamais oublier. Cher lecteur, j’ai même du mal à taper ces lignes à la machine, car je pleure abondamment rien qu’en repensant à cette scène !

Je m’écriai à nouveau : « Bien-aimés, Ses bras nous entourent ! Oui, maintenant même ! Oh, nous sommes en train de sortir de ces affreuses ténèbres qui vous enveloppaient comme un linceul depuis dix-sept mois ! » Puis je commençai à louer Dieu. La mère de la jeune fille se leva, me saisit les mains en pleurant de joie. Elle se passa la main droite dans sa chevelure grisonnante. Je n’avais jamais vu des cheveux gris qui semblaient aussi beaux. Elle se tenait devant moi, le visage rayonnant, illuminé d’un éclat céleste. Elle dit : « Je sais que vous êtes un homme de Dieu. Vous êtes le seul à être entré dans cette maison depuis dix-sept mois ! »

Le père dit : « Asseyons-nous ! » La mère du bébé semblait si belle ! Non pas à cause de son apparence extérieure, car elle n’avait pas ce que le monde pourrait appeler un beau visage. Mais je pouvais apercevoir son être intérieur, tellement doux et aimable !

La jeune fille m’apprend la vérité

Elle me raconta tout ce qui s’était passé, du début à la fin. Le jour de cette fête, son père était très occupé dans ses champs de blé. Il ne pouvait pas l’accompagner, pas plus que sa mère. Mais sept jeunes filles très sérieuses vinrent et les importunèrent beaucoup pour qu’ils permettent à leur fille de les accompagner. Elles dirent : « Nous irons ensemble, nous resterons ensemble, et nous rentrerons ensemble ! Nous avons de la monnaie pour nous acheter quelques friandises ! »

Les parents consentirent donc à laisser partir leur fille avec ses amies. A mesure que les boissons sucrées et les gâteaux circulaient, l’excitation grandit considérablement. On commença à faire des jeux. Des jeunes filles furent offertes pour vingt cents, on vota pour choisir la plus belle, etc… Finalement, chaque jeune fille se retrouva avec un garçon, et les couples se dispersèrent.

Après avoir fini de manger, le compagnon de la jeune fille lui proposa de faire une balade jusqu’à la source, pour en boire un peu. Cela ne lui plut pas trop, mais elle finit par y consentir, car il lui promit qu’ils n’y resteraient que quelques minutes. Quand ils parvinrent à la source, le jeune homme lui dit : « On ne s’est pas servi de cette eau depuis un certain temps, et il se peut qu’elle ne soit pas potable. Je passe tous les jours devant cette source et j’aime bien y boire, mais le docteur m’a conseillé de purifier l’eau. Il m’a donné cette poudre pour la purifier, et je vais m’en servir. » Il lui proposa de boire la première. Ensuite, la jeune fille ne se souvenait plus de rien. Elle se réveilla le lendemain dans son lit. Elle pensa que ce jeune homme avait été très prévenant de la préserver d’une eau impure.

Pendant tout le temps de son récit, elle était en larmes, et gardait la tête baissée. Finalement elle releva la tête, et dit : « Je me demande comment tout cela est arrivé ! J’ai même refusé de revoir mes meilleures amies ! » Elle se couvrit les oreilles de ses mains, et s’écria : « C’est un rêve ! Qu’ai-je fait ? » Elle semblait hébétée, mais ajouta : « Je vous ai tout dit, même ce dont j’ai à peine parlé à mes chers parents, qui m’ont si noblement soutenue dans ma chute ! » Elle tomba dans les bras de sa mère. Quelle scène, cher lecteur ! J’aimerais tant être capable de la décrire ! Elle dit : « Oh ! C’est un mystère ! »

Le père se leva et la serra dans ses bras. Il dit : « Ma fille, il n’y a pas de mystère ! Dieu a exaucé les prières de ta mère, et les miennes, en envoyant chez nous cet homme de Dieu pour découvrir la vérité ! » Puis ils me demandèrent comment j’étais venu chez eux. Je leur racontai tout ce que Dieu m’avait dit, comment j’étais d’abord resté neuf jours dans les bois, puis comment j’y étais retourné soixante-treize ou soixante-quatorze heures, et comment j’avais vu le sentier, qui m’avait conduit à leur cuisine.

Savez-vous combien de temps tout cela nous prit ? Nous restâmes plus de onze heures dans cette cuisine ! Il était près de minuit. On m’offrit donc un bon lit, et je vous avoue que je l’ai apprécié, car j’avais passé près de 303 heures sans me coucher dans un lit et sans manger ! Le lendemain matin, je me régalai avec un bon jambon de campagne au petit déjeuner ! Ils s’émerveillaient devant la grandeur de Dieu et la précision de Ses révélations.

Le piège infernal des fêtes mondaines

Depuis ce temps, plus que jamais, j’ai combattu les fêtes mondaines dans les églises. J’ai souvent dû souffrir à cause de la position que j’avais prise, mais j’ai survécu ! Aujourd’hui encore, j’en suis toujours un aussi farouche adversaire ! Je me rappelle que j’ai dû une fois marcher pendant soixante-deux miles, en traînant une lourde valise, simplement parce que j’avais pris position contre ces fêtes mondaines ! Je dis à nos prédicateurs de la sanctification : « Opposez-vous avec fermeté à ces fêtes ! Criez bien fort, n’économisez pas vos efforts, élevez votre voix ! Faites retentir votre voix comme un tonnerre, pour les dénoncer partout où vous irez ! » Levons-nous tous comme un seul homme, et transperçons ce serpent à son cœur même, jusqu’à ce que nous l’ayons éliminé du milieu de nous !

Pour finir, la famille vendit sa ferme et déménagea dans le nord du Michigan, vers les forêts de pins. Je revis la jeune fille une fois au camp de Cincinnati, et elle eut encore l’occasion de vivre une bonne expérience.

La guérison de la petite Lucy et ses conséquences

Un jour, je faisais des réunions dans le Kentucky. Je fus invité à coucher dans une maison. Vers deux heures du matin, j’entendis un vacarme épouvantable au rez-de-chaussée. Je me levai et me rendis en haut des escaliers pour voir ce qui se passait. « Frère Bevington, la petite Lucy a des spasmes terribles ! Elle est en train de mourir ! » J’étais un inconnu pour eux, car c’était ma première nuit dans cette maison. Mais je descendis, et vis la grand-mère qui entrait dans la pièce qui lui servait de fumoir, et en sortait constamment. Tout le monde était debout, faisant de son mieux pour garder Lucy en vie. Elle se tordait de douleur. Trois personnes tentaient de la maintenir, tandis que deux autres s’efforçaient de lui appliquer des linges chauds et divers produits que la grand-mère allait chercher dans son fumoir.

La mère s’arrêta un moment pour se tordre les mains d’angoisse, et me dit : « Frère Bevington, que peut-on faire de plus ? Mon mari est sorti dans les bois pour prendre un cheval et aller chercher le docteur ! » Je lui répondis : « Ma sœur, si vous pouviez la laisser tranquille et arrêter de lui donner tous ces remèdes, peut-être que Jésus la guérirait ! » – « Mais, Frère Bevington, elle ne pourrait pas vivre cinq minutes si nous arrêtions ! » Comme tout le monde faisait de son mieux, la grand-mère s’arrêta un moment et dit : « Frère, avez-vous déjà vu une guérison ? » – « J’en ai vu beaucoup ! » – « Moi, j’en ai entendu parler, mais je n’en ai jamais vu ! Personne ici ne s’en soucie ! »

Elle me fixait avec beaucoup de sérieux. Elle avait fait de son mieux, mais l’enfant continuait à souffrir terriblement. Je lui dis : « Bon ! Si vous arrêtez de lui donner tous ces remèdes et si vous la laissez tranquille, vous allez voir la puissance de Dieu ! » Ils avaient tous peur de s’aventurer sur ce terrain. Ils me demandèrent de les aider à la maintenir, mais je refusai. La mère dit : « Frère Bevington, si nous ne la tenons pas, elle va tomber de son lit et se tuer. Et on nous accusera de meurtre ! » – « Bien, faites donc comme vous l’entendez ! »

Je sortis. Mais la grand-mère me suivit au premier étage, et me dit : « Ne nous abandonnez pas ! Oh, j’aimerais bien que Jésus la guérisse ! Etes-vous sûr qu’Il le ferait si nous la laissons tranquille ? » Je vis qu’ils étaient tellement ignorants de la puissance de Jésus, que je m’enhardis un peu plus que d’habitude. Je lui dis : « Oui, grand-mère, Il le fera. Mais Il ne peut pas s’approcher d’elle, car il n’y a pas de place pour lui dans cette chambre. » Alors la grand-mère retourna dans la chambre de la petite, et dit : « Cet homme assure que Jésus va la guérir si nous la laissons tranquille et si nous écartons tous ces remèdes ! »

En entendant cela, la mère lâcha sa fille, se tordit les mains, et dit : « Oh, je ne peux pas prendre cette responsabilité ! Oh, c’est trop pour moi ! » Pendant ce temps, trois personnes continuaient à essayer de maintenir l’enfant. Je levai ma main, et la fillette s’affaissa, les yeux fermés. La mère s’écria : « Elle est morte ! » Je dis : « Elle n’est pas morte, mais elle s’est calmée ! Enlevez-moi tous ces remèdes ! » La grand-mère s’y employa, et mit tous ces remèdes en pile sur le sol. Il y en avait de quoi remplir une grande bassine. Puis je demandai à tous ceux qui doutaient de quitter la chambre. Personne ne partit. Je dis : « Croyez-vous tous que Jésus va la guérir ? » L’un d’eux dit : « Aucun de nous ne peut vraiment dire que nous le croyons, mais nous ne voulons absolument pas nous opposer à ce que vous faites. Nous aimerions tous voir Jésus manifester Sa puissance pour guérir cette petite qui souffre ! »

Je pris de l’huile, lui fis une onction, et priai la prière de la foi. Vingt minutes plus tard, elle dormait. Je retournai me coucher. Quand le docteur arriva, il la trouva endormie, et dit que tout lui semblait normal. Contrairement à son habitude, il ne laissa aucun médicament. Quand le père de l’enfant entra, il se précipita vers sa fille, posa une main sur elle, et dit : « Docteur, elle est morte ! » Le docteur se mit à rire. Le père n’avait jamais vu quelqu’un guéri par la foi. C’était nouveau pour lui. Il lui fallut longtemps pour croire que sa fille était guérie. Si sa guérison avait été graduelle, il aurait sans doute cru plus facilement. Le docteur rentra chez lui, et tout le monde retourna se coucher, sauf le père. Comme il était absent au moment où tous les autres s’activaient, il préféra rester debout pour pouvoir les appeler tous rapidement. Il pensait qu’elle ne pouvait pas être guérie.

Je retournai dans ma chambre, versant des larmes de joie, et louant le Seigneur pour ce qu’Il avait fait. Plus tard, on m’appela pour le petit déjeuner. J’avais prié que la petite se lève toute seule et prenne un bon petit déjeuner. Quand j’entrai dans la cuisine, je vis la fillette assise, en parfaite santé. Elle se leva d’un bond et m’entoura de ses bras. Elle me serra de toutes ses forces en riant et en pleurant. Je lui dis qu’il fallait qu’elle embrasse aussi Jésus, car c’était Lui qui l’avait guérie. Elle répondit : « Je sais que c’est Lui qui l’a fait, mais vous êtes le premier que je vois par ici avec une foi comme la vôtre pour la guérison ! »

Après le petit déjeuner, la grand-mère me dit : « Frère Bevington, venez un peu par ici ! » Elle me conduisit dans son fumoir. Quel spectacle ! Il y avait là des étagères remplies de toutes sortes de remèdes. La pauvre grand-mère travaillait dur, chaque automne, pour ramasser toutes sortes d’herbes, de racines, d’écorces, et de feuilles, tout cela pour réparer des corps usés ou abîmés ! Elle dit : « Au revoir ! » Puis elle leva les yeux au ciel et ajouta : « Jésus, puisque Tu as guéri Lucy, Tu pourras nous guérir tous ! » Elle me dit : « Frère Bevington, je voudrais que vous enleviez tout ça, car je vais en faire un bon feu de joie ! » – « Grand-mère, êtes-vous sûre de pouvoir faire confiance à Jésus ? Je ne vais pas rester longtemps ici ! » – « Oui, Frère, j’ai vu ce que je n’avais jamais vu auparavant ! Je croirai, et je ferai confiance à Jésus ! » – « Vous voulez vraiment que je vous enlève tout cela ? » – « Oui, monsieur ! » – « Ne pouvons-nous pas en parler d’abord à votre fils, le père de Lucy ? » – « Vous pouvez lui en parler si vous le voulez, mais je suis certaine qu’il ne fera aucune objection ! »

Je me rendis donc dans la grange, et dis à l’homme : « Votre mère me demande d’empiler tout ce qu’il y a dans le fumoir, pour en faire un feu de joie. Qu’en pensez-vous ? » Il alla dans sa maison pour voir si Lucy était toujours debout, et il la trouva en train de sauter et de rire. Elle lui dit : « Papa, je ne me suis jamais sentie aussi bien ! Je sais que Jésus m’a guérie ! » Nous retournâmes donc dans la grange, et il me dit de faire ce que la grand-mère avait demandé. Nous eûmes donc le plaisir de débarrasser toutes les étagères de cette abondante pharmacie. Ce fut une Lucy radieuse qui alluma elle-même le feu. Nous eûmes un moment béni autour de ce feu de joie ! J’eus l’occasion de les revoir plusieurs fois. Ils me dirent que la grand-mère n’avait plus jamais ramassé de remèdes. Lucy était toujours en très bonne santé. Elle allait à l’école, ce qu’elle n’avait jamais pu faire auparavant. Oh, que notre Grand Médecin soit loué ! Amen !

Guérison d’un bébé brûlé

Un jour, je faisais des réunions vers Willard, dans le Kentucky, dans le pays des célèbres frères Fleming. Leur mère vit encore là-bas. Je fus invité par la famille Ison, que je ne connaissais pas. Nous étions dans un chariot. La mère de famille tenait une grosse lampe pour éclairer la route, qui était mauvaise. Elle sauta du chariot en tenant son bébé. On lui tendit la lampe. Le bébé toucha de sa main le verre de la lampe, qui était très chaud, et se brûla gravement. Nous dételâmes les mules et entrâmes. Le pauvre bébé hurlait, et la mère arpentait le sol, en proie à une grande angoisse. Ses autres filles essayaient de faire quelque chose, mais sans succès. Je dis (sans savoir si elle allait l’accepter) : « Sœur, est-ce que vous avez l’habitude, par ici, de présenter ces cas à Jésus ? » La maman pleurait à s’en briser le cœur, pendant que son bébé continuait à hurler. Elle me dit : « Croyez-vous que Jésus peut guérir mon bébé ? » Je répondis : « Oui ! » Elle me tendit simplement son bébé, et s’assit calmement, comme si tout allait bien. Je posai ma main sur la petite main brûlée. Six minutes plus tard, le bébé dormait. A Jésus soit toute la gloire !

Lorsque je dis à la maman que Jésus pouvait guérir son bébé, je me rappelle que je faillis être pris au piège par les raisonnements de Satan. Il me suggéra de ne pas aller trop vite avec ces personnes que je ne connaissais pas, parce qu’elles risquaient de ne pas accepter facilement mes propositions. J’hésitai un moment, puis rejetai cette pensée. Satan m’affirmait qu’ils n’étaient pas convertis, et que si je voulais les toucher, je ferais mieux d’aller doucement, car ils rejetteraient la sanctification et tout le reste. Satan prit la peine de me dire qu’ils n’étaient pas sauvés. Mais je tentai ma chance, et je découvris vite que les parents étaient tous deux sauvés, et avaient soif de sanctification. Vous voyez comment Satan emploie ses stratagèmes !

Le bébé passa une très bonne nuit. Le lendemain matin, nous vîmes que la peau s’était détachée à l’endroit de la brûlure. Mais cela ne fit plus jamais pleurer le bébé. Que Dieu soit loué pour de telles victoires ! Les parents reçurent tous deux la sanctification avant mon départ, et deux de leurs filles reçurent le salut.

L’incrédulité, conséquence du manque de sanctification

Nous savons tous que toute cause produit un effet. Et lorsque nous voyons l’effet, nous savons qu’il y a une cause quelque part. L’une des principales causes qui nous empêchent de faire entièrement confiance à Jésus pour notre guérison est notre manque de sanctification complète. Quand nous mourons pleinement à nous-mêmes, nous sommes tellement crucifiés à ce monde et à tout ce qu’il apporte que nous pouvons alors faire confiance à Dieu pratiquement pour toutes choses.

Par exemple, à un moment donné, je faisais des réunions dans l’Ohio, à Nose Creek. Je me rendis compte que j’avançais péniblement. Je devais mener un combat difficile. Une seule famille fut touchée. Les parents furent sauvés et sanctifiés. Plusieurs dirent que cette mission était un tel échec, qu’ils n’en avaient presque jamais vu de semblable.

Après cela, je me rendis à vingt-deux miles de là pour une autre série de réunions, quelque peu découragé par les résultats de la série précédente. Je me donnai à fond. Le second soir, plusieurs personnes s’agenouillèrent devant l’estrade. Il semblait que nous allions avoir un grand réveil. Après le premier dimanche, je fis un appel pour ceux qui voulaient recevoir le Saint-Esprit. Je prêchai avec force et insistance la seconde œuvre du Saint-Esprit, c’est-à-dire la sanctification, mais personne ne s’approcha. Pourtant, beaucoup de gens cherchèrent la nouvelle naissance. Leur état spirituel me fit pleurer. Je les suppliai de rechercher la sanctification, mais personne ne répondit. Ces réunions s’achevèrent dans ce qui parut à tous comme étant la manifestation de la gloire de Dieu. Près de cinquante personnes affirmèrent avoir été sauvées. Pourtant, je considérai que cette série de réunions avait connu un échec pire que la première. Malgré tout ce que j’avais dit sur la nécessité de la sanctification, et malgré tous mes jeûnes, personne n’avait cherché à la recevoir.

J’étais vraiment déçu par ces réunions. Le dimanche soir, je fis un effort tout particulier. Je leur donnai l’un de mes meilleurs messages bibliques sur la seconde œuvre de la grâce, mais personne ne bougea. Je leur dis : « Frères et sœurs, l’œuvre de régénération est merveilleuse et glorieuse, mais elle n’accomplit pas pleinement l’idéal de Dieu pour Ses enfants. Si vous ne recevez pas le bénéfice de la seconde œuvre, la sanctification, vous ne tiendrez pas ! »

Mon dernier sermon fut encore une bonne étude biblique sur la sanctification. Personne ne répondit à mon appel. Pourtant, ces réunions eurent un grand impact. Beaucoup de gens vinrent de très loin. Tout le monde disait que c’était formidable. Plusieurs me demandèrent pourquoi la première série de réunions avait été un échec. Je ne dis rien, mais je pensai que cette seconde série de réunions avait abouti à un échec pire que la première.

Je pliai ma tente, et partis à quarante-cinq miles de là. J’ai continué à faire mon chemin depuis, et je continue encore, alléluia !

Pour reparler de cet échec, je me rendis au camp de Cincinnati neuf mois après la première série de réunions. Un frère me dit : « Frère Bevington, on m’a invité à aller à Nose Creek, là où vous étiez il y a quelques mois. On m’a dit que vous y avez fait des réunions, et qu’elles n’ont pas bien marché. Qu’en dites-vous ? » Je répondis : « Je ne considère absolument pas que ces réunions ont été un échec, puisque le père et la mère d’une famille ont été sauvés et sanctifiés. » – « Et personne d’autre ? » – « Non, pour autant que je sache. » – « Nous avons aussi appris que vous aviez eu des réunions formidables peu après. » – « Oui, c’est ce qu’ils ont dit ! » Je n’en dis pas plus. Mais ce frère fut assez critique envers mon échec.

Il partit planter sa tente à l’endroit où j’avais eu mes soi-disant réunions formidables, espérant en faire d’aussi bonnes. Il prêcha pendant huit jours la sanctification, mais personne ne répondit à ses appels. Quelque peu découragé, il persévéra jusqu’au dimanche soir. Mais personne ne bougea. Pourtant, le dimanche, son dernier jour, l’homme et la femme qui avaient été sauvés et sanctifiés à Nose Creek lui demandèrent de venir planter sa tente chez eux. L’évangéliste savait que c’était l’endroit où j’avais eu mon terrible échec. Mais il accepta cependant avec joie leur invitation. Il serait allé presque n’importe où pour quitter ces lieux !

Il commença ses réunions le mardi soir suivant. Il prêcha la sanctification. Quand il fit son appel, huit personnes s’approchèrent pour recevoir la sanctification ! Il faut dire qu’entre-temps le frère et la sœur qui l’avaient invité avaient fait des réunions de maison. Onze personnes avaient été sauvées, et trois sanctifiées.

C’est pourquoi nous avons besoin de puissance. La foi est une puissance. Il est difficile d’exercer la foi tant que nous ne nous sommes pas débarrassés du « vieil homme » en nous !

Dieu sait parler à des vaches

Les guérisons ouvrent de nombreuses portes. Par exemple, je faisais des réunions dans l’Indiana. Il y avait là deux sœurs célibataires, des filles vraiment bien, pleines de qualités, qui chantaient bien et travaillaient très bien pour le Seigneur. Elles exerçaient une bonne influence sur tous ceux qu’elles rencontraient. Mes réunions commençaient un dimanche matin. Elles étaient là, fidèles au poste. Je vis qu’elle allaient m’apporter une aide précieuse.

Le dimanche soir, elles n’étaient pas là, ni le lundi soir. Je me rendis chez elles pour voir ce qui se passait. Elles me dirent : « Frère Bevington, nous habitons chez notre mère. Nous vivons de notre lait et de notre beurre, mais nos vaches ne rentrent pas assez tôt pour nous permettre de venir aux réunions. Et nous n’avons pas le temps d’aller les chercher, parce qu’elles sont à une grande distance. » Je leur dis : « A quelle heure faudrait-il que vos vaches rentrent pour que vous puissiez venir à l’église ? » – « Oh, il faudrait qu’elles soient là bien plus tôt que d’habitude ! C’est pour cela que nous ne pouvons pas venir ! » – « Mais ce n’est pas ce que je vous ai demandé ! Répondez à ma question, je vous prie ! » – « Frère Bevington, nous vous comprenons, mais elles ne viennent jamais plus tôt ! » – « Vous voyez, vous ne me répondez pas ! Dites-moi, je vous en prie, à quelle heure faudrait-il qu’elles rentrent ? – « Mais ce n’est pas la peine d’en parler, puisqu’elles ne rentrent jamais plus tôt ! » – « Encore ! Ne voulez-vous pas répondre à ma question ? » – « D’accord, mais il faudrait qu’elle soient ici avant cinq heures de l’après-midi. » – « Bon, c’est ce que je voulais savoir. Ont-elles une cloche ? » – « Oui, une grosse ! » – « Eh bien, préparez-vous à entendre cette cloche vers cinq heures moins le quart ! »

Je me rendis dans ma chambre, me prosternai devant le Seigneur, et Lui dis : « Seigneur, Tu sais que nous avons besoin de ces jeunes filles à ces réunions. Je pourrais faire moins d’efforts, et elles nous permettraient d’avoir de bien meilleurs résultats. Je Te prie de leur faire entendre la cloche de leurs vaches dès cinq heures moins le quart ! » Je continuai à intercéder et à lutter. J’avais commencé à prier vers quatorze heures. A seize heures trente, l’une des jeunes filles dit en riant : « Eh bien, l’heure approche ! » L’autre lui dit : « Penses-tu vraiment que les vaches seront là dans un quart d’heure, ou que nous les entendrons ? Il nous a dit d’écouter. Il n’y a donc aucun mal à le faire. Je vais dehors ouvrir le portail. »

Elle sortit, ouvrit le portail, et regarda vers les bois. A sa grande surprise, elle entendit la cloche et appela sa sœur. Celle-ci sortit et dit : « C’est sûr, ce sont bien elles ! Elles arrivent ! » Je regardai ma montre. Il était exactement cinq heures moins le quart.

Les deux jeunes filles purent venir à la réunion du soir et donnèrent leur témoignage. Ce fut une grande bénédiction pour cette réunion. Pendant toute cette mission, les vaches continuèrent à rentrer à cinq heures moins le quart. Ce témoignage eut plus d’effet que les prédications de Bevington. Tout le monde en parlait, et on venait voir ce gars qui pouvait faire rentrer des vaches à l’étable, à une heure si incongrue ! Je n’avais jamais prié pour cela auparavant, et je n’eus plus l’occasion de le faire par la suite. Mais si Dieu me demandait de le refaire, je le referais !

Mon expérience dans une meule de paille

J’ai vécu bien d’autres expériences merveilleuses avec Dieu. Je n’ai jamais raconté certaines d’entre elles au cours de mes prédications, même si j’ai pu en témoigner en privé ou à de petits groupes. Ceux qui les ont entendues diront sans doute que mon livre serait incomplet si je ne parlais pas de mon expérience vécue dans une meule de paille. Elle terminera le récit de mes principales expériences avec le Seigneur.

Je faisais des réunions dans l’Indiana. Il faisait très froid, près de moins 35 degrés Celcius. Tout était couvert de neige. Les gens faisaient de longues distances dans leurs vieux traîneaux pour venir aux réunions. On entendait les cloches à des miles. Certains faisaient jusqu’à trente-cinq miles. Les traîneaux facilitaient le voyage, et les chevaux n’étaient pas trop sollicités à cette époque de l’année. Beaucoup de gens étaient venus par curiosité. Parmi ceux qui étaient venus de loin, un certain nombre furent sanctifiés. En fait, plusieurs furent sauvés, et quatre furent sanctifiés. A mesure que les réunions avançaient, les quatre personnes qui avaient été sanctifiées insistèrent pour que je vienne dans leur région. Je n’y prêtai aucune attention, car j’étais pleinement occupé dans cet endroit. Mais ils continuèrent à me presser, si bien que je finis par leur dire : « Où habitez-vous ? Est-ce loin d’ici ? » – « A environ vingt-cinq miles. Nous avons une église là-bas, une église Méthodiste. Il faut que vous veniez ! »

Vers la fin de cette mission, je leur dis : « Votre pasteur vous a-t-il autorisés à m’inviter à faire des réunions chez vous ? » – « Oh, il n’y aura aucun problème, car l’église est installée chez mon père. C’est lui qui l’a bâtie. » – « Bien. Mais elle appartient à la Conférence Méthodiste, et vous devez obtenir leur permission. » Je montai dans ma chambre et me prosternai. J’y restai vingt-six heures, et je sentis que Dieu me demandait d’accepter cette invitation.

Premières réticences

Le lendemain, trois de leurs anciens vinrent me trouver, mais je ne reçus aucun appel de leur pasteur. Je les renvoyai. Le lendemain, le pasteur arriva. Il me dit : « Je crois que certains membres de notre église ont assisté à vos réunions ici, et qu’ils voudraient que vous veniez chez nous. J’ai entendu dire que vous prêchiez la sanctification. » – « Oui, c’est vrai, et de tout mon cœur ! » – « Nous sommes tous des Méthodistes de la tendance de John Wesley. » – « Je dois dire que je n’en ai pas rencontré beaucoup ces temps derniers ! »

Il me demanda : « Prêchez-vous la sanctification aux pécheurs ? » – « Je prêche ce que le Seigneur me demande de prêcher. Parfois, je prêche la sanctification comme seconde œuvre de la grâce. Dans d’autres endroits, je ne parle presque pas de sanctification. » – « Bien. Nous aimerions vous voir venir chez nous, car cela plairait à certains de nos membres. Mais nous pensons qu’il ne serait pas sage de prêcher la sanctification à des pécheurs. Nous vous suggérons de prêcher la nouvelle naissance aux pécheurs, car c’est ce dont ils ont besoin. Par la suite, si vous le souhaitez, vous pourriez faire certaines réunions l’après-midi, pour ceux qui veulent la sanctification. »

Je lui dis : « Est-ce une simple suggestion, ou un désir qui est en fait un ordre ? » – « Je crois qu’il vous faut accepter cette condition si vous voulez que nous vous autorisions à venir chez nous. » – « Bien, s’il en est ainsi, je préfère ne pas venir du tout. » – « Je vous propose de ne consacrer qu’une seule soirée dans la semaine pour prêcher la sanctification. » – « Je ne peux pas vous donner mon accord, car il se pourrait que Dieu me demande de ne prêcher que la sanctification ! Je ne peux venir que si j’ai une complète liberté d’action, si je peux prêcher aussi longtemps que Dieu me le montrera, et sur les sujets qu’Il m’indiquera. Je n’accepterai aucune restriction. Je vous demande même de me laisser un plein contrôle des réunions. Je peux être amené à vous demander d’intervenir pour prier, mais aussi bien à ne pas le faire. »

Il me répondit : « Mais n’est-ce pas une attitude proche du fanatisme ? » – « Appelez cela comme vous le voudrez. Si je dois venir chez vous, ce sera à ces seules conditions ! »

Il repartit, et dit à ses anciens : « Frères, nous ne pouvons pas inviter ce gars chez nous ! C’est un vrai fanatique ! Il ne veut même pas que j’intervienne en quoi que ce soit dans les réunions, ni même que je prie. Il se peut qu’il ne m’invite même pas à monter sur l’estrade de ma propre église ! »

Les quatre hommes lui dirent : « S’il ne nous est pas possible de le faire venir dans l’église, nous pourrions peut-être nettoyer l’un des hangars où l’on traite le tabac, y mettre des sièges et le chauffer. Il contiendrait presque autant de monde que l’église. Nous pensons que cet homme doit venir nous parler. Il y a eu des âmes sauvées chaque soir ici. Cela fait trois ans que vous êtes pasteur, et nous n’avons vu aucune âme sauvée chez nous ! »

Le pasteur vit qu’il ne pouvait rien faire. Il finit donc par céder et m’invita dans son église. Je vins, et ouvris le feu sur les 300 membres de son église. Le pasteur m’avait demandé de ne pas prêcher la sanctification à des pécheurs. Je leur dis que la doctrine de la libération du péché semblait plaire assez bien aux pécheurs. Il m’avait dit que son église avait 350 membres, et que tous étaient sauvés, bien entendu. Quant à moi, je pensai que les quatre membres qui étaient venus assister à mes réunions, qui avaient été sauvés, puis sanctifiés, étaient un bon échantillon des 350.

L’opposition du pasteur

Après le troisième sermon, le pasteur me dit que le Club d’Entraide des Dames prévoyaient un programme très chargé pour Noël, et que le seul endroit où elles pourraient travailler était l’église. Il était donc désolé, car il aurait beaucoup aimé que mes réunions continuent. Mais il était obligé d’y mettre fin, pour rendre service au Club des Dames.

Il m’avait pourtant signé un engagement écrit, qui me permettait de rester dans l’église. Mais j’en fus empêché. Comme il m’était encore permis de parler le quatrième soir, j’annonçai la décision du pasteur, ainsi que la raison invoquée. Quelqu’un se leva d’un bond, et dit : « Allons donc dans la salle de l’école ! » Ils votèrent pour savoir si nous devions continuer les réunions dans la salle de classe. Toutes les mains se levèrent, sauf celles du pasteur et de sa femme. Le lendemain, nous déménageâmes donc.

Le jour suivant, le pasteur engagea cinq jeunes pour casser les bancs, afin que l’on ne puisse plus faire de réunions. Il leur donna deux dollars à chacun, et ils firent du bon travail ! Le conseil de l’église vint me dire : « Les garçons ont cassé les bancs ! » On me demanda donc d’arrêter les réunions. Mais les membres de l’église avaient trouvé un autre endroit !

Ce soir-là, en rentrant dans la maison où je logeais, je trouvai mes valises dehors, devant le portail, et toutes les lumières éteintes dans la maison. Je compris parfaitement le message, pris mes valises, et me mis en route, comme Abraham, sans savoir où je devais aller. Je suppose que j’aurais pu me rendre chez l’une des quatre familles que j’avais connues les premières. Mais je ne savais pas où elles habitaient. En outre, Dieu ne voulut pas que je les contacte, car Il avait une meilleure place pour moi, une place qui Lui attirerait plus de gloire que si j’avais logé dans l’une de ces familles.

Je continuai à marcher péniblement dans la neige. Il faisait très froid, si froid que des hommes découpaient dans un étang des blocs de glace de plus de soixante-dix centimètres d’épaisseur. Je fus vite fatigué, posai mes valises, et dis : « Seigneur, où vais-je donc ? » – « Que t’importe ? Suis-moi ! » Ce fut la seule réponse que je reçus. Je dis : « Bon ! » Je repris mes valises et partis. Puis je vis que je trouvais dans une sorte de sentier. Des sillons assez profonds avaient été creusés dans la route, comme si l’on avait charrié du maïs sur cette route à l’automne, en laissant sur le chemin de profondes ornières, qui étaient remplies de neige. Celle-ci m’empêchait de voir les ornières. Je tombai à plusieurs reprises, en me blessant, de sorte que mon visage saignait à plusieurs endroits. Mes mains étaient froides. Je m’écriai à nouveau : « Mon Dieu, où vais-je donc ? » Je reçus la même réponse : « Que t’importe ? »

Dieu me trouve un logement

Je poursuivis ma route avec beaucoup de difficulté. Je vis bientôt une masse imposante se dresser devant moi, barrant apparemment le sentier. Comme j’avais la tête baissée pour éviter les ornières autant que je le pouvais, je ne vis pas cette masse et m’y cognai. Je me rendis compte qu’il s’agissait d’une grande meule de paille. Une voix me dit : « C’est là ! » Je répondis : « D’accord ! » J’enlevai mon manteau, et commençai à dégager la paille. Cela me réchauffa agréablement. Je continuai à dégager la paille jusqu’à ce que je m’enfonce dans la meule, sur une distance d’environ quatre mètres, à une hauteur de près d’un mètre du sol, afin d’avoir assez chaud.

Après avoir rangé la paille que j’avais sortie, je mis mes valises dans ma « chambre, » et remis mon manteau. Je pris quelques vêtements pour me faire un oreiller, m’étendis sur le dos, et dis : « Gloire à Dieu ! Je ne pense pas que Jésus ait eu beaucoup mieux que cela ! La plupart du temps, cela ne devait pas être aussi confortable pour Lui ! »

La meule de foin était tout éclairée. C’était le spectacle le plus merveilleux que j’aie jamais vu ! Cela ressemblait à des tiges de paille cristallisée, presque aussi gros que mon petit doigt, s’entrecroisant en un magnifique réseau. Tout d’abord, je fus effrayé, car je crus que j’avais involontairement enflammé une allumette en sortant la paille. Mes craintes s’évanouirent vite, quand j’eus étendu les mains pour toucher ces tiges de paille humides et froides.

Bien-aimés, je ne serai jamais capable, de ce côté-ci du Ciel, de décrire ce spectacle d’une manière appropriée, ni de traduire en mots tout ce qui éblouissait mon âme ! J’ai souvent pensé que ce que j’ai vécu là était un avant-goût du Ciel. On nous a appris que toutes choses obéissaient ici-bas à des lois. Mais la disposition de ces tiges de paille ne semblait obéir à aucune loi. Elles étaient toutes séparées et ne semblaient même pas se toucher les unes les autres. J’ai souvent pensé que notre problème était le suivant : il faut toujours que nous pensions que les choses doivent obéir à des lois naturelles sur notre terre. Tandis que Dieu fait souvent des choses qui dépassent toutes les lois naturelles. Nous ne parvenons donc pas à comprendre l’importance réelle de Ses desseins.

Il est dangereux de rester dans nos ornières

Cette expérience dans ma meule de paille m’a souvent énormément aidé, en me permettant d’accepter des choses que j’aurais rejetées auparavant, à cause de mes raisonnements philosophiques. Il est vrai que Dieu Se sert beaucoup des lois naturelles. Mais j’ai découvert qu’Il nous apprend des leçons toutes particulières, qui dépassent largement le domaine des lois naturelles. J’ai appris qu’il était très dangereux pour nous de rester dans nos ornières. Dieu nous veut assez souples pour qu’Il puisse nous étirer, ou nous lancer ici ou là. Il veut aussi que nous sachions reconnaître Ses voies dans toutes sortes d’événements. Même si certains se ressemblent, Dieu n’agit pas toujours de la même manière.

Il ne fait aucun doute que Dieu nous donnerait de merveilleuses révélations s’Il pouvait nous conduire au point où nous serions capables de les recevoir. Je suis certain que les leçons les plus profondes que Dieu veut nous enseigner nous sont offertes sous des apparences parfois ridicules. Elles ne sont pas inscrites sur de grands panneaux publicitaires. Le voyageur insouciant ne les apprend jamais, car elles ne sont pas sur son chemin. On apprend ces leçons sur des chemins qui ne sont ni raisonnables ni ordinaires, comme le chemin qui m’a conduit à cette meule de paille. C’est là que j’ai appris des leçons d’une valeur inestimable.

Lorsque je racontai cette expérience au cher Pasteur John Fleming, il éclata en sanglots, et me dit : « Frère Bevington, j’aurais donné cent dollars pour voir ce tas de paille, au moment où il était si merveilleusement illuminé ! »

Si j’avais fait appel à ma raison, quand je suis tombé sur cette meule de paille, j’aurais pensé qu’il aurait été complètement déraisonnable de m’y installer, alors que le thermomètre marquait moins 25 degrés Celcius ! Tout m’aurait empêché d’agir comme je l’ai fait ! J’aurais sans doute raisonné ainsi : « Dieu a établi des lois, et Il nous demande d’y obéir. Il faut que nous prenions soin de notre corps. Je ne peux accepter que ce soit l’endroit où Dieu me veut. Il m’a appelé à prêcher l’Evangile, et Il a dit que l’ouvrier méritait son salaire. Je suis Son enfant ! Monsieur le diable, je ne te permettrai pas de m’envoyer dans un endroit tel que celui-là, dans une situation aussi extravagante. Il y a de quoi attraper un rhume épouvantable, peut-être même une pneumonie, qui me mènerait à une mort prématurée ! »

J’aurais donc utilisé toute ma logique pour écarter cette solution. Si je l’avais fait, je serais sans doute passé à côté de l’une des plus grandes leçons de ma vie. Nous avons donc besoin d’être prêts à renoncer à toute loi naturelle pour apprendre certaines leçons personnelles que le Seigneur tient en réserve pour nous. Lorsque j’ai prononcé ces quelques paroles d’acceptation de Sa volonté, en disant : « Je suppose que Jésus n’a jamais eu beaucoup mieux que cela, » le Seigneur m’accorda l’une des plus splendides visions qu’il m’ait jamais été donné de contempler. Oui, ces quelques paroles ont pesé davantage que des volumes entiers, et m’ont permis d’acquérir une profonde connaissance de la volonté du Seigneur pour moi.

Je continue donc à raconter les merveilles de Dieu. Il nous révélera des choses grandes et inouïes, si nous Lui permettons seulement de nous mener là où ces choses grandes et inouïes peuvent se passer, ou encore là où Il pourra les manifester sans mettre K.O. certaines de Ses brebis !

Dieu me manifeste Sa gloire sur la paille

Ces grandes manifestations de la gloire de Dieu, qui me furent accordées dans ma meule de paille, durèrent peu de temps. Mais ce furent de tels transports de joie débordante, qui me submergeaient comme des vagues successives, que je fus très surpris, lorsque je craquai une allumette pour regarder ma montre, de voir qu’il était quatre heures trente du matin. Je me retournai et m’endormis. Quand je me réveillai, je craquai une allumette, et je vis qu’il était cinq heures trente de l’après-midi !

Le Saint-Esprit nous convaincra de péché

Je rampai hors de ma meule, secouai la paille, et me servis de mon mouchoir comme un gant de toilette pour me débarbouiller avec de la neige. Puis je retournai à la maison qui nous avait été proposée pour continuer les réunions. J’y trouvai vingt-cinq personnes déjà assemblées, qui travaillaient avec des scies et des chevaux. Ils avaient tracté des grosses branches, et les avaient sciées en morceaux de soixante-dix centimètres, pour en faire des sièges. Deux pièces étaient déjà presque entièrement équipées en sièges. Je dis au propriétaire de la maison : « Je suppose que ces deux pièces sont les seules dont vous pouvez disposer ? » – « Oui, mais elles contiendront plus de monde que la salle de classe. » – « Y a-t-il une pièce au-dessus ? » – « Oui, mais que voulez-vous y faire ? C’est une sorte de grenier non aménagé. » – « Je veux simplement un endroit pour prier. »

Je vis qu’il y avait une trappe pratiquée au plafond. Je dis : « Puis-je monter par là ? » – « Je pense que oui. Mais il n’y a pas de plancher, et il y fait froid ! » – « Je voudrais y monter ! » Il se procura donc une échelle, et je montai dans le grenier. Je me tins tout près du gros conduit de la cheminée, à cheval sur une poutre. J’éclatai alors en gros sanglots.

Du bruit se faisait toujours entendre en bas. Je supposai qu’ils finissaient d’installer les sièges. Je craquai une allumette et vis qu’il était neuf heures trente du soir. Je me relevai et descendis. Il y avait une centaine de personnes qui m’attendaient. Je n’avais aucun message à leur donner. Mais j’avais un grand fardeau pour ces âmes, pour qu’elle puissent être amenées à une vraie conviction de péché, afin de voir dans quel état elles se trouvaient, et de pouvoir se réfugier auprès du Fils de Dieu.

Il y avait un peu de place libre à l’endroit où je descendis du grenier. Je m’y prosternai, face contre terre. Une demi-heure environ plus tard, le fils du pasteur vint me dire : « Ne voulez-vous pas prêcher ? Il y a plus de cent personnes qui attendent ! » Je les exhortai tous à prier. Il me dit : « Personne ne peut guère prier ici ! Vous nous avez coupé tous nos moyens ! La seule prière que nous devrions faire, c’est une prière de repentance ! »

Je pensai qu’il avait raison. Je me relevai, et dis : « Frères et sœurs, je n’ai aucun message pour vous ce soir. Vous avez déjà écouté trop de prédications. J’ai seulement un fardeau de prière pour vous, pour que vous soyez tous conscients de votre condition réelle et que vous puissiez vous voir tels que Dieu vous voit. Il n’y a que comme cela que vous pourrez vous réfugier auprès du Fils de Dieu pour sauver vos vies, car Il a pourvu pour votre délivrance complète du péché ! »

Ayant dit cela, je me frayai un chemin jusqu’à la fenêtre la plus proche, et retournai dans mon confortable refuge, où je me prosternai devant le Seigneur pour intercéder, pleurer, gémir et combattre. Quand je craquai une allumette, je vis qu’il était cinq heures trente du matin. Je m’endormis peu après, pour me réveiller à seize heures trente. Je sortis en rampant, et refis une petite toilette dans la neige (il faisait encore près de moins 25 degrés !) Je revins à la maison, où se trouvaient soixante-quinze personnes. Plus de vingt d’entre elles étaient à genoux et semblaient prier avec beaucoup d’ardeur. Certains étaient prosternés à terre et sanglotaient, d’autres étaient à genoux et priaient, d’autres avaient la tête levée vers le ciel et intercédaient en pleurant, d’autres encore marchaient là où ils pouvaient trouver un peu de place.

Membres d’une église, mais non sauvés

Tous ces gens qui criaient miséricorde étaient membres de cette église, qui étaient pourtant censés être sauvés ! Parmi eux, il y avait le fils et la fille du pasteur. Je soulevai une fenêtre et me glissai à l’intérieur, car on ne pouvait pas passer par la porte, faute de place. Je grimpai dans le grenier par l’échelle. Je me mis à genoux tout près du conduit de la cheminée, qui était maintenu bien chaud par une bonne flambée en-dessous.

De temps en temps, le propriétaire de la maison venait me dire : « Il est plus de vingt heures ! Ils veulent tous que vous descendiez prêcher ! » Je lui répondis : « Dites-leur à tous de continuer à prier ! » – « Je crains qu’ils ne se lassent, et qu’ils ne partent tous pour ne plus revenir ! Et tout le travail commencé sera perdu ! »

Vous voyez, tout cela était encore très logique, mais je restai à ma place. Je les entendis prier et chanter. A vingt-deux heures, je descendis, et vis qu’il y avait environ quarante personnes qui étaient dans une véritable agonie, surtout le fils et la fille du pasteur, qui avaient pourtant témoigné qu’ils étaient sauvés depuis plusieurs années.

Je vis que Dieu était à l’œuvre. Il aurait été insensé de ma part de Le remplacer. Je soulevai donc la fenêtre et me glissai à l’extérieur pour rejoindre mes quartiers privés, et continuer à intercéder pour eux. Je me prosternai à nouveau pour combattre, lutter, pleurer et m’accrocher au Seigneur avec foi, m’attendant réellement à ce qu’Il accomplisse des prodiges.

Je craquai une allumette et vis qu’il était six heures du matin. Je me retournai et m’endormis jusqu’à cinq heures vingt de l’après-midi. Je sortis, fis une autre bonne toilette dans la neige, me secouai, et me rendis à la réunion.

Je vis qu’il y avait là près de deux cents personnes. La plupart étaient dans un état lamentable. Un homme et sa femme vinrent à ma rencontre au-dehors, et commencèrent à se plaindre de leur voisin, qui leur causait beaucoup d’ennuis à cause de son mauvais caractère. Je leur dis : « Entrez, mettez-vous à genoux, et demandez au Seigneur qu’Il vous fasse miséricorde. Ouvrez vos cœurs devant le Seigneur, soyez honnêtes avec Lui, et laissez-Le vous examiner ! » C’est ce qu’ils firent.

Un autre vint me dire : « Que dois-je faire ? » – « Mettez-vous en règle avec Dieu ! » – « Mais je suis membre de cette église ! » – « Mettez-vous en règle avec Dieu ! Repentez-vous ! Réglez vos problèmes devant le Seigneur, pour que les choses aillent mieux dans votre vie ! »

Deux sœurs vinrent ensuite me parler de la terrible méchanceté de leurs voisins. Elles me dirent : « Nous vous demandons de prier pour eux, car ils sont la terreur de tout le voisinage ! » Je leur dis : « C’est vous deux qui avez besoin que l’on prie pour vous ! Ne vous occupez pas de vos voisins ! Mettez votre propre vie en règle ! Réglez vos problèmes avec Dieu ! » – « Mais, Monsieur Bevington, nous sommes membres de cette église, et nous avons très bonne réputation ! » – « C’est pour cela que vous êtes d’autant pires ! » – « Nous voulons que nos enfants soient sauvés, mon fils, ma belle-fille, ma fille et mon beau-fils. » – « Je vous ai dit d’entrer, de vous mettre à genoux, et de vous adresser directement à Dieu, pas à Bevington ! » – « Mais il n’y a plus de place à l’intérieur ! » – « Faites-vous de la place, allez dans la cuisine ! » – « Tout est plein à craquer ! » – « Entrez, entrez ! »

Je plantai là ces deux propres justes qui se plaignaient de leur sort, et me glissai à l’intérieur par ma fenêtre. Je montai au grenier. Peu de personnes me virent. Peu après, le propriétaire vint me dire que trois cents personnes étaient là. Il était près de neuf heures trente du soir. Je descendis, et trouvai le propriétaire en train de crier à Dieu, avec son fils, sa fille, sa femme, et beaucoup d’autres. Le fils me dit en pleurant : « Ne voulez-vous pas prêcher ? Je me sens tellement mal, j’ai besoin d’aide ! Je vous en prie, aidez-moi ! Dites-moi ce que je dois faire ! Et ma sœur, qui est là, pleure comme si son cœur allait se briser ! »

La seule place disponible était sur les barreaux de l’échelle. Je restai à cet endroit, et je leur lis un passage, avec ce verset : « Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu ! » Je crois bien que je n’avais jamais donné un message comme celui que je leur donnai là, en quarante minutes, et que je ne n’en ai plus jamais donné de semblable depuis ! Tout le monde éprouvait une intense agonie. Certains marchaient et hurlaient. Seulement soixante avaient pu se mettre à genoux, mais tous faisaient du bon travail. Le Seigneur envoyait Sa foudre avec puissance, comme des torrents de feu !

Un réveil obtenu dans l’intercession

Sentant que j’avais fait tout ce que Dieu me demandait de faire, je soulevai la fenêtre et regagnai mon confortable appartement. Je me jetai face contre terre, et ne pus rien faire d’autre que gémir, pleurer et intercéder. Puis je craquai une allumette, et vis qu’il était quatre heures du matin. Je dormis ensuite comme un bébé jusqu’à six heures trente de l’après-midi. Après avoir pris un nouveau bain froid, je retournai à la maison. Il y avait encore soixante personnes. J’étais au pied de l’échelle quand le pasteur entra. Il se mit à déverser sur moi un torrent d’accusations. Il me qualifia de tous les noms du catalogue. Mais comme j’étais assez habitué à entendre ce genre de langage, je ne me laissai pas troubler dans mon équilibre. Je ne dis pas un mot. Quand il eut fini, il ordonna à tous les membres de son église de sortir, et de ne jamais revenir ici.

Tous partirent, sauf son propre fils, le propriétaire de la maison et sa famille, et un autre homme et sa famille, environ seize personnes. Je me sentis conduit à leur donner une prédication. Je prêchai donc sur le jugement et la colère de Dieu. Le fils du pasteur, le propriétaire et sa femme, et l’autre homme, furent exaucés vers quatre heures du matin. Ils reçurent le salut. Nous passâmes un moment béni, et le fils nous fit une merveilleuse prédication !

La veille, le pasteur avait saisi sa fille par le col et l’avait traînée au-dehors, la menaçant de la punir sévèrement si elle revenait aux réunions. Son fils était un peu trop grand pour qu’il lui fasse subir le même sort, et il avait été obligé de partir sans lui.

Je retournai dans mon hôtel, pleurai jusqu’à midi, puis m’endormis pour me réveiller à vingt heures. Je sortis pour faire ma toilette dans ma grande salle de bains ! Quand je retournai à la maison, je vis qu’il n’y avait que vingt-deux personnes.

Tous demandaient à Dieu de leur faire miséricorde, sauf ceux qui avaient déjà reçu le salut, et qui cherchaient la sanctification. La fille du pasteur était là. Je me sentis conduit à rester toute la nuit avec eux. Vers trois heures du matin, je montai dans le grenier. Peu après, la femme du propriétaire vint me dire : « Que dois-je faire ? Je veux jeter tous ces morceaux de bois dehors, et nettoyer ma maison. Je suis sûre que je suis en règle avec Dieu. D’ailleurs, c’est le pasteur qui me l’a dit. Cela fait des années que je suis membre de cette église. Vous vous moquez de nous tous, mon mari, ma fille et mon fils ! » Je lui répondis : « Femme, descendez de cette échelle aussi vite que vous le pourrez, et criez à Dieu pour qu’Il vous fasse grâce ! Dans vingt minutes, vous pourriez être en enfer ! »

Elle descendit, et je la suivis. Je peux vous dire qu’elle changea de ton ! Quarante minutes plus tard, elle toucha le but, et se lança dans une belle prédication jusqu’à l’aube ! Je me glissai au-dehors pour retourner dans mon quartier général.

Tout ceci nous mène au neuvième matin. Je n’avais rien eu à manger pendant tout ce temps, et j’avais continué à dormir sur la paille ou sur une poutre dans le grenier.

Je pourrais mentionner que, parmi tous les noms dont le pasteur m’avait affublé, ce fameux soir, il y avait celui d’hypnotiseur. On ne m’avait jamais appris ce que signifiait ce mot, dans l’école que j’avais fréquentée. Je fus donc intéressé de savoir ce qu’était un hypnotiseur. J’avais noté ce mot, au pied de l’échelle, afin de m’informer, plus tard, sur la profession et le statut d’hypnotiseur. Mais il me fut impossible de le savoir, après avoir consulté les meilleures autorités à ce sujet. Je laissai donc tomber cette partie de la tirade du pasteur, qu’il avait puisée dans ses abondantes réserves de malédictions.

Quand je revins à la maison, le propriétaire me dit : « Frère Bevington, où êtes-vous donc hébergé ? » Je lui répondis : « Cela ne vous regarde pas ! » – « Mais si, cela me regarde, et je vais bien finir par le savoir ! Je suis allé voir aujourd’hui les Reynolds. Je croyais que vous étiez chez eux. Mais ils m’ont dit que vous n’étiez pas là. Je suis donc allé partout où je pensais que vous auriez pu vous trouver, mais personne ne savait où vous étiez. Dites-le moi donc ! » – « Cela ne vous regarde pas ! Retournez prier pour recevoir le Saint-Esprit ! » – « Non ! Je ne le ferai pas tant que vous ne me l’aurez pas dit ! »

Je me contentai de lui désigner la meule de paille. Il s’écria : « Chérie ! Cet homme est resté dans ce tas de paille, et c’est là qu’il a couché ! » Il se mit à gesticuler aussi calmement qu’un candidat à la réception du Saint-Esprit pouvait le faire. « Mais où avez-vous mangé ? » Je levai un doigt vers le ciel. Il hurla : « Cet homme n’a rien mangé pendant deux semaines ! » Bien entendu, il exagérait de trois jours. Il me dit : « Entrez manger quelque chose ! » Je refusai, car il était près de neuf heures du soir. J’entrai et vis que cent personnes étaient présentes.

Je me suis trompé en disant tout-à-l’heure que c’était le neuvième matin. C’était en fait le huitième. De toutes façons, cette nuit-là, à trois heures du matin, la fille du pasteur fut sauvée. Elle me dit : « Frère Bevington, j’ai désobéi à mon père pour la première fois de ma vie. Mais il fallait que je revienne ici, car j’avais peur de perdre mon âme ! Voulez-vous prier pour moi, pour que j’accepte et que je supporte la punition qu’il m’a promise ? » Elle connaissait le caractère de son père ! Je lui dis : « D’accord, je vais monter au grenier pour plaider votre cause ! Quant à vous, restez fidèle à ce que vous avez reçu ! » Je montai donc au grenier.

Son frère et elle devaient faire près d’un mile à pied pour venir aux réunions. Son frère recherchait la sanctification. Mais comme il avait beaucoup de choses à régler, c’était assez difficile pour lui. Nous priâmes pour que les choses qu’ils avaient vécues fassent fléchir leur père, et le forcent à capituler. A cinq heures trente du matin, je sentis que mon fardeau était complètement parti. La lumière se fit. Je me relevai de ma poutre, louant Dieu pour la victoire qu’il accordait à la fille du pasteur.

Le pasteur et sa femme sont passés au crible

C’était donc le neuvième matin. Je revins à mon tas de paille. C’était le lendemain du soir où le propriétaire de la maison m’avait interrogé sur l’endroit où je logeais, et où le pasteur, tête nue, était arrivé avec son fils et sa fille sur un traîneau dont les cloches carillonnaient. Il était en train d’être passé au crible. Car son fils et sa fille étaient entrés dans la chambre où il dormait. Il supposait qu’elle dormait dans son lit, à l’étage. Elle l’appela, et lui dit : « Papa, il a fallu que je te désobéisse hier soir. J’ai dû choisir entre retourner à la réunion, ou aller en enfer. Maintenant, papa, je suis prête à recevoir ta punition. » Le fils se tenait à côté de sa sœur, la tête basse, intercédant pour le salut de son père, et pour que cette expérience puisse servir à cela. Le pasteur dit : « Bien. Va te coucher. Laisse-moi seul. » – « Non, papa, je veux recevoir ma punition. Je t’ai désobéi. Je suis prête. » Le pasteur poussa alors un grand cri, bondit hors de son lit, tomba à genoux, et se mit à supplier Dieu de lui faire miséricorde. Son fils et sa fille se mirent aussi à genoux, face contre terre. Dix minutes plus tard, leur mère surgit, et dit : « Oh, mes enfants, priez pour moi ! Je crois que j’ai besoin de recevoir ce que vous avez tous les deux ! »

Ils luttèrent donc toute la journée, jusque vers quinze heures. La mère reçut alors le salut, mais pas encore le pasteur. Ce soir-là, il demanda à tout le monde de retourner dans l’église, car les deux pièces étaient devenues trop petites. Beaucoup avaient entendu parler de ce qui était arrivé au pasteur, et étaient revenus. Je fis une prédication sur ce verset : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. » Dieu me donna un message béni. La mère reçut la sanctification à quatre heures du matin. Mais le pasteur n’avait encore rien reçu. Dès l’aube, il partit demander pardon à tous ceux qu’il avait chassés de mes réunions. Il lui fallut trois jours pour en faire le tour, mais il le fit ! Il raconta que lorsqu’il arriva à la première maison, il demanda pardon et invita les gens aux réunions. Puis il partit. Mais une voix lui dit : « Est-ce tout ? » Il se retourna et ne vit personne auprès de lui. Il n’était pas habitué à entendre la voix de Dieu, et se demanda ce que cela signifiait. Quand il atteignit le portail, il entendit à nouveau la même voix, qui lui dit la même chose. Il dut retourner dans la maison, tomber à genoux devant eux, et leur demander pardon dans cette position. Il le fit avec joie et demanda ainsi pardon aux trois cents personnes !

Trois semaines supplémentaires bénies

Nous retournâmes donc à l’église, et y passâmes trois semaines supplémentaires. Comme mon séjour dans la meule de paille m’avait rendu capable d’avaler un bon repas, je pus le prendre au presbytère. Après cela, je ne pris qu’un seul repas par jour, pendant toute la durée des trois semaines.

Si je pouvais vous les raconter, cela me ferait sans doute beaucoup de bien de vous dire tout ce qui s’est passé au cours de ces trois semaines. J’abrégerai mon récit en disant simplement que je ne prêchai que deux sermons pendant cette période, le dernier jour. Je demeurai prosterné face contre terre sur l’estrade, jour et nuit. La femme du pasteur, ainsi que sa fille et son fils, reçurent la sanctification. Quant au pasteur, il fallut cinq jours pour le mettre complètement à mort. Pendant tout ce temps, il se passa plusieurs événements intéressants. Le pasteur se roulait à terre, transpirait abondamment, fit des restitutions, et mena un rude combat pendant cinq jours. Mais il fut entièrement exaucé, et fut un bon témoin pendant de nombreuses années.

Je le revis trois années de suite au camp de Cincinnati, et il donna de bons messages sur le plein salut. Oui, si tout ce qui se passa alors avait pu être écrit, cela aurait fait un livre très intéressant ! Près de trois cents personnes vinrent prier devant cette estrade, jour et nuit. Il y avait en permanence quelqu’un qui recevait le salut. Tous ceux qui furent sauvés étaient une merveilleuse prédication vivante ! De nombreuses restitutions furent faites.

Je m’aperçois que j’ai omis de raconter beaucoup de choses qui se sont passées au cours de cette mission de cinq semaines. Mais je crois que ce que j’ai dit suffira. Je veux simplement vous rappeler que pendant tout le temps où j’ai séjourné dans la meule de foin, la température est restée à vingt-cinq degrés en dessous de zéro ! Le premier soir, je m’étais blessé assez sérieusement au visage en plusieurs endroits, en tombant dans les ornières gelées. Mais je n’ai jamais attrapé le moindre rhume ! Et cela ne m’a absolument pas handicapé pour lutter pour le salut des âmes, malgré le fait que je n’avais pu dormir que pendant les journées, tout au long de ces cinq semaines.

Dieu me guérit d’une apparente crise cardiaque

Un jour, je faisais des réunions en amont de la rivière, non loin de Cincinnati, et je logeais chez le frère Ben Otten. J’étais occupé à lui construire un traîneau. J’étais en train de percer un morceau de chêne très dur à l’aide d’une foreuse à lanière. Je faisais tourner la foreuse de toutes mes forces, quand, soudain, je ressentis une violente douleur juste au-dessus du cœur. Toutes mes forces m’abandonnèrent pendant près d’une heure. Puis je parvins à reprendre quelques forces. Je retournai à la maison, souffrant encore, mais ne tardai pas à reprendre mon travail. Après le déjeuner, je souffrais tellement que je pouvais à peine respirer. Je priai un peu, mais repris mon travail jusqu’à ce que j’aie terminé le traîneau. Puis je continuai à faire des bricoles, car il y a toujours beaucoup à faire dans une ferme.

Mais, après le dîner, je ne pouvais plus me tenir debout. Je racontai aux frères ce qui m’était arrivé, et dans quel état je me trouvais. Ils manifestèrent une certaine inquiétude, car la douleur était très proche du cœur. Je sortis et voulus me mettre derrière une botte de fourrage, mais je ne pus l’atteindre. Près d’une heure plus tard, comme mon état empirait encore, je dis : « Bon. Il faut que je fasse quelque chose ! » Je revins à la botte de fourrage, et dis : « Maintenant, Monsieur le diable, ça suffit, c’est allé assez loin ! »

Je tombai à genoux, face contre terre, et commençai à invoquer les promesses, de tout mon cœur. Je levai ma Bible, réclamant la promesse de 1 Jean 5 :14. Je maintins cette attitude pendant un moment, mais la douleur continuait à augmenter, au point que je ne pouvais plus respirer sans éprouver d’intenses souffrances. Animé de l’énergie du désespoir, je dis : « Seigneur, je ne quitterai pas cet endroit tant que je ne serai pas délivré ! »

Je commençai à proclamer que c’était fait, et me considérai comme délivré. Je vis que ma foi devenait de plus en plus ferme et forte. Je commençai à louer le Seigneur, et sentis que j’étais en train d’obtenir ma délivrance. Je levai à nouveau la main, et dis : « Alléluia ! C’est fait ! C’est fait ! C’est fait ! » Au moment où je prononçai ce dernier mot, j’eus la victoire. Je me levai d’un bond et me mis à courir et à crier. Le frère Ben et sa femme, qui se tenaient non loin, se mirent à pleurer de joie parce que Jésus m’avait délivré. Oh, que le Seigneur soit loué ! Que tous les peuples Le louent !

Je suis mis à la porte d’une église

Un jour, je faisais des réunions dans l’Ohio. Je prêchai quatre soirs dans une église importante. Le cinquième soir, je ne mangeai pas, et me rendis à l’église assez tôt. Mais je vis que la porte était fermée à clef. Je m’assis sur les marches et commençai à lire la précieuse Parole de Dieu. J’étais tellement intéressé que je ne remarquai pas le temps passer. Un homme s’approcha et me dit : « Est-ce que la porte est fermée à clef ? » – « Oui ! » Il me dévisagea très sérieusement pendant près de cinq minutes, puis il me dit : « Ne savez-vous pas qu’il vous ont mis à la porte ? » – « Non ! Ah oui, vraiment ? » – « Oui, ils vous ont mis à la porte ! » – « Habitez-vous près d’ici ? » – « Oui, vous êtes passé chez moi vendredi dernier, mais je n’étais pas là. Vous avez prié pour ma femme, et elle va bien depuis ce moment-là. » Je lui demandai : « Etes-vous sauvé ? » Il me répondit : « Non ! » Puis il partit. Je dis : « Seigneur ! Ils m’ont mis à la porte, hein ! Mais, ce message que Tu m’as donné ce matin ! A qui dois-je le donner ? »

Satan murmura à mes oreilles : « Tu le donneras demain soir. Ils vont t’inviter à nouveau dans l’église ! » Notez le danger ! Cela semblait bon et raisonnable. Beaucoup auraient accepté cette suggestion. Il était alors plus de neuf heures du soir. Mais j’étais profondément travaillé par un certain sujet de prédication, et je ne pouvais pas m’en débarrasser. Je dis : « Seigneur, il me semble pourtant que je dois donner ce message quelque part, ce soir ! »

Ne voyant personne autour de moi, à qui j’aurais pu donner mon message, j’étais embarrassé. Mais ce message continuait à se développer en moi et à prendre toujours plus d’ampleur, malgré l’absence d’auditeurs visibles.

J’étais toujours assis sur les marches de l’église. Je vis un grand chêne qui étendait ses branches au-dessus de la route. Alors que j’étais en train d’admirer sa beauté, une voix me dit : « C’est là ! » Je regardai tout autour de moi, il n’y avait personne. Je m’approchai cependant de l’arbre, me jetai à genoux, face contre terre. J’entendis alors du bruit. Je crus qu’il s’agissait de cochons qui mangeaient des glands, et je restai prosterné. Il me semblait que je ne pouvais pas bouger de cet endroit. Je sentais que mon message continuait à se développer en moi, mais je ne pouvais tout de même pas prêcher à des cochons en train de manger des glands !

La puissance de l’intercession amène le réveil

Je commençai alors à pleurer et à combattre, réalisant l’état épouvantable des membres de cette église. J’entendis alors des gémissements, des grognements, des pleurs et des prières. Je levai la tête, et vis qu’il y avait soixante-douze personnes sous ce chêne ! Un tiers d’entre elles priaient, et le sujet de leurs prières était exactement ce message qui brûlait dans mon cœur ! Ils avaient tous reçu le même message que moi, sans que j’aie besoin de le leur donner !

Je restai donc prosterné, priant Dieu qu’Il imprime ce message dans leur cœur. La fille du pasteur était là, pleurant et priant de tout son cœur.

A une heure trente du matin, je me relevai, et leur donnai, pour terminer, la partie du message qu’ils n’avaient pas encore reçue. Quand le feu fut éteint et que la fumée se fut dissipée, je vis qu’il y avait là treize personnes qui avaient été grièvement blessées dans l’échauffourée, à tel point qu’elles semblaient incapables de se relever et de partir. A quatre heures et quart du matin, personne n’avait encore fini de prier. Il y avait encore là cinquante personnes, hommes et femmes, jeunes gens et jeunes filles. A cinq heures trente, la fille du pasteur fut glorieusement sauvée. Elle courut en tous sens en criant, riant et pleurant. Vers six heures vingt, une centaine de personnes étaient réunies sous cet arbre. J’étais toujours prosterné face contre terre, pleurant et gémissant. Beaucoup de gens étaient terrassées par la puissance de Dieu. Quelqu’un dit que plus de soixante personnes priaient en même temps.

Le pasteur, qui était ailleurs pendant que sa fille nous faisait une prédication, manqua cette belle fête. Quelqu’un me dit que sa femme était arrivée. Je me rappelle à quel point je craignais sa venue. J’avais prié que le Seigneur me protège. Mais elle n’était animée d’aucun esprit d’opposition. Elle se mit à aider ceux qui était là, accompagnée par sa fille. Je prononçai la bénédiction finale à quatre heures trente du matin. Finalement, le pasteur vint annoncer lui-même qu’il y aurait une réunion dans l’église ce soir-là, bien qu’il ait précédemment ordonné que l’on me mette à la porte de l’église !

Vous voyez, cela paye toujours d’obéir à Dieu !
Chapitre 7

Le chapitre des enfants

Chers enfants, salut !

Ce livre serait incomplet s’il n’avait pas de chapitre consacré aux enfants. Le voici donc ! Je désire simplement passer un bon moment avec mes jeunes amis, car ces chers enfants ont toujours été mes amis. Ils m’ont toujours réconforté quand j’avais besoin de réconfort. Je crois que cela ferait plaisir à Jésus que je vous raconte certaines expériences que j’ai vécues, et où Il a pu bénir des enfants. J’ai eu l’occasion de raconter beaucoup de ces événements au cours de réunions d’enfants et d’écoles du dimanche. Je les ai aussi racontés dans des maisons, au coin du feu. Car, lorsque je n’étais pas occupé à des missions, je passais souvent mes longues soirées d’hiver à amuser des enfants.

Katie et la boule d’Edward

Je me sens conduit à vous parler de deux enfants qui s’appelaient Katie et Edward. Je les ai connus quand je travaillais à Cincinnati.

J’étais alors entré en contact avec un foyer à la dérive. Le père et la mère buvaient beaucoup. Ils engloutissaient dans la boisson tout l’argent qu’ils pouvaient gagner, et ils vivaient dans la crasse. Ils avaient une petite fille de sept ans, qui s’appelait Katie. Nous lui avions procuré des vêtements. Nous l’avions inscrite à l’école, et aussi à l’école du dimanche. Nous nous occupions beaucoup d’eux.

Comme la petite Katie n’avait jamais été à l’école, nous l’avons d’abord placée dans notre maternelle chrétienne. Elle apprenait de petits cantiques, et de petites prières que les enfants récitaient en prenant leurs repas à leurs petites tables. Nous aimions beaucoup nous occuper de tous ces bambins. Souvent, nous allions les voir juste un moment, lorsqu’ils étaient assis sur leurs petites chaises rouges.

La petite Katie racontait et partageait chez elle toutes les petites choses qu’on lui apprenait. Elle chantait les cantiques, et aimait tout particulièrement faire la prière à table. Elle demandait souvent au Seigneur de bénir la nourriture qu’ils prenaient en famille chez elle. Les parents trouvaient cela amusant. Son père racontait tout le mal que prenait Katie pour faire taire ses parents, son grand frère et sa grande sœur, pour qu’elle puisse faire la prière. Les parents étaient souvent ivres, et il lui fallait de terribles efforts pour les obliger à croiser leurs mains pour prier ! Ils trouvaient que c’était très mignon, et ils la laissaient faire.

Mais ils finirent par être peu à peu gagnés au Seigneur. Ils vinrent bientôt s’agenouiller devant l’estrade pour supplier Dieu qu’Il leur fasse miséricorde. Dieu dut employer les grands moyens pour les délivrer de ces mauvaises habitudes qui les tenaient depuis si longtemps, mais Il les conduisit tous deux au salut. Je leur trouvai peu après du travail à l’usine de savon Procter et Gamble d’Ivorydale, où ils fabriquent le célèbre savon Ivoire.

Deux années passèrent. Un jour que je visitais les pauvres, je trouvai une famille qui n’avait plus rien à manger. Ils avaient quatre petits enfants. Je voulus me rendre à la boulangerie Muth, où je pouvais acheter deux miches de pain pour dix cents, parce qu’elles étaient de la veille. Il me restait juste vingt cents. Avec cela, je pouvais acheter de quoi faire une soupe, avec un os et quelques pommes de terre, et les deux miches.

J’ai du mal à écouter la voix de Dieu

Pendant que je marchais en direction de la boulangerie, une voix me dit : « Va chez Katie. » Je me rappelais très bien Katie. Mais comme j’avais l’intention d’acheter quelque chose pour ces enfants affamés, je fus embarrassé, car il me fallait utiliser mes vingt cents pour faire l’aller-retour à Ivorydale. Bien entendu, je pensai que c’était impossible, et je poursuivis mon chemin en direction de la boulangerie. Mais la voix continuait à résonner à mes oreilles : « Va chez Katie ! »

Je m’arrêtai et fouillai mes poches pour voir si je n’avais pas d’autres pièces. Mais je n’avais pas un cent de plus. Alors je continuai mon chemin. Puis la voix dit : « Veux-tu aller chez Katie, oui ou non ? » Je m’arrêtai net, comme paralysé. Je tremblais, ce qui m’arrive rarement. Je dis : « Seigneur, j’y vais ! » En levant les yeux, je vis qu’arrivait un tramway qui se rendait à Ivorydale. J’y montai.

Le chagrin de Katie

Arrivé devant leur maison, je frappai à la porte. J’entendis sangloter, et une faible voix me dire : « Entrez ! » Quand j’entrai, je vis Katie dans un coin qui s’occupait d’un bébé. Elle s’écria : « Maman, voilà le Frère Bevington ! » Je vis que Katie avait pleuré, car ses yeux étaient tout rouges. Je m’approchai d’elle, posai ma main sur sa tête, et dis : « Qu’y a-t-il, ma Katie ? »

Elle avait beaucoup grandi pendant ces deux années ! Sa mère entra, et me donna une cordiale poignée de main. Elle me dit : « Frère Bevington, je suis si heureuse que vous ayez écouté Dieu et que vous soyez venu ! Je prie depuis vingt-quatre heures que Dieu vous envoie ici. Asseyez-vous, et je vais vous dire pourquoi Katie a tellement pleuré ! Vous voyez cette maison ?(Elle désigna une maison) » – « Oui ! » – « Vous voyez ce sentier qui part de notre maison pour aller à cette clôture ? » – « Oui ! » – « Ces gens sont très aisés. Ils ont beaucoup d’argent. Ils ont un garçon, Edward, qui a presque le même âge que Katie. Un gentil garçon. Il a beaucoup d’argent de poche. Il a donc acheté un jeu de croquet, et il l’a installé dans son verger, à l’ombre des arbres. Quand elle a fini l’école, Katie prend le bébé et se rend au verger. Elle joue au croquet avec Edward. Avant-hier soir, ils étaient en train de jouer. La grand-mère d’Edward l’a appelé pour lui demander d’aller à l’épicerie. Katie l’a donc attendu. Quand il est revenu, ils ont recommencé à jouer. Mais sa mère l’a rappelé, et lui a dit : « Excuse-moi, mais il faut que tu retournes me faire une course, j’ai oublié quelque chose ! » Il est donc reparti, en obéissant à sa maman, comme tous les bons garçons doivent le faire ! Mais comme il tardait à revenir, Katie est venue m’aider à préparer le dîner. Quand Edward est revenu, il a rangé son jeu. En comptant les boules, il a vu qu’il en manquait une. Il les a comptées à nouveau, mais il en manquait bien une. »

Maintenant, les enfants, regardez comment fait Satan pour vous causer des problèmes ! Il dit à Edward : « C’est Katie qui a volé la boule ; il n’y avait qu’elle dans le jardin. » Edward se dit : « Oui, c’est sûrement elle ! D’ailleurs, je vais le lui dire ! » Il courut dans sa maison, et dit : « Je ne veux plus que Katie vienne ici ! » – « Pourquoi, Edward, qu’est-ce qu’elle a fait de mal ? » – « Elle a volé l’une de mes boules ! » Sa mère lui dit : « Il faut que tu en sois sûr ! » – « Si ! Je sais que c’est elle ! » Il alla en courant dans la maison de Katie, et dit : « Je ne veux plus que Katie vienne chez moi ! » – « Pourquoi ? » – « Parce qu’elle a volé l’une de mes boules ! » – « Oh, non ! » – « Si, c’est bien elle, il n’y avait personne d’autre qu’elle dans le jardin, et une boule manque ! »

Katie était dans la salle à manger. Elle s’occupait du bébé. Elle vint à la porte et dit : « Mais ce n’est pas moi ! » – « Si, c’est toi ! » Edward sortit et cloua une planche devant le trou dans sa clôture, pour que personne n’y passe plus.

La cruauté des enfants

Ce fut un coup dur pour cette pauvre Katie. Il est vrai que ses parents avaient été des ivrognes. Mais ils n’avaient plus bu depuis deux ans, et on la considérait à présent comme une gentille fille. Le fait qu’on l’accuse d’être une voleuse fut trop dur pour elle. Elle pleura et sanglota toute la nuit. Sa mère raconta l’histoire à son père. Il dit : « Nous savons bien qu’elle n’a jamais fait cela ! »

Katie ne voulut pas aller à l’école. Mais ses parents la forcèrent à y aller. A la récréation, aucun des enfants ne voulut jouer avec elle, tous la repoussèrent. Edward était le leader dans cette école, car il faisait beaucoup de cadeaux aux autres enfants, qui le respectaient beaucoup. Il leur avait dit que Katie avait volé sa boule, qu’elle était une voleuse, et qu’ils ne devaient pas jouer avec elle.

Quand la pauvre Katie rentra chez elle à midi, elle recommença à pleurer et à sangloter. Elle raconta comment les enfants l’avaient traitée, et elle dit à sa mère : « Maman, ne me demande pas de retourner à l’école ! » Celle-ci lui répondit : « Katie, je pense que tu devrais retourner à l’école. Je n’aime pas que tu manques. Je vais prier Dieu qu’Il nous envoie le Frère Bevington, et il nous aidera à régler ce problème ! »

Katie retourna donc à l’école, mais ils la traitèrent encore plus mal. Tous l’accusaient d’être une voleuse. Quand elle rentra chez elle, tous les enfants passèrent de l’autre côté de la rue. Le pire pour elle, c’est qu’ils dirent que son père, après tout, n’était qu’un vieil ivrogne, et qu’il valait mieux qu’il ne fréquente pas les gens biens. Ce fut trop pour Katie. Elle rentra chez elle en courant, pleurant à s’en briser le cœur, et dit : « Maman, je t’en supplie, garde-moi à la maison demain ! Maman, je ne peux plus le supporter ! Garde-moi à la maison ! »

Quand son père rentra, il dit : « Bon, gardons-la à la maison, nous allons prier que Dieu nous envoie le Frère Bevington. Ils se mirent donc à prier. La maman pria toute la nuit. Je vais vous montrer, mes enfants, comment Dieu répond à la prière ! Après cette nuit de prière, vous avez vu comment Dieu me demanda d’aller chez Katie. Cela ne me semblait pas du tout raisonnable, car je devais acheter quelque chose à manger à cette famille pauvre. Mais il fallait que Dieu réponde à la prière de cette maman. Il commença donc à travailler dans mon cœur ce matin-là.

Pendant que sa maman me racontait tout cela, Katie était assise dans un coin et sanglotait. J’allai vers elle et lui posai la main sur la tête. Elle essuya ses larmes, et alla chercher un gant de toilette humide pour s’essuyer le visage. Je lui dis : « Katie, je suis certain que tu n’as jamais pris cette boule ! » – « Non, je ne l’ai pas prise, mais on ne peut pas le prouver. Cette histoire va me tuer si on ne déménage pas d’ici ! » Elle recommença à pleurer comme si son cœur allait se briser. Je lui dis : « Katie, tu appartiens à Jésus, n’est-ce pas ? » Elle me répondit en sanglotant : « Oui ! » Sa mère ajouta : « Oui, Katie est une vraie chrétienne. Tout le monde le dit dans son école. Elle a appris à lire. Elle lit la Bible et prie chaque matin et chaque soir. Oui, je suis sûre que Katie est une petite chrétienne, et qu’elle aime Jésus. Elle a reçu plus de vingt-cinq récompenses à l’école du dimanche ! C’est un fidèle petit soldat de Jésus ! »

Jésus intervient

Je lui dis : « Katie, te souviens-tu quand Jésus t’a guérie ? » – « Oui, je m’en souviens ! » – « Bon ! Ne crois-tu pas qu’Il va répondre à notre prière aujourd’hui ? » – « Si, je le crois, mais comment peut-Il montrer à Ed où se trouve sa boule ? » – « Mettons-nous à genoux, et laissons Jésus parler et agir pour nous ! » Je demandai à la maman de venir prier et elle dit : « Oui, cher Jésus, je sais que Tu peux tout. Je sais que Tu as guéri Katie, et que Tu as fait d’autres choses encore. Je sais que Tu as fait toutes ces choses, et que Tu peux encore en faire d’autres ! »

Elle continua à prier ainsi pendant quelque temps. Je finis par lui dire : Sœur, vous ne priez pas du tout comme il le faut ! » Mes enfants, je voudrais que vous vous rappeliez bien que vous devez prier de manière précise. Il ne suffit pas de dire que vous savez que Jésus a fait telle ou telle chose. Il faut aller plus loin !

J’appelai Katie. Elle sanglotait encore, et eut beaucoup de mal à dire quelques paroles. Mais elle fit mieux que sa mère. Elle finit par dire : « Je crois que Tu vas montrer à Ed où se trouve sa boule. » Elle était près du but, mais ce n’était pas encore suffisant. Voyez-vous, mes enfants, si vous voulez enfoncer un clou dans une planche, il faut bien frapper dessus ! Si je me contente de le regarder, il ne va rien se passer ! Si je frappe à côté, même tout près, ou tout autour, cela ne l’enfoncera jamais. Pour cela, il faut que je le frappe en plein sur la tête ! C’est la même chose quand nous prions.

Je vais vous montrer comment Satan travaille. Il était environ trois heures de l’après-midi quand nous commençâmes à prier. C’était l’heure de la récréation. Edward était à l’école. On peut se demander comment Edward allait découvrir où était sa boule, alors qu’il était à l’école, à quelques centaines de mètres du verger où la boule avait disparu. Quand je commençai à prier, Satan me dit : « C’est ridicule de croire que Dieu va le montrer à Edward maintenant, parce qu’il est à l’école. » C’est comme cela que nous sommes mis à l’épreuve !

Je savais qu’il fallait que je prie que Jésus montre à Edward où se trouvait sa boule, au moment même où je priais. Je continuai à prier dans ce sens. Le Saint-Esprit continua à me guider dans cette direction, jusqu’à ce que la conviction soit dans mon cœur. Je dis : « Oui, mon Jésus, Tu lui montres maintenant même ! » Satan dit : « Mais non ! Il ne peut pas faire cela ! » Je me mis à crier aussi fort que je le pus : « Si ! Il le fait en ce moment même ! » Je prononçai trois fois cette phrase. Alors la gloire de Dieu descendit sur nous. Katie se leva d’un bond, m’entoura de ses bras, en riant et en pleurant, et me dit : « Oh, Frère Bevington, je le crois ! Oh, je le crois ! Que je suis heureuse ! »

Je relevai la tête, et regardai son visage. Toutes les larmes, toutes les rides profondes qui lui barraient le visage, avaient disparu ! Elle resplendissait ! Qu’elle était belle avec son sourire plein de joie !

Pendant que j’étais à genoux, j’avais entendu un bruit de bois cassé. C’était Edward qui avait enlevé la planche qu’il avait clouée sur le trou de la clôture, et qui arrivait avec la boule ! Il entra. Ses mains étaient ensanglantées et son visage égratigné. Il s’agenouilla devant Katie. Plus tard, il avoua que c’était la première fois qu’il se mettait à genoux ! Il se mit à pleurer comme un bon petit gars, et lui demanda pardon. Il avait retrouvé la boule.

Nous passâmes un bon moment à nous réjouir. Puis je dis : « Edward, je voudrais que tu nous dises comment tu as retrouvé ta boule, et pourquoi tu n’es pas à l’école ! »

Dieu conduit toutes choses pour exaucer la prière

Mes enfants, je voudrais que vous compreniez que Dieu savait, dès ce matin-là, que je viendrais chez Katie, et que je prierais l’après-midi pour qu’Edward retrouve sa boule. Si Edward s’était trouvé à l’école, comme à l’habitude, cela n’aurait pas été possible. C’est pourquoi, ce matin-là, Jésus fit en sorte qu’Edward soit particulièrement studieux. Il travailla beaucoup, et apprit facilement toutes ses leçons. A l’heure de la récréation, il avait fini tout son travail. Il alla trouver la maîtresse, et lui dit : « J’ai appris toutes mes leçons. Voulez-vous me contrôler ? » – « Oui, j’aimerais bien le faire. » Après l’avoir contrôlé, elle lui dit : « C’est bien, tu as tout appris. Si tu veux, tu peux rentrer chez toi. » Il sortit donc dans la rue en courant, heureux de quitter l’école en avance.

Je voulais vous faire un dessin de leur quartier, mais j’ai dû abandonner cette idée. L’école était à l’ouest, dans une rue orientée d’est en ouest. La maison d’Edward était à l’est, dans une rue perpendiculaire à celle de l’école. Le croisement des deux routes se trouvait à une centaine de mètres de l’école, et la maison d’Edward à une dizaine de mètres du croisement, au sud de ce croisement. Pour aller de sa maison à l’école, Edward devait donc normalement remonter jusqu’au carrefour, tourner à gauche, et suivre la rue qui menait à l’école, à cent mètres de là. Avant d’y arriver, il devait encore traverser trois autres rues. Juste à côté du terrain de l’école, le père d’Edward possédait un grand verger de plus de deux hectares.

Auparavant, quand son père était davantage à la maison, Edward, pour aller à l’école, passait par un sentier qui menait directement de sa maison au terrain de l’école, et qui lui évitait de passer par les rues. Mais quand son père commença à faire de la politique, il arrêta d’entretenir le sentier. Les ronces poussèrent en abondance et couvrirent entièrement le sentier, à tel point qu’Edward ne l’avait plus emprunté depuis des années.

Je me demande combien, parmi vous, seraient capables de me faire un dessein du quartier d’Edward, d’après la description que je viens de faire ? Un jour que je faisais des réunions dans une école, et que j’avais raconté cette histoire, je leur ai posé la même question. Le lendemain, un gamin de dix ans vint me porter son dessin, qui était très correct !

Je demande donc à mes jeunes lecteurs de faire ce dessin, et de me l’envoyer. Cela me ferait plaisir ! Et si j’ai un peu d’argent, je vous achèterai un petit cadeau ! Cela nous permettra de faire connaissance ! Donnez-moi votre nom, votre âge et votre adresse. Envoyez vos lettres à Ashland ou à Kingswood, dans le Kentucky. Je les recevrai, si je suis toujours de ce côté-ci du Ciel !

Je vais vous dire comment il a retrouvé sa boule. Il était en train de rentrer chez lui, par les rues, quand il entendit une voix lui dire : « Retourne à l’école, et passe par le verger et le sentier ! » Il s’arrêta et regarda autour de lui. Il n’y avait personne. Il se demanda ce que cela pouvait être. Il continua son chemin vers le croisement de sa rue. Mais la même voix lui dit : « Retourne, et passe par le verger et le sentier ! » Il se dit : « Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Je ne peux pas traverser le verger maintenant, avec toutes ces ronces qui le couvrent ! » Il continua donc sa route. Une minute plus tard, il s’arrêta, comme paralysé. La même voix lui dit : « Veux-tu, oui ou non, passer par le verger ? »

Il revint donc sur ses pas jusqu’au verger, regarda le sentier, et se dit : « Mais je ne peux pas passer par là ! Qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce que je deviens fou ? » Il revint sur la rue pour rentrer chez lui, mais fut arrêté. Il ne pouvait plus bouger ! Il fallut qu’il revienne vers le sentier, et qu’il se mette à quatre pattes pour ramper au travers des ronces, en rouspétant presque tout le temps. Quand il eut fait près des deux-tiers du trajet, sa main toucha quelque chose qui bougea. Il écarta les feuilles, et vit que c’était sa boule !

Je voudrais que vous compreniez bien comment Dieu a répondu à la prière, et comment Il a dû faire des miracles pour cela. Il eut d’abord du mal à me faire venir chez Katie ! Ensuite, Il dut pousser Edward à bien travailler et à apprendre ses leçons plus vite. C’était la première fois que cela lui arrivait. Ensuite, pensez aux efforts que dut accomplir Dieu pour faire passer Edward par ces ronces, où il s’égratigna les mains et le visage. Vous voyez, il fallait que Dieu réponde aux prières de la maman de Katie et m’envoie chez elle. Puis il fallait qu’Il réponde à mes prières en mettant ce garçon dans une situation ridicule.

Ce que je veux vous dire, c’est que vous devez vous rappeler que Dieu répond aux prières. Je voudrais que vous compreniez que nous devons fermer nos yeux pour que nous puissions voir, pour faire aveuglément confiance au Seigneur. Si je n’avais pas écouté Dieu, Il n’aurait pas eu l’occasion d’agir. La pauvre Katie aurait toujours dû porter cette étiquette de voleuse, et toute son existence aurait probablement été détruite !

Il fallait aussi que je parvienne au point où je considère la prière comme exaucée, même si je savais qu’Edward devait être à l’école. Vous voyez, Dieu avait tout programmé ! Mes enfants, Dieu veut faire des miracles, mais nous devons souvent faire des choses qui nous semblent ridicules pour que cela soit possible.

Quand tout fut fini, la maman me dit : « Restez jusqu’après dîner ! » Je fus heureux d’accepter son invitation. Cela me donnait une possibilité de les visiter un peu, et aussi de voir comment cette boule avait pu se retrouver dans le verger. Cela m’intéressait beaucoup de le savoir. Il me sembla donc que le mieux était de sortir avec les enfants, et leur demander de jouer au croquet, en priant que Dieu me révèle comment la boule avait pu aller à l’endroit où elle avait été retrouvée.

Pendant que nous étions en train de jouer, un jeune chiot entra, saisit la boule, et courut en direction du sentier dans les ronces. Je dis : « Edward, vois-tu comment la boule s’est retrouvée là-bas ? »

Vous voyez, tout est possible à ceux qui croient Dieu ! Amen et amen ! Vous voyez, les enfants, si j’avais regardé ma montre et si je m’étais dit : « Edward est encore à l’école à cette heure. Nous prierons plus tard, » les plans de Dieu auraient été dérangés, et nous n’aurions jamais découvert la vérité. Vous pouvez donc bien voir comment Dieu peut, et veut, se servir de nous si nous Lui appartenons pleinement et si nous sommes pleinement consacrés !

J’aime prêcher aux enfants. Ce sont de bons auditeurs !

Dieu donne la solution d’un problème de mathématiques

Je vais à présent vous parler d’un cher petit garçon. Je faisais des réunions près de Lexington, dans le Kentucky, au cours de mon ministère à Cincinnati. Ce petit garçon fut merveilleusement sauvé, alors qu’il avait à l’époque neuf ans. Il témoignait, priait en public, et chantait des cantiques avec sa belle petite voix. Si ma mémoire est bonne, il s’appelait Harry. C’était le printemps. L’automne suivant, il m’envoya de l’argent pour que je vienne refaire d’autres réunions. Il me dit qu’il voulait être sanctifié. Il avait ramassé des noisettes et les avait décortiquées. Quand j’arrivai, il en avait les mains toutes noircies. Il avait vendu les noisettes, et m’avait envoyé l’argent. Je répondis à son invitation.

Il fut présent les trois premiers soirs, chanta et pria. Mais le quatrième soir, je ne le vis pas. Je rentrai chez lui et le trouvai dans la salle à manger. La table était couverte de papiers, sur lesquels il travaillait. Je lui dis : « Harry, je sais que tu dois faire tes devoirs, mais tu m’as manqué ! » Nous partagions la même chambre. Quand je montai me coucher, le cher petit resta devant ses devoirs. Il travailla toute la nuit sur un problème de mathématiques. Son professeur lui avait dit : « Harry, je pourrais te montrer où tu as fait une faute, mais j’aimerais que tu la découvres toi-même. Cela te serait très profitable ! »

Le lendemain soir, il n’était toujours pas à l’église. Quand je rentrai de la réunion, il était assis à la même place, les yeux tout rouges, travaillant et calculant. Je lui dis : « Harry, je n’aime pas que tu manques les réunions. J’ai besoin de toi ! » Je montai dans ma chambre. Peu après, le père d’Harry vint me voir et me dit : « Frère Bevington, qu’allons-nous faire avec Harry ? Il s’acharne sur un problème, mais cela va finir par tourner mal pour lui ! » Je répondis : « Descendons ! »

Je dis à Harry : « Harry, tu appartiens à Jésus, n’est-ce pas ? » Il me répondit avec des yeux tout humides : « Oui, je Lui appartiens ! » – « Veux-tu prier ? » – « Oui ! » – « Crois-tu que Jésus répond aux prières ? » – « Oui, je sais qu’Il répond. » – « Bon ! Crois-tu qu’Il va te montrer où tu as fait la faute ? » Ma question l’embarrassa. Il savait que Dieu avait guéri sa petite sœur le printemps précédent, et il avait vu d’autres exaucements. Mais il n’arrivait pas à croire que Dieu allait Se donner la peine de venir lui montrer comment faire ce problème. Je dis : « Prions ! » J’appelai son père. Mais il fit comme la maman de Katie. Il frappait tout autour du clou, mais jamais dessus !

Je l’arrêtai donc et appelai Harry. Celui-ci frappa un peu plus près, mais toujours pas dessus. Il fallut que je l’arrête également. Je pris donc l’affaire en mains. Il me fallut dix minutes pour frapper ce clou, en plein sur la tête, et pour l’enfoncer jusqu’au bout. J’abaissai ma main en faisant un grand geste, et je dis : « Merci, Seigneur, de lui montrer maintenant où est sa faute ! » Je prononçai cette phrase à trois reprises. La troisième fois, Harry se leva d’un bond et me dit : « Frère Bevington, j’ai trouvé ! » Il s’assit, et écrivit sur un petit morceau de papier de la taille de ma main. Alors qu’il avait déjà rempli trois grandes feuilles de calcul pour ce problème ! Oui, le Saint-Esprit lui montra la solution, en réponse à la prière. Vous voyez, les enfants, Jésus vous aidera si vous Lui faites confiance !

Petits paniers et grandes conséquences

Pendant mon ministère à Cincinnati, nous avions une école maternelle, dont s’occupait alors le pasteur Gilson. En dessous de notre local, il y avait une ébénisterie. Le patron passait souvent nous voir. Il aimait beaucoup tous ces petits trésors d’enfants. Il nous demanda ce que nous faisions avec eux. Je l’invitai donc à venir une fois les voir dans leur salle. Il avait une fillette de trois ans, une gentille petite fille aux cheveux bouclés, qui était souvent avec son papa.

Un jour que je marchais dans la Sixième Rue, je vis des petits paniers rouges, blancs et bleus. Je m’arrêtai pour les examiner, et je me dis : « Ils seraient vraiment bien pour notre maternelle ! » J’entrai pour demander combien ils coûtaient à la douzaine. Puis j’allai trouver Monsieur Gamble, le fabricant de savon, pour lui parler des paniers. Je voulais les acheter pour attirer les enfants, car je savais que tous voudraient en avoir un ! Il me donna donc de quoi en acheter cinq douzaines, en me précisant qu’il ne fallait pas les vendre, et que je devais les réserver aux enfants de notre maternelle.

Je les achetai, et en donnai un à chaque enfant. Peu après, l’ébéniste vint avec sa petite fille aux cheveux bouclés, juste au moment où nos enfants partaient avec leurs jolis petits paniers. La petite fille dit : « Oh, papa, j’aimerais avoir un joli petit panier ! » Un ou deux jours plus tard, il me dit ce que sa fille lui avait dit, et ajouta : « Je suppose que vous avez déjà vu ma petite fille ! » – « Oui, je l’ai souvent remarquée. C’est une gentille petite, très intelligente ! » – « Elle m’a dit qu’elle voulait un panier. » – « Monsieur Gamble m’a donné l’argent pour les acheter, mais m’a recommandé de n’en donner qu’aux enfants de la maternelle. » – « Dans ce cas, je vous en achète un pour un dollar ! » – « Oh, Monsieur, je ne peux pas les vendre ! » Je n’ajoutai rien, mais je priai de tout mon cœur qu’il nous confie sa fille. Je savais qu’ils étaient catholiques. C’était une famille très distinguée.

Par conséquent, les enfants, je continuai à prier. Le lendemain matin, la petite revint, accompagnée de sa grande sœur, et redemanda l’un de ces beaux paniers. Elles insistèrent beaucoup toutes les deux. On voyait que cette petite avait l’habitude d’obtenir presque tout ce qu’elle voulait. L’homme en parla à sa femme. La petite alla trouver sa maman, insistant pour qu’elle la laisse aller dans cette maternelle, afin qu’elle puisse avoir un panier.

La maman résiste

Je priai que le Seigneur ne leur permette pas d’apprendre où j’avais acheté les paniers ! C’étaient des gens très aisés, qui n’allaient pas souvent dans la rue où j’avais fait cet achat. Le papa était d’accord pour que sa fille aille à la maternelle, mais la maman dit : « Non, jamais ! Je ne veux absolument pas que ma fille fréquente un endroit aussi sale ! Il n’y a que les pauvres qui vont là ! » Le père répondit : « Mais je n’ai jamais vu de saleté dans cet endroit. Tout est toujours propre et bien tenu ! » – « J’ai déjà entendu parler de cet endroit ! C’est une honte pour Cincinnati. Il n’y a que les clochards, les ivrognes et les femmes de mauvaise vie qui le fréquentent ! »

L’homme voulut s’en rendre compte par lui-même. Ce soir-là, il entra donc dans notre hall, où il s’assit. Je descendis, et lui donnai une cordiale poignée de main. Il resta pendant toute la réunion, entendit quelques magnifiques témoignages, qu’il n’avait jamais entendus dans son église. Je vis qu’il semblait très content de tout ce qu’il avait vu et entendu, et je l’invitai à revenir.

Il rentra chez lui, et dit à sa femme, le lendemain : « Chérie, j’aimerais que tu ailles toi-même à cette mission. Cela n’a rien à voir avec ce que nous avons entendu. Ils sont simples, mais bien habillés. Et ils ont vraiment l’air heureux ! » – « Quoi ! Moi, aller là-bas ? Jamais ! »

Leur grande fille de treize ans avait remarqué tous les enfants qui entraient et sortaient, et avait demandé ce qu’ils faisaient. L’un des maîtres l’avait informée, et l’avait invitée. Elle resta pendant toute la réunion, rentra chez elle, et dit à sa mère où elle avait été. Elle ajouta : « C’est vraiment bien ! Il faut voir comment ils s’occupent de tous ces petits, qui sont gentils et propres. » La maman n’accepta pas tout de suite de laisser sa fille fréquenter ce « peuple. » Mais, pendant les vacances scolaires, la petite fille nous visita souvent, apprenant les cantiques et les jouant pour les enfants. Elle apportait même son déjeuner pour le prendre avec les petits.

Toute la famille finit par être gagnée

Je vis que Dieu exauçait mes prières. Il fallait que nous prenions avec nous cette fillette. Bientôt, je vis toute la famille avec nous, par la foi. La petite finit par faire venir sa maman, car elle continuait à insister et à pleurer pour avoir un panier. La maman vint voir ce qu’il en était, et donna rapidement son accord pour que sa fille vienne. C’était une fillette très intelligente et très bien élevée, dont les manières douces et raffinées furent en grande bénédiction pour ceux qui n’étaient pas aussi bien élevés. Elle apprit les cantiques et les prières pour rendre grâce à table. Nous leur apprenions chaque mois une nouvelle prière. Elle les apprenait et, comme les autres petites filles, les récitait au moment de manger. Cela amusait ses parents, ainsi que son grand frère et sa grande sœur. Elle faisait le tour de la table, et disait : « Regarde, papa, y faut que tu coises les mains ! » Elle faisait de même pour chaque membre de la famille, puis récitait la prière. Parfois, son grand frère décroisait ses mains. Elle descendait de sa chaise haute, et lui disait : « Y faut que tu coises tes mains, pasque je vais faire la prière ! »

Pendant tout ce temps, nous continuions à prier pour que Dieu Se serve de ces cantiques et de ces prières. Moins d’un an plus tard, la petite s’approcha de l’estrade pour recevoir le salut. Elle débordait d’une joie qu’elle n’avait jamais connue auparavant. Son frère était aussi présent. Il pleurait, pendant que sa sœur se réjouissait. Puis elle le conduisit vers l’estrade. Nous avions pris tellement de retard que le père vint voir ce qui se passait. Quand il entra, sa fille courut à sa rencontre, l’entoura de ses bras, et lui dit : « Oh, papa, j’ai quelque chose que je ne connaissais pas ! »

Elle le lui dit si gentiment qu’elle ressemblait à un ange, si innocente et si pure ! Son père fut profondément ému, d’autant plus qu’il vit que son fils était également présent.

Mes enfants, je veux vous montrer comment Dieu peut Se servir d’un enfant. Il a dit dans Sa parole : « Un petit enfant les conduira. » Beaucoup d’entre nous ne peuvent pas faire ce qu’il est donné à un enfant de faire.

Le père rentra donc chez lui, laissant son fils devant l’estrade et sa fille avec nous. Il voulait rassurer la maman et lui dire que tout allait bien pour leurs enfants. La maman fut abasourdie. Elle entra dans une violente colère. Mais deux heures plus tard son fils et sa fille rentrèrent à la maison. Le fils avait environ seize ans. Il tomba à genoux devant sa mère, l’entoura de ses bras, et se mit à pleurer de joie. Ces deux enfants avaient manifestement reçu quelque chose qui semblait complètement nouveau pour la maman. Elle se mit alors à pleurer. Son fils et sa fille étaient à ses genoux, la serrant dans leurs bras et la couvrant de baisers. Cela fit fondre ses dernières résistances.

Peu après, toute la famille vint se mettre à genoux devant l’estrade. Ils ne furent pas immédiatement exaucés, mais la semaine suivante, ils étaient tous sauvés. Ils allèrent donner leur témoignage dans leur église, au cours d’une réunion de prière, ce qui ne se faisait absolument pas ! On finit par les exclure.

Ils reçurent tous la sanctification. Tout cela parce qu’une petite fille avait réussi à obtenir un petit panier ! Moïse avait une verge entre les mains, juste un morceau de bois. Voyez tout ce qu’il fit avec ce morceau de bois ! Il couvrit l’Egypte de nuages de mouches et de poux, transforma l’eau en sang, fendit les eaux de la Mer Rouge pour que le peuple puisse passer, etc… De même, Dieu utilisa ce petit panier entre les mains d’un enfant ! Rappelez-vous, mes enfants, que vous pouvez faire beaucoup pour Jésus !

Le Seigneur révèle les mensonges

Un jour, je fus invité à déjeuner dans un foyer de Cincinnati, et je vis que la maman jetait des regards anxieux par la fenêtre. Je lui dis : « Sœur, avez-vous besoin de quelque chose ? » – « Oui, j’attends que Bessie arrive. J’ai besoin d’elle pour aller à l’épicerie. Elle est en retard et devrait déjà être rentrée de l’école ! » – « Je vais vous faire la course. » – « Il me faudrait une miche de pain. » – « D’accord. Où l’achetez-vous ? » – « Juste après le coin de la rue, la première épicerie. »

Je pris les dix cents, achetai le pain, et me disposai à partir. L’employé me dit : « Attendez, prenez votre penny ! » Je pris le penny, posai le pain et le penny sur le plateau de la maman. Elle prit le pain et vit le penny. Elle me dit : « Frère Bevington, savez-vous d’où vient ce penny ? » – « C’est moi qui l’ai posé là. » – « Pourquoi ? » – « Mais c’est l’employé qui me l’a donné ! »

Mes enfants, j’aurais aimé que vous puissiez voir le visage de cette maman, quand je lui eus dit cela. Je vis qu’il se passait quelque chose dans son cœur et dans son âme. Cela se vit sur son visage. Je ne dis rien, mais je me demandai pourquoi elle avait si rapidement changé d’expression.

Bessie rentra, et nous déjeunâmes. Quand Bessie fut repartie à l’école, la maman me dit : « Frère Bevington, j’ai un grand chagrin. » – « J’ai bien vu qu’il s’était passé quelque chose quand vous avez appris d’où venait ce penny. Que se passe-t-il ? » – « Bessie va acheter tous les jours deux miches de pain. Elle ne me rend jamais aucune monnaie, contrairement à vous. Je vais tout de suite aller voir l’épicier. »

Elle revint bientôt en pleurant à chaudes larmes. Elle me dit : « Frère Bevington, que dois-je faire ? Cela fait trois mois que Bessie garde pour elle ces pennies, depuis qu’ils ont réduit le prix du pain. Oh, qu’est-ce que cela veut dire ? » Elle s’assit et pleura. Je lui fis la vaisselle, en essayant de trouver des bonnes raisons pour Bessie. Je lui dis qu’elle avait peut-être économisé tous ces pennies pour lui faire un cadeau plus tard. « Oh, j’aimerais bien que ce soit cela, Frère Bevington, mais mon cœur est brisé. J’ai peur, j’ai peur ! » Comme elle pleurait ! Elle ne dit rien jusqu’à ce que son mari revienne de son travail. Puis elle lui révéla ce qu’elle avait appris. Elle lui dit : « Qu’allons-nous faire ? » J’étais déjà parti.

Je fus absent pendant près de deux mois, puis revins à Cincinnati. J’étais très désireux de savoir comment cette affaire s’était terminée. La maman me dit qu’ils attendirent jusqu’après le dîner, puis ils parlèrent à Bessie. Celle-ci s’effondra et éclata en sanglots. Elle se leva de table, alla vers sa maman, l’entoura de ses bras, et pleura. Elle lui dit : « Oh, comme je regrette ce que j’ai fait ! »

Quand elle eut fini de pleurer, elle leur raconta comment tout cela était arrivé. Rappelez-vous, mes enfants, que Satan vous surveille tout le temps pour essayer de vous attraper et de vous pousser à faire quelque chose de mal. Vous devez rester prudents !

Bessie leur dit que lorsque le prix du pain avait été réduit, la première fois, l’épicier l’avait rappelée pour lui donner un penny. Elle avait l’intention de donner ce penny à sa maman. Mais, en sortant de l’épicerie, elle rencontra l’une de ses camarades de classe, qui lui dit : « Bessie, est-ce qu’on t’a donné un penny ? » – « Oui ! » – « Tu sais que tu as perdu ton crayon d’ardoise. Ta maman va penser que tu n’es pas très soigneuse. Si j’étais toi, j’achèterais un nouveau crayon. Ta maman ne saurait pas que tu as perdu le tien. Tu lui donneras le penny demain ! »

La suggestion plut à Bessie. Elle alla acheter un crayon d’ardoise. Mais elle ne se sentait pas bien du tout. Avant de rentrer chez elle, elle se dit : « Je ne me sens pas bien d’avoir fait cela. Je vais rendre le crayon, récupérer mon penny, et en parler à maman. » Mais une autre voix lui dit : « Oh, non, rentre donc à la maison. Tu commenceras à rendre la monnaie demain, puisque le réduction n’a commencé qu’aujourd’hui ! Un jour, ce n’est pas important ! »

Cette vilaine voix fut donc la plus forte. Elle rentra chez elle, décidée à rendre le penny à sa mère le lendemain. Mais Satan avait réussi à la faire pécher une fois. Il avait donc le droit de faire en sorte qu’elle continue. Il n’allait pas la lâcher, maintenant qu’elle avait commencé à mal agir !

Le lendemain, elle reçut un nouveau penny. En rentrant chez elle, la bonne voix lui dit : « Donne ce penny à ta maman. » Mais il y avait aussi l’autre voix, la mauvaise, qui lui dit : « Tu sais qu’on peut avoir un bâton de berlingot pour un penny en ce moment à la boutique de bonbons. Tu as toujours été une bonne fille, et ton papa ne te donne pas beaucoup de pennies. Voilà trois semaines que tu n’as eu aucun bonbon. Va donc t’en acheter un ! Tu commenceras à rendre la monnaie à ta mère demain. Elle ne saura jamais que la baisse du pain vient de se produire ! »

Bessie s’arrêta, regarda dans la vitrine, et pensa : « Que ce bâton de berlingot a l’air bon ! Comme je désire en avoir un ! » Mais elle se mordit les lèvres. La bonne voix lui dit : « Non ! Donne ce penny à ta maman ! » Elle se dit : « D’accord, je vais lui rendre ! » Mais la mauvaise voix l’arrêta. Satan la fit saliver pour ce berlingot. Elle revint sur ses pas, et dit : « Je commencerai à rendre la monnaie demain ! » Elle céda une nouvelle fois à la voix de Satan.

Ce soir-là, elle eut du mal à faire sa prière, mais Satan était là, et réussit à la faire prier avec assurance ! Elle eut un combat, mais s’en sortit très bien ! Dans ces conditions, Satan n’eut aucun mal, le lendemain, à la pousser à acheter une autre sucrerie. Chaque jour il avait une nouvelle suggestion à lui faire, jusqu’à ce qu’elle puisse se dire, sans aucun trouble de conscience : « D’accord, je me l’offre ! »

Comment Satan endurcit la conscience

Vous voyez, les enfants, comment Satan était en train d’endurcir sa conscience. Il réduisait au silence cette sonnette d’alarme qui était dans son cœur, afin qu’elle puisse continuer à prier sans aucun problème, tout en volant les pennies de sa maman. Mais Dieu voulait que sa maman sache ce qui se passait. Il m’envoya donc chez eux pour que tout cela soit exposé. Il réussit à faire rentrer Bessie en retard de son école, afin que j’aille chercher le pain. Mes enfants, n’oubliez pas que la Bible dit que notre péché finira toujours par nous retrouver ! Bessie croyait qu’elle avait réussi à bien cacher tout cela, pour pouvoir dépenser tranquillement ses deux pennies par jour !

Bessie s’approcha donc de l’estrade, confessa tout son péché, et fut pardonnée par Dieu. Ses parents ne la punirent jamais pour ce qu’elle avait fait. Ils laissèrent Dieu la punir, en permettant que toute la vérité soit découverte. Elle ne recommença plus rien de semblable par la suite.

Voyez-vous, mes enfants, comment Satan réussit à attraper Bessie ? Il avait réussi à lui faire voler des pennies, il aurait par la suite réussi à lui faire voler des sommes de plus en plus grosses. Si elle avait continué dans cette voie, elle aurait même pu finir par tuer quelqu’un pour lui voler son argent, ou par se prostituer pour en obtenir.

Evitez donc les mauvais commencements ! Satan dispose d’une quantité de moyens pour prendre dans ses pièges beaucoup de chers enfants. S’il réussit à les pousser à commencer à mal parler ou mal agir, il peut les conduire dans des choses toujours pires !

La maman de Bessie avait beaucoup prié pour que Dieu protège Bessie, et qu’Il la garde pure et honnête. Il fallait que Dieu exauce cette chère maman, en m’envoyant chez eux. Dieu Se servit de moi pour dévoiler le péché de Bessie. C’est pourquoi, mes enfants, respectez vos parents.

Quand je revis Bessie, dix mois plus tard, elle vint vers moi en courant, me serra dans ses bras et m’embrassa. Elle me dit : « Oh, Frère Bevington, c’est Dieu qui vous a envoyé chez nous pour me sortir de ce piège ! J’aurais fini par devenir une très mauvaise fille ! Vous êtes arrivé juste à temps pour me sauver ! » Elle était heureuse que j’aie pu découvrir l’affreux plan conçu par Satan pour la détruire. En grandissant, Bessie devint une très bonne maman. Elle veille sur les chers trésors que Dieu lui a donnés, pour qu’ils deviennent une bénédiction dans ce monde de ténèbres.

Comment Dieu attire à Lui une pauvre paralytique

Un jour, au temps de mon ministère à Cleveland, dans l’Ohio, je descendais une rue très sale, où vivaient les gens les plus pauvres. J’entendis une voix douce et mélodieuse, et je m’arrêtai pour l’écouter. Je fus charmée par cette voix merveilleuse sortant d’un tel quartier. Tous ceux qui passaient dans la rue étaient très pervers. Je craignais donc de m’informer sur l’origine de cette voix, et je priai : « Oh, mon Dieu, envoie-moi quelqu’un pour que je puisse savoir d’où vient cette voix ! » Elle semblait venir de loin.

Alors que je me tenais debout dans la rue, une porte s’ouvrit, et une femme pauvre et sale me dit : « Entrez ! » Je répondis : « Non, merci, je ne souhaite pas entrer, mais j’aimerais savoir d’où vient cette voix mélodieuse que je viens d’entendre ! » – « Je crois que ça doit être Vieille Pete ! » – « Je ne crois pas, c’était une voix jeune ! » – « Oui, mais tout le monde ici l’appelle Vieille Pete. » – « Où est-elle ? » – « Par là, derrière, dans la crasse. » – « Est-ce que je peux la voir ? » – « Sans doute ! » – « Comment puis-je la trouver ? » – « Passez par dessus cette clôture ! » Puis la femme disparut.

Je franchis donc cette haute clôture, et je vis, assise dans la saleté, une fillette qui ronchonnait toute seule. Je lui dis : « Bonjour ! » Elle leva les yeux vers moi, et me dit : « Dis, Monsieur, donne-moi du tabac à chiquer ! » – « Je ne chique pas ! » – « Alors donne-moi une pièce, et je demanderai à la vieille Sal de m’en acheter un peu ! » – « Quel est ton vrai nom, Vieille Pete ? Où habites-tu ? » – « Là, avec la vieille Sal. » Elle désigna un taudis. « Est-elle ta mère ? » – « Non ! » – « Où est ta mère ? » – « J’en ai pas ! » – « Et ton père ? » – « J’en ai pas ! J’ai jamais eu de père ni de mère, juste la vieille Sal ! » – « Est-ce que je peux la voir ? » – « Ouais, sûr ! Hé ! Vieille Sal, viens par ici, quelqu’un veut te voir ! »

Je vis arriver une pauvre femme, sale et en haillons. Il me fut impossible de savoir quelle était sa race, blanche ou noire. Elle me dit : « Entrez ! » – « Non, je ne veux pas entrer. Est-ce que cette enfant est votre fille ? » – « Non. Je l’éduque seulement. » Je me dis : « Quelle éducation ! » Je lui dis : « Depuis combien de temps vous en occupez-vous ? » – « Depuis deux ans. » – « Quel âge a-t-elle ? » – « Sais pas ! » – « Acceptez-vous de me la confier ? » – « Oui, d’accord, mais elle ne vaut pas grand-chose ! Elle ne peut pas marcher ni se tenir debout ! »

Je demandai à la petite : « Est-ce toi qui chantais il y a un petit moment ? » – « Ouais ! » – « Chante-moi encore cette chanson ! » – « D’accord, si tu me donnes une pièce pour acheter du tabac ! » – « Je ne te donnerai pas de pièce, mais chante-moi encore cette chanson ! » Elle accepta de chanter. C’était sans aucun doute la plus douce et la plus belle de toutes les voix que j’avais entendues ! Je dis à la femme : « Donnez-moi ses vêtements, et je l’emmène avec moi ! » – « Bon Dieu ! Elle n’a que ce qu’elle a sur le dos ! »

Je pris cette petite dans mes bras. Quelle odeur repoussante se dégageait de ce pauvre corps sale ! Je lui dis : « Quand as-tu pris ton dernier bain ? » – « Ton quoi ? » – « Ton dernier bain ! » – « Qu’est-ce que c’est que ça ? » Pauvre gosse, à onze ans, elle n’avait jamais pris de bain, et vivait dans la crasse ! Je la portai dans un foyer qui avait été autrefois à peu près dans le même état que celui où j’avais trouvé cette petite. La femme la prit avec elle. Je lui procurai des vêtements, et on la nettoya. Quand je revins, le lendemain, je la reconnus à peine. Elle avait des yeux magnifiques. C’était d’ailleurs à peu près tout ce que j’avais pu voir d’elle la veille ! C’était une merveilleuse enfant !

Dieu envoie un bienfaiteur

Pour abréger mon histoire, je vous dirai que je m’en suis occupée pendant deux ans. Elle avait appris des cantiques, et les chantait dans les rues. Sa voix splendide attirait les foules. Un jour, ou plutôt un soir, un homme s’arrêta pour l’écouter. Il attendit que la réunion soit finie, et vint me trouver. Il me dit : « Est-ce votre fille ? » – « Non. » – « Elle a la plus belle voix que je connaisse ! Est-ce que vous lui donnez des leçons de musique ? » – « Non. J’aimerais bien, mais je travaille ici dans une mission, et nous n’avons pas assez d’argent pour lui payer des leçons. »

L’homme m’accompagna jusqu’à l’endroit où vivait l’enfant, puis à la mission. Je vis qu’il s’intéressait à l’enfant. Le lendemain, il revint, et me dit : « Je suis un voyageur de commerce. Je gagne beaucoup d’argent. Si je vous donne l’argent, accepterez-vous de lui faire donner des leçons de musique, par le meilleur professeur que vous trouverez ? » – « Bien entendu ! »

Il me donna quarante dollars et me dit qu’il reviendrait dans deux mois. Je lui procurai le meilleur professeur que je pus lui trouver. Je devais lui amener la petite deux fois par semaine. Elle s’entraînait sur l’harmonium de la mission. Je lui fis une chaise haute avec un dossier, pour qu’elle puisse s’asseoir pour jouer.

L’homme revint deux mois plus tard. Il fut ravi de voir les progrès que l’enfant avait faits. Il lui acheta une belle chaise haute, bien plus belle que celle que j’avais faite, et me laissa encore cinquante dollars pour lui acheter des vêtements et lui payer d’autres leçons de musique. Nous lui achetâmes trois belles robes et des chaussures. Elle avait de tout petits pieds, de la taille de ceux d’un bébé de huit mois. Elle ne pouvait pas se tenir debout.

Elle se développait rapidement, et devenait une belle jeune fille, qui chantait toujours avec beaucoup de joie. Le voyageur de commerce revint deux mois plus tard, et fut enchanté de ses progrès. Il alla lui acheter une chaise roulante entièrement équipée, qui lui permettait de se déplacer partout. Il l’acheta comptant pour quatre-vingt-huit dollars. Elle devint presque folle de joie quand notre ami l’assit dans cette chaise, en lui disant : « Elle est à toi ! Oui, à toi ! » – « Oh ! C’est vrai ? Elle est à moi ? Je peux la garder toujours ? » – « Oui, elle est à toi ! » Elle me demanda de la sortir de la chaise et de la mettre dans les bras de son bienfaiteur, qu’elle étreignit et couvrit de baisers.

J’avais toujours l’habitude de distribuer des traités. Un jour, elle me dit : « Papa, (je lui avais demandé de m’appeler papa), puis-je aussi distribuer des traités avec ma chaise roulante ? » – « Mais bien sûr ! Voudrais-tu le faire ? » – « Oh oui ! Je peux aller dans les rues et les distribuer ! »

C’est ce qu’elle fit, et Dieu la bénit dans ce travail. J’avais essayé de lui expliquer le salut, de lui dire pourquoi Jésus était mort, et de l’exhorter à donner son cœur à Jésus. Mais elle était tellement préoccupée par les bouleversements qui s’étaient passés dans sa vie que je n’étais pas arrivé à lui montrer qu’elle avait besoin de naître de nouveau. Je priais le Seigneur, en Lui disant : « Oh, mon Dieu, que dois-je faire ? Comment puis-je la toucher ? »

Je lui parlais, lui lisais les Ecritures, et lui montrais que si elle mourait, elle devrait aller dans cet affreux enfer. Mais cela ne la touchait pas, elle avait l’impression que c’était comme un rêve. Je ne parvenais pas à l’intéresser. Elle semblait croire que toutes les transformations qu’elle avait vécues lui suffisaient.

Mes enfants, voyez à présent comment Dieu exauce les prières ! Comme elle distribuait des traités, elle avait le temps de les étudier. Je lui avais appris à lire, ce qu’elle faisait très bien. Elle étudiait tout particulièrement, quand elle avait du temps libre dans la rue, un traité intitulé « La première prière d’Anna et de Nannie. » Elle me demandait aussi de le lui lire. C’est ce traité, et d’autres encore, qui la confrontèrent au problème du salut. Elle comprit où elle en était, et ce qu’elle devait faire.

Un soir, quand je fis l’appel, elle était présente, dans sa chaise roulante. Elle me dit : « Papa, moi aussi, je veux Jésus ! » Elle s’approcha de l’estrade et là, dans sa chaise roulante, vers dix heures du soir, elle donna son cœur à Jésus et fut glorieusement sauvée ! Puis elle se mit à chanter merveilleusement, tout en frappant dans ses mains de tout son cœur.

Son bienfaiteur revenait la voir tous les deux mois, pour lui acheter des vêtements et lui payer des leçons de musique. Cela dura quatre ans. Elle avait alors près de dix-sept ans, pour autant que nous puissions évaluer son âge. Elle était déjà une musicienne accomplie. L’homme vint un jour me dire : « Monsieur Bevington, pouvez-vous me confier cette jeune fille. Je vais l’amener à Indianapolis. Ils pourront lui mettre des jambes artificielles là-bas, presque aussi bonnes que des vraies ! » Je lui répondis : « Voulez-vous la considérer comme votre fille, pendant tout le temps où elle sera avec vous ? »

Sa question avait fait monter des larmes à mes yeux. Il s’en rendit compte, et me dit : « Je vois que vous l’aimez ! Je vais l’amener là-bas, mais je vous la ramènerai ! Vous verrez, elle pourra parfaitement marcher ! »

Je n’aimais pas la pensée de la voir partir, mais je savais que c’était pour son plus grand bien. Je me trouvais alors à Louisville, ayant quitté Cleveland pendant quelque temps. Il l’amena donc à Indianapolis, où elle resta plus de deux ans. Puis il me la ramena à Cincinnati, une merveilleuse jeune femme. Elle pouvait marcher aussi bien que moi. Elle portait des jambes artificielles et avait appris à s’en servir pendant tout ce temps.

Je la conduisis chez Monsieur Gamble. Il l’envoya à l’école pendant deux années. Puis elle partit comme missionnaire dans les îles Fidji, envoyée par l’Eglise Méthodiste. Elle y resta plusieurs années. Elle y établit par la foi une grande maison d’accueil, et une école. Puis elle s’en alla au Ciel !

Ce que Dieu peut faire si nous Lui faisons confiance

Vous voyez, mes chers enfants, ce que Dieu peut, et veut faire, si nous Lui faisons confiance ! J’aurais pu dire : « Oh, cette pauvre fille misérable et sale, ignorante et grossière, ne pourra jamais rien faire pour Jésus ! » Mais voyez comment Dieu lui a permis de devenir une jeune femme accomplie, pure, brillante, et l’a envoyée au loin pour s’occuper de ces pauvres petits païens ! Elle en a conduit des centaines à Jésus ! Que le Seigneur soit loué pour la vie qu’Il lui a donnée, et aussi de m’avoir utilisé pour la sortir de l’état où elle se trouvait !

Dieu bénit le frère et la sœur handicapés

Pendant mon séjour à Cincinnati, j’avais fait la connaissance d’une jeune fille d’environ quatorze ans, paralysée des jambes. Elle était de petite taille et n’avait jamais marché. Elle avait un frère de seize ans, qui s’était brisé la colonne vertébrale quand il avait douze ans. Il pouvait se tenir assis. Ils étaient très pauvres. Je leur procurai des habits, et les conduisais aux réunions dans une petite voiture à bras. C’étaient des enfants intelligents et ambitieux. Ils savaient lire et écrire. Après avoir écouté l’un de mes messages sur l’œuvre missionnaire, la jeune fille me dit : « Oh, j’aimerais gagner un peu d’argent pour ces chers enfants des missions ! » Elle n’en avait jamais entendu parler auparavant et se préoccupait beaucoup de leur sort.

Je réfléchis à un moyen de leur procurer un peu d’argent. Rentré chez moi, je fabriquai quelques allume-feu en papier, que j’allai présenter dans une entreprise pour voir s’il était possible de les vendre. Je parlai au contremaître de ces deux enfants qui avaient besoin d’aide. Pendant que je lui parlais, le directeur vint, entendit notre conversation, et demanda au contremaître : « Est-ce que ces allume-feu seraient moins chers que des allumettes ? » – « Oui. » – « A quel prix pourrions-nous les acheter ? » – « Pas plus de trente cents la centaine. »

Cela semblait peu, mais je me procurai une grande quantité de papier et l’apportai aux enfants. Je leur montrai comment fabriquer des allume-feu. Ils apprirent rapidement, et en fabriquèrent une centaine par jour. Cela leur procurait trente cents par jour, ce qui représentait une grosse somme pour eux ! Malgré la grande pauvreté de leurs parents, ils me dirent qu’ils pourraient en donner la moitié pour les enfants des missions. C’est ce qu’ils firent. J’apportais les allume-feu à l’entreprise, qui me payait en espèces.

Le patron avait un cousin dans une autre partie de la ville, qui utilisait des fours à gaz. Il le persuada d’acheter plusieurs milliers d’allume-feu. Les enfants augmentèrent leur cadence jusqu’à produire chacun deux cents unités par jour. Calculez ce qu’ils gagnaient, à raison de trente cents la centaine ! Ils purent s’acheter des vêtements, et s’inscrire à l’école du soir. Je les y amenai avec la voiture à bras, et leur père venait les reprendre. Ils reçurent tous deux le salut. Comme ils chantaient bien, la jeune fille put se payer des leçons de musique et apprendre à jouer un instrument. Tout cela grâce aux allume-feu en papier qu’ils fabriquaient.

Vous voyez, mes enfants, quand on veut faire quelque chose, on y arrive ! Ils continuèrent à donner la moitié de leurs gains à l’œuvre missionnaire. Deux ans plus tard, quand je quittai cette ville, ils étaient tous deux employés dans les bureaux de cette entreprise. Ils avaient appris la sténographie, et donnaient un bon témoignage chrétien.

Quatre années plus tard, alors que je me trouvais au camp de Cincinnati, je vis venir vers moi un jeune homme et une jeune femme, appuyés sur des béquilles. Ils avaient une belle expression, et me dirent en sourient : « On dirait que vous ne nous reconnaissez pas ! » C’était vrai. Quand ils me dirent leur nom, je fus rempli de fierté de voir ce qu’ils étaient devenus. Ils étaient restés fidèles à leur Dieu, qui les avait fait prospérer. Ils vivaient à présent dans leur propre maison, qu’ils payaient avec les salaires qu’ils gagnaient. En outre, leur père et leur mère continuaient à leur faire fabriquer des allume-feu en papier.

Une petite rétrograde revient au Seigneur

Voici encore un court témoignage. Je faisais des réunions près de Rising Sun, dans l’Indiana. J’étais logé dans un foyer où se trouvait une toute petite fille. Elle ne savait pas très bien parler, mais disait chaque soir et chaque matin : « Maintenant, je prie ! » Un soir, elle resta silencieuse. Sa maman lui dit : « Gracie, ne veux-tu pas faire ta prière ? » – « Non ! » – « Mais pourquoi ? » – « Pasque j’ai rétogradé ! »

Je n’avais jamais entendu cela dans la bouche d’une aussi petite fille. Cela m’amusa tellement qu’il fallut que je sorte. La maman me fit un signe de tête, et se dirigea vers sa fille, en lui disant : « Dis-moi, ma Gracie, comment as-tu rétrogradé ? » – « Pasque je m’ai très fâchée contre Jim. Jui ai dit un gros mot ! » – « Bon, mais il faut que tu reviennes à Jésus ! » Alors ce petit bout de chou se mit à prier et à pleurer. Puis elle se releva et dit : « C’est bon, maintenant, j’ai bien ! »

Je peux vous dire que cela fut une bonne leçon pour moi. Vous ne seriez pas arrivé à lui faire dire qu’elle était sauvée et bien sanctifiée, alors qu’elle avait fait quelque chose de mal ! Si tous les enfants étaient honnêtes comme cela, ils feraient honte à beaucoup d’adultes !

Dieu prendra aussi soin de vous

Mes chers enfants, nous avons passé un bon moment ensemble. J’ai beaucoup apprécié de bavarder un peu avec vous. En terminant ce chapitre, je veux tous vous inviter à vous approcher de Jésus. J’ai appris à bien Le connaître depuis que j’ai reçu la sanctification, il y a trente-trois an. Je Lui fais pleinement confiance. Je suis sûr que si vous Lui donnez votre cœur, Il prendra soin de vous comme Il l’a fait pour moi. Je veux revoir tous ceux qui ont lu ce chapitre là-haut dans le Ciel, où se trouvent Jésus et Ses anges, et où nous pourrons toujours être avec le Seigneur. Que Dieu vous bénisse, chacun en particulier, ainsi que vos papas et vos mamans.

Avec tout mon amour et mes vœux les meilleurs,

Votre ami qui vous veut du bien,

G.C. Bevington, à Ashland ou à Kingswood, dans le Kentucky.
Chapitre 8

Témoignages de guérisons

Les prières non exaucées ne servent à rien. Ce sont les prières exaucées qui comptent pour nous, et pour ceux pour lesquels nous prions ! C’est pourquoi, mamans, ne soyez pas négligentes ni indifférentes par rapport à la prière. Dieu réclame des prières réelles, sérieuses, efficaces, et victorieuses. De nombreuses prières sont entendues et exaucées par Dieu. Il dit souvent à l’ange qui tient Ses registres : « Prends ton registre et inscris cette prière ! C’est une bonne prière qui sonne bien à Mes oreilles ! Il faut que nous l’inscrivions sur notre registre pour qu’elle soit exaucée ! »

Dieu donne, mais nous devons prendre ! Nous n’obtenons pas ce que nous ne prenons pas ! Dieu ne peut pas nous donner ce que nous ne voulons pas prendre.

Dieu réserve ce qu’Il a de meilleur pour ceux qui osent tenir bon dans l’épreuve, mais ils sont peu nombreux. Dieu réserve Son second choix à ceux qui refusent ce qu’Il a de meilleur !

De quel côté vous rangez-vous ?

La foi disparaît quand viennent les doutes. La foi s’arrête où commence le doute ! Oh, foi, puissante foi ! Elle voit la promesse, et ne voit qu’elle. Elle se rit des impossibilités, et s’écrie : « Cela s’accomplira ! »

Oui, cela s’accomplira ! Amen ! Si vous souffrez en ce moment même, si vous avez mal dans votre corps, levez les yeux ! Considérez votre guérison comme accomplie, et vous la verrez s’accomplir. Alléluia ! « Qu’il te soit fait selon ta foi ! » Non pas selon la durée de ton problème, même s’il a résisté à tous tes efforts jusqu’ici, mais « selon ta foi ! » Lève donc les yeux, et considère la chose comme accomplie maintenant ! Si notre guérison dépendait de nous et de nos efforts, cela serait tout différent. Mais écoutez bien ! Elle dépend de la promesse certaine faite par notre Dieu omnipotent, omniscient et omniprésent ! Alléluia !

Nous avons le droit de faire confiance à Dieu jusqu’au bout, et de considérer la chose comme accomplie. Dieu veut des hommes et des femmes qui ont de l’acier dans le sang, du feu dans les os, ainsi qu’une pioche, une pelle et une charrue profonde pour retourner la terre et déterrer ce qui s’y trouve ! Amen et amen !

Parfois, il ne nous est pas possible de faire la prière de la foi, car nous sommes trop faibles ou nous souffrons trop intensément. Cela nous rend incapables de prier.

Guéri d’une migraine aiguë

Je fus l’un des premiers étudiants de l’Ecole Biblique de Dieu, à Cincinnati. Environ un mois avant la fin du premier trimestre, je fus cloué au lit avec une migraine aiguë. Elle était très douloureuse, et la douleur ne cessait d’augmenter. J’allai me coucher à 9 heures trente du soir. Je travaillais en ville le matin, et me rendais à l’Ecole Biblique les après-midis pour mes cours et mes différents travaux. Je n’avais pas encore consacré entièrement ma vie au Seigneur pour ma guérison, mais je ne pris aucun médicament.

Après environ une semaine de souffrances, je me réveillai une nuit vers minuit. Je ne m’étais jamais senti aussi mal ! Je tentai de prier. Mais je souffrais tellement que je me mis à crier à Dieu pour qu’Il fasse prier quelqu’un pour moi. Je dis : « Oh, mon Dieu, réveille quelqu’un et fais-le prier pour moi ! » Je continuai à prier dans ce sens pendant près de dix minutes. Puis je commençai à aller mieux. Une demi-heure plus tard, toutes les douleurs étaient parties, et je m’endormis profondément. J’étais certain que Dieu m’avait exaucé.

Dix jours plus tard, je reçus une lettre de Californie. La sœur qui m’écrivait me disait qu’une certaine nuit, vers une heure du matin, elle fut réveillée par une voix qui lui dit : « Lève-toi et prie pour Bevington ! » Elle ne savait pas où je me trouvais, mais savait que ma dernière adresse était à Cincinnati, dans l’Ohio. Elle se dit : « Oh, j’ai tellement sommeil ! » Elle tenta de se rendormir, mais la voix continuait à l’appeler. Elle en parla à son mari, qui lui dit : « Ce n’est qu’un rêve ! Bevington peut prier pour lui-même ! Tu as trop mangé hier soir ! Rendors-toi, et ne te soucie pas de Bevington ! Il s’en sortira bien tout seul ! »

Elle tenta bien de se rendormir, mais cette voix continuait à retentir à ses oreilles. Son mari lui dit : « Bon, je crois que tu ferais mieux de te lever. Peu importe si tu ne sais pas où il est. Lève-toi ! » Elle se leva donc. A l’instant où ses genoux se posèrent sur le sol, elle fut envahie d’une intense douleur dans la tête. Elle demanda à son mari de se lever et de prier avec elle. Comme il était sauvé, il se leva. Lui aussi commença à éprouver de violentes douleurs à la tête. Ils se serrèrent les mains, de part et d’autre de leur lit, et prièrent. Sept minutes plus tard, les douleurs cessèrent, en même temps que les miennes ! Ils savaient que le Seigneur leur avait accordé ce qu’ils demandaient pour moi.

Voyez-vous, il fallut que Dieu réveille quelqu’un bien loin de chez moi, en Californie ! Ce fut la seule et unique fois que je fis cette prière. Je ne sais pas quand je pourrai la refaire. Mais nous devons apprendre cette leçon : il nous faut écouter Dieu, quelle que soit la tournure des événements. Quand Dieu a demandé à Samuel d’aller oindre comme roi David, un simple berger, Saül n’était pas encore détrôné. Il était encore le roi en titre. Le fait d’aller oindre quelqu’un d’autre comme roi pouvait être considéré comme une trahison. Samuel le savait. Mais il écouta la voix de Dieu, malgré le fait qu’il risquait sa propre vie.

Fallait-il que je me frotte les tempes de temps en temps, pour obtenir quelque soulagement, puis que je prie pour que quelqu’un me les frotte, alors que je savais bien qu’il était impossible que je trouve quelqu’un pour le faire ? Etait-il nécessaire que Samuel offre un sacrifice, afin de sauver sa vie ? Samuel avait dit : « Seigneur, si je vais oindre David comme roi, Saül me tuera, car il est le roi en titre. C’est lui qui occupe le trône ! » Pourquoi Dieu lui a-t-il permis d’organiser une fête ? Dieu doit parfois faire appel à quelque chose d’humain, pour créer ou stimuler notre foi, et souvent pour anéantir nos propres plans.

Guérie de migraines

Je me trouvais à Ashland Heights, un soir, quand je fus invité à me rendre à Fairview pour y prêcher. En passant près de chez le Frère Wamsley, à Pollard, je m’arrêtai pour les inviter à venir avec moi. Le frère Wamsley était devant sa maison. Il vint vers moi, et je lui dis : « Voulez-vous venir, avec votre femme ? » – « Je ne crois pas. Ma femme souffre depuis trois jours de migraines. Elle n’ose pas sortit, et je ne veux pas la laisser seule. Ses douleurs sont réellement au-dessus de ses forces. » – « Dites-lui de sortir ! » – « Mais, Frère Bevington, elle n’ose pas s’exposer à l’air froid ! Elle pourrait mourir en dix minutes ! » – « Dites-lui de sortir ! » Il resta immobile, étonné de ma demande ridicule, mais je lui redis : « Dites-lui de sortir ! » – « Dans l’état où elle est, elle n’ose pas s’aventurer à l’extérieur ! » – « Dites-lui de sortir ! »

Je continuai à lui répéter cette demande folle, tout en priant, si bien qu’il finit par être fatigué de m’entendre. Sa femme sortit, la tête entourée de bandages. Je baissai la tête et invoquai les promesses de Dieu. J’étais en pleine rue, livré aux regards des inconvertis qui passaient. Je levai la main et proclamai sa guérison, la considérant comme accomplie. Un quart d’heure plus tard, j’entendis un grand bruit. Elle s’arracha ses bandes en poussant des cris de joie.

Je poursuivis ma route vers Fairview, en priant le Seigneur de les faire venir. A mi-chemin, je dis : « Les gars, elle va venir ! Elle sera là peu après notre arrivée ! »

Ils me dirent : « Mais non, ce n’est pas possible ! Elle se trouvait dans un état critique, et ce serait dangereux pour elle de s’y risquer ! » Je répétai : « Elle va venir ! » Nous venions juste de commencer les chants qu’elle entra en criant et en faisant valser son bonnet. Elle enflamma toute la salle. Au moment de l’appel, elle s’approcha, rayonnante de la puissance de Dieu qui était sur elle, et elle aida un pauvre homme rétrograde et découragé à revenir au Seigneur. A Jésus soit toute la gloire !

Guérie de la tuberculose

Une sœur de South Ashland se trouvait, selon les affirmations du docteur, sur son lit de mort, terrassée par la tuberculose. On m’invita à venir la voir, et je vins accompagné d’une sœur. Je lis un chapitre de la Bible, tombai à genoux, et priai de tout mon cœur. J’obtins la victoire. Je proclamai sa guérison, me levai d’un bond, empoignai mon chapeau et sortis en courant, et en disant : « Elle sera levée dans dix minutes ! » Je n’étais pas encore sorti de son jardin qu’elle avait déjà sauté de son lit, en louant Dieu pour sa totale guérison. Elle se rendit à l’église Pilgrim Holiness, dont John Fleming était le pasteur, pour témoigner de sa guérison.

Guérie d’une grave maladie

Le frère Fleming avait été témoin de sa guérison. Il allait témoigner lui aussi qu’il avait été guéri plus d’une fois, ainsi que sa chère et fidèle épouse. Dans la première année qui suivit son installation à Ashland, en venant de Willard, sa chère épouse tomba gravement malade et dut s’aliter. Il me prévint, et je priai pour elle ce soir-là. Je fus béni pendant ma prière, et proclamai sa guérison. Mais, le lendemain après-midi, il vint me trouver pour me dire que l’état de sa femme avait vraiment empiré. Je sautai dans son buggy et retournai avec lui auprès de son épouse.

Elle gisait sur son lit, muette, ressemblant tout-à-fait à un corps sans vie. Je me prosternai face contre terre dans un coin, pour savoir si vraiment Dieu voulait la guérir ou non. Je restai là plus d’une heure. Puis j’eus l’assurance que Dieu voulait la guérir. Je me relevai, et posai ma main sur son front froid. Peu après, elle ouvrit les yeux et sourit. La gloire de Dieu descendit sur nous. Le frère John s’écria : « Frère Bevington, elle est guérie ! »

Je me relevai d’un bond, et arpentai la pièce pendant cinq minutes. Puis je sortis, sautai dans le buggy, et me rendis en ville, en me réjouissant de sa guérison. Pourtant, le seul signe visible avait été de la voir ouvrir les yeux et sourire. Mais la gloire de Dieu envahit mon cœur pendant tout le trajet. Je fis ma course et revins, toujours sous la puissance de Dieu. Je la trouvai en train de louer Dieu. Satan fut complètement battu ! Alléluia ! Loué soit le nom béni de Jésus !

Guérison d’un cas désespéré

Pendant mon séjour à South Ashland, j’ai été témoin de beaucoup de cas de guérison, mais dont je ne peux me rappeler les détails. Alors que je me trouvais à Willard, en 1917, je me rappelle du cas d’une femme qui était très malade. Elle était alitée depuis six semaines. Son état semblait désespéré. Elle avait rétrogradé dans la foi. Elle ne pouvait plus s’occuper de ses enfants, et sa maison était dans une grande saleté. Je me rendis chez elle, et je sentis d’épaisses ténèbres. Mais je me dis : « Puis-je accepter de laisser cette femme mourir sans être sauvée ? »

Je me mis en prière et m’engageai dans un combat intense. Mais je continuai à prier, à dynamiter et à faire sauter les obstacles. Deux heures plus tard, après avoir traversé bien des tunnels et des caves, je commençai à voir quelques rayons de lumière. Je n’oublierai jamais à quel point cela m’encouragea. Je ne me rappelle aucun autre moment où j’ai eu plus de reconnaissance que dans cette maison ténébreuse. Tout semblait contre moi, sauf, je pense, ces cinq enfants qui me suppliaient. J’utilisai d’ailleurs ces enfants comme argument devant Dieu, lorsque j’intercédai pour la guérison de leur maman.

Je me mis à louer doucement le Seigneur. Les nuages commencèrent à se dissiper. Ma foi semblait grimper sur des pics escarpés, et sauter de pic en pic. Calmement, je proclamai sa guérison. Je me relevai, et rencontrai le frère qui m’avait envoyé là. Il me dit : « Que faisiez-vous donc ? – « Je crois qu’elle va bientôt sortir de son lit ! » Je me rendis chez Franck Fleming, le frère de John et de Bona Fleming. Ils habitaient à un bon mile de la maison de cette femme malade.

Je n’eus plus aucune nouvelle d’elle tout au long de la nuit, ni le lendemain matin. Je refusai donc de prendre le petit déjeuner, et continuai à prier, très encouragé. J’atteignis le but deux heures plus tard, et je me relevai. Je dis alors : « Seigneur, c’est fait ! C’est fait ! C’est fait ! » A ce moment précis, la Sœur Fleming vint à ma porte, et me dit : « Oh, Frère Bevington, écoutez ! Cette femme est dehors, et elle crie comme un Indien ! » Je venais juste de proclamer sa délivrance, et je me réjouissais, glissant dans les nuages, et escaladant les hauteurs les plus délectables, en louant Dieu pour Sa guérison !

Cette femme sautait par-dessus les clôtures, courait d’une maison à l’autre, en criant et en louant Dieu pour sa guérison, et pour le salut qu’Il lui avait rendu !

Guéri de calculs biliaires

Voici le témoignage d’un homme qui reçut une guérison de calculs biliaires:

Je veux saisir cette occasion de témoigner à tous, à la gloire de Celui qui a dit : « Je suis le Seigneur qui te guérit. » Je loue le Seigneur, qui m’a guéri de calculs biliaires très douloureux. Parfois, j’ai envie de dire : « Je sais une chose : autrefois j’étais malade, et maintenant je suis guéri ! » Gloire au Seigneur !

Depuis que la grippe espagnole a envahi notre pays, j’ai été victime de calculs biliaires, qui ont commencé à me faire souffrir, après avoir contracté la grippe. J’avais toujours cru à la guérison divine, mais je n’avais jamais eu de foi assez forte pour la guérison de mon propre corps. Je me rappelle que la Bible dit : « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. »

J’écrivis donc au Frère G.C. Bevington, qui se trouvait à Kingswood, dans le Kentucky, à cette époque. Il se mit d’accord pour prier avec moi pour la guérison de mon corps. Le 2 janvier 1921, le Seigneur me guérit merveilleusement, et instantanément. Depuis ce jour, je Lui fais entièrement confiance pour qu’Il me garde en bonne santé. Et Il me la donne, loué soit Son nom ! Bien sût, le diable essaye de me dire que je ne suis pas guéri et que j’ai toujours des calculs biliaires. Mais je sais que j’ai été guéri. Remportez donc la victoire sur ce vieux diable, et continuez à louer le Seigneur. Amen !

Je sais que beaucoup de chrétiens ont complètement abandonné la foi pour la guérison de leur propre corps. Mais je veux dire qu’il n’est pas facile d’abandonner tous les remèdes pour faire seulement confiance au Seigneur. Le diable aime beaucoup nous garder malades. Il aimerait même bien nous tuer. Il nous faut donc beaucoup d’encouragements, de confiance, de prière et d’enseignement sur la manière de faire confiance au Seigneur pour remporter une complète victoire sur le diable.

Je me demande souvent si j’aurais été guéri, si je n’avais pas reçu les merveilleuses lettres d’encouragement et d’enseignement que le Frère Bevington m’a écrites lorsqu’il priait pour moi. Il a une grande maturité, une grande expérience, et sait comment s’accrocher à Dieu ! Sa foi est sans faille, spécialement en matière de guérison divine. »

R.W. Wolfe, Fort Gay, West Virginia

Sanctifiée et guérie en même temps !

Un jour, je me rendis à Ironton, dans l’Ohio, pour enseigner dans une classe d’Ecole du Dimanche. J’y rencontrai un vieil ami, que je n’avais pas revu depuis des années. Il avait été guéri alors qu’il était à la campagne, et il m’invita à venir chez lui pour prier pour la guérison de sa femme. Je dis à celle-ci : « Sœur, êtes-vous certaine d’avoir reçu la sanctification ? » Elle avait confessé avoir reçu cette expérience. Elle éclata en sanglots, et me dit : « Non, frère, je ne l’ai jamais reçue. Je l’ai cru, et j’ai témoigné dans mon église que je l’avais reçue, car on m’avait demandé de le proclamer et d’en rendre témoignage. »

Voyez-vous, il y a là un danger. Je ne demande jamais aux gens de témoigner qu’ils ont reçu la sanctification, s’ils ne sont pas certains d’avoir été sanctifiés. Je les encourage à saisir la sanctification par la foi, s’ils sont sûrs que leur consécration est totale. Ils peuvent alors proclamer qu’ils ont saisi la sanctification par la foi, croire qu’ils sont sanctifiés, et rester fermes sur cette position. Mais ne dites jamais que vous avez été sanctifié si vous n’en êtes pas certains ! Cette sœur avait fait ce que les prédicateurs de la sanctification lui avaient demandé de faire, car ils étaient censés le savoir. Mais quand elle se retrouva seule devant Dieu dans ce groupe de prière, Dieu lui révéla qu’elle n’avait jamais été sanctifiée.

Je commençai donc à prier pour un tout autre sujet que celui qui était prévu, et suppliai le Seigneur qu’elle puisse avoir une révélation réelle de l’état de son cœur. Elle se leva, et dit : « Oh, frère, cette fois, je veux réellement faire cette expérience ! » J’accentuai donc mes efforts, et bombardai massivement cette citadelle de Satan pendant près de deux heures. Soudain, elle fut terrassée, et devint plus blanche qu’un linge. Je persévérai dans mes assauts jusqu’à ce qu’elle fasse une reddition sans condition, environ une heure plus tard. Je vous assure que cela s’entendit dans la maison ! Puis elle se calma, et dit : « Oh, gloire à Dieu ! Cette fois, je sais que c’est fait ! »

Quand le bombardement cessa et que la fumée se fut dissipée, j’entendis quelqu’un gémir. Je me retournai, et vis leur fils de seize ans étendu au sol, réclamant le salut en pleurant. Je pointai donc mes batteries vers lui, et une heure et demie plus tard, il se mit à crier. Il me saisit et me porta dans toute la pièce. Nous eûmes une belle réunion de louange !

Je dis alors : « Sœur, et cette maladie pour laquelle je devais prier ? » – « Oh, je n’y pensais plus du tout ! Je crois qu’elle est partie avec le « vieil homme » ! » Et c’était vrai !

Par les temps qui courent, nous devons donc être prêts à toute éventualité. C’est pourquoi je garde en permanence mes batteries chargées, pour faire face immédiatement à toute urgence !

Guéri instantanément d’une foulure

Je vais vous donner un témoignage qui s’est passé à Ashland Heights. J’étais en train de descendre la colline de l’église, quand je glissai et me foulai la cheville. Ce fut très douloureux. Mais je poursuivis ma route, me rendis en ville et revins à l’église. Mon pied me faisait encore mal, mais je ne voulus pas déranger le Seigneur pour cela. Je considérais que c’était un trop petit problème !

Cependant, le lendemain matin, mon pied me faisait très mal. Il était tellement enflé que je ne pus mettre ma chaussure. L’articulation était raide et je ne pouvais pas bouger le pied. J’avais prévu de distribuer des traités pendant toute cette journée, mais je vis qu’il fallait faire quelque chose, et vite. Je fis ma vaisselle et la rangeai. Puis je pris la Parole, l’ouvris, et relus le passage où le boiteux avait été instantanément guéri. En m’engageant sur cette piste, je sentais la puissance de Dieu grandir en moi à chaque mot. Lorsque je parvins au passage où il est écrit : « Au même instant, ses pieds et ses chevilles devinrent fermes…, » je posai ma Bible et m’écriai : « Oui, et c’est pareil pour moi maintenant ! » Je me levai d’un bond, me mis à sauter et à crier, et fus parfaitement et instantanément guéri ! Je vous dis que je me rappelle très bien cette matinée ! La gloire descendit sur moi ! Ah oui, Dieu veut guérir !

Guérison à distance d’une femme dans un état désespéré

Je me rappelle avoir reçu une lettre qui me parlait de Bertha Bolander, une ancienne étudiante de l’Ecole Biblique de Dieu. C’était son mari qui m’écrivait. Il me disait que sa femme était à l’hôpital, et que son était désespéré. Je pris cette lettre et ma Bible, et passai dix-neuf heures à intercéder pour elle. Je la vis se relever et lever la main, très clairement, comme si je la voyais en réalité. Elle était pourtant à deux cents miles de là.

Vous pourriez me demander : « Mais pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? Puisqu’elle souffrait tellement et qu’elle avait besoin d’un secours immédiat ? » Eh bien, comme d’habitude, il me fallut un certain temps pour être parfaitement calme, car il y avait beaucoup d’autres cas qui se rappelaient à mon souvenir. Satan est toujours là pour nous rappeler tous les cas importants dont nous devrions nous occuper. Il sait que cela va nous distraire du sujet principal, nous empêcher de garder le contact avec Dieu, et tout bloquer.

Il me fallut donc des heures pour savoir avec certitude si Dieu voulait bien la guérir. Puis il ne me fallut que deux heures pour la voir se relever, après avoir passé dix-sept heures à connaître la pensée de Jésus à son sujet. Satan utilisa beaucoup de stratagèmes pour me faire lâcher prise. Parfois je me mettais à somnoler, j’avais sommeil, j’étais distrait… Tout cela pour tenter de me décourager et de me faire abandonner.

Mais je sentais qu’il valait la peine de consacrer à ce cas tous mes efforts. Pendant que j’intercédais, je me rappelle avoir utilisé quelques très bons arguments pour qu’elle guérisse rapidement. Mais je sentais monter à mon esprit tout autant d’arguments qui semblaient parfaitement logiques sur le plan naturel. Ils insistaient sur le fait que je ne devais pas négliger les lois naturelles. Dieu avait créé les lois naturelles, et je devais en tenir compte. Tous ces arguments formaient une batterie assez impressionnante, et il me fallut pas mal d’efforts pour les réduire à néant, surtout que de nouveaux arguments réclamaient constamment mon attention.

Mais j’ai continué à combattre pour sa vie. Je la vis étendue comme un cadavre, mais je ne me laissai pas impressionner par cette vision. Satan me dit : « Tu vois, elle est morte ! Ce n’est plus la peine de perdre du temps pour elle ! Tu as été très fidèle, et tu as fait de ton mieux, en consacrant dix-sept heures de ton précieux temps à ce cas ! »

Vous voyez, tout cela semblait très logique, et même assez flatteur. Mais je rejetai toute cette logique, relevai la tête, et demandai à Dieu Son attention immédiate. Je Lui dis : « Seigneur, Tu as entendu ! Tu T’intéresses à Tes enfants. Eloigne Satan ! Est-elle morte ? Je T’écoute, Seigneur ! »

Je vis alors la scène changer. Les nuages disparurent, et les arguments logiques s’évanouirent. Je dis : « Seigneur, je ne peux pas croire qu’elle soit morte ! » Ecoutez le passage que le Seigneur me donna : « La détresse atteint souvent le juste, mais le Seigneur l’en délivre toujours ! » J’empoignai ma Bible et commençai à louer le Seigneur. J’eus bientôt la conviction que non seulement elle vivait, mais qu’elle était guérie. Oh, alléluia ! Je fus environné de la gloire de Dieu ! Quelques jours plus tard, j’appris qu’elle avait reçu une guérison soudaine.

Guérie de rhumatismes déformants

Voici le témoignage de la guérison de la Sœur Medler, de Kingswood, dans le Kentucky, en mai 1921 :

Je veux vous dire que Dieu m’a merveilleusement guérie de mes grandes souffrances. La guérison divine est merveilleuse ! Tout d’abord, elle nous prouve le merveilleux amour de Dieu pour nous. J’avais déjà reçu plusieurs guérisons divines, mais cette dernière guérison fut la plus belle, parce que je souffrais depuis longtemps. Alors que j’étais toute jeune fille, je fus frappée d’une crise de rhumatismes aigus. Depuis ce moment, je ne me rappelle pas avoir jamais cessé de souffrir de cette maladie. Que Dieu soit loué, Il a ôté mes souffrances !

Beaucoup de médecins avaient fait de leur mieux pour me soulager, mais la maladie ne faisait que s’aggraver. A mesure que le temps passait, il me semblait que tout mon corps était attaqué par cette douleur atroce qui me rongeait. Aucune de mes articulations, aucun de mes nerfs n’était épargné, et je souffrais continuellement. Quand je dormais, mes mains enflaient, et mes articulations devenaient toutes raides. Quand les douleurs les plus violentes envahissaient mes mains, elles étaient complètement déformées, et ne ressemblaient plus aux mains d’un être humain. Puis ces violentes douleurs se déplaçaient vers une autre partie de mon corps. Les articulations de mes mains s’assouplissaient, et celles-ci reprenaient une forme un peu plus normale. Cependant, mes articulations restaient enflées et des boules s’y formaient.

Je ne prétends pas être délivrée de toutes les conséquences de ces rhumatismes, mais je ne ressens plus ces souffrances intenses. J’en remercie le Seigneur ! C’est grâce à Son amour et à Sa puissance qu’Il m’a soulagée ! Je suis incapable de décrire les souffrances que j’ai endurées pendant quarante ans. Un médecin a même refusé de me soigner, prétendant que mon cas était incurable. Il me dit que mon cas était trop grave, et que je ne pourrais plus retrouver l’usage de mes mains.

Pendant trente-trois ans, chaque hiver, et à bien d’autres périodes également, j’ai souffert de rhumatismes dans ma tête. Il y a sept ans, un médecin m’a dit : « Je vais vous prescrire un nouveau médicament. Si celui-ci ne vous fait rien, aucun autre ne pourra agir ! » Je pris son médicament et suivis exactement la prescription, le régime et tout le reste, mais mon état continua à empirer chaque jour.

Il y a environ un an, les rhumatismes s’installèrent à nouveau dans ma tête, et tout particulièrement dans mon cerveau. Mes souffrances étaient indescriptibles. Mes voisins me proposèrent de venir prier pour moi, mais je leur dis : « Je n’ai aucune foi pour être guérie ! Je souffre tellement, et depuis si longtemps ! Mon cas est désespéré ! »

Le printemps dernier, le docteur Shœmaker, un médecin sanctifié, le seul docteur que j’avais à l’époque, me conseilla de demander au Frère Bevington de prier pour ma guérison. Tout d’abord, je ne fus pas très intéressée par cette proposition. On m’en avait fait tellement, qui n’avaient abouti à aucun résultat, que j’avais perdu tout espoir ! Mais comme je souffrais continuellement, le Seigneur me demanda de faire appel au Frère Bevington. Je commençai donc à prêter l’oreille. Je fus même intéressée, quand j’entendis d’autres personnes témoigner de leur guérison grâce à ses prières. La troisième semaine d’Avril, je décidai de faire appel au Frère Bevington pour qu’il prie pour ma guérison. Il me restait à décider quand et comment je passerai à l’action.

Le Seigneur savait que c’était le moment de passer à l’action. Je me décidai pour le dimanche 24 avril. Quand je voulus me lever, je retombai dans mon lit. Je n’abandonnai pas et je retombai encore. Je réveillai alors mon mari, et lui dis qu’il devrait se préparer lui-même son petit déjeuner. Mais le Seigneur me dit alors : « Non, lève-toi ! » Je me dis : « Je ne pensais pas que je pourrais me lever ! » Mais comme le Seigneur ne nous demande jamais de faire quelque chose d’impossible, je vis que je pouvais le faire en Son nom.

Quand ce fut le moment de me préparer pour aller à la réunion de l’Ecole du Dimanche, le Seigneur me dit : « Prépare-toi, et vas-y ! » Je fus davantage surprise par cet ordre que par le premier. Mais je croyais que le Seigneur savait toutes choses, et j’obéis. Parvenue aux deux-tiers du trajet, je sentis que je ne pouvais pas aller plus loin. Pourtant, je continuais à me dire : « Le Seigneur m’a demandé d’y aller, Il va m’aider à faire le reste du chemin ! »

Parvenue à destination, j’étais vraiment très malade. Le Seigneur me dit alors : « Demande au Frère Bevington de prier pour toi ! » Ma vue était si faible que je ne pus pas lui écrire un mot. Il fallut que mon mari l’écrive. Il lui dit où je me trouvais, que j’étais très malade, et lui demanda de prier pour que je sois soulagée. C’était tout ce que je pouvais demander, être soulagée, car je n’avais aucune foi pour être guérie.

J’entrai et m’installai à ma place. Il me semblait qu’il y avait une grosse plaque de plomb qui m’écrasait le sommet de la tête. Notre pasteur me dit que c’était le diable, qui essayait d’empêcher le Frère Bevington d’aller jusqu’au bout de sa prière pour moi. Après un moment, cette plaque fut enlevée. Mais les violentes douleurs ne cessèrent que le lendemain après-midi. Quand nous fûmes rentrés à la maison, il me dit comment le Frère Bevington s’était mis à genoux et avait parlé au Seigneur de mon cas, et comment il avait senti la puissante présence de Dieu. Il nous dit que le Frère Bevington avait prié de cette manière : « Seigneur, je crois qu’elle est ton enfant. Puisqu’elle est ton enfant, nous avons le droit de Te réclamer sa guérison, oui, sa complète guérison ! »

Pour la première fois, je sentis ma foi agir, et je dis : « Oui, Seigneur, je suis Ton enfant ! Je serai guérie parce que je suis Ton enfant ! » Vers midi, j’allai me coucher, pensant que j’y resterai tout le reste de cette journée. Après avoir fait une sieste, le Seigneur me dit : « Lève-toi et va à la réunion ! » J’obéis, et je donnai mon témoignage. Je dis : « J’ai beaucoup souffert ces derniers jours, et spécialement aujourd’hui. Mais le Seigneur va me guérir ! Le Frère Bevington prie pour moi. Il a dit que je peux être guérie, puisque j’appartiens au Seigneur. Je sais que je suis une enfant du Seigneur, et je vais être guérie ! Gloire à Son nom ! »

Il fallut encore cinq semaines pour que j’annonce au Frère Bevington que j’avais été entièrement délivrée des douleurs causées par les rhumatismes. J’ai continué à souffrir pendant cette période. J’avais aussi une angine. Notre pasteur vint prier avec moi. Je fus instantanément guérie, et mon gros rhume disparut aussi. Le diable a fait tout ce qu’il a pu pour m’empêcher d’obtenir la victoire. Le Seigneur n’a pas fait disparaître d’un seul coup les douleurs de mes rhumatismes. Mais Ses voies sont toujours justes, et Sa volonté est la meilleure pour nous. Que Son saint nom soit loué pour toujours ! Je Le loue pour Sa victoire, qu’Il a remportée pour notre âme et notre corps. Grâce au précieux sang de Jésus, je suis sauvée, sanctifiée, et complètement guérie. Alléluia !

Un enfant guéri d’eczéma

Alors que je me trouvais chez moi à Ashland Heights, le Frère White vint me voir pour chercher de l’eau, accompagné de son petit garçon de trois ans. La tête du gamin était couverte d’eczéma. Je m’informai de la cause de ce mal, puis lui dis : « Je crois que notre Docteur peut guérir cela ! Frère White, ne savez-vous pas que Jésus peut guérir cette tête ? » – « Bien sûr, je reconnais qu’Il le peux, puisqu’Il peut tout ! » – « Entrez, faisons-lui une onction d’huile pour qu’il soit guéri ! » – « Frère, je crains de ne pas avoir la foi ! » – « Entrez quand même ! »

Ils entrèrent donc. Je fis une onction d’huile à son fils, et priai la prière de la foi. Le lendemain soir, ils revinrent, et le petit était complètement guéri. Oh, combien nous sommes bénis d’être en contact étroit avec une telle puissance divine, capable de soulager la souffrance, gratuitement, sans payer ! Alléluia !

Le miracle du puits

Cela me rappelle mon puits, qui était le seul de tous les environs. Beaucoup de gens venaient donc y chercher de l’eau. Je leur donnais des traités et leur annonçais le salut. Un voisin me dit : « Frère Bevington, il y a une source en bas de la colline. Vous feriez mieux d’y envoyer tous ces gens, car votre puits va bientôt s’assécher ! Il y a trop de monde qui en tire de l’eau, et il s’assèche toujours pendant l’été. »

Peu après, l’eau devint trouble. Mais les gens continuaient à venir. On me suggéra de mettre un panneau pour demander aux gens de ne plus puiser, tant qu’il ne pleuvrait pas. Je me dis que c’était une bonne idée, et je confectionnai le panneau. Je pris des pieux et un marteau, et me dirigeai vers l’endroit où je devais planter le panneau. Mais, au moment où je m’approchais de mon portail, une voix me dit : « Que fais-tu ? »

Cela me surprit, et je regardai autour de moi, m’attendant à voir quelqu’un derrière moi. Mais il n’y avait personne en vue. Alors que j’étais toujours debout au même endroit, la voix reprit : « Oui, que fais-tu ? » Je vous dis que cela me suffit à régler le problème ! Je brisai le panneau, tombai à genoux, et demandai à Dieu pardon pour m’être aventuré dans le domaine du Château du Doute. Puis je Le louai de m’avoir repris.

Au moment où je me relevai, trois femmes arrivèrent avec des grands seaux. Je leur donnai un petit seau pour puiser, car avec leurs seaux elles ne pouvaient pas bien le faire. Je saisis également l’occasion de leur donner quelques traités et de leur parler du salut. L’une d’elles n’était jamais venue, et je sentis qu’elle accepta mon message. Il fallait qu’elle le ramène dans son foyer, car elle avait quatre précieux enfants à élever. Ils étaient seuls chez elle, mais ils n’avaient besoin de personne pour apprendre à aller en enfer. Ils avaient en eux quelque chose qui les conduirait sûrement en enfer, sans l’aide de personne !

Il leur fallut un moment pour remplir leurs seaux, mais je restai très aimable avec elles. Je dis au Seigneur : « Seigneur, continue à les faire venir ! Je préfère encore aller chercher de l’eau à la source, à cinq cents mètres, plutôt que de manquer l’occasion d’avertir ces mamans perdues ! »

Les jours passèrent. Un soir, j’allai puiser de l’eau avec un seau de deux litres. Je le remontai à moitié plein d’une eau trouble. Je dis : « Amen ! Je peux encore aller à la source ! » Je partis donc avec deux seaux. Comme il fallait que je grimpe deux collines, je décidai finalement de ne prendre qu’un seul seau. Au moment où je partais, j’entendis la voix me dire : « Bevington, où vas-tu ? »

Je connaissais cette voix. Je ne me retournai donc pas, mais revint aussitôt dans ma maison. Il me fallut combattre un peu pour pouvoir louer le Seigneur de m’avoir encore repris, car il me fallait un peu d’eau. J’avais soif. Je parvins à envoyer une prière au travers des nuages.

Quand je me relevai, une voisine arriva et me donna un litre de bonne eau bien fraîche, qu’elle s’était procurée à quelque distance de chez moi. Je commençai à comprendre que Dieu voulait envoyer de l’eau dans mon puits, bien qu’il n’y ait aucun signe de pluie, et que le puits s’était toujours asséché en cette saison, pendant trois, quatre, ou même parfois cinq mois, selon les habitants du pays.

Je me remis à genoux et commençai à louer Dieu de m’avoir arrêté et de m’avoir envoyé cette sœur avec de l’eau. J’avais l’habitude de boire un bon verre d’eau avant de me coucher. Satan m’avait troublé, car il m’avait répété sans cesse : « Que vas-tu faire pour avoir ce bon verre d’eau qui te fait toujours tant de bien ? » Il fallut que je lui dise que cela ne le regardait pas de savoir ce que j’allais faire. Je dus combattre à ce sujet pendant trois heures, mais je finis par avoir la victoire.

J’allai me coucher, après avoir réclamé au moins soixante-dix centimètres d’eau pour le lendemain matin. Cela ne s’était jamais produit depuis que j’habitais ici. Je dis même à la voisine que nous aurions au moins soixante-dix centimètres d’eau le lendemain. C’était une chère femme, membre de l’église, mais qui ne savait pas que Dieu exauçait les prières. Elle me regarda d’un air dubitatif, et me dit : « Frère Bevington, qu’est-ce qui vous fait croire cela ? Il n’y a jamais eu soixante-dix centimètres d’eau dans ce puits, à ma connaissance. Dès qu’il pleut un peu, l’eau fuit ! »

Le puits faisait vingt-deux mètres de profondeur. Je lui répondis : « Je vous dis que nous les aurons ! » – « Je ne vois aucun signe de pluie ! » – « Moi, si ! » Ma réponse l’étonna d’autant plus que le firmament était tout constellé de brillantes étoiles. J’allai me coucher en louant Dieu pour les soixante-dix centimètres d’eau que nous aurions le lendemain, ce qui serait suffisant pour tous les voisins.

D’habitude, je jetais dans le puits le petit seau de deux litres. Le lendemain, sans réfléchir, je me disposai à lancer ce seau. Mais il fallut que Dieu me reprenne encore. Il me sembla que ce seau se mit à parler, comme l’âne de Balaam. Je le laissai choir, comme s’il était brûlant, et je dis : « Oh, mon Dieu, pardonne-moi ! Oh, pardonne-moi ! » J’accusai le coup.

Je fis descendre le grand seau dans le puits, lui laissai le temps de s’enfoncer, et commençai à le remonter. Je sentis qu’il était plein. Je m’écriai : « Oh, Gloire à Dieu ! » La voisine sortit. Je lui dis : « Nous avons nos soixante-dix centimètres ce matin ! » Elle s’approcha quand je sortis le seau. Il était rempli d’une eau pure comme du cristal ! Je me mis à pleurer de joie. Elle courut chez elle, prit une tasse, et revint goûter l’eau. Elle dit : « C’est un prodige ! Votre Dieu a certainement exaucé votre prière ! » Elle éclata en sanglots, et nous passâmes un moment à pleurer ensemble auprès du puits. Elle me dit : « Frère Bevington, c’est quelque chose de nouveau pour moi. Croyez-vous réellement qu’il y en a soixante-dix centimètres ? » – « Oui ! » – « Voulez-vous le mesurer ? » – « Non, je ne veux pas le faire, cela déplairait à Dieu. » – « D’accord, mais moi, puis-je le mesurer ? » – « Certainement ! »

Elle sonda le puits, et vit qu’il y avait quatre-vingt-treize centimètres d’eau. La profondeur du puits resta à ce niveau pendant tout l’été et tout l’automne !

Je vais vous parler à présent de ce qui s’était passé pendant la nuit précédente. Je l’avais gardé pour la bonne bouche ! Satan avait tout fait pour m’attaquer et me tourmenter toute la nuit. Il m’avait réveillé pour me faire remarquer que la pluie n’était pas tombée. Je lui répondis : « D’accord, mais ce n’est pas la pluie que j’attends, c’est l’eau, qu’il pleuve ou non ! » Pendant que je m’habillais, il fit pleuvoir sa logique sur moi, à tel point que je faillis me noyer ! Je m’habillai et me mis à genoux. La prière est en général la meilleure arme dont je dispose. Mais il me semblait que je progressais très péniblement. Je me relevai d’un bon, et dis : « Monsieur le diable, je vous dis que j’ai mes soixante-dix centimètres d’eau dans le puits ! »

Mais cela ne sembla produire aucun effet sur lui. Je me dis : « Je vais voir ce que dit le calendrier ! » Je frottai une allumette, et lus le texte quotidien sur mon calendrier. Ecoutez bien ce qui était écrit : « Du pain lui sera donné, de l’eau lui sera assurée » (Esaïe 33 :16). Quelle joie ce fut pour moi ! Pensez un peu, après tous mes combats, Dieu avait exactement prévu le passage qu’il me fallait, pour moi spécialement ! Je peux vous dire que j’ai toujours eu un calendrier biblique par la suite ! Oh, Dieu répond !

Guérisons de la grippe espagnole

En 1920, nous avons connu plusieurs cas de grippe espagnole. Une famille dut faire venir deux docteurs pendant toute une nuit. Comme leur état empirait rapidement, je fus appelé. Je vins leur faire une onction d’huile. Ils montrèrent bientôt des signes de retour à la vie. Je m’accrochai donc. La femme ouvrit les yeux, sourit, et dit : « Je suis guérie ! » Quelques heures plus tard, elle était sortie de son lit et reprenait rapidement des forces. Le lendemain matin, elle prépara le petit déjeuner pour toute la famille, et il n’y eut plus jamais de grippe dans ce foyer.

Je fus invité à visiter une sœur dont l’état était très grave. Son mari venait de passer une longue période alité, elle avait dû s’occuper de lui, et elle était épuisée. Le mari était encore très faible. Ils avaient cinq enfants, dont deux étaient aussi alités, frappés par la même maladie. Je sentis d’épaisses ténèbres, très épaisses ! Je m’assis un moment en me demandant ce que je pouvais faire, et je fus presque convaincu que je devais partir. Quelle oppression ! Je ne voyais aucun signe d’encouragement, rien de positif. La sœur n’était pas consciente. Elle n’avait jamais vécu très près du Seigneur. Elle avait beaucoup de combats chez elle, avec ses filles et son mari qui n’étaient pas sauvés.

Je dis à Dieu : « Oh, mon Dieu, que peut-on faire ? » Je ne sentis venir aucune réponse, aucune lumière. Mais j’étais là ! C’était l’une des filles qui m’avait demandé de venir. Il y avait pourtant une possibilité, et je ne devais pas l’ignorer. Cela faisait longtemps que je n’avais pas connu d’oppression aussi forte ! Mais je fus maintenu là par la puissance de Dieu. La sœur était étendue, ne donnant aucun signe de vie. Un médicament dégageait de la fumée, qui avait un effet anesthésiant sur moi.

Mais je repris mes esprits, et dis : « Dieu est capable ! » L’homme entendit ma phrase. Il sortit de son état d’hébétude, et m’approuva de la tête. Bien entendu, Satan était présent. Il m’avertit de ne pas rester dans cette atmosphère. Plusieurs cas de cette grippe s’étaient déclarés au cours des quatre dernières semaines, et les pièces n’avaient pas été désinfectées. Bien entendu, c’était très logique, et plutôt dur à entendre. J’avais de telles difficultés à respirer que j’en perdais presque le souffle.

Mais pouvais-je abandonner l’une de mes sœurs, dont son foyer avait besoin, et qui semblait à l’évidence être aux portes de la mort ? Pouvais-je l’abandonner ? Mon départ aurait-il glorifié le Seigneur ? Je fus alors assailli par de nouveaux arguments logiques : « Tu ne peux pas te permettre de rester longtemps dans cette atmosphère chargée de microbes de grippe. Tu n’as pas dormi toute la nuit dernière. Si tu veux prier jusqu’au bout, tu vas perdre toutes tes forces, et tu n’y arriveras pas ! Tu aurais mieux fait de ne pas venir du tout ! Rappelle-toi que c’est cette jeune fille inconvertie qui t’a appelé. Elle n’était poussée que par son désir humain de voir sa maman guérir ! Ce n’est pas Dieu qui t’a envoyé ici ! »

Je peux vous dire que tous ces arguments étaient convaincants, et j’avais vraiment du mal à respirer. Mais j’ai comparé l’utilité de cette sœur à la mienne : « Je n’ai pas grande importance. Mais cette femme a trois enfants en bas âge, et deux jeunes filles, qui ont tous besoin d’elle ! » Je fis un tour sous le porche pour inspirer un peu d’air frais, et leur demandai à boire. Mais il fallut que j’aille me servir moi-même, car il n’y avait plus personne en état de le faire !

Je tombai à genoux. Je n’avais jamais connu une telle sensation d’étouffement. Je pouvais à peine parler, mais je m’accrochai, et criai à Dieu de toutes la force, sinon de ma voix, du moins de mon cœur. Je dis : « Oh, Seigneur, Tu vas m’entendre, Tu vas m’entendre ! » Je réussis à prononcer ces mots d’une manière audible, ce qui m’encouragea. J’entrepris donc d’escalader cette pente, m’accrochant ici et là à une racine. Je finis par apercevoir le sommet. Cela me donna du courage, et je peux vous dire que je me mis à grimper à quatre pattes à toute allure !

A mesure que mes prises se faisaient plus fermes, je vis que je progressais et que je grimpais plus facilement. Je commençais à respirer plus librement. Bientôt, je vis que j’approchais du sommet. Je voyais des rayons de lumière venir du sommet de la colline. Je fus persuadé que j’allais bientôt me trouver au sommet. Ceci m’encouragea à redoubler d’efforts.

Peu après, la sœur rejeta ses couvertures et bondit hors de son lit en criant : « Je suis guérie ! » C’était évident qu’elle l’était ! Voyez-vous, cela paye de se lancer ! Je dois dire qu’il m’avait été dur d’apprendre qu’elle avait invité plusieurs autres chrétiens à venir me rejoindre chez elle. Mais ils ne vinrent pas, ce qui donna à Satan une bonne occasion de faire souffler un vent glacial sur moi. Il imagine toujours toutes sortes de manœuvres ! Il me dit : « Tu vois, ces chrétiens ont été plus sages que toi ! Ils connaissent le danger ! Ils ont bien fait de ne pas venir ! »

Il y eut encore autre chose. J’avais demandé à la fille si sa mère avait déjà reçu une onction d’huile. Elle me répondit oui. Je m’étais senti poussé à lui faire une onction d’huile, mais comme elle en avait déjà reçu une, je voulais éviter tout ce qui semblerait me mettre en avant. J’eus donc un combat sur ce point. Je ne reçus la lumière nécessaire que lorsque je mis de côté tous mes raisonnements. Je fermai les yeux, me calmai, et fermai les rideaux. Je reçus alors la force d’affronter ces Goliath. Alléluia !

Je lui fis une onction d’huile, comme Dieu me l’avait d’abord demandé. Il est vrai que nous devons souvent accepter de faire des choses ridicules. Nous devons apprendre à obéir à Dieu, que les circonstances soient favorables ou non.

En quittant cette maison, je me rendis dans la maison d’une autre femme, qui était également clouée au lit par la grippe. Je l’oignis. Quarante minutes plus tard, elle se leva, complètement guérie ! Le lendemain soir, elle fit à pied trois-quarts de mile pour se rendre à notre réunion de rue, et donna un vibrant témoignage de la puissance de guérison du Seigneur. Son témoignage fut une grande bénédiction pendant cette réunion, comme le fut sa vie par la suite.

Guéri des conséquences d’une chute

Il y avait beaucoup de glace et de verglas. En descendant une rampe qui menait chez un voisin, je glissai et tombai lourdement. Mon côté heurta la racine d’un arbre, et je m’évanouis pendant un certain temps. Quand je repris mes esprits, je me rendis compte que j’étais blessé. Mon côté me faisait mal, et j’eus quelque peine à me remettre debout. Je finis par y parvenir, et je continuai à vaquer à mes occupations tout au long de cette journée. Vers midi, j’avais très mal. La douleur continua d’augmenter pendant l’après-midi, au point que tout mouvement me provoquait de vives douleurs.

Le soir, je présentai le problème à Jésus, et allai me coucher. Mais tout mouvement me rappelait aussitôt ma chute. Il m’était impossible de me tourner dans mon lit. Cependant, après chaque mouvement, j’obtenais la victoire. Je finissais par m’endormir, pour être réveillé au mouvement suivant. Les douleurs augmentaient constamment. Il me fallait donc de plus en plus de temps pour avoir la victoire. A quatre heures du matin, j’eus envie de me tourner, mais je ne pus le faire. Je me dis : « Bon ! Il est temps que je fasse quelque chose ! »

Je commençai à prier à haute voix. Mais cela poussa mes douleurs à leur paroxysme. Je dus prier en silence pendant un moment. Je ne sentais pourtant aucun soulagement. Je dis : « Avec l’aide de Dieu, je vais prier ! Au nom de Jésus, je vais prier ! » Je recommençai à prier à haute voix, et je ne sentis aucune douleur. Peu après, je m’arrêtai de prier pour commencer à louer Dieu. A cinq heures, je bondis hors du lit, complètement guéri !

Est-ce que cela ne vaut pas mieux que de souffrir longtemps et de payer beaucoup d’argent, qui pourrait être utilisé ailleurs ? Il vaut tellement mieux honorer Dieu ! J’ai entendu une fois un prédicateur de la sanctification dire qu’il a d’abord essayé Jésus, puis qu’il s’est tourné vers un docteur, en voyant que cela ne marchait pas avec Jésus ! Je lui dis : « Je crois que vous êtes privilégié de pouvoir toujours consulter un docteur ! »

Je suis tellement heureux de ne pas me trouver dans cette situation ! En trente-trois ans, je ne connais aucun cas que Jésus n’ait pas été capable de guérir ! Je ne spécule pas, je m’attends à Lui ! C’est pour cela que je reçois ! Gloire à Jésus !

Le miracle de la pluie

J’aimerais à présent raconter quelque chose d’intéressant. Cela s’est passé le 27 avril 1920. Je devais partir à Kingswood, dans le Kentucky. Je mentionne ceci simplement pour vous montrer que Dieu veille sur nous. Quand je me réveillai, à Ashland, il pleuvait. Je devais prendre le premier train. Je dis : « Père, j’ai deux valises à porter à la gare ! Je T’en prie, retarde le train jusqu’à ce que j’arrive ! »

Quand je fus prêt à partir, il pleuvait toujours. Bien entendu, Satan était là pour me rappeler que j’avais prié pour que la pluie s’arrête pendant que j’irais à la gare. Je lui dis : « Mais je ne suis pas encore sorti ! » Je pris mes affaires, et descendis pour dire au-revoir à ceux qui étaient là. On me dit : « Oh, Frère Bevington, il pleut trop fort pour que vous sortiez maintenant ! » Je répondis : « Cela va s’arrêter ! » La pluie s’arrêta au moment précis où je sortis. Gloire à Dieu ! La pluie recommença quand je fus dans le train.

J’avais deux changements à faire. Je priai pour qu’il ne pleuve pas pendant les changements de trains, et Dieu m’exauça. Il faisait très froid, et la pluie tomba entre Louisville et Ironton. Je devais changer de train à cet endroit, et aller chercher une valise en consigne. La pluie ne tomba pas. Il fallait encore que je prenne un autre train jusqu’à Harned, mon terminus. Je devais enfin faire cinq miles en voiture à cheval jusqu’à ma destination finale.

Dès mon départ d’Ironton, il commença à pleuvoir. Satan me dit : « Tu es parti pour un long voyage bien humide sous cette pluie ! » Je continuai à affirmer que la pluie ne me toucherait pas. Elle ne s’arrêta que vingt minutes avant d’arriver à Harned. Il faisait déjà nuit, et c’était mon premier voyage à Kingswood. Quand je descendis du train, je dis : « Oh, gloire à Dieu, il ne pleut pas ! » Nous fîmes une belle promenade au clair de lune jusque chez nos chers Frère et Sœur Shelton, que j’avais rencontrés à Rockdale !

Puisque je vous ai donné déjà plusieurs témoignages de guérisons de corps humains, je voudrais vous parler d’un cas de guérison de bétail, car Dieu S’intéresse aux plus petits détails de notre vie.

Guérison d’une jument

Je me trouvais à Chillicothe, dans l’Ohio, pour des réunions. C’était le printemps. Le frère chez qui je logeais entra, et dit à sa femme : « Je ne sais que faire ! Bolly (la jument) boîte tellement qu’elle n’a pas pu sortir de l’écurie. Comment pourrait-elle tirer une cargaison jusqu’à Chillicothe ? » – « Va donc emprunter la jument de ton frère ! » Il y alla, mais revint sans la jument. Sa femme lui dit : « Va voir mon frère ! » Il y alla, mais revint encore bredouille. Il discuta avec sa femme de ce qu’ils pouvaient faire, car des gens attendaient sa cargaison en ville. Je lui dis : « Qu’est-ce qu’elle a, votre jument ? » – « Venez la voir ! »

La jambe de la jument était enflée au double de sa taille normale. L’animal ne pouvait pas la soulever. Elle n’avait rien mangé depuis la veille. Je revins avec mon frère dans sa maison, et je leur dis : « Croyez-vous que Jésus guérit ? » La sœur répondit : « Bien sûr, je sais qu’Il guérit les hommes. Quand vous êtes venu, l’automne dernier, vous avez prié pour notre fille, et Jésus l’a guérie. Mais, Frère Bevington, avez-vous déjà entendu dire qu’Il guérit des animaux ? » – « Vous ne répondez pas à ma question ! Vous reconnaissez qu’Il a guéri votre fille l’automne dernier ? » – « Mais oui, certainement ! Nous en avons témoigné tous les trois dans notre église. Presque tout le monde sait que Jésus l’a guérie, mais… » – « Ecoutez, je ne veux pas entendre de « mais » dans la situation où nous sommes. Jésus n’en a que faire ! » – « Que faut-il que je dise ? » – « Si vous ne pouvez dire que des « mais, » il vaut mieux ne rien dire ! »

Elle se mit à rire de bon cœur, et me dit : « Vous semblez croire que Jésus va guérir Bolly ? » – « Pourquoi ne le ferait-Il pas ? » – « Oh, Frère Bevington, j’aimerais bien qu’Il la guérisse ! Non seulement parce que nous pourrions l’utiliser, mais cela secouerait tout le voisinage ! Ce serait un merveilleux témoignage pour nos réunions ! » – « Qu’allons-nous donc faire ? » – « Comment ? » – « Oui, qu’allons-nous donc faire ? Cela dépend de vous ! »

Son mari avait écouté notre conversation en silence. Tout cela était entièrement nouveau pour lui. Je lui dis : « Est-ce que Jésus peut guérir Bolly ? » Ce fut le silence complet pendant environ vingt minutes. Leur fille était entrée et avait écouté notre conversation. Elle finit par dire : « Ecoutez, Jésus m’a guérie, et Bolly a plus d’importance que moi en ce moment ! Alors pourquoi ne la guérirait-Il pas ? »

Je les laissai discuter et réfléchir pendant près d’une heure. Puis je finis par leur dire : « Mes amis, vous n’arriverez à rien. Dites-moi donc si Jésus peut guérir aujourd’hui, oui ou non ! » Ils restèrent encore silencieux pendant dix minutes. Puis la mère me dit : « Frère Bevington, si vous le croyez, je le crois aussi. » Je lui répondis : « Le dites-vous sérieusement ? » – « Oui ! » – « Bien, venez. » Puis je dis au mari : « Vous, mon frère, si vous ne croyez pas, restez ici dans la maison ! »

Il commença à pleurer et nous restâmes immobiles pendant un moment. Puis il dit : « Je ne resterai pas ici. Je veux croire ! » Nous allâmes tous les trois à l’écurie. Je leur dis : « Faites-la sortir ! » – « Frère Bevington, ce n’est pas possible ! Elle ne peut pas soulever sa jambe pour franchir le seuil ! » Nous entrâmes donc. Je leur dis : « Je vais lui imposer la main sur sa jambe. Faites comme moi, et placez vos mains sous la mienne ! » Quand ils l’eurent fait, j’ajoutai : « Pendant que nous prierons, nous ferons descendre nos mains le long de la jambe, comme le Seigneur conduira. »

Peu après, je sentis que nous devions abaisser un peu nos mains, de quelques centimètres. Nous continuâmes à procéder de la sorte pendant quarante à cinquante minutes. A mesure que nos mains descendaient, l’enflure disparaissait. Quand nos mains furent au niveau du sabot, l’enflure était complètement partie !

L’homme se mit à pleurer comme un enfant. Il n’avait jamais rien vu de semblable. Il fit sortir la jument, l’attela, et put porter sa cargaison en ville. Elle ne boita absolument pas, ni à l’aller, ni au retour !

J’ai oublié de dire qu’au moment où nous atteignîmes le sabot, la jument se mit à hennir. C’est alors que nous ouvrîmes les yeux, pour nous rendre compte que l’enflure avait disparu. L’homme dit : « Elle a faim ! » Il lui donna treize épis de maïs, qu’elle eut vite fait d’engloutir. Il la regardait en pleurant silencieusement, pendant que nous nous réjouissions, sa femme et moi.

Comme elle l’avait dit, ce témoignage produisit un effet extraordinaire sur nos réunions. En effet, la jument avait boité tout l’hiver, et beaucoup de gens avaient entendu parler de sa jambe enflée. De nombreuses personnes vinrent aux réunions pour la première fois, et un bon nombre d’entre elles furent sauvées. Vous voyez, nous avons tous besoin de foi. Tout ce qu’il faut à la foi, c’est un stimulant !

Miracle dans un champ de maïs

A présent que j’ai donné ce témoignage concernant un animal, j’aimerais en raconter un autre, qui concerne le domaine agricole.

Quand ces réunions furent terminées, je me rendis à soixante miles de là, pour d’autres réunions. Il y avait beaucoup de monde. Tout se passait dans l’ordre. Mais cela ne suffit pas pour satisfaire le Seigneur. Je priai, jeûnai, pleurai, et prêchai de mon mieux. Mais il n’y avait pas vraiment de percée. Je prêchai six soirs avant de faire un appel à la conversion. Le septième soir était un dimanche.

Je me rendis dans ma chambre, me jetai en travers du lit, et criai à Dieu de toutes mes forces. Quand je regardai ma montre, il était trois heures trente du matin. J’obtins quelques encouragements, mais sentis que je ne pouvais pas encore arrêter les réunions. Je sortis et dis : « Dites à tout le monde qu’il y aura encore une réunion ce soir ! » Puis je retournai prier dans ma chambre.

Peu après, un homme vint, et appela en criant. Le maître de la maison sortit. Celui qui l’appelait était le frère de sa femme. Ce dernier lui dit : « Jim, si j’étais toi, je labourerais ton champ de maïs et j’y sèmerais du sarrasin, parce que les vers sont en train de le nettoyer ! » – « C’est vrai, je reconnais que tu as raison. Je suis allé l’inspecter dimanche, et j’ai vu que tout était en train d’être mangé ! » Puis l’homme partit.

Pendant qu’ils prenaient leur petit déjeuner (je jeûnais ce matin-là), le frère de cet homme vint à son tour, et dit : « Hé, Jim ! » Jim sortit. Son frère lui dit : « Jim, si j’étais toi, je labourerais ton champ de maïs pour y semer du sarrasin ! » – « Will vient de passer. Il m’a dit la même chose ! » – « Il aurait fallu que tu le fasses pendant l’hiver ! Cela aurait tué tous les vers ! » – « Oui, je sais. Mais, pendant tout l’hiver, l’un ou l’autre de mes chevaux était trop handicapé pour pouvoir le faire. Je n’ai donc pas pu labourer. Et je n’ai pas les moyens de louer un attelage. Je crois que j’ai fait de mon mieux ! » Son frère partit. J’avais entendu toute la conversation.

Cet homme et sa femme étaient tous deux sauvés. Je sortis, et je leur dis : « Frère et sœur, je pense que vous avez fait de votre mieux pour essayer de labourer ce champ pendant l’hiver, mais vous en avez été empêchés par les circonstances. » Ils furent d’accord avec moi. Je leur parlai alors de Bolly, et de la petite fille qui avait été guérie. Ils commencèrent à se regarder. Ils n’avaient jamais entendu de témoignage de guérison, encore moins de guérison d’une jument, ni entendu dire que des vers pouvaient être détruits par la foi !

Je leur lis alors des passages des Ecritures sur la guérison et sur la bonté de Dieu. Je leur dis : « Je suis certain que Dieu, dans Sa bonté, S’intéresse, non seulement à notre corps, mais à tous les aspects de la vie de Ses enfants. Je crois que Jésus peut tuer ces vers ! » – « Frère Bevington, avez-vous déjà entendu parler de quelque chose de semblable ? » – « Non, je ne le pense pas. Mais vous êtes tous les deux Ses enfants. Vous venez de vous installer ici, vous êtes mariés depuis moins d’un an, et vous n’avez pas les moyens. Je crois que vous avez fait de votre mieux. Pouvez-vous vous joindre à moi, pour attaquer ces vers par la foi ? »

J’ai oublié de dire qu’il avait commencé à labourer environ un demi hectare en janvier, mais qu’il était tombé malade et avait dû arrêter. Je leur dis : « Voulez-vous confier votre champ à Dieu et Lui laisser le soin de tuer cette vermine, avant de le replanter ? »

C’était entièrement nouveau pour eux. Je ne reçus donc pas de réponse très rapide. J’attendis jusqu’au lendemain matin, puis leur refis ma proposition. Je leur dis : « Vous n’êtes pas obligés de perdre toutes ces semences et tout le fruit de votre travail ! » Les semences étaient parties, mais le fruit de leur travail n’était pas perdu.

Je pris ma Bible et lus dans Amos et ailleurs des passages où il était montré que Dieu avait protégé des récoltes. Vers dix heures, je vis que la foi entrait dans leur cœur. Le lendemain matin, je présentai à nouveau ce problème au Seigneur dans la prière, Lui rappelant certaines choses qu’Il avait faites, et insistant sur le fait qu’Il était toujours capable de les faire aujourd’hui.

Après avoir prié, je descendis et mis la pression sur eux, car je voyais qu’ils le méritaient. Mais ils étaient ignorants et ne savaient pas que Dieu pouvait intervenir de la sorte. La jeune femme me dit : « Je sais que Dieu peut faire cela, mais… » – « Stop ! Pas de « mais » ici ! » Elle se mit à rire.

Une heure et demie plus tard, nous étions en chemin pour leur parcelle de trois hectares qui était envahie par les vers. Nous étions très calmes. Personne ne dit mot pendant tout le trajet. Quand nous fûmes arrivés au champ, je leur dis : « Qu’allons-nous faire à présent ? » L’homme regarda sa femme. Elle baissa la tête. Le maïs avait une dizaine de centimètres de haut. Le frère me dit : « Frère Bevington, pensez-vous que Dieu peut tuer ces vers, ou même qu’Il le veut ? » – « Dites-moi, je vous en prie, pourquoi Il ne le voudrait pas ! »

Ma remarque le confondit. Sa femme dit : « Frère Bevington, avant votre venue, nous n’avions jamais entendu dire que Dieu faisait de telles choses ! C’est sûr qu’Il le peut ! » Son mari ajouta : « Qu’en dites-vous, Frère Bevington ? » – « Dieu peut le faire, et Il le fera, si nous pouvons croire tous les trois que tout est possible ! » L’homme dit : « Etes-vous certain qu’Il veut le faire ? » – « Oui, j’en suis certain ! » – « Dans ce cas, que faire ? Nous vous suivrons ! » – « Bien, suivez-moi ! »

Nous allâmes nous placer au centre de la parcelle. Je leur dis : « Sommes-nous bien d’accord qu’Il veut le faire ? » Il inclina sa tête. Je priai pour que nous soyons unis et sentis que nous étions tous trois d’accord dans le cœur. Je présentai alors ma requête. A mesure que j’avançais dans ma prière, je sentais s’installer une paix parfaite. On n’entendait aucun bruit. Je parlais à voix basse, comme dans un murmure, mais je sentais la puissance et la présence de Jésus.

Peu après, la sœur commença à dire doucement, à voix basse : « Oh, gloire à Dieu, gloire à Dieu ! » Et son mari ajouta : « Amen, amen ! » Ils continuèrent pendant un moment. Je priai sans m’arrêter, demandant que tous les vers soient tués. Puis je me relevai. Elle fit un pas de côté, ramassa une poignée de terre, et dit : « Oh, Frère Bevington, regardez ! Il y a dix vers, tous morts ! »

Nous nous mîmes à pleurer tous les trois, sans mot dire. Puis l’homme commença à rire, et dit : « Certainement, c’est un prodige ! » Il se baissa et ramassa une poignée de terre. Il compta sept vers morts. Il dit : « Tout est bien comme vous l’avez demandé dans votre prière ! »

Nous retournâmes dans la maison en louant le Seigneur. Vingt minutes plus tard, le frère de la femme revint de ses courses, et dit : « Laboure ton champ, puisque ta récolte est perdue. J’y suis passé tout-à-l’heure. J’ai ramassé une poignée de terre et j’y ai compté huit vers ! »

J’attendis que quelqu’un parle. Comme tous deux étaient silencieux, je dis : « Oui, mais tous ces vers étaient morts ! » Il me regarda comme si je lui faisais pitié. C’était un chrétien habitué à ses réunions de maison, qui ne croyait pas beaucoup à tout ce qui ne sortait pas de sa réunion de maison. Je lui dis : « Je suis prêt à vous donner un penny pour chaque ver vivant que vous trouverez dans cette parcelle de maïs ! » – « D’accord ! Ce sera de l’argent facilement gagné ! Préparez votre portefeuille ! » Il prit une mesure à grains et sortit.

Sa sœur monta au premier étage pour pouvoir l’observer. Il parcourut tout le champ, et rentra chez lui en passant par les bois. Il ne revint jamais me réclamer ce que j’avais dans mon portefeuille ! Mon hôte mit à tremper un peu de maïs, replanta son champ, et obtint une belle récolte.

Ce fut la première, et la dernière fois, que je m’aventurai dans ce domaine. Je n’ai plus jamais été conduit à faire ce genre de prière. Mais cela nous montre simplement que Dieu est pour nous, comme le montre Sa Parole, dans le livre d’Amos, et comme le prouve notre témoignage. Le Seigneur accorde une bonne récolte à l’un et détruit la récolte d’un autre.

L’année suivante, nous revîmes ce couple au camp de Cincinnati. Le frère raconta son témoignage à tous au cours d’une réunion en plein air. Dieu en fut glorifié, et cela motiva beaucoup de gens à aller plus loin avec le Seigneur. Louons Dieu pour l’intérêt qu’Il nous porte, nous qui sommes ses enfants !

Hier, en me plaçant calmement devant Dieu, je me souvins de nombreux cas de guérisons et de nombreux exaucements qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Mais je crois en avoir rapporté suffisamment pour convaincre quiconque de s’intéresser davantage aux promesses de guérison contenues dans la Bible. Toutefois, ne pensez pas que Bevington ne priait que pour des guérisons. J’ai reçu des lettres me demandant de prier pour des rétrogrades, pour ceux qui n’étaient pas sanctifiés, pour des inconvertis, et pour ceux qui étaient bloqués dans leur progression spirituelle.

Tous n’ont pas toujours été exaucés

Tous ceux pour lesquels j’ai prié n’ont pas toujours été exaucés. Tous ceux qui m’ont demandé de prier pour leur guérison n’ont pas toujours été guéris. Dieu me montre en général s’Il veut guérir la personne ou non. Il me faut souvent plusieurs jours pour connaître Sa volonté.

Je me rappelle aussi plusieurs cas de guérisons où les gens n’ont pas rendu témoignage de leur guérison. Dieu a permis que leur maladie revienne. En voici un exemple. A Chillicothe, une jeune fille de la haute société avait une maladie des poumons. On me demanda de prendre contact avec elle, ce que je fis. Elle promit, si Dieu la guérissait, de Lui donner son cœur et de Le servir entièrement. Je priai pour elle, et Dieu la releva. Elle n’assista pas aux réunions. Mais elle m’écrivit après mon départ, me disant qu’elle avait été exaucée et qu’elle allait servir Dieu.

Environ neuf mois plus tard, je revins dans cette ville, pour une autre série de réunions. Je demandai des nouvelles de cette jeune fille. On me dit qu’elle était retournée dans le monde, et qu’elle se moquait du salut. Neuf mois plus tard, elle m’écrivit pour me demander de prier à nouveau pour elle. Dans ma réponse, je lui dis qu’elle avait menti à Dieu, et que je ne pourrais rien faire pour elle tant qu’elle ne se mettrait pas en règle avec Lui. On m’a dit qu’elle était morte en blasphémant et en maudissant Dieu. Oh, on ne peut pas se moquer de Dieu ! Cette jeune fille donnait des leçons de danse. Elle était la belle de sa ville.

Il en est ainsi pour tous ceux qui ne veulent pas tenir les promesses qu’ils ont faites à Dieu. En outre, elle n’avait jamais rendu témoignage de sa guérison. J’insiste beaucoup sur l’importance de rendre témoignage, et de le faire souvent. Ne cessez pas de rendre témoignage. Cela vous bénit, et bénit les autres ! Car le Seigneur voit toujours quelqu’un à qui Il veut faire connaître de telles nouvelles ! Pouvez-vous le faire ? Voulez-vous le faire ? Rendez témoignage haut et fort, jusqu’à ce que cela vous enlève toutes vos béquilles, et vous propulse dans les sphères célestes ! Amen, alléluia !

Je suis toujours sauvé, toujours sanctifié, et toujours guéri ! Gloire à Dieu ! J’ai presque soixante-quatorze ans et, ce matin, je suis plus que jamais rempli d’amour pour Jésus ! Mes capacités sont plus grandes qu’auparavant ! Nous devrions toujours crier à Dieu pour qu’Il élargisse nos capacités, et qu’Il augmente la contenance de nos vases !

Nombreuses guérisons

Parlons à présent de certains témoignages qui se sont passés à Kingswood, dans le Kentucky. J’ai été témoin de plus de quatre-vingt cas de guérison au cours des deux hivers que j’ai passés dans cette ville. Je ne peux tous les mentionner, mais je pense en particulier à l’un d’eux, car il trouve une place privilégiée dans ce livre.

Une jeune femme était malade depuis des semaines. Elle avait de la fièvre, et son état s’aggravait en permanence. Elle refusait de prendre des remèdes. Toutefois, un docteur prévenant la suivait de près et lui rendait toujours de grands services quand il était appelé. Mais ce docteur préférait que les gens appellent Jésus. Il était ravi quand il voyait quelqu’un guérir sans prendre de médicaments, car il avait été lui-même guéri par Jésus.

L’état de cette jeune femme continua à empirer. La Sœur Thomas vint donc me voir et me dit qu’elle voulait que je vienne l’oindre d’huile et prier pour sa guérison. J’acceptai de le faire et je priai pendant un moment. J’obtins quelques encouragements. Mais quelqu’un vint appeler la Sœur Thomas. Comme j’étais seul avec la jeune femme, je retournai dans ma chambre. Le lendemain matin, la Sœur Thomas vint me dire : « Elle sombre rapidement. Il faut faire quelque chose tout de suite ! Que pensez-vous de cette situation ? Plusieurs personnes nous reprochent de ne pas faire appel à un médecin. » Je lui répondis : « Je crois que si vous pouvez rester avec nous, Dieu va la guérir. »

Elle fit venir une jeune fille pour la remplacer, et je me mis à prier avec cette dernière. Nous étions de part et d’autre du lit. J’intercédai, mais la malade continuait à sombrer. Ceux qui s’occupaient d’elle vinrent, et nous reprochèrent de ne pas avoir appelé de médecin.

On alla rechercher la Sœur Thomas. Je retournai dans ma chambre, me laissai tomber sur mon lit, et passai quatre heures à prier pour la malade. Puis je la vis s’asseoir et manger.

Le lendemain, la Sœur Thomas vint me dire : « Je crois que je peux rester maintenant. » – « Pourquoi ? Ne va-t-elle pas mieux ? » – « Non, son état a empiré ! » – « Mais hier, pendant que je priais pour elle, je l’ai vue s’asseoir sur son lit ! » – « C’est vrai, elle s’est assise sur son lit hier après-midi, et elle a mangé avec appétit. Mais elle a rechuté. On parle de nous arrêter parce que nous n’avons pas appelé un docteur. Je leur ai dit que si la petite avait voulu voir un docteur, on serait allé lui en chercher un. Mais elle a toujours insisté pour laisser Jésus la guérir ! »

Je revins la voir, et vis qu’elle n’allait pas mieux. En entrant dans la chambre, si je m’étais laissé influencer par ce que je vis, je serais certainement reparti ! Mais je refusai de considérer son état apparent. Elle reposait, apparemment sans vie, semblant n’être consciente de personne. Je repris ma position habituelle, et y restai pendant vingt-quatre heures.

Je sentis un lourd fardeau, qui sembla m’écraser au point de me faire mourir. J’avais l’impression que je me vidais de mes forces. Je compris que tout cela venait de Satan. Je me relevai d’un bond et commençai à combattre les puissances des ténèbres. Je peux vous dire que le combat fut intense ! Je sentais que la Sœur Thomas faisait de son mieux de son côté.

Nous combattîmes les puissances de l’enfer pendant environ cinquante minutes, jusqu’à ce que l’oppression parte, et que les nuages commencent à se dissiper. Je me mis à louer Dieu pour la victoire. J’entendis réellement des claquements, comme des cordes qui se brisent ou des bandes qui se déchirent. Cela m’encouragea, et je dis : « Sœur Thomas, elle est guérie ! »

A ces mots, la jeune femme leva la main et dit : « Ca y est ! » Puis elle éclata de rire. La Sœur Thomas s’était déjà relevée, riant et louant Dieu. Je me glissai au-dehors et revins dans ma chambre pour me coucher. Avant de m’endormir, je dis : « Seigneur, maintenant qu’elle est guérie, fais-la venir demain matin dans la salle à manger, pour rendre témoignage ! »

Il était près de trois heures du matin. Je priai un moment pour qu’elle vienne donner un vibrant témoignage de sa guérison. Je reçus immédiatement quelques suggestions me disant qu’il était peu probable qu’elle le fasse, car elle était encore trop faible pour se lever et aller jusqu’à la salle à manger. Mais je repoussai ces pensées, et tins bon jusqu’à ce que je m’endorme.

Comme j’avais beaucoup de sommeil en retard, je dormis bien et fus réveillé par plusieurs enfants qui grimpaient l’escalier en courant, et en criant : « Frère Bevington, vite, levez-vous ! Elle est dans la salle à manger, en train de courir et de crier ! » Elle n’eut plus jamais de fièvre ni de problèmes aux poumons. Gloire à Dieu !

Il y a sans doute à Kingswood trente ou quarante personnes qui pourraient être des monuments à la gloire de Dieu, et témoigner de la puissance de guérison du Seigneur. Même la guérison d’un mal de tête ou de dents devrait être claironnée d’un bout à l’autre de la terre !

La Sœur Yarborough me raconta que Dieu la guérit à trois reprises, en réponse à mes prières. La Sœur Stikeleather et ses enfants pourraient aussi témoigner de leur guérison. La Sœur Brown a été guérie de crises nerveuses. Bien d’autres encore ont reçu des guérisons, mais je ne prendrai pas le temps de les raconter ici. Dieu ne fait pas de publicité dans les journaux quand Il guérit, mais Il en laisse le témoignage chez tous ceux qui Lui permettent de le faire ! C’est nous qui devons aller à Lui, car ce n’est pas Lui qui frappe à toutes les portes pour qu’on Le laisse travailler !

Le dimanche 21 Avril 1921, le Frère Medler vint me dire que sa femme était à l’église, souffrant terriblement. Elle voulait qu’on prie pour elle. Il me dit qu’elle était malade depuis des années. Je m’y rendis pour prier pour elle, et proclamai la victoire. Je n’entendis plus parler d’elle jusqu’au mercredi suivant. Ce jour-là, elle vint me donner deux dollars, et me dit qu’elle avait été merveilleusement délivrée. Le Frère Medler est notre épicier sanctifié. Sa femme et lui sont de très chers amis, et cela me fait beaucoup de bien de conduire ces précieux saints à Jésus pour qu’Il les délivre de leurs maladies !

Le 27 Mai, le Frère Shelton dut s’aliter pour cause de dépression nerveuse. Le samedi suivant, son état sembla empirer. On vint me prévenir. Je priai pour lui. Comme d’habitude, le médecin s’opposa plus ou moins à moi. Il est très difficile pour moi de contourner ces docteurs. Certains sont si gros qu’il m’est impossible de les contourner !

Le lendemain matin, dimanche, je priais, comme d’habitude. Vers six heures, le Frère Bond vint me dire : « Il va encore plus mal ! » Il était resté assis à côté du Frère Shelton toute la nuit, et me dit que ce dernier avait terriblement souffert du dos et de la tête, qu’il était très agité, et qu’il perdait la raison la plupart du temps.

Vers huit heures, le Frère Smith nous téléphona pour nous dire : « Il est en train de sombrer rapidement. Il perd complètement la tête ! Il s’agite et n’a plus aucune force ! »

Je me jetai face contre terre et intercédai de mon mieux. J’eus une vision de lui. Je le vis allongé sur une planche. Près de lui, sa femme et ses enfants avaient perdu tout espoir. Bien entendu, je ne l’acceptai pas. Mais il me fut très difficile de contourner le médecin !

Vers neuf heures, je fus frappé par le sentiment de ma propre indignité. Je passai alors beaucoup de temps à me rappeler mes fautes, mes maladresses, mon ignorance, et les nombreuses occasions où j’avais ignoré Dieu, à cause de mon manque de foi. Je voyais le peu de choses que j’avais accomplies pour Lui. Mais Dieu me rappela Sa miséricorde infinie, Son amour et Sa patience, ainsi que Son indulgence. Il n’avait pas tenu compte de mes maladresses, de mon manque de foi, etc… Toutes ces choses avaient certainement dû affliger le grand cœur de Dieu. Mais Il avait continué à m’aimer et à me bénir, à prendre soin de moi et à me supporter.

Dans cette rétrospection, il me semblait que tout ce que je pouvais voir, c’était la grandeur de Dieu et le néant de Bevington. Puis je me rendis compte que je perdais le docteur de vue, et que je recevais une nouvelle vision de Jésus. Ma foi grandissait, de telle sorte qu’à dix heures trente je tapai dans le mille. Je proclamai la victoire pour le Frère Shelton. Comme je n’avais pas encore de nouvelles de lui, Satan vint aussitôt me rappeler son épouvantable condition. Mais je tins bon jusque vers trois heures de l’après-midi.

Quand je me rendis à la réunion des enfants, quelqu’un me dit : « Frère Bevington, êtes-vous au courant de l’amélioration remarquable de l’état du Frère Shelton ? » Je répondis : « Oui, j’étais là quand c’est arrivé ! » Je découvris que cette amélioration s’était produite au moment même où je priais pour lui. Il fut remis sur pieds le lundi suivant, et partit à la chasse. Oh, lançons-nous dans de plus grandes choses ! La foi regarde l’invisible, croit l’incroyable, et proclame possible l’impossible !

La mère de la Sœur Thomas, qui habitait à quelque distance de là, était aveugle, ou en train de le devenir. Elle dit à sa fille qu’elle voulait me rencontrer. J’allai la visiter pour prier pour elle. Après m’être attendu au Seigneur pendant environ onze heures, je vis cette femme en train de lire un journal. Je me relevai et dis à la Sœur Thomas à quelle heure sa mère avait recouvré la vue, et ce qu’elle avait fait après. Quelques jours plus tard, elle reçut une lettre de sa mère, lui disant à quelle heure elle avait recouvré la vue. Peu après, comme il y avait un journal auprès d’elle, elle se mit à le lire, exactement comme dans ma vision. Oh, gloire à Dieu !

En décembre, je rentrais du bois pour l’hiver. Je fis certainement du surmenage. Car je me levai le surlendemain avec une forte douleur dans le côté. La douleur continuait à augmenter et se rapprochait du cœur. Je pouvais à peine respirer. J’essayai de sortir de mon lit pour prendre ma Bible, mais je ne pus le faire. Je retombai sur mon oreiller presque sans forces. Après être resté un moment dans cette position, je dis : « Il ne faut pas que je reste là. Tu es le Dieu qui guérit ! Je ne vais pas retourner en Egypte pour y chercher de l’aide ! »

Je commençai à invoquer les promesses de Dieu, face à une apparente défaite. Je ne voulus pas considérer mon état, mais je combattis les puissances de l’enfer pendant une heure. Je me sentais pourtant très mal. Je soulevai ma tête au nom de Jésus, et cela ne me fit aucun mal. Voyant cela, je bondis hors du lit et saisis ma Bible. Je faillis chuter, car je sentais de violentes douleurs dans mon cœur. Mais j’empoignai une chaise, posai mes mains sur la Bible, et dis : « Seigneur, Tu l’as dit ! » Je répétai cette phrase par sept fois. La septième fois, au dernier mot, toute douleur me quitta, et je revins vers mon lit entièrement guéri. Alléluia !

Oh, n’est-ce pas bien mieux que de souffrir et de retourner en Egypte ? Oui, nous vivons à une époque qui exige de nous une colonne vertébrale solide, qui nous permette de tenir le choc contre l’ennemi de nos âmes et de nos corps. Le meilleur moyen que je connaisse pour raffermir notre colonne vertébrale, c’est de faire exactement ce que j’ai fait, c’est-à-dire lancer une offensive contre l’ennemi et s’accrocher à mes positions jusqu’à la victoire !

Je me rappelle un événement qui s’est passé au cours d’un camp de Cincinnati. J’attendais d’entrer dans la salle à manger. Il y avait beaucoup de monde devant la porte. Le Frère Williams, un prédicateur de la sanctification Méthodiste, s’approcha de moi et me dit : « Frère Bevington, je souffre d’une terrible migraine depuis ce matin. Priez pour moi, je vous en prie ! »

J’hésitai un moment, car il y avait beaucoup de monde autour de nous. Je fus poussé à lui imposer les mains sur la tête. Cela pouvait sembler présomptueux. Mais il me suppliait de prier pour lui, et je sentis que je devais le faire. Je lui imposai les mains, et restai un moment dans cette position, invoquant les promesses, et attendant une délivrance. Douze minutes plus tard, la migraine était complètement partie. Les promesses nous sont accordées selon notre foi, et non selon les circonstances ou les conditions ! Simplement selon notre foi !

Après avoir presque achevé de réécrire ce livre, je ressens un peu de tristesse. Je pense à tous ces chers amis de Kingswood qui m’ont si noblement soutenu pendant que j’y ai travaillé. Ils étaient tous très intéressés à ce que j’écrive ce volume. Le fait de l’avoir écrit me donne l’impression d’avoir passé plusieurs semaines chez de précieux amis, et d’être sur le point de les quitter !

Le Frère Ira Shelton m’a demandé si j’ai mentionné sa guérison de l’appendicite. Je lui ai répondu : « Je crois que non ! Je crois que j’ai oublié d’en parler ! » Alors il s’est assis et me l’a racontée en détail :

En novembre 1919, j’eus une attaque d’appendicite. J’étais si malade que notre médecin de famille nous dit que si je n’allais pas mieux avant le lendemain matin, je devais subir une opération. Mais mon état s’améliora, et je fus tranquille jusqu’au printemps 1920. Un jour que je travaillais à dégager un terrain, je commençai à ressentir de vives douleurs. Comme j’étais très occupé, je continuai à travailler, croyant que cela passerait.

Le soir, le Pasteur H.P. Thomas envoya chercher le Frère Bevington, qui logeait chez nous à ce moment-là, ainsi que ma femme et moi. Nous devions prier à propos de certains problèmes concernant l’école. Pendant la prière, mes douleurs devinrent intenses. Je me demandai ce que me coûterait une opération, et combien de temps elle m’empêcherait de travailler. Je me sentais tellement mal que je ne pus rester à genoux. Je fis connaître mon état. Le Frère Bevington dit : « Jésus ne peut-Il pas vous guérir ? » Le Frère Thomas dit : « Si ! »

Ils me firent une onction d’huile. Au moment où les Frères Bevington et Thomas posèrent les mains sur moi, les douleurs cessèrent complètement, et ne revinrent plus jamais. Comme le Frère Bevington a raconté des témoignages de guérison, je dirai que cela paye de prendre Jésus comme Celui qui nous guérit ! »

Pour la gloire de Dieu, je veux aussi raconter la guérison du bébé de la Sœur Yarborough. Elle me demanda de venir prier pour son bébé. Je me rendis chez elle pour prier. Mais, le lendemain, le 5 juin 1921, elle vint me dire que l’état du bébé avait empiré. Elle ajouta : « Si Dieu ne guérit pas mon bébé tout de suite, il mourra ! » Je lui dis : « Sœur, il se peut que Dieu veuille prendre un bébé avec Lui dans le ciel ! Lui offririez-vous le vôtre ? » Cette maman au cœur sincère donna libre cours à ses larmes, mais finit par dire : « S’il le veut, je l’accepte ! »

Après la réunion des enfants, je me rendis dans ma chambre. Quatre-vingt minutes plus tard, je fus convaincu que Dieu n’avait pas besoin de ce bébé avec Lui pour le moment, et qu’Il voulait le garder encore un certain temps sur cette planète, pour la rendre plus belle. Je devais à présent faire ce qu’il fallait pour que cette ennuyeuse maladie soit éliminée. J’appliquai donc la hache à la racine de l’arbre, en me mettant en contact direct avec mon Médecin de famille. Il répondit rapidement à ma demande. Cinquante minutes plus tard, j’eus la conviction que le bébé était guéri. Hier soir, la Sœur Yarborough envoya l’un de ses enfants me dire que le bébé était entièrement guéri. Oh, gloire à Dieu !

Je suppose que vous devez vous demander si je vais enfin m’arrêter ! Vous savez, c’est souvent difficile à un prédicateur de la sanctification d’arriver à la fin de son message ! Il semble que ce soit le cas pour moi !

Ma vision du départ pour le ciel d’une chère Sœur

J’aurais l’impression de négliger un important témoignage si j’avais omis de parler du départ pour la patrie céleste de notre chère Sœur Goddard, la mère de la Sœur Shelton. Elle quitta ce monde troublé pour un monde bien meilleur, le mercredi 19 janvier 1921, à 11 heures 50. Elle était malade depuis très peu de temps. Le samedi 15 janvier, j’allai la visiter. D’autres avaient déjà prié pour elle. Je priai aussi et fus béni. Sans trop réfléchir, je proclamai sa guérison.

Le dimanche, je passai toute la matinée à prier pour elle, mais je ne fis pas de grands progrès, malgré tous mes efforts. Elle semblait aller de plus en plus mal. Comme le lundi était mon jour de lessive, je n’allai pas la voir avant la soirée. Je priai silencieusement, mais sans obtenir les résultats désirés. Je commençai à me sonder pour voir ce qui n’allait pas. Rentré chez moi, je fis mon repassage, et retournai la voir un peu plus tard. Je n’avais toujours aucune assurance quant à sa guérison.

En rentrant à la maison, je dis au Frère Thomas que je craignais qu’elle ne parte pour la patrie céleste, et qu’elle ne reste pas longtemps au milieu de nous. J’allai me coucher, mais ne parvins à m’endormir que vers le matin. Je craignais de penser qu’elle doive nous quitter, car nous avions tous besoin d’elle. Du moins le pensions nous tous !

Le mercredi matin, je revins la voir, et me glissai dans un coin de la chambre. Elle reposait en silence dans son lit, apparemment inconsciente. Plusieurs autres personnes étaient présentes, s’occupant d’elle. La sainteté et le silence régnaient dans la chambre, une sainteté douce et paisible. Je priai pour sa guérison mais ne fis aucun progrès. Je fus plutôt conduit dans une autre direction. Tout ce que je pus faire fut de prier pour qu’une pleine entrée dans le ciel lui soit assurée.

Je restai dans mon coin une heure et demie, face contre terre. Pendant que je priais pour qu’une pleine entrée lui soit assurée, je vis une grande et magnifique demeure, qui me parut construite en verre, transparente et splendide à contempler. Je n’avais jamais vu de bâtiment aussi lumineux, avec des murs étincelants, des sols éblouissants, et des pièces toutes illuminées. L’aspect extérieur de cette demeure était tout aussi magnifique.

Je vis des êtres vivants, portant des vêtements d’un blanc immaculé, qui tombaient jusqu’à terre. Vous auriez dû voir leurs visages, leurs mains, et leurs couronnes ! Tous étaient très occupés. Personne n’était immobile ni assis. Ils transportaient des gerbes de fleurs semblables à des lys, qui brillaient d’un éclat qui m’était inconnu. Ils entraient et sortaient avec hâte, comme s’ils mettaient les touches finales à la décoration de cette demeure. Tous ces êtres avaient des ailes magnifiques, mais ils les tenaient repliées. Tous s’affairaient à préparer la demeure pour la prochaine venue de quelqu’un.

J’en conclus qu’ils devaient être les serviteurs célestes de la Sœur Goddard. Je supposai qu’ils avaient dû recevoir des ordres. On avait dû les prévenir de l’arrivée prochaine de la future occupante des lieux. Je me relevai, et me dis : « Elle n’en a plus pour très longtemps ici ! » La Sœur Shelton me demanda : « Qu’avez-vous reçu ? » – « Votre maman vous quittera bientôt ! »

Je rentrai chez moi et dis à certains des étudiants que la Sœur Goddard allait bientôt nous quitter. Quand je revins dans ma chambre, il était onze heures du matin. A onze heures quarante, tous les préparatifs devaient donc être achevés. Tout était prêt pour l’accueillir dans sa patrie céleste. L’invitation lui avait été lancée d’abandonner ce vieil appartement délabré qu’elle avait occupé pendant des années, pour venir s’installer dans cette immense et magnifique demeure pour laquelle elle expédiait des matériaux depuis des années !

Sa fille, la Sœur Shelton, tomba malade, et son état empira. On vint me prévenir. Je réunis donc toutes mes forces, et bombardai le ciel pour obtenir sa guérison. Après quatre heures d’un combat acharné, je mis l’ennemi en déroute et pris possession du terrain. On vint me dire qu’à un moment donné, elle avait bondi hors de son lit, parfaitement guérie ! Oui, je dus soutenir un violent combat, mais je tins bon jusqu’à ce que je remporte la victoire ! J’eus bientôt la joie de voir la Sœur Shelton rentrer chez elle, en parfaite santé. Que Jésus soit loué !

La rédaction de ce livre a été une grande bénédiction pour moi. Elle m’a propulsé de plusieurs miles sur l’autoroute céleste ! Je suis plus que jamais déterminé à prêcher avec force le salut et la guérison. Levez la tête, vous tous qui êtes fatigués ! Jésus est aujourd’hui le même que lorsqu’Il marchait sur les collines de Judée et guérissait les multitudes ! Il veut vous guérir ! Il veut avoir une chance de vous guérir ! Mais vous devez comprendre qu’il vous faut mener le combat avec ardeur et détermination, si vous voulez rentrer dans vos droits !

Que notre cher Seigneur permette que ce livre bénisse de nombreux lecteurs ! Je serais ravi de recevoir des nouvelles de mes lecteurs ! Tant que je serai sur cette terre, vous pourrez me contacter à Ashland ou à Kingswood, dans le Kentucky. On me fera suivre votre courrier !

Faites circuler ce livre ! Priez pour que son contenu exerce une influence de plus en plus grande ! Je vous donne rendez-vous dans le Ciel, car c’est là que je vais ! J’ai déjà mon ticket ! Alléluia ! Amen et amen !

Guy C. BEVINGTON